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Nous sommes tous des artistes contemporains…

Article publié le : Jeudi 2 septembre 2010. Rédigé par : Liliane

Mathieu Lindon a lu Point Oméga, Don DeLillo, (Libération 2 septembre 2010)
«Nous sommes tous des artistes contemporains. C’est une sorte d’au-delà du postmodernisme que propose Point Oméga, le dernier et bref roman de Don DeLillo [...] Un jeune cinéaste veut faire un film sur un intellectuel que le gouvernement Busch a recruté pour l’aider dans la conception de la guerre en Irak, puis que les républicains ont lâché parce qu’il ne faisait plus l’affaire. Le jeune cinéaste veut qu’il raconte face à une caméra en plan fixe, devant un mur. « Une conversation sur un lit de mort Voilà ce que vous voulez la fatuité, la vanité de l’intellectuel [...] Vous voulez filmer un homme qui s’effondre », dit le vieil homme au jeune sans avoir encore accepté ou refusé la proposition. Si le cinéaste s’intéresse tant à l’intellectuel, c’est que cet Elster a écrit un article intitulé « Redditions », dont la première phrase était « Un gouvernement est une entreprise criminelle ». « La vraie vie n’est pas réductible à des mots prononcés ou écrits, par personne, jamais. La vraie vie a lieu quand nous sommes seuls, à penser, à ressentir, perdus dans les souvenirs, rêveusement conscients de nous-mêmes, des moment infinitésimaux » estime Elster à l’ouverture du premier chapitre. Nous sommes tous des artistes contemporains et vivre sa vie réclame un talent qui n’est pas donné à tout le monde.
Mais avant le premier chapitre, il y en a un autre, intitulé « Anonymat » et un chapitre « Anonymat 2″, situé le lendemain dans le même lieu, clôt le livre. Ce lieu est le Museum of Modern Art de New York. Dans une salle obscure, sur un écran de trois mètres sur cinq, est diffusé le film Psychose d’Hitchcock, en une projection tellement ralentie qu’elle dure 24 heures. Don DeLillo précise dans une note finale que 24 Hour Psycho, œuvre vidéo de Douglas Gordon, fut installé au Moma l’été 2006. C’est comme si chaque image, chaque mouvement devenait indépendant des autres. « C’était comme les briques d’un mur, qu’on peut dénombrer distinctement, pas comme le vol d’une flèche ou d’un oiseau. Là encore, ce n’était ni semblable à autre chose, ni différent. » Comment attraper la réalité à travers Psychose? « Tout le monde se rappelle le nom du tueur, Norman Bates, mais personne ne se souvient du nom de la victime. Antony Perkins est Norman Bates, Janet Leigh est Janet Leigh. » Des spectateurs passent durant la projection, qu’on retrouvera. « Lumière et son, totalité sans paroles, la suggestion au-delà du film, l’étrange réalité criante qui respire et mange là-bas, cette chose qui n’est pas du cinéma. » Cette littérature qui ne serait pas de la littérature à laquelle aspire Don DeLillo.
L’intrigue du roman se déroule dans la maison d’Elster, en plein désert américain, dans un huis clos pas si clos où le jeune cinéaste et le vieil universitaire sont vite rejoints par la fille du propriétaire. De qui est-il question? De l’Irak, de la guerre, mais aussi du temps qui passe ou pas, du « temps pur », et de la « terreur habituelle ». Et de l’art, du cinéma, de la littérature. « Pour Elster, le coucher du soleil était une invention humaine, l’arrangement perceptuel auquel nous procédions pour que la lumière et l’espace se muent en éléments d’émerveillement. » Elster pour qui le verbatim des mots qu’il prononce dans son sommeil en dirait plus long sur lui que la plus longue biographie et serait « littérature ». Elster, cet « outsider privilégié » qui a « échangé la « Division des opérations spéciales » du Pentagone « contre de l’espace et du temps. Deux choses qu’il semblait absorber par tous les pores ». Tandis que Jessie, la fille, aime les vieux films à la télévision, y « guette le moment où un homme va allumer la cigarette d’une femme ». « On dirait qu’ils ne font que ça, dans les vieux films, les hommes et les femmes. »
Enfant, Jessie avait une particularité que raconte son père, « elle remuait un peu les lèvres en répétant intérieurement ce que je disais ou ce que sa mère disait. [...] Entre le mouvement de ses lèvres et celui des miennes s’opérait une quasi-synchronisation. [...] Les yeux fixés sur ma bouche, observant mes lèvres, remuant les siennes. » Et la spectatrice d’un moment de 24 Hour Psycho, à la fin du roman: « Je lisais ce que disaient les gens sur leurs lèvres, dit-elle. Je guettais leurs lèvres et je savais ce qu’ils disaient avant qu’ils l’aient dit. Je n’écoutais pas, je regardais seulement. C’était ça le truc. Je pouvais bloquer le son à volonté, pendant qu’ils disaient ce qu’ils disaient. » Le truc, c’est aussi de trouver « le point oméga », notion héritée de Teilhard de Chardin et qui est un « paroxysme », un « bond hors de notre biologie ». Il s’agit de révolutionner la communication, entre les êtres mais pas seulement. « Puis nous partîmes faire le plein en ville, et nous fûmes bientôt en route parmi les zones de faille et entre des amoncellements de rochers tourmentés, l’histoire qui défile par la vitre, les montagnes qui se forment, les mers qui reculent. »» Mathieu Lindon


