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Japan. Togo Shitcho Sho (integration disorder)

Article publié le : lundi 11 novembre 2013. Rédigé par : Liliane

From The Netherlands and Japan:
http://en.m.wikipedia.org/wiki/Social_construction_of_schizophrenia

«In the Netherlands alternative proposals for the name schizophrenia include ‘dysfunctional perception syndrome‘ [36] and Salience Syndrome: « The concept of ‘salience’ has the potential to make the public recognize psychosis as relating to an aspect of human mentation and experience that is universal. It is proposed to introduce, analogous to the functional-descriptive term ‘Metabolic syndrome’, the diagnosis of ‘Salience syndrome’ to replace all current diagnostic categories of psychotic disorders. Within Salience syndrome, three subcategories may be identified, based on scientific evidence of relatively valid and specific contrasts, named Salience syndrome with affective expression, Salience syndrome with developmental expression and Salience syndrome not otherwise specified. »[37]

In Japan « In order to contribute to reduce the stigma related to schizophrenia and to improve clinical practice in the management of the disorder, the Japanese Society of Psychiatry and Neurology changed in 2002 the old term for the disorder, « Seishin Bunretsu Byo » (« mind-split-disease »), into the new term of « Togo Shitcho Sho » (« integration disorder »). Eighty-six percent of psychiatrists in the Miyagi Prefecture found the new term more suitable to inform patients of the diagnosis as well as to explain the modern concept of the disorder. »[38] This model is ascribed as a stress-vulnerability model rather than akraepelian disease model. [39] The Japanese society of psychiatry and neurology report: « This change is making psychoeducation much easier and is being useful to reduce misunderstandings about the illness and to decrease the stigma related to schizophrenia. The new term has been officially accepted by the Japanese medicine and media and is being adopted in the legislation in 2005.»[40]

*entrée : «Global moves to change the construction of ‘Schizophrenia’»
notes :
36. Dysfunctional Perception Syndrome
37. van Os J (November 2009). « ‘Salience syndrome’ replaces ‘schizophrenia’ in DSM-V and ICD-11: psychiatry’s evidence-based entry into the 21st century? ». Acta Psychiatrica Scandinavica 120 (5): 363–72. doi:10.1111/j.1600-0447.2009.01456.x. PMID 19807717.
38. Sato M (February 2006). « Renaming schizophrenia: a Japanese perspective ». World Psychiatry 5 (1): 53–5. PMC 1472254. PMID 16757998.
39. Sato, W. (2009). The Japanese Solution, in World Congress on Hearing Voices, September 17th-18th, 2009, Maastricht Holland The Japanese Solution
40. The Yokohama Declaration: an update. PMC 1414727.

Lien > http://lantb.net/uebersicht/?p=7262

Qu’est-ce qu’on désire ?

Article publié le : mardi 5 novembre 2013. Rédigé par : Liliane

«Michel Foucault: Vous allez trouver que je suis détestable et vous aurez raison, je suis détestable, Œdipe, je ne le connais pas. Quand vous dites qu’Œdipe, c’est le désir, ce n’est pas le désir, je réponds: si vous voulez. Qui est Œdipe? Qu’est-ce que c’est que ça?

H. Pelegrino: Une structure fondamentale de l’existence humaine.

M. Foucault: Alors je vous réponds en termes deleuziens –et je suis entièrement deleuzien– que ce n’est absolument pas une structure fondamentale de l’existence humaine, mais un certain type de contrainte*, une certaine relation de pouvoir que la société, la famille, le pouvoir politique, etc., établissent sur les individus.

H. Pelegrino: La famille est une usine d’inceste.

M. Foucault: Prenons les choses d’une autre façon: l’idée que ce qu’on désire en premier, fondamentalement et essentiellement, ce qui devient le corrélatif du premier objet de désir, c’est la mère. C’est à ce moment que s’instaure la discussion. Deleuze vous dira, et je suis de nouveau d’accord avec lui: pourquoi désirerait-on sa mère? Ce n’est déjà pas si amusant d’avoir une mère… Qu’est-qu’on désire ? Bien, on désire des choses, des histoires, des contes, Napoléon, Jeanne d’Arc, tout. Toutes les choses sont objets de désir.

H. Pelegrino: Mais l’autre aussi est objet de désir. La mère est le premier autre. La mère se constitue propriétaire de l’enfant.

