Londres. Fournier Street

Article publié le : Samedi 6 septembre 2014. Rédigé par : Liliane

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Photo Street View. Nous y passames ce jour. Remarquables façades peintes de petits immeubles, inscrites dans une structure mi-plane mi-bas relief enchaînant trois objets complexes monochromes vert rouge et bleu, soumis aux variations de la lumière ambiante dépendante de surcroît des mouvements des huis et volets actionnés par leurs habitants.
Pour voir l’ensemble de la rue:
https://www.google.fr/maps/@51.5192614,-0.0738459,3a,90y,309.53h,89.39t/data=!3m4!1e1!3m2!1sTm3I6gPjIaQP-nCvOBjQZg!2e0

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Ma photo et celle de Jean-Louis > http://jlggb.net/blog4/?p=1896

James Lee Byars

Article publié le : Jeudi 4 septembre 2014. Rédigé par : Liliane

Performances http://www.moma.org/visit/calendar/exhibitions/1502
http://www.moma.org/visit/calendar/events/21947

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James Lee Byars, The Mile-Long Paper Walk, 1965. Rehearsal in studio, Jimmy Robert, 2014. Photo: Jimmy Robert.

James Lee Byars: The Mile-Long Paper Walk (1965/2014), Four in a Dress (1967/2014): Dress for Two (1969)
September 7, 2014
Three of James Lee Byars’s (American, 1932–1997) most influential performance works will be presented at MoMA, building on his long history with the Museum. The performances, held in conjunction with the MoMA PS1 exhibition James Lee Byars: 1/2 an Autobiography, highlight Byars’s innovative work in fabric, costumes, and paper, which include key performative dimensions. The Mile-Long Paper Walk will be performed by Jimmy Robert (French, b. 1975); it was originally performed by Lucinda Childs (American, b. 1940), who provided choreographic instruction for this performance.

Permaculture vs agriculture naturelle?

Article publié le : Mercredi 3 septembre 2014. Rédigé par : Liliane

Découverte dans le film de Mamère sur arte « ralentir, bla, bla… » assez pensum, l’expérience française de permaculture de la Ferme du Bec http://www.ecoledepermaculture.org/formation-2014.html

Tout sur l’origine du concept de permanent culture Wikipedia http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Permaculture

Entr’aperçue précédemment l’expérience agricole japonaise intellectuellement plus audacieuse dans un film « Les moissons du futur » http://boutique.arte.tv/f8008-les_moissons_du_futur sur Arte et on trouve sur Wikipedia des éléments sur les origines de ce type d’agriculture http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Masanobu_Fukuoka: Masanobu Fukuoka en a créé le concept, celui d’agriculture naturelle, qui a inspiré les fondateurs de la permaculture http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Agriculture_naturelle et là retour vers l’expérience EAD à Nanterre orientée agriculture naturelle, semble-t-il, http://ecole-agricole.fr dont nous avaient parlé Alain et Blandine (à vérifier).

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1682

Gilles Kepel. Moyen-Orient, le basculement

Article publié le : Mardi 2 septembre 2014. Rédigé par : Liliane

De la Libye à l’Iran, la région est au bord d’une redistribution des cartes géostratégiques non sans incidences sur l’Union européenne et la France
Gilles Kepel, professeur à Sciences Po, spécialiste de l’islam et du monde arabe, rentre d’une tournée effectuée dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Il livre son analyse sur les bouleversements qui ont secoué la région ces derniers mois. In Le Monde.

Gaza, Irak, Syrie, l’été a été meurtrier au Moyen-Orient. Pourquoi ?

Nous assistons à la remise en cause du Moyen-Orient, tel qu’il est sorti des accords Sykes-Picot à l’issue de la première guerre mondiale. Les frontières tracées par les Anglais et les Français après le démembrement de l’Empire ottoman ont été un facteur de stabilité. Ces frontières, contestées par les nationalistes arabes, n’en ont pas moins favorisé des systèmes d’équilibre, le maintien de dictatures et l’absence de démocratisation. Mais elles avaient aussi empêché le chaos qui règne aujourd’hui. La naissance encore fragile d’un Kurdistan est un signe patent de la rupture de l’équilibre né des accords Sykes-Picot, puisqu’ils l’avaient exclu.

Quelle pourrait être la nouvelle puissance qui émergerait de ce chaos ?