Don DeLillo••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••Mathieu Lindon

Pour Django et tous les autres Roms

Article publié le : Samedi 21 août 2010. Rédigé par : Liliane

in Libération du 21 août 2010
JEAN-CHRISTOPHE BAILLY, JEAN-LUC NANCY Philosophe, HÉLÈNE NANCY Philosophe

Romanichels, bohémiens, tsiganes, gitans, manouches, quel que soit le nom, ont toujours fait partie du paysage, et ceci aussi loin que nous remontions dans nos souvenirs. A l’époque, on ne disait ni «Roms» qui est un terme générique, mais qui a le défaut d’entretenir la confusion entre une appartenance et une nationalité (roumaine), ni «gens du voyage» qui, malgré son petit appel poétique, appartient à cette façon de ne plus nommer qui fait des aveugles des mal voyants et des balayeurs des techniciens de surface. Quoi qu’il en soit, il y a pour les Roms (c’est le terme que nous utiliserons ici malgré tout) un nomadisme de leur nom qui correspond à leur position flottante dans les sociétés où ils s’installent durablement ou en ne faisant que passer.
Etablis ou non à demeure, ayant roulotte, caravane ou maison, les Roms, de toute façon, sont nomades, et cette façon d’être, qui est de n’être jamais pleinement «dedans» mais d’incarner toujours une possibilité d’évasion, a toujours été populaire. La crainte – bien légère – qu’ils pouvaient occasionner faisant partie, en un sens, de cette popularité. Tout le monde le savait bien, que les marchands de paniers n’étaient pas des voleurs d’enfants et les enfants, d’ailleurs, considéraient avec plus d’envie que de crainte ce signe de liberté attaché à ce qu’ils pouvaient deviner de leurs vies.
Les traces de cette sympathie sont puissantes dans la culture populaire : de la silhouette des paquets de Gitanes, cigarettes qui étaient bien les sœurs un peu délurées des Gauloises, à ce que peut réunir autour de lui un nom comme celui de Django Reinhardt, en passant par le cirque (Bouglione, Zavatta), les danses de la Comtesse aux pieds nus ou le frôlement que les gitans font presque tout du long d’Alcools d’Apollinaire : ils sont là, ils font partie de nous.
Dans la longue tradition du gendarme et du voleur, toutefois, et du côté des flics, les Roms ont toujours été de présumés coupables, au moindre larcin. Hergé, dont on aurait quelque peine à faire un précurseur de l’ultragauche, a très bien démonté la stupidité de ce réflexe dans les Bijoux de la Castafiore : comme le disent excellemment les Dupond et Dupont, après que Tintin leur a démontré leur erreur : «C’est bien notre chance ! Pour une fois que nous tenions des coupables, il faut qu’ils s’arrangent pour être innocents !»
Or, et là nous pouvons cesser de rire, ce sont des gens de la même eau que les Dupond(t) qui ont aujourd’hui le pouvoir en France. Ce qui veut dire : de gros godillots et une inculture complète. Stigmatiser comme cela a été fait une population entière au motif d’un désordre passager créé par quelques-uns est un crime bien plus grave que ledit désordre. Déloger brutalement des familles entières en les envoyant promener si possible nulle part, ou en les renvoyant «dans leur pays d’origine» (ce qui est entièrement une manipulation puisque leur origine n’est pas un pays), et ceci en allant jusqu’à utiliser des hélicoptères, ainsi qu’on l’a appris, ce sont là des méthodes qui déshonorent ceux qui les emploient et qui rappellent – oui – les moments les plus pénibles de l’histoire de France : les décrets de Louis XIV condamnant aux galères tous les «bohémiens» de sexe masculin et la politique menée sous Vichy.