M. Foucault: Là, Deleuze vous dira: non, précisément, ce n’est pas la mère qui constitue l’autre, l’autre fondamental et essentiel du désir.

H. Pelegrino: Quel est l’autre fondamental du désir?

M. Foucault: Il n’y a pas d’autre fondamental du désir. Il y a tous les autres. La pensée de Deleuze est profondément pluraliste. Il a fait ses études en même temps que moi et il préparait un mémoire sur Hume. J’en faisais un sur Hegel. J’étais de l’autre côté, car à cette époque j’étais communiste, tandis qu’il était déjà pluraliste. Et je pense que ça l’a toujours aidé. Son thème fondamental: comment peut-on faire une philosophie qui soit non humaniste, non militaire, une philosophie du pluriel, une philosophie de la différence, une philosophie de l’empirique au sens plus ou moins métaphysique du mot. »

*contrainte
, en français dans le texte.

Michel Foucault, Dits et écrits, 1974, pp. 1494-1495

Victor Segalen. Le concept de clinicien ès lettres

Article publié le : lundi 28 octobre 2013. Rédigé par : Liliane

Premier ouvrage publié par Segalen: sa thèse de médecine, Les Cliniciens ès lettres, 1902. Ou comment le romancier choisit les troubles psychiques capables de produire un effet artistique.
Les trois méthodes employées :
• la clinique objective, méthode d’observation directe et ou intuitive : Flaubert, Shakespeare, Wagner
• la clinique subjective, c’est l’observation qui consiste à partir de l’analyse de son propre cas pour créer un personnage de malade. Le champ de l’enquête est ainsi beaucoup plus restreint, mais l’auteur gagne considérablement en pénétration, en précision et en finesse. Être soi-même malade, c’est souvent une chance pour la création artistique, car la souffrance surtout la souffrance morale, aiguise les facultés intellectuelles. Ces réflexions de Segalen annonce ce que dira Proust*: «le bonheur est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.» L’observation subjective finit d’ailleurs en s’épurant par devenir une expérimentation consciente et provoquée. Baudelaire explora volontairement les paradis artificiels pour en décrire les phénomènes. L’amour lui-même est considéré comme une intoxication au même titre que l’opium.
• la documentation indirecte: troisième voie elle est mauvaise.

Autre thème segalien: la synesthésie. Segalen cite Saint-Pol-Roux: «… le maximum d’art en littérature ne peut être acquis que par un contingent relevant de tous les sens fédérés et finalement contrôlés par ce que je dénommais jadis « le Vatican des sensations, c’est-à-dire, l’esprit.»
Repris de Henry Bouillier, Victor Segalen, mercure de france, 1961, 1986. Pp. 42, 43 et 54

*la littérature d’instrospection selon Proust —comme chez Segalen— s’oppose à la psychanalyse. On pourrait en dire autant de Rousseau. Pour preuve, Dans son introduction à Sigmund Freud, Le délire est les rêves dans la Gradiva de W. Jensen, J.-B. Pontalis efface de façon lapidaire le concept de Proust du temps retrouvé —psychanalyse contre littérature–. Il lui substitue le triste retour du refoulé et réfute l’analogie avec l’archéologie caressée par Freud, qui fait avec ce texte, œuvre littéraire en inframince au texte de Jensen. Pontalis, très raide assène :«le refoulé n’est pas l’enseveli, l’enfoui maintenu à la fois intact et inerte; il n’échappe pas à l’action du refoulement, force active qui dissimule, déforme et n’a jamais fini d’être à l’œuvre dans le présent. Et ce qu’on nomme le retour du refoulé n’est pas une résurgence au grand jour, car ce retour s’effectue par des voies indirectes, compliquées, différentes de celles qui ont produit le refoulement. L’analyse —d’où son nom— n’est pas simple exhumation; qu’elle interprète ou reconstruise, elle opère sur des éléments disjoints, elle remanie un passé, lui-même aussi loin, aussi profond qu’on aille, déjà soumis à des remaniements: déjà fiction. Rien de moins proustien que Freud…» Contre cette assertion profondément maléfique, —préférons la littérature à la sèche psychanalyse selon Pontalis, on peut ajouter  que notre virtuel numérique hypertextuel est proustien, voir Deleuze et les signes, et rousseauiste.

