Paysage sans figure

Article publié le : vendredi 9 septembre 2016. Rédigé par : Liliane

lac-Bourget

Isaline. Kakémono pare-soleil

Article publié le : vendredi 9 septembre 2016. Rédigé par : Liliane

kakemono1

Rue Isaline. Goudron matinal

Article publié le : jeudi 8 septembre 2016. Rédigé par : Liliane

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Une bande d’ouvriers venus engoudronner à 8 heures du matin : belle scène mais très bruyante.

Karl Jaspers. Strindberg et Van Gogh. Extraits

Article publié le : mercredi 31 août 2016. Rédigé par : Liliane

Collection Arguments, éditions de minuit. L’étude paraît en 1922. Réédition en 1949, introduite par Karl Jaspers :«La philosophie n’a pas un champ d’étude qui lui soit propre, mais les recherches scientifiques concrètes deviennent philosophiques si elles remontent consciemment jusqu’aux limites et aux sources de notre être. […] cette analyse était simplement le moyen de trouver les points de vue où l’on doit se placer pour apercevoir les énigmes véritables et en prendre conscience.» C’est «l’originalité, le côté exceptionnel» du cerveau et de l’art de Van Gogh qui nous intéresse.

[Les mots en rose signalent les débuts de paragraphe. Les mots en bleu, les mots et expressions que nous soulignons.]

Chapitre 5 D’une relation entre la schizophrénie et l’œuvre. Avant de rechercher quelle peut être la relation entre la schizophrénie et l’œuvre, il y a lieu de préciser quel sens nous donnons à cette idée très générale de relation. On peut se demander tout simplement si, chez des êtres d’exception, la schizophrénie peut être la cause ou l’une des causes de la création artistique. Le processus pathologique est-il un facteur, dans les profondeurs obscures et énigmatiques des corrélations physiologico-psychologiques, sans que l’œuvre acquière pour autant un caractère d’aliénation? Pourrait-on donc comparer en ce cas ses effets à cette ivresse légère que Bismarck pratiquait les jours où il devait parler en séance au Reichtag? Il avait remarqué qu’une certaine dose d’alcool facilitait son élocution, sans aller jusqu’à lui donner aucune nuance qui pût être attribuée à l’ébriété. Ainsi, la folie (avec une action plus durable et beaucoup plus importante sur la personnalité) serait pour l’œuvre une condition excitante sans être spécifique. En second lieu, on pourrait poser la question suivante: si l’on voit apparaître un changement dans le style d’un artiste avec la schizophrénie, n’y a-t-il pas quelque raison de voir en elle un agent spécifique de la production artistique? Dans ce cas, et puisque des effets semblables se produisent chez d’autres individus dans des conditions différentes, la schizophrénie serait-elle seule en jeu, et ne pourrait-on pas alléguer parfois la paralysie générale, une lésion cérébrale ou l’alcoolisme? Enfin, en troisième lieu, nous demanderons si l’on voit dans l’œuvre elle-même les traces de cette cause spécifique, autrement dit : l’œuvre peut-elle avoir des caractères spécifiquement schizophréniques? Traiter la seconde question, c’est sous-entendre que l’on a répondu affirmativement à la première et, de même, répondre à la troisième suppose la solution positive de la seconde. Ces réponses ne peuvent être qu’empiriques et, actuellement, étant donné le petit nombre de cas examinés, nous ne pourrons nous prononcer que provisoirement. La présente étude ne vise qu’à être une contribution et ne fait qu’entamer la discussion. Traitons nos trois questions à la lumière des faits. La coïncidence d’époque entre le développement de la psychose et les changements survenus chez un artiste dans sa manière de vivre et de créer, en même temps que dans son style, rend très vraisemblable l’influence de la schizophrénie sur l’œuvre de maints grands artistes. Et, surtout si l’on découvre plusieurs cas semblables, le « hasard » d’une telle rencontre serait le plus grand des miracles. Lire la suite »