Dans le numéro 503 d’Abitare un article et une série photos à propos de la manière d’habiter  des Roms à Rome dans une ancienne usine:
«Spaces. Metropoliz. Rom-A Station» A self-governing village, which Rumanian Roma share with people of other ethnic groups, has been built inside the derelict Fiorucci salumi factory in Rome. L’article de Francesco Careri est intitulé «A first step outside the camp.» pages 94-101. Francesco Careri est un des artistes du groupe Stalker. Stefano Boeri architecte est le rédacteur en chef d’Abitare. Edited by Lucia Tozzi/ Text by Francesco Careri. Photos by Alessandro Imbriaco / Contrasto. Les photos sont en ligne sur le site d’Alessandro Imbriaco. http://www.alessandroimbriaco.com/Fabbrica_Fiorucci_eng.html
La série des 12 photos > http://www.alessandroimbriaco.com/Fiorucci_img_1.html

L’art et la parole : rhétorique de la commande

Article publié le : Mercredi 11 août 2010. Rédigé par : Liliane

L’art et la parole : rhétorique de la commande, conférence de Bruno Latour, François Hers et Xavier Douroux. 6 mai 2010, Centre Pompidou.
«Il existe une demande d’art mais informulée, ou inarticulée. De l’autre, il existe une offre d’art mais organisée par le seul marché. Est-il possible de trouver une autre manière de lier les créateurs et les amateurs ? L’artiste François Hers a inventé, grâce au soutien de la Fondation de France, un dispositif original pour articuler une demande d’art et pour composer des œuvres originales à partir d’une autre conception de l’offre. Ce dispositif dit « des Nouveaux commanditaires » repose sur l’invention d’une fonction à part entière, celle du « médiateur » chargé de construire, par un lent processus d’expérimentation, un nouveau rapport à l’œuvre. A partir de cette expérience, Bruno Latour, François Hers et Xavier Douroux, directeur du Centre d’art contemporain Le Consortium à Dijon, interrogent la rhétorique de la demande d’art. Comment rétablir le dialogue, faire le lien entre l’offre et la demande hors de sa seule définition marchande ou de la seule autonomie de l’artiste ?»
Nos amis du French Artouch joue sur ce terrain, sur une page de blog très brève: http://french-artouch.blogspot.com, un site en construction http://www.french-artouch.com/epages/box4488.sf.
«French Artouch est un concept de galerie virtuelle qui relie directement la jeune création française avec le marché de l’art via notre site internet et un réseau de connaissance. Mission: Nous travaillons avec une palette d’artistes très diversifiée tant par leurs univers que par leurs techniques. Leur point commun est qu’ils sont de jeunes artistes,exerçant ou ayant exercés leur art au sein des plus prestigieuses écoles française telles que l’école des Beaux-Arts, les Gobelins, les Arts Décoratifs, l’école Estienne et bien d’autres. L’objectif est de faire connaître ces artistes en leur offrant la chance d’être référencés sur un site de qualité, de bénéficier de notre réseau et de notre expérience dans ce milieu très difficile d’accès. Notre but est également de promouvoir la jeune création française et de l’exporter avec un site internet international traduit en 4 langues, le français, l’anglais, l’allemand et l’espagnol. Ainsi nous leur offrons une réelle rampe de lancement.» + , + un lieu physique d’exposition, la Galerie 1161, 53 quai des grands Augustins – 75006 Paris.
