Varia-art

Vous consultez actuellement les archives pour le thème Varia-art.

Vers une plateforme des ressources numériques, séminaire-débat dans l’exposition Vincennes imprime son cinéma. Ma brève intervention :
«Sacrifier à l’autobiographie». Ce que je fais ici en revenant sur mon rôle d’éditrice ayant trait à l’archivage de l’art contemporain et des nouveaux médias sur le mode numérique. Deux formes :

1.
La boîte en valise* : le CDRom puis une forme de site internet quand le CDROM est mort.
* «Il y a une manière précieuse et duchampienne de faire des CDRom puis des sites internet, des CDRom et des sites boîte-en-valise, réceptacles circonscrits dans le disque CDRom puis dans l’immense espace d’Internet, qui jouent l’intériorité, la richesse enclose, qui utilisent les jeux de diorama des livres à système. Dans ces sites, comme dans les livres animés, on trouve la solution de tous les mouvements des images et des textes dans le secret des onglets.»

1.1.
Comme un catalogue d’exposition mais sous forme de CDRom, avec des images qui bougent, de l’hypertexte, des mots-clés pour circuler à l’intérieur.
Le catalogue de la biennale de Lyon, 1995 (logiciel director). Je prépare tous les textes et le découpage pour les clips talking heads  des artistes. Jean-Marie Dallet est réalisateur.

1.2.
Comme un catalogue d’exposition, sous forme de site internet
Artifices, biennale des arts et des nouveaux médias, Saint-Denis, quatre éditions 1990, 1992, 1994, 1996. Chaque fois, un double du catalogue figure sous forme de sites internet. HTML pur et dur, incunables années 90. Aux manettes, Jean-Marie Dallet, Jean-François Rey, Guillaume Dimanche et moi, éditrice. Un site regroupant les 4 éditions est recomposé en 1996 par Jean-François Rey, toujours en ligne http://www.ciren.org/artifice/index.html
Très joli fond bleu ciel, très beau caractère courrier rouge et noir dès l’édition princeps
http://www.ciren.org/artifice/artifices_1/index.html

1.3.
Comme un rapport de recherches universitaires sous forme de site internet
Andrea Urlberger, Paysage technologique — théories et pratiques autour du Global Positioning System. La réalisation du site a été faite par Andrea (textes et entretiens filmés) et moi (site). Novembre 2007. Logiciel Dreamweaver. Esthétique Biennale de Lyon. Tout est toujours accessible sur la page unique. Aucune arborescence, on navigue sur deux niveaux superposés en inframince. Tout est toujours accessible.
http://www.ciren.org/ciren/laboratoires/Paysage_Technologique/index.html

2.
L’archivage de l’art en temps réel

2.1.
Esthétique du portail. Même principe de non arborescence. Principe d’une mosaïque d’imagettes individualisées légendées par lesquelles on pénètre dans un deuxième niveau, et on remonte à la surface du portail. Site du Ciren, (Centre interdisciplinaire de recherche sur l’esthétique du numérique) qui est un programme de recherche de l’Université Paris 8 bénéficiant du soutien du Ministère de la culture (Mission Recherche et Technologie). Maquette du site Michael Sellam, Logiciel Dreamweaver +. Je suis éditrice du site de 1998 à 2008. Entrées : colloques, conférences, formation, laboratoires, productions, observatoire. Il reste en ligne
http://www.ciren.org/

2.2.
Esthétique des canaux. Site pédagogique du département Arts plastiques. Créé par Jean-Noël Lafargue et moi, en 1999. Maquette, typo : Fabien Lagny. Logiciel Dreamweaver. 24 canaux : http://www.arpla.fr/index2.html. Chacun d’eux est attribué à un prof qui le gère librement. J’en ai deux, le Canal 2 (rose) mon cours, http://www.arpla.fr/canal2/index.html, puis un deuxième, le Canal 10 Momac, moments d’art contemporain, suivi et compte-rendu d’un programme de conférences d’artistes invités (vidéo enregistrée et dérushée et montée en cours, et textes http://www.arpla.fr/canal10/index.html. Une liste chronologique s’édifie au fur et à mesure de la tenue des conférences dans la durée des programmes annuels de 2000 à 2007. L’hypertextualisation, c’est Google qui s’en charge.