Guillaume Apollinaire. L’esprit nouveau et les poètes. 1917

Article publié le : dimanche 24 juillet 2016. Rédigé par : Liliane

« L’esprit nouveau qui dominera le monde entier ne s’est fait jour dans la poésie nulle part comme en France. La forte discipline intellectuelle que se sont imposée de tout temps les Français leur permet, à eux et à ceux qui leur appartiennent spirituellement, d’avoir une conception de la vie, des Arts et des Lettres qui, sans être la simple constatation de l’Antiquité, ne soit pas non plus un pendant du beau décor romantique. L’esprit nouveau qui s’annonce prétend avant tout hériter des classiques un solide bon sens, un esprit critique assuré, des vues d’ensemble sur l’univers et dans l’âme humaine, et le sens du devoir qui dépouille les sentiments et en limite ou plutôt en contient les manifestations. Il prétend encore hériter des romantiques une curiosité qui le pousse à explorer tous les domaines propres à fournir une matière littéraire qui permette d’exalter la vie sous quelque forme qu’elle se présente. Explorer la vérité, la chercher, aussi bien dans le domaine ethnique, par exemple, que dans celui de l’imagination, voilà les principaux caractères de cet esprit nouveau. Cette tendance du reste a toujours eu ses représentants audacieux qui l’ignoraient; il y a longtemps qu’elle se forme, qu’elle est en marche. Cependant, c’est la première fois qu’elle se présente consciente d’elle-même. C’est que, jusqu’à maintenant, le domaine littéraire était circonscrit dans d’étroites limites. On écrivait en prose ou l’on écrivait en vers. En ce qui concerne la prose, des règles grammaticales en fixaient la forme. Pour ce qui est de la Poésie, la versification rimée en était la loi unique, qui subissait des assauts périodiques, mais que rien n’entamait. Le vers libre donna un libre essor au lyrisme; mais il n’était qu’une étape des explorations qu’on pouvait faire dans le domaine de la forme. Les recherches dans la forme ont repris désormais une grande importance. Elle est légitime. Comment cette recherche n’intéresserait-elle pas le poète, elle qui peut déterminer de nouvelles découvertes dans la pensée et dans le lyrisme?L’assonance, l’allitération, aussi bien que la rime sont des conventions qui chacune a ses mérites. Les artifices typographiques poussés très loin avec une grande audace ont l’avantage de faire naître un lyrisme visuel qui était presque inconnu avant notre époque. Ces artifices peuvent aller très loin encore et consommer la synthèse des arts, de la musique, de la peinture et de la littérature. Il n’y a là qu’une recherche pour aboutir à de nouvelles expressions parfaitement légitimes. Lire la suite »

Jean Birnbaum. Des esprits dérangés

Article publié le : jeudi 21 juillet 2016. Rédigé par : Liliane

Le monde du jour

Priver le carnage niçois de toute signification politique, au prétexte que son auteur, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, était instable psychiquement, nous place devant notre incapacité à envisager sérieusement la force spécifique de Daech, rappelle Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ».

Dès le lendemain du massacre qu’il a perpétré à Nice le 14 juillet, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a été décrit comme une personnalité fragile, dépressive, aux tendances psychotiques. Le tueur présentait notamment « des problèmes avec son corps », a témoigné un psychiatre tunisien naguère consulté par le jeune homme.
« C’est l’acte d’un fou », a résumé l’une de ses voisines au Monde. Depuis lors, beaucoup ont posé la question : même si le carnage de Nice a été prémédité, peut-on vraiment parler d’entreprise terroriste à propos d’un homme qui n’avait pas toute sa raison ?
En vérité cette question ressurgit presque à chaque attentat, et elle est révélatrice à plus d’un titre. Elle dit d’abord quelque chose de notre rapport collectif à la folie. Car poser la question en ces termes, c’est suggérer que l’acte meurtrier, dès lors qu’il serait emprunt de délire, serait vidé de tout élan politique et religieux.

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Jean-Luc Nancy. Un camion est lancé