Plus noble, à suivre à la rentrée, le lancement de l’Ecole des arts politiques de Sciences Po (SPEAP) par Bruno Latour. Présentation au Centre Pompidou qui soutient l’initiative le 1er juillet 2010 :
« Les arts et la politique ne sont trop souvent reliés que par l’art officiel de sinistre mémoire, la commande publique, ou, plus savamment, par l’explication que l’on donne parfois des œuvres d’art en terme de « pouvoir » et de « contexte social ». Or, il existe bien d’autres liens possibles entre la liberté que donne les œuvres et la liberté que recherche toujours, obstinément, la politique. Ces liens multiformes on les rencontre dès que l’on suit comment des citoyens, des élus, des activistes, des experts parviennent à briser les formes usuelles de représentation pour formuler à nouveau les problèmes, les affaires, les conflits qui les rassemblent et qui les divisent. La « chose publique » ne peut se composer qu’à la condition d’avoir assez de gens capables d’articuler les enjeux, de les représenter et de les composer à nouveaux frais. Les arts, les sciences, les politiques sont affaires d’articulation. Sans les artistes, nous resterions inarticulés. Sans les politiques, nous serions incapables d’articuler nos positions et d’en changer. Sans l’articulation du monde par les sciences, le monde resterait muet. »
Premiers éléments sur le site de Béton Salon http://www.betonsalon.net/spip.php?article225 et sur le blog de Richard Descoings http://www.richard-descoings.net/2010/07/05/lancement-du-speap-sciences-po-ecole-des-arts-politiques!

Elégies

Article publié le : Samedi 12 juin 2010. Rédigé par : Liliane

Elégies
«Doux souvenirs de ce qui a existé, que l’on voudrait faire revenir et qui ne reviendra jamais.» Voir la série de films-essais Elégies d’Alexandre Sokourov (1988-). Le choix délicat des photos de famille anciennes reproduites dans ce blog relève de cette notion.


J.-L. 18 mai 1970 (photomaton)

Tourisme et culture

Article publié le : Mardi 11 mai 2010. Rédigé par : Liliane

Les mots mêmes d’un leitmotiv old style résonnent dans cet intitulé de Master: Cultural Tourism, vraiment d’actualité.
http://www.tourism-culture.com/teaching.html

«Tout déplacement sur une surface plane qui n’est
Pas dicté par une nécessité physique est une forme
Spatiale d’affirmation de soi qu’il s’agisse de bâtir
Un empire ou de faire du tourisme.» (in Film Socialisme. Jean-Luc Godard)

Marcel Detienne. 1. Comment être français. 2. Sur l’identité nationale.

Article publié le : Mardi 11 mai 2010. Rédigé par : Liliane

Jacques Rancière. Le partage du sensible.

