Alternative eating!


Frieze Projects 2012: Grizedale Arts / Yangjiang Group

For Frieze London, Grizedale Arts and Frieze Foundation host a programme of food-related performance, discussion, representation and retail. Including new commissions by artists Alistair Frost, juneau/projects, Nicolas Party, William Pope.L and Bedwyr Williams, talks by food historians and specialists, and unique dining opportunities, the project is enclosed in a bespoke structure built by Yangjiang Group. Modelled as a cross between a Roman amphitheatre and a cricket pavilion, it allows viewers to watch events unfold from the ground or a platform above. Around the circumference of the structure, artists, community groups and eccentrics present stalls selling home produce and proposing ideas for alternative eating.

Benjamin Buchloh & Gerhard Richter


Les ornements aléatoires de Benjamin Buchloh, en… par centrepompidou

Le critique américain dialecticien est mis à l’épreuve des derniers travaux déroutants du peintre octogénaire en roue libre qui semble avoir mis en suspens sa peinture iconographique mnémonique tandis que sa peinture abstraite moderniste se trouve aujourd’hui réduite à la fois à l’état léthargique de petits fixés sous verre aux couleurs criardes répulsives et à celui de Strips bayadère numériques de grand format horizontal quasi-hallucinogènes. Le film Gerhard Richter – Painting est aussi déroutant: on y voit, en live, l’artiste millionnaire en euros manipuler lui-même le racloir à peinture sur des couples de toiles de grand format. Aujourd’hui il se dirige vers la conversion numérique de ses toiles abstraites sous forme de tirages sur papier de Strips de très grand format. Il a acheté l’imprimante, a précisé Buchloh.
Lien > http://jlggb.net/blog3/?p=2906

Hans Blumenberg. La Lisibilité du monde

Hans Blumenberg, philosophe, cité par Didi-Huberman dans Atlas ou le gai savoir inquiet, page 15:

Nul n’a mieux [qu’Aby Warburg] articulé la «lisibilité» (Lesbarkeit) du monde aux conditions immanentes, phénoménologiques ou historiques, de la «visibilité» (Anschaulichkeit) même des choses, anticipant par là l’œuvre monumentale de Hans Blumenberg sur ce problème (5). Nul n’a mieux libéré la lecture du modèle purement linguistique, rhétorique ou argumentatif qu’on lui associe généralement. Lire le monde est une chose bien trop fondamentale pour se trouver confiée aux seuls livres ou confinée en eux: car lire le monde, c’est aussi relier les choses du monde selon leurs «rapports intimes et secrets», leurs «correspondances» et leurs «analogies». Non seulement les images se donnent à voir comme des cristaux de «lisibilité» historique (6), mais encore toute lecture —même la lecture d’un texte— doit compter avec les pouvoirs de ressemblance: «le sens tissé par les mots ou les phrases constitue le support nécessaire pour qu’apparaisse, avec la soudaineté de l’éclair, la ressemblance (7)» entre les choses.
Les citations entre guillemets internes au texte de Didi sont référencées: (5) W. Benjamin, 1927-1940. H. Blumenberg, 1981 puis (6, 7) W. Benjamin, 1927-1940. [Du pur dit-dit.]

Blumenberg fait l’objet d’articles de Michaël Fœssel , La Lisibilité du monde, et de Jean-Claude Monod, La philosophie du XXe siècle et l’usage des métaphores, dans la revue Esprit. Un entretien avec Jean-Claude Monod est publié sur le site pédagogique Mag Philo , La Métaphore en philosophie:

un extrait éclairant à propos de « La lumière comme métaphore de la vérité »