2.3.
Prenant la suite à la fois du CIREN et du Momac, sous forme de blog wordpress  adoptant l’ordre chronologique des tenues des conférences à l’ENSAD, se crée L’Observatoire des nouveaux médias http://www.arpla.fr/odnm/ J’en ai la charge éditoriale pleine et entière. C’est un cycle de conférences organisé par l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (laboratoire de recherche EnsadLab) et l’Université Paris 8 (Master « Art contemporain et nouveaux médias » et équipe de recherche « Esthétique des nouveaux médias »). Ce cycle de conférences est élaboré par des enseignants-chercheurs du département Arts plastiques de l’Université Paris 8 en coopération avec des chercheurs d’EnsadLab/École nationale supérieure des arts décoratifs. Ces conférences interrogent la spécificité artistique des nouveaux médias en observant divers aspects de la création qui les impliquent, sans pour autant se centrer exclusivement sur eux. Elles invitent à discuter des pratiques et des propositions d’artistes, chercheurs, techniciens et commissaires d’expositions. Les conférences « Observatoire des nouveaux médias » ont lieu en moyenne tous les 15 jours, mercredi de 18h30 à 20h30 à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Amphi Rodin, 31 rue d’Ulm, 75005 Paris.
L’édition sur le blog se fait systématiquement dans la semaine suivant la conférence. La conférence enregistrée en vidéo par les techniciens vidéo de l’Ensad est dérushée, éditée sous flash, chapitrée, commentée, par moi. Deux catégories de posts apparaissent sur le blog dans une simple  colonne fer à gauche :  a) la liste des titres des conférences éditées en pages fixes qui elles s’ouvrent dans le large espace  à droite de la liste, et qui comportent l’annonce de chaque conférence à laquelle s’ajoutent donc très rapidement, dans la foulée de la tenue de la conférence, les séquences vidéo chapitrées et annotées de la conférence; b) la liste sous forme de diary des commentaires des étudiants-rédacteurs édités au jour le jour,  en articles (blog collectif), signés et mis en ligne par eux-mêmes, mais relus et corrigés par moi dès leur publication (sorte de copies en ligne). Il y a entre  quarante et cinquante étudiants rédacteurs s’exprimant sur chacune des conférences. Durée du programme Odnm, de 2007 à 2012.

2.3.1
Le catalogue de l’exposition Leurs Lumières, 2012, adopte la forme du blog (wordpress), en deux catégories, les pages fixes, reprenant le catalogue papier et des textes d’approfondissement de la thématique artistique, et des articles, qui repèrent au jour le jour des événements et documents concernant la thématique artistique, et qui restent ouverts.
http://www.ednm.fr/leurslumieres/

La tâche d’hypertextualisation est laissée aux bons soins de Google. Tous les mots sont des mot-clés possibles. On peut travailler à faire remonter sur Google des mots-clés.

Souvenir de la Triennale au Palais de Tokyo et du très joli atelier-workshop d’impression de tee-shirts de Tiravanija. t-shirt-no-t-shirt01
t-shirt-no-t-shirt02
t-shirt-no-t-shirt03
t-shirt-no-t-shirt04
Et d’un très joli article dans Le Bonbon > http://www.lebonbon.fr/lifestyle/mode/t-shirt-no-t-shirt-palais-de-tokyo/

http://www.saic.edu/highlights/performancesspecialevents/wall-of-respect.html

image
In the summer of 1967, during a time of political turbulence, the visual artists of the Organization of Black American Culture (OBAC), together with muralist William Walker, painted a group mural on the side of a semi-abandoned, two-story building on the South Side of Chicago.
Known as the Wall of Respect, the highly visible community artwork celebrated black heroes, served as a platform for performance and rallies, and engendered a sense of collective ownership within the neighborhood, inspiring community mural movements around the US and the world.
Leading up to the Wall of Respect’s 50th anniversary in 2017, this symposium invites the artists to revisit their creative political acts and to reflect on the Wall’s legacy in a public conversation with other artists and educators. Through moderated roundtables, panels, and open discussions, the symposium will address the Wall’s contributions to the artistic and political movements of its time and its continuing relevance to current times.

 http://ed-histart.univ-paris1.fr/page.php?r=59&id=243&lang=fr

 http://i-ac.eu/fr/artistes/575_lygia-pape

http://www.serpentinegalleries.org/exhibitions-events/lygia-pape-magnetized-space