Ce qui se passe en Irak, à Gaza ou en Syrie s’inscrit dans le processus de réintégration ou non de l’Iran dans la stratégie moyen-orientale. Aussi bien l’attaque israélienne contre Gaza que l’offensive de l’Etat islamique en Irak se comprennent à partir de ce contexte. Si l’Iran, une fois aboutie la négociation sur le nucléaire et du moins conduit par une direction fréquentable, se voit réintroduit dans le concert des nations, cela veut dire que Téhéran pourra redevenir le gendarme de la région qu’il était avant 1979. Ce pays de 80 millions d’habitants dispose de la bureaucratie étatique nécessaire et surtout de la classe moyenne qui a résisté aux tribulations du régime. S’il rentre dans le jeu, l’équilibre régional en sera modifié – en premier lieu la relation privilégiée que les Etats du Golfe ont construite avec les Etats-Unis, mise à mal depuis le 11-Septembre. Si l’Iran revient, l’osmose américano-israélienne n’aura plus la même qualité.

Mais le Moyen-Orient aura-t-il la même importance ?

Non. Il faut tenir compte de la perte de sa centralité dans la production énergétique mondiale. Désormais, les Etats-Unis sont exportateurs de gaz de schiste et n’ont plus besoin de l’énergie en provenance du Moyen-Orient. Israël est producteur de gaz en Méditerranée et devrait devenir lui aussi exportateur. Pour les Etats-Unis, dans une stratégie à long terme où la part du Moyen-Orient dans la production d’énergie mondiale va décliner, la question se pose de savoir si leur forte présence militaire vaut toujours la peine.
Ne serait-il pas plus opportun de s’en remettre à une politique de sous-traitance à des gendarmes ? D’autant plus que, en Irak comme à Gaza, la domination occidentale a été mise à mal en termes militaires. En Israël non plus on n’a pas réussi à détruire significativement l’arsenal du Hamas et, surtout, ce dernier a réussi, comme naguère le Hezbollah, à trouver le défaut de la cuirasse : creuser des tunnels, tuer les soldats, envoyer des missiles. La solution du tout-technologique qui assurait la supériorité de l’Occident a fait apparaître des fissures dont se servent ses adversaires.

 » Bordure protectrice  » menée par Israël contre Gaza s’insère-t-elle dans ce nouveau paysage ?

Bien sûr. Des gens proches des cercles militaires israéliens m’ont assuré qu’ils avaient poussé M. Nétanyahou à accepter le gouvernement de coalition palestinien (Fatah/Hamas), estimant qu’il représentait un interlocuteur valable. Le premier ministre israélien l’a refusé pour des raisons électorales. Les opposants à cette reconnaissance faisaient observer que le Hamas, comme le Hezbollah, conserverait son armée et que le mouvement islamique au pouvoir à Gaza gagnerait sur tous les tableaux. Le Hamas comme le Hezbollah sont considérés comme les deux bras armés de l’Iran dans la région. Il fallait donc au préalable détruire l’arsenal du Hamas et affaiblir du même coup l’axe iranien. Le résultat n’a pas été à la hauteur de ses attentes.

En quoi l’offensive de l’Etat islamique en Irak entre-t-elle dans le cadre de l’antagonisme entre l’Iran et les autres puissances de la région ?

Pour les Arabes du Golfe, l’hégémonie de Téhéran est un scénario de cauchemar. Turcs, Qatariens, Saoudiens ont vu dans l’Etat islamique le levier qui allait leur permettre d’en finir avec Bachar Al-Assad, allié de l’Iran. Le monstre qu’ils ont enfanté leur fait peur désormais.
Plus inquiétant, ce phénomène est devenu une sorte de grand récit dominant dans le monde sunnite. L’immense majorité des sunnites contre l’Etat islamique est bien en peine de lui opposer un autre grand récit aussi mobilisateur.

Qu’est-ce qui distingue l’Etat islamique d’Al-Qaida ?