Si Hans Blumenberg a consacré une de ses premières études de « métaphorologie » à « La lumière comme métaphore de la vérité », c’est parce que cette métaphore, qui traverse l’histoire de la philosophie, « se transforme » et qu’à travers elle on peut saisir des changements dans les « horizons historiques de la compréhension du monde », comme dit Blumenberg. Ainsi, dans la métaphysique grecque, la lumière de l’être est à contempler, à admirer par un homme connaissant qui est essentiellement theoretikos, contemplateur de ce qui se déploie devant lui, et d’abord : du Ciel. L’ignorance peut être pensée alors comme privation d’une lumière « naturelle » mais perdue (c’est l’image de la caverne de Platon), privation qui n’est pas imputable à l’être mais aux déficiences humaines (à la chute dans le corps, selon Platon et toute une tradition néoplatonicienne chrétienne) ; un processus d’éducation, de paideia, est nécessaire pour « retrouver » le jour authentique où les choses apparaissent en pleine lumière : la métaphorique de la lumière se développe alors en plusieurs niveaux de « visibilité », avec la métaphore de l’œil de l’esprit qui « voit » les idées. Dans l’épistémologie moderne, en revanche, la confiance envers ce qui se montre fait place à l’idée que l’attention doit être « dirigée », qu’il faut démêler le vrai de l’erreur par un travail, précisément, d’orientation de la lumière vers les points obscurs. Blumenberg cite ici Bacon et Descartes comme fondateurs de l’idée moderne de « méthode », pour laquelle « le donné ne se tient plus dans la lumière, mais il doit être éclairé sous un aspect déterminé ». On voit ainsi comment la nouvelle idée de la vérité comme objectivation implique l’activité d’un sujet, le « libre choix » d’une « perspective » détermine maintenant le concept de vision. D’autres évolutions sont encore à prendre à compte, qui engagent la compréhension des cycles de la lumière naturelle, du jour et du soleil : lumière et obscurité sont prises dans une approche cosmologique et physique historiquement évolutive, liée à des systèmes scientifiques d’explication des mouvements des astres ou de l’optique. Ainsi, la métaphore de la vérité comme lever de soleil n’aura pas le même sens chez Giordano Bruno et plus tard, au siècle des Lumières : l’apparition de la vérité garde, chez Bruno, à l’arrière-plan, l’idée d’une cyclicité, d’une suite d’alternances de jours et de nuits ; le lever de soleil de la vérité n’est pas encore porteur, ici, de la représentation d’un avènement de la lumière qui chasserait définitivement l’obscurité et son équivalent social, l’obscurantisme. L’idée des Lumières (Aufklärung) fait de l’Aufklärer (l’homme des Lumières) un « acteur » de l’Aufklärung, quelqu’un « qui propage les Lumières », par où la lumière rentre dans le domaine des choses à accomplir. Elle cesse d’être vue comme simplement « naturelle » : il faut éclairer la nature elle-même, « la vérité ne se montre pas, elle doit être montrée ». Où l’on voit qu’il y a aussi un arrière-plan technique à l’histoire de cette métaphore : la lumière n’a pas la même valeur métaphorique dans un monde où l’on dispose de l’éclairage électrique, et dans un monde historique où la lumière est toujours celle de la flamme ou de la lampe à huile. Il faudrait suivre, dans une certaine « critique de la modernité » qu’on trouve même, en un sens, chez Foucault, la façon dont la visibilité, l’exposition à la lumière, cesse d’être une garantie de vérité ou de liberté, pour devenir la modalité même du contrôle, d’une « optique contrainte », comme dit Blumenberg. Cet article de 1957 finit sur une description critique de l’organisation du visible dans un système d’optique contrainte, d’« éclairage » entièrement technique, qui caractériserait la modernité tardive. Mais Blumenberg s’intéresse aussi, dans les Paradigmes, à l’idée d’une « puissance » intrinsèque de la vérité, d’une force qui s’impose d’elle-même : là aussi, les philosophes ne font parfois qu’expliciter conceptuellement, dans leurs « conceptions » de la vérité, des métaphores déjà à l’œuvre dans le langage commun ou reçues de la tradition. Il arrive cependant que des métaphoriques différentes entrent en conflit : la lumière progressive de la vérité scientifique, qui laisse toujours subsister des ombres et se présente, depuis Bacon au moins, comme « fille du temps », ne s’oppose-t-elle pas à « l’illumination » immédiate de la Révélation ? L’histoire de la réception de la métaphore et de la métaphysique de la lumière telle que le néo-platonisme la transmet au christianisme est un épisode très important et complexe, à cet égard.
Il faudrait encore y ajouter la métaphore du monde comme livre à déchiffrer, à laquelle Blumenberg a consacré un livre entier, récemment traduit aux éditions du Cerf (La Lisibilité du monde).

Un livre pour tenter de désobsurcir ce philosophe


Hans Blumenberg. Anthropologie philosophique

Tina Girouard. Moving Out – Moving In = A Statement About People, Place and Energy (1976)


Tina Girouard. Moving Out – Moving In = A Statement About People, Place and Energy (1976)
in Rooms at P.S.1 Contemporary Art Center (now MoMA PS1).
Photo by the artist. Image courtesy of the P.S.1 Rooms catalog.

Tacida Dean dit: «je n’ai jamais pu dessiner sur une feuille de papier vierge; tous mes ‘supports’, comme on dit, sont très bruts, des tableaux noirs, par exemple.»