Le Monde du jour
«En 1978, le philosophe Michel Foucault arrive en Iran pour y effectuer un reportage sur la révolution islamique. Envoyé par le quotidien italien Corriere della sera, il va à la rencontre des insurgés et leur pose des questions. Bien sûr, cet intellectuel de gauche ne manque pas de s’intéresser aux causes économiques du soulèvement. Il commence par détailler les inégalités de classe et de statut qui rongent la société iranienne. Mais son ouverture d’esprit et sa disponibilité à l’événement le rendent sensible à un autre enjeu : « la religion, avec l’emprise formidable qu’elle a sur les gens ». Après avoir interviewé des étudiants et des ouvriers, il dresse le constat suivant : si les facteurs sociaux sont importants pour expliquer la contestation, seule l’espérance messianique a vraiment pu mettre le feu aux poudres. D’ailleurs, les militants se réclamant du communisme ou des droits de l’homme se trouvent peu à peu balayés par ceux qui en appellent à la charia.

Une vulgate marxisante

A l’évidence, « le problème de l’islam comme force politique est un problème essentiel pour notre époque et pour les années à venir », prévenait Foucault. Telle est la leçon de ce reportage signé par un philosophe qui a pu observer de près, et avec une certaine bienveillance, la puissance politique de l’espérance religieuse.Cette leçon, délivrée par l’un des grands intellectuels de gauche, la gauche française l’a aujourd’hui oubliée. Les femmes et les hommes qui peuplent ses groupes militants, ses cercles de réflexion ou ses cabinets ministériels en sont revenus à une conception rudimentaire de la religion : quand ils s’y intéressent, c’est pour la rabattre immédiatement sur autre chose qu’elle-même. A leurs yeux, la religion n’est qu’un symptôme du malaise social, une illusion qui occulte la réalité des conflits économiques. Leur idée de la croyance religieuse relève ainsi d’une vulgate marxisante qui tourne le dos à Foucault et qui ne rend pas non plus justice à Marx, dont la pensée sur le sujet est bien plus riche.Incapable de prendre la religion au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle ce qui se passe actuellement, non seulement le regain de la quête spirituelle mais surtout le retour de flamme d’un fanatisme qui en est la perversion violente ? Elle qui fut si fière, naguère, de sa tradition internationaliste, comment pourrait-elle admettre que le djihadisme constitue désormais la seule et unique cause pour laquelle des milliers de jeunes Européens sont prêts à aller mourir loin de chez eux ? Elle qui a toujours identifié les insurgés aux damnés de la Terre, comment pourrait-elle accepter que, parmi ces jeunes, beaucoup sont tout autre chose que des laissés-pour-compte ?Mohamed Belhoucine, jeune homme charismatique lié à Amedy Coulibaly et qui a organisé la fuite de sa compagne vers la Syrie, est diplômé de l’Ecole des mines d’Albi. Quant à « Jihadi John », l’étudiant qui égorge les otages de l’Etat islamique, il a le parfait accent british des bourgeois londoniens. Deux exemples récents, parmi tant d’autres, qui rappellent que ces terroristes sans patrie ni frontières sont souvent des enfants de « bonne famille », échappant au cliché du gamin des cités devenu loup solitaire.

Misérables en quête de célébrité

Comment la gauche, qui tient pour rien les représentations religieuses, comprendrait-elle la haine sanglante de ces hommes vis-à-vis des chrétiens, leur obsession meurtrière à l’égard des juifs ? Elle qui renvoie l’élan de la foi à un folklore dépassé, comment pourrait-elle admettre qu’une armée d’informaticiens, de geeks et de hackeurs se mobilise pour faire triompher des mœurs vieilles de plusieurs siècles ? Elle qui peine à saisir le rapport qu’un croyant peut entretenir avec les textes, comment pourrait-elle concevoir la rage avec laquelle les hommes de Daech détruisent les livres « impies » et les œuvres d’art « sataniques », au nom de ce qu’ils proclament être la religion vraie, celle qu’il faut porter au pouvoir ?Partout où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès qu’il est question de politique, elle évacue la religion. Bref, elle n’envisage plus la possibilité de cette puissance qui domina si longtemps l’Occident lui-même, et que Michel Foucault nommait une politique spirituelle.Comme l’affirmait jadis l’historien René Rémond, les droites sont en majorité d’anciennes gauches qui ont progressivement glissé sur la scène idéologique. Voilà sans doute pourquoi cet aveuglement concerne une large partie de notre champ politique. Ainsi s’expliquerait la multiplication des voix, de toutes tendances, qui martèlent que l’Etat islamique n’a « rien à voir » avec la religion, et que ses combattants sont moins des fanatiques que des misérables en quête de célébrité, de pauvres hères ayant abusé du jeu vidéo, des paumés ayant trop surfé sur Internet.