Article publié le : Lundi 10 mai 2010. Rédigé par : Liliane

Le partage du sensible sous-titré esthétique et politique. Concept séduisant. Quel est-il? Ce petit livre un peu ancien (paru en 2000) est à lire en détail pour en apprendre les expressions qui le déclinent et qu’en restera-t-il pour nous?  Comment on passe du politique au sensible, à la notion de politisation du sensible, qui pourrait être la clef du devenir de l’art actuel. L’art dit contemporain s’en approche parfois, mais on tablera plutôt sur ce qu’on dit art des nouveaux médias, explosés dans tous les supports médiatiques ambiants (un liquide amniotique comme a dit Christian Bernard). Ce qui suit est issu d’une prise de notes, fragmentée, sur un cahier Muji au stylo uniball/Signo, 0,38.
«Le partage du sensible, c’est ce système d’évidences sensibles, qui donne à voir en même temps l’existence d’un commun et les découpages qui y définissent les places et les parts respectives. [...] Le citoyen, dit Aristote, est celui qui a part au fait de gouverner et d’être gouverné. Les artisans, dit Platon, ne peuvent s’occuper des choses communes parce qu’ils n’ont pas le temps de se consacrer à autre chose que leur propre travail.
Le partage du sensible fixe donc en même temps un commun partagé et des parts exclusives. Cette répartition des parts et des places se fonde sur un partage des espaces, des temps et des formes d’activité qui détermine la manière même dont un commun se prête à participation et dont les uns et les autres ont part à ce partage.
[page 13] Le partage du sensible fait voir qui peut avoir part au commun en fonction de ce qu’il fait, du temps et de l’espace dans lesquels s’exerce cette activité. Avoir telle ou telle ‘occupation’ définit ainsi les compétences ou les incompétences du commun. Cela définit le fait d’être ou non visible dans un espace commun doué d’une parole commune etc. [...] Il y a à la base une esthétique […] pas ‘l’esthétisation’ de la politique propre à l’âge des masses (Benjamin) mais au sens kantien ‘comme le système de formes a priori déterminant ce qui se donne à ressentir’, un découpage des temps et des espaces, du visible et de l’invisible, de la parole et du bruit, qui définit à la fois le lieu et l’enjeu de la politique comme une forme d’expérience.
La politique porte sur ce qu’on voit et ce qu’on peut en dire, sur qui a la compétence pour voir ou la qualité pour dire, sur la propriété des espaces et les possibles du temps.
C’est à partir de cette esthétique première qu’on peut poser les questions des
pratiques esthétiques [définies] comme les formes de visibilité des pratiques de l’art, du lieu qu’elles occupent, de ce qu’elles ‘font’ au regard du commun. ['ça le fait' dit-on vulgairement]
les pratiques artistiques sont [elles] des ‘manières de faire’ qui interviennent dans la distribution générale des manières de faire et dans leurs rapports avec des manières d’être et des formes de visibilité.

Bon anniversaire!

Article publié le : Jeudi 22 avril 2010. Rédigé par : Liliane


50e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Au dos de la carte: Le copain Bugnard, Claudius Barbier, La Chambotte, Chindrieux, le «y» indispensable, the best of  the Savoie!


100e anniversaire!

Pour le 150e, un long film (un peu grandiloquent) sur l’histoire de la Maison de Savoie dans l’émission de télé Des Racines et des ailes. Jean Luquet conservateur des archives et du patrimoine de Savoie en introduit l’histoire  puis intervient très bien tout au long de cet extrait du film repris ici: «La Maison de Savoie, [19 comtes, 15 ducs, 8 rois, composée de morceaux de territoires dont les Alpes, des pièces de puzzle à géométrie variable, dispersées, dont l'une est la Sardaigne,] c’est une dynastie qui apparaît au 10e siècle sur les restes de l’empire carolingien et jusqu’en 1860, date du rattachement à la France [des éléments du puzzle qui permettent enfin de dessiner l'hexagone de notre identité territoriale-nationale française toute récente donc], les comtes et les ducs vont régner sur la Savoie pour une raison stratégique précise, c’est qu’ils contrôlent les passages des Alpes et ces passages des Alpes, c’est une des grandes routes de la civilisation européenne entre l’Italie et la France, c’est la route de l’économie, c’est la route de la culture, c’est la route des grands mouvements de population.»