Lien > http://jlggb.net/blog/?p=5247

Aby Warburg. Introduction à Mnémosyne

Aby Warburg. Introduction à Mnémosyne, http://www.inha.fr/spip.php?article4196

«Introduire consciemment une distance entre soi-même et le monde extérieur, c’est ce que l’on peut sans doute désigner comme l’acte fondateur de la civilisation humaine; si l’espace ainsi ouvert devient le substrat d’une création artistique, alors les conditions sont réunies pour que cette conscience d’une distance devienne une fonction sociale permanente qui, rythmée par le va-et-vient pendulaire entre matière et Sophrosyne, dessine ce mouvement cyclique entre une cosmologie de l’image et une cosmologie du signe dont la capacité ou l’impuissance à orienter l’esprit ne signifie rien de moins que le destin de la culture humaine. L’artiste, balançant ainsi entre une conception religieuse et une conception mathématique du monde, trouve alors un secours singulier dans la mémoire, tant collective qu’individuelle : non pas qu’elle lui ouvre purement et simplement un espace de pensée, mais elle renforce aux pôles opposés du comportement psychique la tendance à la quiétude contemplative ou à la fureur orgiaque. L’inaliénable patrimoine héréditaire se trouve mobilisé sur le mode mnémonique, non pas cependant comme une force essentiellement protectrice : la violence déchaînée des passions et des terreurs du croyant bouleversé par l’expérience du mystère religieux se répercute dans l’œuvre d’art et en marque le style, de même que, de son côté, la science comptabilisante conserve et transmet la structure rythmique dans laquelle les monstres de l’imagination deviennent des maîtres de vie et des architectes de l’avenir. Pour éclairer les phases critiques de ce processus, il y aurait encore beaucoup à tirer de la connaissance de la fonction polaire qui fait osciller la création artistique entre l’imagination et la raison; on n’a pas pleinement exploité, en particulier, l’immense matériau documentaire qu’offrent à cet égard les images formées par l’homme. Entre l’action imaginaire et la contemplation conceptuelle prend place cette exploration tâtonnante de l’objet, suivie de sa réflexion plastique ou picturale, qu’on appelle l’acte artistique. Cette dualité d’une fonction qu’on peut décrire comme anti-chaotique – parce que la forme distingue et expose la réalité individuelle dans toute la netteté de ses contours – et de la fureur que la vue de l’idole créée et son culte suscitent dans le spectateur, cette dualité résulte de ces embarras de l’esprit qui devraient constituer l’objet véritable d’une science de la culture orientée vers l’histoire psychologique illustrée de l’espace qui sépare l’impulsion de l’action. Le processus de démonisation du vieux fonds héréditaire d’engrammes phobiques intègre dans sa langue gestuelle tout l’éventail des émotions humaines, depuis la prostration méditative jusqu’au cannibalisme sanguinaire, conférant même aux manifestations les plus ordinaires de la motricité humaine – la lutte, la marche, la course, la danse, la préhension – cette marge inquiétante que l’homme cultivé de la Renaissance, élevé sous la férule de l’Eglise médiévale, considérait comme une région interdite, où seuls peuvent évoluer les esprits impies livrés sans retenue à leur élan naturel.

L’Atlas de « Mnémosyne », avec son matériel iconographique, veut illustrer ce processus que l’on pourrait décrire comme une tentative pour assimiler, à travers la représentation du mouvement vivant, un fonds de valeurs expressives préformées. « Mnémosyne », comme le révèlent les reproductions du présent Atlas, ne veut d’abord être qu’un inventaire des formes reçues de l’Antiquité qui ont marqué le style des œuvres de la Renaissance dans leur manière de représenter le mouvement vivant.

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La bibliothèque Warburg, en ellipse, à Hambourg, Denkraum, (espace de pensée) et le Denkbild (image de pensée): l’Atlas Mnémosyne, feuillets d’album d’images disposées devant les livres.

Cette approche comparative devrait – particulièrement en l’absence de travaux préalables qui eussent rassemblé et systématisé les matériaux – se limiter à l’analyse de l’œuvre de quelques grands types d’artistes, et chercher en revanche à comprendre, par une réflexion socio- psychologique plus approfondie, la fonction significative que remplissent dans la technique spirituelle ces valeurs expressives conservées par la mémoire.
Dès 1905, l’auteur avait été conforté dans ses tentatives par la lecture du texte d’Osthoff sur la fonction supplétive dans la langue indo-germanique; il y était démontré, en résumé, que certains adjectifs ou certains verbes peuvent, dans leurs formes comparatives ou conjuguées, subir un changement de radical, sans que l’idée de l’identité énergétique de la qualité ou de l’action exprimées en souffrît; au contraire, bien que l’identité formelle du vocable de base eût de fait disparu, l’introduction de l’élément étranger ne faisait qu’intensifier la signification primitive.
On retrouve mutatis mutandis, un processus analogue dans le domaine de la langue gestuelle qui structure les œuvres d’art, quand on voit par exemple une Ménade grecque apparaître sous les traits de la Salomé dansante de la Bible, ou quand Ghirlandaio, pour représenter une servante apportant son panier de fruits, emprunte très délibérément le geste d’une Victoire figurée sur un arc de triomphe romain.
C’est dans la région des transes orgiaques collectives qu’il faut rechercher la frappe qui a imprimé dans la mémoire les formes expressives des émotions les plus profondes, pour autant qu’elles peuvent se traduire gestuellement, avec une intensité telles que ces engrammes d’une expérience passionnée survivent comme un patrimoine héréditaire gravé dans la mémoire, et déterminent exemplairement les contours que retrouve la main de l’artiste, quand les valeurs suprêmes du langage gestuel cherchent à prendre forme et à paraître au grand jour par la voie de la création artistique.»