Une polarisation du sacré et du profanne

Evidemment, il n’est pas question de nier que le djihadisme ait des causes économiques et sociales. Mais à ignorer sans cesse sa dimension proprement religieuse, on se condamne à l’impuissance. Les fous de Dieu le répètent : ce qui est en jeu, dans leur esprit, c’est une certaine polarisation du sacré et du profane, un partage du bien et du mal. Et ce qui devrait intriguer tous ceux que cette violence frappe, c’est moins ses racines sociales que sa remarquable autonomie par rapport à elles.Foucault en était bien conscient. Confronté à une situation certes différente, mais qui posait déjà la question du discours religieux et de sa puissance politique, il affirmait que quiconque réduisait la religion à une chimère passait à côté de la révolution islamique. Il notait d’ailleurs qu’une telle myopie faisait rire à Téhéran : « Vous savez la phrase qui fait ces temps-ci le plus ricaner les Iraniens ? Celle qui leur paraît la plus sotte, la plus plate, la plus occidentale ? La religion, opium du peuple. » Quinze jours plus tard, il utilisait de nouveau ce lexique de la moquerie, mais cette fois pour souligner l’aveuglement des Français à l’égard des événements iraniens : « Quel sens, pour les hommes qui l’habitent, à rechercher au prix même de leur vie cette chose dont nous avons, nous autres, oublié la possibilité depuis la Renaissance et les grandes crises du christianisme : une spiritualité politique. J’entends déjà des Français qui rient, mais je sais qu’ils ont tort. »Pas de quoi rire. Voilà donc la leçon de Michel Foucault, celle que nous ferions bien d’entendre aujourd’hui : il arrive que la religion devienne force autonome, qu’elle se fasse puissance symbolique, matérielle, politique. Si nous nous moquons de cette force, alors nous nous condamnons à passer du rire aux larmes.»

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/03/la-gauche-face-au-djihadisme-les-yeux-grands-fermes_4586400_3232.html#psKXHpQkEYEmL50Z.99

http://www.clickfolio.com/haroon/

http://www.o-o-o-o.co.uk

http://www.hauskonstruktiv.ch/en/presse/medientexte-detail/article/zurich-art-prize-2014.html

Lien > http://jlggb.net/blog4/?p=2097

Une découverte

http://www.artdep.fr/

Picabia

http://www.picabia.com/FP_WEB/FR/biographie.awp
Trouvé dans cette page web du site dédié à Picabia —fait par le Comité Picabia, 26 rue Danielle Casanova – 75002 Paris
Tel/Fax : +33 1 42 60 23 78—
l’explication de Voilà la fille née sans mère, aquarelle, gouache argentée, encre de Chine, mine graphite sur carton, 75 x 50 cm, vue dans l’exposition au centre Pompidou, Marcel Duchamp, la peinture même, (+ http://slash-paris.com/evenements/marcel-duchamp-la-peinture-meme) :
picabia

«Alors, la machine infernale explose : 1914, la Première Guerre Mondiale. Grâce à des relations de sa famille, Picabia militaire part en mission à Cuba en Mai 1915, mission qu’il abandonne lors d’une escale à New York. Il reprend contact avec ses amis de la Galerie 291, Stieglitz et Marius de Zayas, avec Marcel Duchamp et avec le salon de Walter Arensberg, grand ami des arts. Dans un article du New York Tribune d’octobre 1915, intitulé “Les artistes francais stimulent l’art américain”, Picabia écrit :

« La machine est devenue plus qu’un simple instrument de la vie humaine. Elle est réellement une part de la vie humaine. Je me suis approprié de la mécanique du monde moderne et je l’ai introduite dans mon atelier… » Plus loin il affirme vouloir travailler jusqu’à ce qu’il atteigne “le sommet du symbolisme mécanique”. Dans la revue 291 (issue de la Galerie 291), il publie une série de “portraits-objets” comme celle d’Alfred Stieglitz représenté en appareil photographique, le portrait d’une Jeune fille américaine vu comme une bougie de moteur (l’allumeuse) et le dessin Fille née sans mère (quintessence de la machine, créée par l’homme à son image).:

et aussi in
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/crbjez/rgz6Xn6 >Extrait du catalogue Collection art graphique – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Agnès de la Beaumelle, Paris, Centre Pompidou, 2008.
Texte d’Arnauld Pierre:
«« Il n’est pas donné à tout le monde d’aller à Barcelone », dit une des locutions qui parcourt le Portrait de Marie Laurencin, [figure aussi dans l’expo Duchamp], sous l’aspect d’une chaîne de transmission animant les rouages d’une hélice. Barcelone est alors l’un des lieux d’exil des artistes et intellectuels réfractaires à la guerre et à l’engagement patriotique, dont profitent Marie Laurencin et son mari allemand (d’où l’inscription «à l’ombre d’un boche»), mais aussi Albert Gleizes et son épouse Juliette Roche. Picabia s’y réfugie, entre deux séjours new-yorkais, de l’été 1916 au début de l’année suivante. Il y fait paraître les premiers numéros de la revue 391, organe d’un dadaïsme dont il ignore encore le nom bien qu’il en pratique l’esprit.
En guise de portrait de la séduisante amie de Guillaume Apollinaire, une hélice de refroidissement d’automobile (copiée d’un manuel de mécanique paru en 1915) : Picabia a déjà réalisé, à New York en 1915, des portraits de ses proches en « équivalent-machine (Alfred Stielglitz en appareil photographique, Marius De Zayas sous la forme d’un circuit électrique d’automobile, Paul Haviland étant une lampe de voyage et Agnes Ernst-Meyer une bougie de moteur) ; puis, à Barcelone encore, Juliette Gleizes en manomètre ; lui-même ne s’est pas oublié, en se représentant sous les traits d’un schéma de klaxon. Ces encres précises ou ces aquarelles légères se veulent effectivement sans profondeur ni intériorité, froides comme des schémas scientifiques : Picabia dénie la dimension subjective du genre du portrait en organisant la substitution du psychologique par le mécanique. Le « symbolisme de la machine », auquel il dit s’être converti, est une version désenchantée du « symbolisme psychologique »de l’orphisme. Il ne donne plus accès qu’à l’âme moderne et à ses mouvements réifiés, sclérosés en mécanique répétitive ; l’érotisme lui-même – celui qui pourrait être attaché à l’évocation de la figure féminine, d’une séduction aussi « ventilée » ou volage que celle de Marie Laurencin – n’est plus qu’affaire de rouage et de moteur.
C’est également à New York que Picabia forge le mythe de la « fille née sans mère », la machine, ainsi définie dans un texte contemporain de Paul Haviland paru dans 291 : « L’homme a fait la machine à son image. […] La machine est sa “fille née sans mère”. C’est pourquoi il l’aime. Il l’a faite supérieure à lui-même. C’est pourquoi il l’admire. […] Après avoir fait la machine à son image, son idéal humain est devenu machinomorphique. » La « fille née sans mère » s’insère ainsi dans la lignée de l’ancien mythe romantique de l’engendrement sans organe, où l’on croise l’« Ève future » de Villiers de l’Isle-Adam et d’autres images littéraires ou visuelles, nourries du parallèle entre la physiologie humaine et les organes de la machine – à l’instar de la Broyeuse de chocolatde Marcel Duchamp (1914), qui semble préfigurer la structure mécanique de Voilà la fille née sans mère. Chez Picabia comme chez Duchamp, ces figurations mécanomorphiques sont la plupart du temps sexualisées, et déportent la psychologie amoureuse du côté d’un désabusement cynique et anti-sentimental dont Guillaume Apollinaire, en une claire allusion aux machines de Picabia, fera l’un des traits caractéristiques de ce qu’il nomme l’esprit nouveau : « Des machines, filles de l’homme et qui n’ont pas de mère, vivent une vie dont les sentiments et les passions sont absents. »
En novembre 1922, Picabia expose à la galerie Dalmau de Barcelone une série paradoxale de plus de quarante aquarelles, mêlant sur les murs, par dérision à l’égard de tout système formel, certaines œuvres clairement figuratives (des portraits kitsch d’Espagnoles) à d’autres (les plus nombreuses) qui sont presque abstraites ou géométriques, à effets optiques et encore mécanomorphiques, telle que Pompe. Comme toutes celles-ci, la grande aquarelle offre le schéma, simplifié à l’extrême, d’un moteur de pompe pneumatique « copillé » d’une reproduction photographique tirée du magazine populaire La Science et la Vie. Surfaces sèchement délimitées et remplies en aplats lisses, formes tracées au compas et à la règle définissent un langage visuel fait de précision et d’indifférente neutralité. En l’adoptant, Picabia montre qu’il ne s’agit pas seulement, pour le peintre revenu des mythes de l’art comme épanchement de la subjectivité créatrice, de peindre des machines, mais aussi, en faisant des images avec d’autres images, de peindre comme une machine
Références bibliographiques :
Francis Picabia. Collections du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, D. Ottinger (dir.), Paris, Centre Pompidou, 2003.
Francis Picabia. Galerie Dalmau. 1922, cat. exp., Paris, Centre Pompidou, 1996.
A. Pierre, Francis Picabia. La peinture sans aura, Paris, Gallimard, 2002.