Article publié le : lundi 18 juillet 2016. Rédigé par : Liliane

in Libération du jour

« Un camion lancé pour écraser des enfants – entre autres – donne une image insoutenable du nihilisme. Le nihilisme lui-même nomme un aboutissement : celui de notre histoire et de notre civilisation. Qu’il s’empare de simulacres religieux ou bien d’égarements psychotiques, qu’il se veuille fou de Dieu ou de transhumanisme, il trouve à se distiller et à empoisonner partout et chez tous ceux que peuvent fasciner les puissances d’anéantir. Il ne suffit pas de lui déclarer la guerre. Il faut nous en prendre à nous-mêmes, à notre entreprise universelle de puissance jamais assouvie. Il faut arraisonner et démonter les camions fous de nos supposés progrès, de nos fantasmes de domination et de notre obésité marchande. Le monde est à un tournant. Il a un nouvel avenir à inventer. Tuer les enfants (et les autres), c’est tuer l’avenir sans même faire exister un présent. Il ne suffit pas de hausser le ton : il faut aussi penser ce qu’exister peut vouloir dire d’autre que faire rouler des camions, des machines et des entreprises. Un homme politique, une femme politique aujourd’hui ne peut plus éviter de parler du sens de notre monde. Et pas seulement en récitant la devise de la République française. Car chacun de ces mots est écrasé par les camions, les machines et les entreprises. Et par l’insuffisance ou la négligence de nos pensées. Il ne s’agit pas de nous accuser plus que d’accuser les fanatiques, les terroristes et les terrifiés. Il s’agit de passer outre toutes les formes de réflexes conditionnés. Car ce qui est en jeu est l’exigence inconditionnelle d’un monde possible. » Jean-Luc Nancy Philosophe

Van Gogh by JG

Article publié le : mardi 21 juin 2016. Rédigé par : Liliane

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Dessin sous projection au pinceau, acrylique noire et  blanche sur blouson en jean…

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… Scan du dessin original, reproduit sur le dos du blouson, encre noire au pinceau sur feuillet  A4 blanc

Gilles Deleuze – Cinéma cours du 23/11/82

Article publié le : samedi 7 mai 2016. Rédigé par : Liliane

Gilles Deleuze – Cinéma cours du 23/11/82 – 1 transcription : Marie Lacire

…Auquel je voudrais confronter ces thèmes.
Premier thème que j’ai commencé dans notre première séance, je dirais que tout est centré sur le temps, tous mes thèmes seront centrés sur le temps cette année,

Et le premier thème je pourrais dire en gros, eh bah, c’est d’un certain point de vue, le rapport du mouvement et du temps – et à la faveur du rapport du mouvement et du temps, il s’agit de quoi dans ce premier thème ? Il s’agit d’une chose en apparence très différente – mais ceux qui étaient là l’année dernière, savent déjà qu’elle est pas tellement différente. Il s’agit d’une classification générale des images et des signes. A la faveur d’une réflexion sur le mouvement et le temps, arriver à une classification généralisée des images et des signes, des types d’images et des types de signes.

Pourquoi ? vous sentez déjà, parce que peut-être est en jeu, ou sont en jeu, les notions d’image-mouvement, d’image-temps, et les signes correspondant à ce type d’images.
Le livre principal, à mon avis, sur une telle classification des images et des signes, c’est un très grand livre d’un philosophe anglais de la fin du XIXème siècle, qu’on avait à peine abordé l’année dernière et qui s’appelle PEIRCE (il se lève et écrit au tableau). Et Peirce a peu publié de son vivant, et assez récemment a été entrepris une édition complète de ce qu’il avait écrit et pas publié ou très peu – Cette édition comprend un grand nombre de tomes, sept ou huit tomes en anglais. Pour ceux qui ont une culture anglaise, je fais vivement appel à ce que vous alliez voir ces livres qui sont fantastiques. PEIRCE étant considéré comme très important actuellement, c’est-à-dire étant redécouvert pleinement – en tant que c’est lui qui fonde ou qui passe pour avoir fondé ce qu’on a appelé ou ce que lui-même appelait la sémiologie, c’est-à-dire une science des signes. Heureusement en français, nous disposons d’un court livre, très bref, mais qui est le modèle d’un travail, d’un vrai travail. Il est fait par un monsieur qui s’appelle Delédale. Il a paru au Seuil, sous le titre Peirce, écrit sur le signe. Il a dû paraître, il y a deux ans je crois. Et c’est un travail immense parce que c’est une espèce de système ; il y a des morceaux choisis de Pierce, il y a des commentaires, et ça vous donne une idée de ce philosophe insolite et qui me semble tout à fait extraordinaire.

Car, ce dont il s’agira pour nous, c’est bien de confronter la classification des images et des signes que PEIRCE nous propose, à ce que nous pour d’autres raisons, bonnes ou mauvaises, nous souhaitons. Et tout ça se fera sur la rubrique « Mouvement et temps ». Lire la suite »

Premier mai

Article publié le : dimanche 1 mai 2016. Rédigé par : Liliane

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