«Échantillonner le chaos. Aby Warburg et l’atlas photographique de la Grande Guerre»:
http://etudesphotographiques.revues.org/index3173.html

Extraits
«Or il était déjà question, dans ces analyses, de tout ce qui faisait, parallèlement, le cœur de la problématique warburgienne: à savoir une «psychologie historique» capable de discerner la raison (Warburg eût dit: les astra) des «pouvoirs de l’imagination» (les monstra) en temps de guerre, jusqu’à cette «mémoire collective» dont Marc Bloch évoquait le concept, non pas à partir de Warburg qu’il ignorait sans doute, mais de son compatriote et ami Maurice Halbwachs. Le parallélisme des attitudes de Marc Bloch et d’Aby Warburg face à la guerre a déjà fait l’objet d’une analyse serrée de la part d’Ulrich Raulff. Elle mériterait, un jour, d’être prolongée sur le terrain plus fondamental de la méthode, par exemple sur la question du comparatisme culturel et sur la teneur historique des images dont Marc Bloch partageait l’intérêt – sans jamais, il faut bien le dire, l’avoir développé systématiquement – avec l’école d’Aby Warburg.

L’auteur de Mnémosyne n’a, certes, jamais connu le fracas des bombes et l’horreur quotidienne des tranchées dont témoignent tant de «carnets de guerre» de cette époque (voir fig. 12-14). Mais il s’est, corps et âme, exposé à la guerre: dès le début du conflit, il a entièrement réorganisé le fonctionnement de sa recherche, de sa bibliothèque, en vue de comprendre la grande «psychomachie» des monstra et des astra qui se jouait sur un plan fondamental dont seule une «psycho-histoire», à ses yeux, était capable de rendre compte. Comme l’a bien montré Reinhart Koselleck, toute «mutation de l’expérience» engage un «changement de méthode» dans la pratique historienne elle-même. Mon hypothèse, on l’aura compris, est que ce changement – aux conséquences épistémologiques considérables – se sera incarné dans l’atlas Mnémosyne et dans les orientations théoriques que son invention mettait au jour.»

Cyriaque d’Ancône & Hartmann Schedel

pour mémoire, Cyriaque d’Ancône
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyriaque_d%27Anc%C3%B4ne
a été cité par Anthony Grafton, dans sa troisième conférence au Louvre à propos du livre illustré : Hartmann Schedel et son contexte, mais de manière trop rapide.
Le livre > La chronique de Nuremberg > http://www.beloit.edu/nuremberg/inside/about/index.htm

Au vol, à propos de Cyriaque d’Ancône, on comprend que l’origine de la page n’est pas la page en tant que telle, mais le dessin comme saisie précise sur le vif des textes, bas-reliefs ou statues antiques pour en garder la mémoire, —s’ils devaient disparaître—, ce que fit Cyriaque au crayon sur des feuilles volantes avec quelques notes textuelles, c’est ça l’origine de la page: une image occupant l’espace de la feuille de papier, reproduisant des éléments architecturaux, figures humaines en acte et textes gravés sur pierre avec quelques mots d’accompagnement de la main du dessinateur et par extension le livre est la somme de ces feuilles volantes ! Ce qui nous amènerait à la fois au Mnemosyne de Warburg et à l’esthétique néo-classique de David et ses élèves avant et pendant la révolution, à mille lieux de l’esthétique « gothique » de la gravure sur bois des images, telle qu’on la découvre dans la Chronique: ainsi Hartmann Schedel a eu en main ces feuilles de dessin qu’il a récupérées et éditées dans sa grande encyclopédie mais au prix de ce traitement graphique costaud.

Ulli Sigg donne un véritable cours d’histoire de l’art contemporain chinois.


Piqûre de rappel!
March 16, 2012, Jane DeBevoise, Chair, Asia Art Archive, New York and Hong Kong, with Uli Sigg, collector of contemporary Chinese art, Lucerne present « Collecting Contemporary Chinese Art, a Conversation » for the symposium ‘The Dragon and the Chrysanthemum: Collecting Chinese and Japanese Art in America’ organized by the Center for the History of Collecting at The Frick Collection, March 15-16, 2012.