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Archives juin, 2012

Rousseau on line

Article publié le : samedi 30 juin 2012. Rédigé par : Liliane

Ça s’imposait :
http://rousseauonline.ch/

Aby Warburg. Introduction à Mnémosyne

Article publié le : vendredi 22 juin 2012. Rédigé par : Liliane

Aby Warburg. Introduction à Mnémosyne, http://www.inha.fr/spip.php?article4196

«Introduire consciemment une distance entre soi-même et le monde extérieur, c’est ce que l’on peut sans doute désigner comme l’acte fondateur de la civilisation humaine; si l’espace ainsi ouvert devient le substrat d’une création artistique, alors les conditions sont réunies pour que cette conscience d’une distance devienne une fonction sociale permanente qui, rythmée par le va-et-vient pendulaire entre matière et Sophrosyne, dessine ce mouvement cyclique entre une cosmologie de l’image et une cosmologie du signe dont la capacité ou l’impuissance à orienter l’esprit ne signifie rien de moins que le destin de la culture humaine. L’artiste, balançant ainsi entre une conception religieuse et une conception mathématique du monde, trouve alors un secours singulier dans la mémoire, tant collective qu’individuelle : non pas qu’elle lui ouvre purement et simplement un espace de pensée, mais elle renforce aux pôles opposés du comportement psychique la tendance à la quiétude contemplative ou à la fureur orgiaque. L’inaliénable patrimoine héréditaire se trouve mobilisé sur le mode mnémonique, non pas cependant comme une force essentiellement protectrice : la violence déchaînée des passions et des terreurs du croyant bouleversé par l’expérience du mystère religieux se répercute dans l’œuvre d’art et en marque le style, de même que, de son côté, la science comptabilisante conserve et transmet la structure rythmique dans laquelle les monstres de l’imagination deviennent des maîtres de vie et des architectes de l’avenir. Pour éclairer les phases critiques de ce processus, il y aurait encore beaucoup à tirer de la connaissance de la fonction polaire qui fait osciller la création artistique entre l’imagination et la raison; on n’a pas pleinement exploité, en particulier, l’immense matériau documentaire qu’offrent à cet égard les images formées par l’homme. Entre l’action imaginaire et la contemplation conceptuelle prend place cette exploration tâtonnante de l’objet, suivie de sa réflexion plastique ou picturale, qu’on appelle l’acte artistique. Cette dualité d’une fonction qu’on peut décrire comme anti-chaotique – parce que la forme distingue et expose la réalité individuelle dans toute la netteté de ses contours – et de la fureur que la vue de l’idole créée et son culte suscitent dans le spectateur, cette dualité résulte de ces embarras de l’esprit qui devraient constituer l’objet véritable d’une science de la culture orientée vers l’histoire psychologique illustrée de l’espace qui sépare l’impulsion de l’action. Le processus de démonisation du vieux fonds héréditaire d’engrammes phobiques intègre dans sa langue gestuelle tout l’éventail des émotions humaines, depuis la prostration méditative jusqu’au cannibalisme sanguinaire, conférant même aux manifestations les plus ordinaires de la motricité humaine – la lutte, la marche, la course, la danse, la préhension – cette marge inquiétante que l’homme cultivé de la Renaissance, élevé sous la férule de l’Eglise médiévale, considérait comme une région interdite, où seuls peuvent évoluer les esprits impies livrés sans retenue à leur élan naturel.

L’Atlas de « Mnémosyne », avec son matériel iconographique, veut illustrer ce processus que l’on pourrait décrire comme une tentative pour assimiler, à travers la représentation du mouvement vivant, un fonds de valeurs expressives préformées. « Mnémosyne », comme le révèlent les reproductions du présent Atlas, ne veut d’abord être qu’un inventaire des formes reçues de l’Antiquité qui ont marqué le style des œuvres de la Renaissance dans leur manière de représenter le mouvement vivant.