Pierre Dulau. L’étrangeté chez Heidegger

Article publié le : jeudi 5 septembre 2013. Rédigé par : Liliane

ghostface
Où il est question de l’angoisse, vue «positivement» pour une fois.

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Référence >http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-l%E2%80%99inquietante-etrangete-44-l%E2%80%99etrangete-chez-heidegg

Bateson. Le double bind revisité par son auteur même

Article publié le : dimanche 11 août 2013. Rédigé par : Liliane

bateson-poulpe
in La nouvelle communication, textes recueillis et présentés par Yves Winkin: http://www.seuil.com/livre-9782020427845.htm

Page 43, le mot «poulpe», le soulignage des trois premières lignes et de la dernière ligne: «Il s’intéresse aux modes d’interaction chez les poulpes»* sont de la main de Jean-Louis, années 80 ou 90. Dans cette double page 42-43, deux citations de Bateson, —en vis-à-vis à peine décalé du fait de la longue note page 42 (très instructive de son domaine d’application forcée en psychiatrie)—, offrent les révisions, en forme de retournement, de son propre concept de «double contrainte» (1956), dix et vingt ans après sa création. La «double contrainte», cybernétique et logique, reine du feed-back, serait un «principe abstrait», le système de la relation en général: hypertextuelle** sous toutes ses formes, dans les différents domaines d’activité humaine, la conversation, le texte (glose et liens hypertextuels),  la création artistique et la relation esthétique, dont l’interactivité rendrait compte, à la manière et dans la suite de la glose littéraire.
Les intervenants d’un colloque sur Bateson pour le 50e anniversaire du concept, (2006) poursuivent cependant inexorablement l’application stricte du concept en psychiatrie, et paradoxalement c’est Roustang le plus bloqué dans cette attitude sectaire: «si la théorie de la double contrainte éclaire les contextes relationnels pouvant engendrer des troubles mentaux graves, comme la schizophrénie, elle ne paraît pas adéquate pour rendre compte de phénomènes tels que l’art, la poésie, l’humour, etc.» Roustang reprend, sans le dire, et  pour les contredire, les propos mêmes de Bateson teintés d’ironie  (p. 43) en 1977 («je concèderai même que la schizophrénie est autant une ‘maladie’ du ‘cerveau’ qu’une maladie de la ‘famille’, si le Dr Stevens [son interlocuteur] concède que l’humour et la religion, l’art et la poésie sont pareillement des ‘maladies’  du cerveau ou de la famille ou des deux.» La seule intervenante en rupture avec le discours dominant est Marie Catherine Bateson, la fille de Bateson et Mead qui tente une analyse «sur la relation entre la double contrainte et les conflits internationaux, les mésententes, les mouvements xénophobes et terroristes ainsi que l’augmentation probable de réactions hostiles au fur et à mesure que la mondialisation amène les nations à toujours plus d’interdépendance et d’inéluctable intimité.»

* On lit, dans l’entretien Bateson-Beels, en 1979, p.286,  à propos de l’étude de la communication non verbale, orientée loutres, poulpes et dauphins. «Beels : Comment, dans les années cinquante, en sommes-nous arrivés à nous intéresser à la distinction entre verbal et non-verbal? Bateson: Bon, je sais comment cela s’est passé en ce qui me concerne. J’essayais alors de comprendre comment penser la communication, et j’y suis parvenu par le biais des loutres. Vous savez que j’ai réalisé un film sur le jeu entre les loutres. Eh bien, le jour où nous sommes allés au zoo pour faire le film, nous avons découvert que les animaux classent leur comportement —qu’ils établissent une discontinuité entre le jeu et d’autres catégories de comportement. Etant donné que cette analyse s’appuyait sur des animaux, l’idée est apparue que la distinction entre les niveaux de communication pourrait dépendre du non-verbal. Mais il s’agissait là d’un simple accident: il se trouvait que nous étions en train d’étudier des animaux, et les animaux ne parlent pas.»
** Tout se ramenant au texte, (Mallarmé). http://www.arpla.fr/canal2/figureblog/?page_id=8434

Le réel est-il supportable?