Al-Qaida fonctionne selon un modèle pyramidal où les exécutants sont sacrifiés sans réfléchir, le tout étant financé par Ben Laden et ses successeurs.
L’Etat islamique préfère responsabiliser et substituer à la pyramide, que l’ennemi peut détruire, un modèle en réseau. On endoctrine et on forme militairement les individus. Avec une priorité sur l’Europe occidentale où l’on cherche à fomenter des situations de guerre civile.
Mais ce terrorisme non structuré est poreux à la manipulation par les services secrets. Très tôt, l’Etat islamique a été infiltré par les services syriens, selon un modèle tout droit sorti des manuels de contre-insurrection russes qui consiste à inoculer le djihad à l’intérieur de la rébellion pour le faire exploser.
L’Etat islamique a ainsi bénéficié de la mansuétude du régime de Damas, qui ne s’en est jamais pris à ses positions. Cela permettait à Bachar Al-Assad de montrer que, si le bilan du régime syrien n’était pas brillant, en face de lui, il y avait des monstres. En somme, l’Etat islamique est le rejeton de l’alliance hybride entre deux camps ennemis.

Ne s’est-il pas autonomisé par rapport à ses parrains  » apprentis sorciers  » ?

On ne connaît pas bien le fonctionnement de l’Etat islamique. Parfois les considérations idéologiques paraissent l’emporter, comme dans le cas des persécutions de chrétiens et des yézidis – qui risquaient de mobiliser l’Occident, alors que ces minorités ne représentent aucun danger sérieux. Cela a obligé en tout cas les Qatariens et les Saoudiens à se dissocier de l’Etat islamique, sans être crédibles.

Quelles sont les répercussions que cette recomposition chaotique peut avoir en Europe ?

Il me paraît impossible de penser les problèmes sociaux qui agitent la société française indépendamment de ces bouleversements. Il faut compter avec le phénomène nouveau et inquiétant des jeunes djihadistes français qui partent sur les fronts irakien et syrien et reviennent en Europe. Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche en sont des illustrations françaises. Mais le jeune rappeur anglais qui aurait décapité le journaliste James Foley en serait aussi une vision effrayante.
L’histoire de l’empire colonial fait partie de la nôtre comme de celle du Maghreb. Les élites maghrébines qui ont pris le pouvoir après les indépendances, tout comme les élites issues du gaullisme, ont vécu sur l’illusion que chacun pouvait vivre de son côté. C’est faux ! Nous continuons d’être interpénétrés. Il faut arriver à penser cette interpénétration, faute de quoi elle reviendra sous la forme du  » retour du refoulé  » salafiste et magique.

Dans  » Passion arabe « , puis dans  » Passion française « , vous avez tourné votre regard d’orientaliste sur les banlieues et la population originaire des pays arabes. Quelle est votre lecture des manifestations de cet été en solidarité avec Gaza et des débordements qui les ont accompagnées ?

Ces manifestations ont été marquées par la confusion des genres. Traditionnellement, ces manifestations étaient l’apanage de l’extrême gauche. Pour la première fois, elles ont été débordées par des groupes islamistes dont certains étaient djihadophiles. Dans la manifestation du 9 août à Paris, on a entendu des slogans qui allaient de  » Jean Moulin, résistance  » à  » Hamas résistance « , jusqu’à  » Djihad résistance « .
Il y a des risques que cette évolution prenne une dimension sociale. L’expression de la solidarité avec les Palestiniens est légitime – tout comme il est légitime que d’autres en démocratie expriment leur solidarité avec Israël. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’on a vu des associations islamistes locales marcher à côté des groupes issus de la filière d’extrême droite Soral-Dieudonné : à preuve, ces missiles Kassam en carton brandis dans les manifestations par des gens qui faisaient la quenelle.
On voit bien comment cette nouvelle idéologie d’extrême droite mêle à la fois l’antisémitisme traditionnel et une judéophobie issue de la vision salafiste du monde. Ce mélange, cette confusion populiste, qui est aussi l’expression d’une souffrance sociale, constitue aujourd’hui un problème majeur.

Pourquoi, à votre avis, la souffrance sociale se traduit-elle par un raidissement communautaire ?

Les groupes salafistes dans les quartiers se renforcent en miroir aux mouvements juifs les plus rigoristes. La rupture communautaire s’affiche avec l’ultraorthodoxie juive et, dans la tête des salafistes, on s’imagine que c’est cela qui permet aux juifs d’être puissants et respectés. Ils estiment que  » les Arabes  » ayant joué le jeu de l’assimilation en sont les grands perdants. L’exacerbation du halal se construit selon le mode du casher.

Comment faire pour déminer le mélange explosif que vous décrivez ?