On pourrait dire que pendant 800 ans, la Savoie a été une TAZ inédite telle que définie par Hakim Bey, (Zone Autonome Temporaire), construite autour d’une barrière géographique Les Alpes convertie en lieu de passage, et égrenée de part et d’autre de cette barrière.
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Bande d’actualité où l’on voit la façade du bâtiment des Thermes Pellegrini saccagée par la restauration désastreuse des années 70. Lien http://lantb.net/uebersicht/?p=59

Luc Bronner. Conversation. Banlieues et médias: une incompréhension mutuelle

Article publié le : Dimanche 18 avril 2010. Rédigé par : Liliane

Luc Bronner, journaliste au Monde, «en charge» des banlieues. A la question posée:
«Votre travail semble souvent s’apparenter à un travail d’ethnographe. Comment faites-vous pour vous faire accepter dans ces quartiers ? Comment parvenez-vous à créer des liens avec ces populations ?»
Luc Bronner : «Le facteur temps est essentiel. J’ai la chance, en travaillant au Monde, de pouvoir consacrer un plein-temps à mon travail dans les quartiers, donc de pouvoir intervenir dans les phases de crise, évidemment, mais aussi dans les périodes calmes, celles où on peut créer des contacts, celles où on peut raconter les banlieues dans leur complexité.
 Sur Tremblay en France, par exemple, je suis le quartier populaire de cette ville de Seine-Saint-Denis depuis près d’un an, pour essayer de comprendre son évolution. Je crois que c’est une des pistes pour améliorer les relations entre les médias et les quartiers : éviter les traitements en dents de scie – extrêmes en période de crise, quasiment inexistants le reste du temps – et montrer qu’on s’intéresse à ces territoires sur le long terme. Au fond, ce qui me frappe, ce n’est pas tant le fait qu’il y ait des violences urbaines que le silence de ces quartiers. On connaît en France un niveau élevé de ségrégation sociale et ethnique sans que les habitants protestent réellement. Ou alors par l’abstention. Pour moi, le taux extrêmement élevé de l’abstention aux élections régionales aurait dû être considéré comme un événement plus grave que les émeutes de 2005, parce que plus massif, touchant des centaines de milliers d’adultes, et pas seulement quelques milliers d’émeutiers.»
Télécharger le texte du chat, accessible sur le monde.fr


Ecole du blog avec Luc Bronner
envoyé par Bondy_Blog. – L’info internationale vidéo.
Ecole Du blog. Samedi 13 février 2010, Luc Bronner expose sa façon de travailler.

Trop fort Jean-Jacques.

Article publié le : Jeudi 18 mars 2010. Rédigé par : Liliane

Jean-Jacques Rousseau. Ebauches des Rêveries du promeneur solitaire. «Vingt sept cartes à jouer, sur lesquelles Rousseau avait pris des notes, furent trouvées après sa mort, dans ses papiers, par le marquis de Girardin qui les envoya ou les remit à Du Peyrou. Elles sont conservées à la Bibliothèque de Neuchâtel. Ces notes sont écrites à l’encre ou au crayon, ou au crayon repassé à l’encre; elles sont parfois d’un déchiffrement malaisé, les traits de crayon étant devenus de plus en plus pâles; on peut supposer qu’elles ont été prises par Rousseau au cours de ses promenades.» Leurs textes figurent dans le Tome 1 de la Pléiade des écrits autobiographiques de Jean-Jacques Rousseau.


Carte 24. p. 1171 (recto et verso)

«Qu’on est puissant, qu’on est fort quand on n’espére plus rien des hommes. Je ris de la folle ineptie des méchans quand je songe que trente ans de soins, de travaux, de soucis, de peines ne leur ont servi qu’à me mettre pleinement au dessus d’eux.»