Article publié le : vendredi 26 juillet 2013. Rédigé par : Liliane

Philippe Petit reçoit Colette Soler, (redif). Les nouveaux chemins de la connaissance, France culture
«Ce matin, je ne sais pas ce qui se passe, je suis perdu. Est-ce l’angoisse qui me taraude, en tant qu’elle est quelque chose qui part du réel. Ou alors est-ce parce que je sais le réel effroyable, que je ne supporte pas l’idée d’avoir à en parler. Comme si je devais m’affronter non pas à quelque chose, mais à quelqu’un, car de toute évidence, comme le dit le psychanalyste Gérard Pommier, « le réel, c’est quelqu’un » ! A coup sûr la part de nous que nous avons rejetée ou bien celle qui nous trouble ou nous effraie, comme lorsque nous sommes anéantis par la beauté, ou confrontés à une situation trop grande pour nous, à un amour trop intense. Je ne sais pas. Je ne comprends même pas qu’on puisse se poser la question de savoir qu’est-ce que le réel ? C’est un peu comme si on me demandait : est-ce que c’est la pensée qui détermine le réel ou l’inverse ? Je sais bien que c’est lui qui commande le réel, je sais bien qu’il fait la loi, moi, le réel, je n’ai pas besoin de me poser la question. Ce qui me dérange justement c’est que le Réel en impose, qu’il commande au sujet que je suis. Ce qui me dérange, c’est que je ne puis le connaître autant que je le voudrais ! Bien sûr, je me console en me disant que les scientifiques ont en gros le même problème. D’ailleurs, à les entendre, ils n’ont que des problèmes à résoudre ; et ils n’aiment pas trop s’approcher de l’aveuglante proximité du réel ! Mais ceci est une autre histoire : ce matin, je suis perdu, et j’aimerais m’enquérir comment s’est débrouillé le docteur Lacan avec cette affaire ! J’aimerais savoir quels chemins il a empruntés pour rejoindre le symptôme du réel ! Pas facile, je crois, mais Colette Soler a accepté de venir à CitéPhilo afin de nous parler de son parcours – celui de Lacan, mais aussi peut-être un peu le sien – le parcours qui l’a mené où ça ? Disons, à l’inconscient réel.» P. P.

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Philippe Jeammet. Boris Cyrulnik

Article publié le : mercredi 10 juillet 2013. Rédigé par : Liliane

1.
Philippe Jeammet pédopsychiatre (citations)

«Je crois que nous avons la chance d’arriver à un moment, à un tournant dans notre conception des maladies mentales du fait de l’accumulation des connaissances».
«Paradoxalement je verrais les troubles psychiatriques comme  des conduites adaptatives; des conduites adaptatives à des difficultés émotionnelles.»
«Avec l’adolescent et surtout l’adolescent en difficulté, on a un double miroir grossissant, comme une sorte d’expérimentation involontaire de ce qui est le destin humain.»
«L’adolescence est liée à la puberté. Or la puberté vous oblige à vous positionner au niveau de votre personnalité, c’est-à-dire de votre territoire, d’une façon nouvelle et différente de celle de l’adulte. Il y a un partage du territoire –ce qui se passe aussi pour les animaux– et de partage des objets sexuels. Ce qui fait de la puberté ce moment de réappropriation de notre héritage, mais aussi des difficultés que nous pouvons avoir à l’intérieur de nous, des peurs, des angoisses, des incertitudes, de l’estime de soi. Tout cela va être mis à l’épreuve. »
«Le problème n’est pas tant celui de l’interdit que celui de la sécurité intérieure…, le doute sur les capacités à faire face à la nouveauté et à s’imposer… La liberté c’est une mise à l’épreuve de nos ressources.»
«Ce qui caractérise l’homme par rapport à l’animal et qui est autant de sources d’émotions: c’est la conscience d’être conscient de soi, c’est le désir de comprendre pourquoi on est sur terre, c’est la conscience que l’on peut mourir et tout perdre, et c’est la conscience qu’il faut se nourrir des autres. Donc autant de sources de troubles émotionnels. Par exemple: comment être indifférent si je ne fais que de me nourrir de l’autre? C’est la question de l’obéissance, de la soumission aux parents qui va apparaître et que l’adolescent fait exploser. Et vous le savez, plus on a besoin de l’autre, plus on va ressentir ce besoin comme un pouvoir de l’autre sur nous. Au point que cela va vous prendre la tête.»
«Qu’est-ce que tu vaux? Est-ce que tu comptes pour quelqu’un? C’est ce miroir qui correspond à la quête réflexive. On ne peut y échapper parce que c’est elle qui est touchée directement par les maladies dites mentales.»
«Les troubles dits psychiques sont des réponses non voulues, non choisies, à une menace contre notre homéostasie psychique [en médecine: capacité d’autorégulation pour la conservation de l’équilibre]: un sentiment de malaise, un sentiment de pression contre lequel nous sommes programmés comme les animaux, pour réagir activement, pour apaiser cette tension. On peut l’apaiser d’une manière créative. C’est ce que l’on va trouver à l’adolescence, c’est la passion, c’est se jeter à corps perdu dans des activités pour essayer de se revaloriser. Derrière cette passion, il y a une quête de valorisation, une recherche de soi avec son côté positif que la passion permet de découvrir.»
«L’on peut voir les troubles dits psychiques comme des conduites adaptatives. Mais le problème des troubles mentaux c’est qu’ils vont toucher un des trois domaines nécessaires à la vie: —nourrir son corps, —développer ses compétences au sens large, —la sociabilité.»