On peut penser qu’il est au moins possible d’éviter la balkanisation de la société française. Dès que des incidents se produisent, on fait venir les représentants des cultes musulman, juif. C’est une erreur. Car nous disposons dans les assemblées de la République de milliers d’élus de confession musulmane. Des élus qui certes ont les rapports les plus divers à leur foi – du plus grand rigorisme à l’indifférence. De même y a-t-il des élus d’origine juive.
Même si ceux-ci n’ont pas été élus sur cette base-là, ils n’en sont pas moins issus de cette diversité. Pourquoi n’avons-nous pas recours à eux ? Tous les conseils municipaux des villes populaires comportent des personnalités représentatives de la diversité, à la fois assez sensibles aux aspirations du milieu dont elles proviennent mais parties prenantes du pacte républicain et de la machine politique française. Certes, le culte a le droit de s’exprimer. Mais la représentation nationale donne une image plus fidèle du  » pays réel « .

N’y aurait-il pas également des modèles alternatifs au salafisme émanant du monde arabe lui-même ?

L’enjeu principal pour la France se trouve au Maghreb. Un dixième de la population tunisienne vit en France (600 000 à 1 million, clandestins compris). On compte au Parlement tunisien dix députés élus par les Tunisiens de France.
Or, pour la première fois dans un pays du Maghreb, un gouvernement n’a pas construit sa légitimité sur la lutte contre le colonialisme français mais sur la lutte contre un dictateur issu de l’indépendance. Cela permet à la Tunisie d’avoir une relation beaucoup plus décontractée avec la France, car celle-ci prend mieux en compte la réalité des flux économiques, migratoires. Elle est donc plus porteuse d’avenir. Cela explique aussi pourquoi, de tous les Etats secoués par les révolutions arabes, la Tunisie est le seul à ne pas se retrouver dans un état catastrophique. Une classe moyenne à cheval sur les deux rives de la Méditerranée a réussi à y prendre en main le destin du pays, y compris dans une formation islamiste comme Ennahda.
Puisqu’on est en peine de contre-modèle, l’évolution de la Tunisie, toutes proportions gardées, est suffisamment rare et positive pour qu’on l’encourage. »
Propos recueillis par Gaïdz Minassian et Nicolas Weill

Lien vers l’article plus explicite des Inrocks paru le 14 août sous le titre: « Une redistribution complète des cartes au Moyen-Orient »
http://www.lesinrocks.com/2014/08/14/actualite/vivons-redistribution-complete-cartes-au-moyen-orient-11519332/

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Un soldat kurde lors de combats contre les djihadistes de l’État islamique, le 7 août (Stringer/Reuters)

Gilles Deleuze. Être de gauche re-enacted?

Article publié le : Mardi 2 septembre 2014. Rédigé par : Liliane

« Être de gauche c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi ; être de droite c’est l’inverse. »
In Abécédaire. A la lettre G comme gauche. Á noter le terme « les proches ».
Ou bien:
« Être de gauche, c’est partir de loin pour revenir vers soi (le cosmos, la maison, soi) concept même de l’abécédaire de Deleuze, mais appliquée à l’espace-temps de sa propre vie, il parle depuis sa mort (programmée et cosmique), dans le salon où se tient la conversation avec Claire Parnet, et par la fenêtre duquel il se jettera (la maison), lui (soi).
http://www.ciren.org/ciren/laboratoires/160104/abcd.html

Lauren Bacall. In memoriam

Article publié le : Dimanche 31 août 2014. Rédigé par : Liliane

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Café de l’industrie, rue Saint Sabin, au zing duquel, on croise toujours Fred, notre ex-coiffeur de Rock Air. Lauren Bacall in memoriam pour ce magnifique modèle de coiffure (le carré cranté) partagée par de nombreuses actrices hollywoodiennes des années quarante…

La Fondation Jean Arp (et Sophie)

Article publié le : Vendredi 29 août 2014. Rédigé par : Liliane

http://www.fondationarp.org/pages/fondation_acces.aspx. Mais c’est Sophie qui a dessiné la maison. Tout sur Sophie http://www.fondationarp.org/pages/taeuber_parcours.aspx
Et pour Nicole tout sur Arp http://www.fondationarp.org/pages/arp_onmyway.aspx
Et aussi sur le chemin, la villa atelier de Theo Van Doesburg >http://www.avivremagazine.fr/home/article.php?articleCode=11
Beaucoup de documents sur Dada surle Tumblr de Juliette Bertron http://archives-dada.tumblr.com/submit
Exposition de Sophie Taeuber en cours à Aarau entre Zurich, Bâle et Berne
http://www.aargauerkunsthaus.ch/fr/aargauer-kunsthaus/acces/
23.8.2014 – 16.11.2014
http://www.aargauerkunsthaus.ch/fr/expositions/actuel/?showUid=285&cHash=f96fe8df2f8336ef179618015bf6a0e0
Musée agrandi par Herzog & de Meuron et Rémy Zaugg http://www.aargauerkunsthaus.ch/fr/aargauer-kunsthaus/