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La bibliothèque Warburg, en ellipse, à Hambourg, Denkraum, (espace de pensée) et le Denkbild (image de pensée): l’Atlas Mnémosyne, feuillets d’album d’images disposées devant les livres.

Cette approche comparative devrait – particulièrement en l’absence de travaux préalables qui eussent rassemblé et systématisé les matériaux – se limiter à l’analyse de l’œuvre de quelques grands types d’artistes, et chercher en revanche à comprendre, par une réflexion socio- psychologique plus approfondie, la fonction significative que remplissent dans la technique spirituelle ces valeurs expressives conservées par la mémoire.
Dès 1905, l’auteur avait été conforté dans ses tentatives par la lecture du texte d’Osthoff sur la fonction supplétive dans la langue indo-germanique; il y était démontré, en résumé, que certains adjectifs ou certains verbes peuvent, dans leurs formes comparatives ou conjuguées, subir un changement de radical, sans que l’idée de l’identité énergétique de la qualité ou de l’action exprimées en souffrît; au contraire, bien que l’identité formelle du vocable de base eût de fait disparu, l’introduction de l’élément étranger ne faisait qu’intensifier la signification primitive.
On retrouve mutatis mutandis, un processus analogue dans le domaine de la langue gestuelle qui structure les œuvres d’art, quand on voit par exemple une Ménade grecque apparaître sous les traits de la Salomé dansante de la Bible, ou quand Ghirlandaio, pour représenter une servante apportant son panier de fruits, emprunte très délibérément le geste d’une Victoire figurée sur un arc de triomphe romain.
C’est dans la région des transes orgiaques collectives qu’il faut rechercher la frappe qui a imprimé dans la mémoire les formes expressives des émotions les plus profondes, pour autant qu’elles peuvent se traduire gestuellement, avec une intensité telles que ces engrammes d’une expérience passionnée survivent comme un patrimoine héréditaire gravé dans la mémoire, et déterminent exemplairement les contours que retrouve la main de l’artiste, quand les valeurs suprêmes du langage gestuel cherchent à prendre forme et à paraître au grand jour par la voie de la création artistique.»

«Échantillonner le chaos. Aby Warburg et l’atlas photographique de la Grande Guerre»:
http://etudesphotographiques.revues.org/index3173.html

Extraits
«Or il était déjà question, dans ces analyses, de tout ce qui faisait, parallèlement, le cœur de la problématique warburgienne: à savoir une «psychologie historique» capable de discerner la raison (Warburg eût dit: les astra) des «pouvoirs de l’imagination» (les monstra) en temps de guerre, jusqu’à cette «mémoire collective» dont Marc Bloch évoquait le concept, non pas à partir de Warburg qu’il ignorait sans doute, mais de son compatriote et ami Maurice Halbwachs. Le parallélisme des attitudes de Marc Bloch et d’Aby Warburg face à la guerre a déjà fait l’objet d’une analyse serrée de la part d’Ulrich Raulff. Elle mériterait, un jour, d’être prolongée sur le terrain plus fondamental de la méthode, par exemple sur la question du comparatisme culturel et sur la teneur historique des images dont Marc Bloch partageait l’intérêt – sans jamais, il faut bien le dire, l’avoir développé systématiquement – avec l’école d’Aby Warburg.

L’auteur de Mnémosyne n’a, certes, jamais connu le fracas des bombes et l’horreur quotidienne des tranchées dont témoignent tant de «carnets de guerre» de cette époque (voir fig. 12-14). Mais il s’est, corps et âme, exposé à la guerre: dès le début du conflit, il a entièrement réorganisé le fonctionnement de sa recherche, de sa bibliothèque, en vue de comprendre la grande «psychomachie» des monstra et des astra qui se jouait sur un plan fondamental dont seule une «psycho-histoire», à ses yeux, était capable de rendre compte. Comme l’a bien montré Reinhart Koselleck, toute «mutation de l’expérience» engage un «changement de méthode» dans la pratique historienne elle-même. Mon hypothèse, on l’aura compris, est que ce changement – aux conséquences épistémologiques considérables – se sera incarné dans l’atlas Mnémosyne et dans les orientations théoriques que son invention mettait au jour.»