[Foucault dit plus finement dans «La Folie et la société», Dits et Ecrits, p.997 «En gros, les domaines des activités humaines peuvent être divisés en ces quatre catégories: —travail ou production économique; —sexualité, famille, c’est-à-dire reproduction de la société; —langage, parole; —activités ludiques, comme jeux et fêtes» et ajoute que «que dans toutes les sociétés, il y a des personnes qui ont des comportements différents des autres, échappant aux règles communément  définies dans ces quatre domaines, bref, ce qu’on appelle des individus marginaux.»]

«Dès que l’on va mal, tous autant que l’on est, on se ferme dans au moins une de ces trois nécessités pour se donner un peu de temps pour se protéger. Mais si cela devient un enfermement qui vous empêche de vous valoriser, de vous ressourcer dans l’échange et qui vous ampute d’une partie de vos potentialités, c’est le cercle vicieux. Moins je me sens de compétences, moins j’ai confiance en moi, plus j’ai peur des autres, plus je me protège en m’enfermant dans mon monde. Un cercle vicieux hautement pathogène. La maladie mentale, c’est l’enfermement dans le comportement que l’on n’a pas choisi, qui s’est imposé à nous, mais auquel on adhère parce qu’il donne le sentiment d’un rôle actif et plus on va mal, plus on s’y agrippe, parce que tout le reste fout le camp!»
«La maladie mentale, c’est une contrainte émotionnelle, une contrainte que vous ne choisissez pas. Un des enjeux qui touche la question anthropologique et philosophique profonde est bien: qu’est-ce qui fait que l’on voit le verre à demi-plein ou à demi-vide? On n’a jamais pu répondre à cette question et pourtant l’ambiance que l’on va mettre autour de soi va en dépendre. Il va falloir débattre autrement qu’en parlant en termes de maladies mentales, mais en discutant plus largement du poids de la contrainte émotionnelle qui est la partie la plus animale, la plus biologique; celle dont on ne peut pas se passer.»

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2.
Boris Cyrulnik neuropsychiatre, éthologue et psychanalyste (abstract)
La maladie psychiatrique dans la société
C’est ainsi que se pose le problème… Ce qui pose beaucoup de problèmes.
L’objet de la sciences théoriquement, est hors de nous et le scientifique met au point des méthodes pour observer comment il est constitué et comment il fonctionne. Et pourtant, le choix de l’objet de science parle quand même de l’observateur.
L’objet de la psychiatrie n’est pas hors de nous. Parfois, il est scientifique. Il décrit un cerveau abîmé ou des fonctionnements altérés. Même ainsi, l’objet psychiatrique déclenche des réactions de l’entourage familial et culturel qui aggravent le tableau de l’atténuement des symptômes.
Certaines sociétés provoquent des troubles alors que les développements de la personne sont sains. Et tout se complique quand on découvre que certaines cultures considèrent comme maladies des comportements que d’autres cultures valorisent.