Catherine Malabou lue par Patrice Maniglier. Kant c’est plastique

Article publié le : Vendredi 29 août 2014. Rédigé par : Liliane

Une forme de lecture rapide par Patrice Maniglier* du livre de Catherine Malabou: Avant demain. Epigenèse et rationalité**, in « Le Monde des livres ».
Apparaît très vite dans le corps de l’article le concept indispensable de « réalisme spéculatif  » d’un troisième philosophe Quentin Meillassoux***.

Patrice Maniglier:
« Comment sortir de Kant ? La question est, qu’on se le dise, d’une brûlante actualité. Les générations nouvelles sont lasses de cette manière qu’a le « vieux Chinois de Königsberg » (comme l’appelait Nietzsche) de nous enfermer dans notre relation aux choses, en interdisant tout accès aux choses mêmes. Le succès du  » réalisme spéculatif « , mouvement dont le philosophe français Quentin Meillassoux (Après la finitude, Seuil, 2006) passe pour le chef de file, mais qui a été en réalité constitué à l’étranger, surtout en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, est un symptôme de cette impatience. On y vilipende le  » corrélationnisme « , qui nous condamne à la corrélation de l’esprit et du monde, et l’on revendique la possibilité de dire quelque chose de vrai sur la réalité en soi (réalisme) par la seule puissance de la raison (spéculatif).
Mais la menace vient aussi du matérialisme spontané des neurosciences, pour qui l’idée kantienne de redéfinir la philosophie comme la science des conditions de toute expérience possible paraît outrecuidante : notre connaissance du monde n’est pas conditionnée par de mystérieux a priori, mais par notre cerveau, lui-même résultat de l’évolution. Bref, réalisme métaphysique d’un côté, matérialisme scientifique de l’autre, Kant est pris en tenaille.
Le livre de la philosophe française Catherine Malabou, Avant demain. Epigenèse et rationalité, se propose de desserrer l’étau. Son auteure, professeure à l’université Kingston, à Londres, a déjà proposé des relectures marquantes de Hegel (L’Avenir de Hegel, Vrin, 1994) et de Heidegger (Le Change Heidegger, Léo Scheer, 2004). Elle y mettait au travail la notion de plasticité, capacité de se transformer et de donner forme en se laissant affecter par l’extérieur, par laquelle elle abordait aussi des questions contemporaines, celles du cerveau (Que faire de notre cerveau ?, Bayard, 2004) ou du féminisme (Changer de différence, Galilée, 2009). Elève de Derrida, elle développe une oeuvre cohérente qui reprend les enjeux de la déconstruction avec de nouveaux moyens : là où Derrida privilégiait l’écriture, en accord avec son époque, celle des codes et des programmes (génétiques, informatiques, politiques), elle avance la forme plastique qui se définit par la manière dont elle se donne à être trans-formée et à transformer ce qui l’affecte.
Sur le mode d’une enquête Avant demain poursuit ce travail. Kant soutenait que la raison, par ses seuls moyens, ne peut rien dire sur le monde ; il faut qu’elle soit informée par l’expérience. Cependant l’expérience, elle, est conditionnée (par le temps, l’espace, la causalité, etc.), et ces conditions ne sauraient être dérivées de l’expérience. Vous ne les trouverez pas sous votre microscope, puisqu’il faut que vous les ayez déjà acceptées pour reconnaître comme un fait ce que vous voyez dans votre microscope ! Mais ces conditions (que Kant appelle  » transcendantales « ) ne sauraient, non plus, être nécessaires en elles-mêmes. Elles sont nécessaires pour nous. Il se trouve que notre expérience n’est possible que par elles. D’où leur instabilité : sont-elles une sorte de fait contingent, ou bien une nécessité ?
Cette question hante la philosophie moderne. Le livre de Malabou traverse les grandes lectures de Kant, mais sur le mode d’une enquête, en prenant pour indice une expression que Kant utilise très précisément au paragraphe 27 de Critique de la raison pure :  » épigenèse de la raison pure « .
L’épigenèse s’oppose à la préformation : celle-ci soutient qu’un corps est le développement d’un programme entièrement déterminé ; celle-là, au contraire, qu’il est le résultat d’une aventure embryonnaire toujours en contact avec son dehors. Parler d’épigenèse de la raison, c’est donc suggérer que le transcendantal n’est pas juste  » ainsi et pas autrement  » ; il est le résultat d’un développement. Mais – et tout l’intérêt du livre de Catherine Malabou est là – l’épigenèse n’est pas une remontée à l’origine ; elle est au contraire l’ouverture à une transformation de soi : elle  » joue avec les forces de son propre dehors à partir de ses ressources créatrices, formatrices et transformatrices. On parvient ainsi à définir le coeur de la rationalité comme milieu mobile entre constitution et dessaisissement de soi « .
Catherine Malabou retrouve ainsi le fil conducteur de toute son oeuvre, la plasticité. Cela lui permet aussi de proposer une belle interprétation du thème du vivant chez Kant, dans lequel  » la raison se rencontre elle-même comme un fait dans la nature « , comme elle  » se voit vivre  » dans le cerveau. Cette tentative de réconciliation de Kant avec l’histoire, le vivant, le cerveau est menée sans concession mais avec une douceur toute pédagogique. On pourra regretter que sa nouveauté par rapport à toutes les entreprises qui lui font écho, -depuis Humboldt jusqu’à aujourd’hui, en passant par Cassirer, ne soit pas plus nettement explicitée. Mais la vérité est que  » sortir de Kant  » est un mot d’ordre de la philosophie… depuis Kant ! Ce n’est donc peut-être pas pour demain. »
patrice Maniglier
Avant demain. Epigenèse et rationalité, de Catherine Malabou, PUF, 352 p., 21 euro.
* Patrice Maniglier est un des personnages clé du projet Enquête sur les modes d’existence de Bruno Latour http://www.modesofexistence.org
Il s’était qualifié de « bedeau » du colloque de bilan de l’expérience en juillet.
** la page sur le site des Puf
http://www.puf.com/Autres_Collections:Avant_demain._Épigenèse_et_rationalité
*** Les cours de Quentin Meillassous > http://hollmanlozano.tumblr.com/post/70397451890/quentin-meillassoux-les-conditions-de-la-contingence