Tempuras du soir, espoir…

Article publié le : mardi 19 juin 2012. Rédigé par : Liliane



Tempuras du soir + sushis maquereau et saumon marinés, au 93 bis,
faits par Miki qui a aussi fait les deux photos.
En haut, Etienne, Jean-Louis et Ho-sook
En bas, Onja et Etienne


Miki version cosplay par Nilbog

Cyriaque d’Ancône & Hartmann Schedel

Article publié le : mardi 19 juin 2012. Rédigé par : Liliane

pour mémoire, Cyriaque d’Ancône
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyriaque_d%27Anc%C3%B4ne
a été cité par Anthony Grafton, dans sa troisième conférence au Louvre à propos du livre illustré : Hartmann Schedel et son contexte, mais de manière trop rapide.
Le livre > La chronique de Nuremberg > http://www.beloit.edu/nuremberg/inside/about/index.htm

Au vol, à propos de Cyriaque d’Ancône, on comprend que l’origine de la page n’est pas la page en tant que telle, mais le dessin comme saisie précise sur le vif des textes, bas-reliefs ou statues antiques pour en garder la mémoire, —s’ils devaient disparaître—, ce que fit Cyriaque au crayon sur des feuilles volantes avec quelques notes textuelles, c’est ça l’origine de la page: une image occupant l’espace de la feuille de papier, reproduisant des éléments architecturaux, figures humaines en acte et textes gravés sur pierre avec quelques mots d’accompagnement de la main du dessinateur et par extension le livre est la somme de ces feuilles volantes ! Ce qui nous amènerait à la fois au Mnemosyne de Warburg et à l’esthétique néo-classique de David et ses élèves avant et pendant la révolution, à mille lieux de l’esthétique « gothique » de la gravure sur bois des images, telle qu’on la découvre dans la Chronique: ainsi Hartmann Schedel a eu en main ces feuilles de dessin qu’il a récupérées et éditées dans sa grande encyclopédie mais au prix de ce traitement graphique costaud.

Paul Chan. Editeur de Badlands Unlimited

Article publié le : mardi 19 juin 2012. Rédigé par : Liliane

http://www.badlandsunlimited.com/ *
Badlands Unlimited published books by artists et other writings about art. Paul Chan** est un des fondateurs.

Présentation:
Founded in 2010, Badlands Unlimited publishes e-books, limited edition paper books, and artist works in digital and print forms.
Historical distinctions between books, files, and artworks are dissolving rapidly. We publish and produce new works by artists and writers that embody the spirit of this emerging dissolution.

Wht is? 10 books made by Paul Chan using loose sheets from hardcover books overprinted with text from the likes of Kant and Erica Jong and images ranging from Don Rickles, erotic dancers, and other trending topics. Each book is uniquely unreadable but a pleasure nevertheless.
Each book exists as an edition of one with two artist proofs, a free downloadable pdf, and as an e-book available on Apple iBooks and Amazon Kindle.
http://www.badlandsunlimited.com/etc.html

*La home-page «craint», à cause du «Badlands Unlimited the Wall» par Petra Cortright, une «acclaimed net artist» dont les digital files sont d’un autre âge, mais qui semble à l’origine de ces publications e-books.
** Paul Chan expose à Documenta 13 > http://d13.documenta.de/#/research/research/view/paul-chan

Lu dans le dernier des blogs > retour sur la maison d’édition Voyager http://hyperbate.fr/dernier/?p=20145

Ulli Sigg donne un véritable cours d’histoire de l’art contemporain chinois.