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Arthur Bispo do Rosario. Il palazzo enciclopedico

Article publié le : lundi 17 juin 2013. Rédigé par : Liliane




Biennale de Venise, Il Palazzo enciclopedico.
http://www.boumbang.com/arthur-bispo-do-rosario/

Texte du guide de la biennale 2013
During five decdes of internment in a psychiatric hospital in Rio d Janeiro, Artur Bispo di Rosario produced over 800 tapestries, sculptures, and lavish ceremonial garments in preparation for Judgement Day. Bispo, a former navy ensign, worked odd jobs around Rio until a 1938 visitation in which Christ and a host of blue angels told him he had been chosen to present to God, at the end of time, the contents of the world that he deemed worthy of redemption.

Steeves Demazeux. Qu’est-ce que le DSM ?

Article publié le : vendredi 10 mai 2013. Rédigé par : Liliane

Encore une fois, la très bonne émission de Philippe Petit qui pose une très bonne question : «Peut-on se fier à la classification américaine des maladies mentales ?». Intro par Philippe Petit :

«La santé mentale, c’est un peu le nouvel objet de notre siècle, son point aveugle, en même temps que son soleil vert. Depuis le rapport de mission demandé en 2001 par Bernard Kouchner intitulé « De la psychiatrie vers la santé mentale », il devient patent que la politique de santé mentale occupe un espace de plus en plus large dans l’organisation de notre système de soins. Elle ne concerne plus seulement la souffrance psychique au sens restreint, mais l’ensemble des troubles relationnels qui caractérisent le comportement d’un individu. Les troubles psychiques en effet se doublent très souvent de troubles du comportement et les troubles relationnels de troubles à l’ordre social. Un idéal de conformité tente de s’imposer socialement. « Pourquoi rappeler la vieille souffrance subjective ? Les errances et les impasses du désir, les névrosés, les poètes, les rebelles ? La novlangue ne connaît que les délinquants et les handicapés. On s’est débarrassé du symptôme » s’insurgeait la psychanalyste Marie-Laure Susini dans son livre « Eloge de la corruption » paru en 2008.

Quel est le responsable de cette novlangue? Qui doit comparaître à la barre ? Le DSM bien entendu ! C’est en tout cas ce qui est largement admis par de nombreux psychiatres de l’hexagone. Les nouvelles classifications américaines des maladies établies par le DSM (2000) –  Diagnostic et Statistiques des troubles Mentaux – seraient responsables de l’extension du domaine de la santé mentale. Le DSM imposerait sa loi et tenterait d’appliquer une politique de santé organiciste centrée sur les médicaments sans se soucier des causes des symptômes.

Cette conclusion n’est pas fausse, mais elle fait l’impasse sur l’histoire de la psychiatrie américaine, dont on aurait tort de penser qu’elle imprègne de la tête aux pieds nos mœurs médicales. Avant de condamner le DSM, il importe de le connaître mieux ? Avant de s’interroger sur les ravages éventuels de la bible américaine de la psychiatrie, peut-être faut-il commencer par se poser une question simple :

Qu’est-ce que le DSM ?

C’est précisément sur quoi s’est penché notre invité : Steeves Demazeux. Nous avons une heure pour le savoir !!!»

 

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Des méthodes pour aller mieux, s’il se peut…

Article publié le : samedi 27 avril 2013. Rédigé par : Liliane

Le MBTC, Mind fullness-based cognitive therapy, «théorie cognitive fondée sur la pleine conscience, associe les dernières découvertes de la science à des formes de méditation qui ont fait la preuve de leur efficacité clinique en médecine comme en psychologie.» Et le livre acheté au rayon Bien-être chez Gibert, bd Saint-Michel, mais non lu à ce jour avec un CD : Méditer pour ne plus déprimer, la pleine conscience, une méthode pour vivre mieux. Les textes sont des fondateurs de la méthode Mark Williams, John Teasdale, Zindel Segal et Jon Kabat-Zinn, préface de Christophe André, Odile Jacob, 2013

La remédiation cognitive selon Nicolas Franck, Psychiatre, PUPH, Chercheur à Institut des Sciences Cognitives, Lyon
http://www.canal-u.tv/video/canal_u_medecine/cnipsy_2010_marseille_remediation_cognitive_en_condition_ecologique.6320
http://www.programme-recos.ch/

Denis Leguay à l’initiative du collectif « Pour une psychiatrie de progrès »
http://psychiatriedeprogres.kazeo.com/