La météo, quel avenir?

Article publié le : Jeudi 28 août 2014. Rédigé par : Liliane

A l’échelle mondiale, les météorologues prévoient le pire
C’est un tableau très noir qu’ont dressé les centaines de scientifiques réunis à Montréal lors d’un congrès international,  » La météo, quel avenir ? « , qui s’est achevé le 21 août. Episodes polaires et caniculaires de plus en plus extrêmes, montée des eaux, etc. :  » La question n’est plus de savoir si le réchauffement de la Terre va voir lieu, c’est irréversible, et la population mondiale continue d’augmenter. Il faut que l’on s’adapte « , a martelé Jennifer Vanos, de l’université Texas Tech, aux Etats-Unis.
Les experts réunis à l’initiative de l’Organisation météorologique mondiale (un organisme onusien) ont notamment expliqué la manière dont les transports allaient être perturbés.  » Le changement climatique donne plus de force aux jet-streams, les courants d’air rapides situés à une dizaine de kilomètres d’altitude, où les avions de ligne évoluent. D’ici à 2050, les passagers passeront deux fois plus de temps de vol dans les turbulences « , a expliqué Paul Williams, de l’université britannique de Reading.
La quiétude des passagers du transport maritime sera aussi troublée car les navires vont affronter des vagues géantes sur les océans, jusqu’à 40 mètres de hauteur.
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140822.OBS6919/changement-climatique-il-serait-encore-pire-que-prevu.html

Cuisiner dans du Charlotte Perriand. Oui!

Article publié le : Dimanche 24 août 2014. Rédigé par : Liliane

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http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=152&IrisObjectId=8284&sysLanguage=fr-fr&itemPos=1&sysParentId=152&clearQuery=1

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Module de cuisine et de salle de bain pour les immeubles des Arcs, 1975. Un côté style Prisunic plus chic http://jlggb.net/blog2/?p=2907