 

IMG_0211.JPG
Raqs Media Collective, Unfamiliar Jataka Tales III. Photographic lenticular print and text story in découpé acrylic, diptych, each 4 x 3 feet.

Communiqué de e-flux:
National Gallery of Modern Art, Jaipur House, India Gate
New Delhi 110001 India
Hours: Tuesday–Sunday 10am–5pm T +91 11 23384640 / +91 11 23382835
18 December 2014–15 February 2015
www.ngmaindia.gov.in

« The NGMA New Delhi is pleased to announce Asamayavali / Untimely Calendar: a proposition by the Raqs Media Collective on the question of how to be with the untimely, and how to survive encounters with time, unscathed.

Untimely Calendar embraces the impressive range of the Collective’s diverse practices to act as a springboard for Raqs’ explorations into the future, even as it offers a recension of their works spanning over a decade. Spread across 3,200 square meters of the NGMA’s Jaipur House Gallery in New Delhi, Untimely Calendar is the largest and most wide ranging exhibition of the Raqs Media Collective’s work till now.

An asamayavali, an un-chronology, is by definition, un-retrospective. What Untimely Calendar offers is an acute way of reading contemporaneity, a working mill of ideas that face the future. Raqs aver that asamaya is both untimely and unlikely time, an unseasonable time. It can also be a time that we wish not to come to pass, or a time of desires and dreams, an imagined time. An asamayavali is an account of a time that is out of sorts; a time that is exciting and sits uneasily on our consciousness. It’s the kind of time that repairs days and nights, cooks the hours, does a bit of gardening of the minutes. It needs other devices—other clocks and calendars—for us to take a measure of its passage.

The Collective’s taste for time grows out of the 20 years of conversation that undergird its practice. Raqs was founded in 1992 in New Delhi, by Jeebesh Bagchi, Shuddhabrata Sengupta and Monica Narula, after they graduated from the AJK Mass Communication and Research Center, Jamia Milia University, while working together on their first, now lost, 16mm film, Half the Night Left, and the Universe to Comprehend.

Over the past two decades Raqs Media Collective has enjoyed playing a plurality of roles, often appearing as artists, occasionally as curators, and sometimes as philosophical agent provocateurs. They create installations, make videos, photographs, print and online works, play with archival traces, make exhibitions and art interventions in public spaces, write essays, enact lecture-performances, engage with pedagogical procedures, edit books, design events, and foster collaborations. They have worked with architects, scholars, coders, writers, designers, translators, performers, artists, curators and theatre directors, and founded processes that have become an influential force in contemporary intellectual and cultural life.

In 2000, Raqs co-founded the Sarai initiative at the Centre for the Study of Developing Societies in Delhi, and the Sarai Reader Series. Raqs’ work has been exhibited widely, including at dOCUMENTA, and the Venice, Istanbul, Taipei, Liverpool, Shanghai, Sydney and Sao Paulo Biennales. They have had solo shows in museums, and educational and independent art spaces, in Boston, Brussels, Madrid, Delhi, Shanghai, London, New York, Toronto, among others. Works by Raqs are part of several contemporary art collections and museums. Raqs curated Rest of Now, Manifesta 7 (Bolzano, 2008), Sarai Reader 09 (Gurgaon, 2012–13) and INSERT2014 (Delhi, 2014).

The exhibition is accompanied by an illustrated publication, With an Untimely Calendar, edited by Shveta Sarda, which interprets, annotates and cross references the works in the exhibition with fragments from Raqs Media Collective’s rich archive of texts, notes, scripts and correspondence. Published by the National Gallery of Modern Art, New Delhi, 146 pages in English.

Exhibition mise-en-scène & montage: Vishal K. Dar
Design, fabrication, video support: Satyabrata Rai, Shamsher Ali, Rajan Singh. »
Liens > http://lantb.net/uebersicht/?p=2666
http://sarai.net

‹ Articles plus anciensArticles plus récents ›