Article publié le : lundi 18 juin 2012. Rédigé par : Liliane


Piqûre de rappel!
March 16, 2012, Jane DeBevoise, Chair, Asia Art Archive, New York and Hong Kong, with Uli Sigg, collector of contemporary Chinese art, Lucerne present « Collecting Contemporary Chinese Art, a Conversation » for the symposium ‘The Dragon and the Chrysanthemum: Collecting Chinese and Japanese Art in America’ organized by the Center for the History of Collecting at The Frick Collection, March 15-16, 2012.

Sublimes marionnettes, de vraies pédagogues!

Article publié le : lundi 18 juin 2012. Rédigé par : Liliane


Le syndrome de la vidéo verticaleKoreus
Le site original http://www.gloveandboots.com/
http://www.youtube.com/user/gloveandboots
http://technorati.com/entertainment/article/mario-fafa-the-stars-of-glove1/


J’adore cette marmotte!

John Brockman. How is Internet Changing the Way You Think?

Article publié le : samedi 16 juin 2012. Rédigé par : Liliane

Ok c’est de 2010, en anglais, mais analysé ici in french sur le site français superfourni sur la question internet
http://www.internetactu.net/2010/02/09/comment-linternet-transforme-t-il-la-facon-dont-on-pense-15-un-reseau-dhumains-et-de-machines-enchevetrees/
mais on peut aussi télécharger le livre en anglais sur http://itunes.apple.com/fr/app/ibooks/id364709193?mt=8 ibook et avoir un extrait gratuit sur son iphone ipad évidemment!

Description on the web
The Internet, in the memorable words ot Edge founder John Brockman*, is « the infinite oscillation of our collective consciousness interacting with itsef. It’s not about computers. It’s not about what it means to be human -in fac, it challenges, renders trite, our cherished assumptions on that score. It is about thinking’. In How is Internet Changing the Way You Think?, the latest volume in Brockman’s cutting-edge Edge questions series, 154 of the world’s leading intellectuals -scientists, artists and creative thinkers- explore exactly what it means to think in the nex age of the Interner: from Nicolas Carr’s reflections on what the Internet is doing to our brains, to Richard Dawkin’s sanguine assessment of its long-term potential for good; and for Clay Shirky’s assessment of the impact of the Internet on the dissemination and sharing of knowledge, to Ian and Joel Gold’s observations on the seismic social changes it had brought about. Editor John Brockman has assembled a world-class array of contributors, which includes (in addition to those mentioned abovr) Daniel C. Dennet, Martin Rees, Steven Pinker, Hans Ulrich obrist [incontournable!], Sean Carroll, Brian Eno, Douglas Coupland, Matt Ridley, and scores of others at the epicentre of research in their respective disciplines.

Monica Bonvicini. Deflated, 2009

Article publié le : jeudi 14 juin 2012. Rédigé par : Liliane


Intense proximité*, avec cette pièce de Monica Bonvicini Deflated, 2009
Miroir sur MDF, chaînes en acier Socle: 100 x 100 x 100 cm Cube: 35 x 35 x 35 cm. Photo©jlb
*dans l’expo qui porte ce nom même, au Palais de Tokyo, cœur de cette triennale de Paris nouvelle formule.
http://www.latriennale.org/fr/artistes/monica-bonvicini
: le commentaire d’Emilie Renard en bonus.

Jean Starobinski. Notre seul, notre unique jardin

Article publié le : jeudi 14 juin 2012. Rédigé par : Liliane

Tout le texte est bien, historique et tout! Qu’est-ce que l’école de Genève: il y en a deux, différentes, mais qui fusionnent. Autre intérêt, l’attention à l’Europe de l’est dont on se fiche en France. Et on peut dire aussi que ce texte de par son titre est un «coup de pied en vache [suisse]» à Voltaire et à Nelson Goodman (Manières de faire des mondes). Il se clôt sur une redéfinition du terme «Humaniste».
Extrait: http://www.editionszoe.ch/livre/notre-seul-notre-unique-jardin