Poster reprise d’une gravure d’Honoré sur fond de mur végétalisé jouissant d’un câblage léger et transparent.

Le mur végétalisé au 1 passage Thiéré, Paris 11e

 

« Ainsi errantes dans leur marche confuse et abandonnée, les Bandes aventureuses, pâles et frissonnant d’horreur, les yeux hagards, voient pour la première fois leur lamentable lot, et ne trouvent point de repos; elles traversent maintes vallées sombres et désertes, maintes régions douloureuses, par dessus maintes alpes de glace et maintes alpes de feu : rocs, grottes, lacs, mares, gouffres, antres et ombres de mort, univers de mort, que Dieu dans sa malédiction créa mauvais, bon pour le mal seulement; univers où toute vie meurt, ou toute mort vit, où la nature perverse engendre des choses monstrueuses, des choses prodigieuses, abominables, inexprimables, pires que ce que la fable inventa ou la frayeur conçut : gorgones et hydres et chimères effroyables. »

Roland Barthes prononce en 1978 au Collège de France une conférence : « Longtemps je me suis couché de bonne heure », initialement intitulée « Proust et moi ». Extrait :

 

« Private on walls » texte by Cesare Cunaccia, photos by Tim Walker, in Casa Vogue, supplément n°15, « a style of your own », au numéro 632 de Vogue Italia, avril 2003

« Maybe we could – or should – all do it. A healthy cathartic bit of craftwork, a custom-made exorcism for images. Using dear old faded photos and memories, exhuming them from overflowing dusty drawers that haven’t been opened for years, or using a past that isn’t ours but fascinates us, and transforming it into wallpaper full of feeling, weighing in balance and memories, pictorial traces and trompe-l’œil illusions. Secret, coagulated, personal feelings and emotion, displayed for everyone to see. Jacques Lacan has used this self-reference device as a paradigm for a play on the subconscious : what you would expect to be concealed is concealed by being revealed in the most obvious of places. In the end, the home is transformed into an authentic museum of the soul and an extension of the ego, everything that doesn’t correspond to us is thrown out : consoles rocaille, signés sofas and cool design, other people´s signatures and expectations, disturbing alien symbols. Familiar images put out of focus by early Sixties Ferrania colors, free association and chromatic opulence, macro Polaroïds with a subtle pop substrata to take the place of those multicoloured Zuber and Reveillon papiers peints that were so popular in the early 19th century homes of the nouveaux riches, telling exotic and tear-jerking tales, like the love story of Paul and Virginie, heroic Napoleonic allegories, aristocratic big-game hunting in India, on the invariably blue background of a perfect enamel sky. 

Peut-être que nous pourrions – ou devrions – tous le faire. Un boulot cathartique sain et artisanal, un exorcisme sur mesure pour les images. À l’aide de chères vieilles photos et souvenirs évanouis, les exhumant de tiroirs poussiéreux débordants qui n’ont pas été ouverts depuis des années, ou en utilisant un passé qui n’est pas le nôtre, mais qui nous fascine, et en le transformant en papier peint plein de sentiment, mesurant le poids en équilibre et souvenirs, des traces picturales et des illusions en trompe-l’œil. Secrets, coagulés, sentiments personnels et émotion, affiché au regard de tout le monde. Jacques Lacan a utilisé ce dispositif d’auto-référence comme un paradigme pour un jeu sur le subconscient: ce que vous vous attendiez à être dissimulé est dissimulé en étant révélé dans les endroits les plus évidents. En fin de compte, la maison se transforme en un authentique musée de l’âme et une extension de l’ego, tout ce qui ne nous correspond pas est jeté: consoles rocaille, sofas signés et design cool, signatures et attentes d’autres personnes, perturbant les symboles étrangers. Les images familières mises en évidence par les premières couleurs de Ferrania des années soixante, l’association libre et l’opulence chromatique, les Polaroïds macro avec un substrat pop subtil pour remplacer les papiers peints multicolores Zuber et Reveillon qui étaient si populaires dans les maisons des nouveaux Riches du début du 19ème siècle, racontant des histoires exotiques et déchirantes, comme l’histoire d’amour de Paul et Virginie, des allégories héroïques napoléoniennes, les grandes chasses de l’aristocratie en Inde, sur le fond invariablement bleu d’un ciel d’émail parfait.

We propose a new, personal vision of the world, which can be adapted to the anybody´s life experience, and can easily be projected along the walls of any room. All the subjects end up looking the same. It’s our personal perception of   a room or of a person, the way we present them, that makes them different. So let’s give power to our imagination, to that fine or macroscopic thread of memory, even if it’s fictional, and amplify the walls of anarchic rooms which refuse to be categorically catalogued, rigorous aesthetic penchants, or unconditional ownership. Let’s get ready to hear the remote, mysterious, persistent echoes that are evoked by those images, with their fundamental harmony, their fleeting, frayed, oblique patterns. However brief the moment when an image is captured, it comes from a rhythm and it starts one, it suggests an end, it celebrates a perfect moment, it’s packed with memory. Memory which run through the universe but doesn’t have to be melancholy in the least. Memory which, on the contrary, is the glorious witness to what has been, what has existed, a gracious, pale, thin ghost, affectionate and reassuring, emblematic and seductive. The reality of the past has been lost, it’s gone hard. We can’t break down the wall that separates us from the past, and it’s difficult to bring a destiny, a karma, to conclusion. Nous proposons une nouvelle vision personnelle du monde, qui peut être adaptée à l’expérience de vie de n’importe qui, et peut être facilement projetée dans les murs de n’importe quelle pièce. Tous les sujets finissent par être les mêmes. C’est notre perception personnelle d’une pièce ou d’une personne, de la manière dont nous les présentons, qui les rend différents. Donc, donnons le pouvoir à notre imagination, à ce fil de mémoire fin ou macroscopique, même si c’est fictif, et amplifions les parois des chambres anarchiques qui refusent d’être cataloguées catégoriquement, des penchants esthétiques rigoureux ou une propriété inconditionnelle. Préparons-nous à entendre les échos éloignés, mystérieux et persistants qui sont évoqués par ces images, avec leur harmonie fondamentale, leurs formes fugitives, effilochées et obliques. Quelque bref est le moment où une image est capturée, elle provient d’un rythme et elle advient, elle suggère une fin, elle célèbre un moment parfait, elle est remplie de mémoire. Mémoire qui traverse l’univers mais ne doit pas être mélancolique pour le moins. Mémoire qui, au contraire, est le témoin glorieux de ce qui a été, de ce qui a existé, d’un fantôme gracieux, pâle et mince, affectueux et rassurant, emblématique et séduisant. La réalité du passé a été perdue, elle est difficile. Nous ne pouvons pas décomposer le mur qui nous sépare du passé, et il est difficile d’apporter un destin, un karma, à sa conclusion.
Where will that path lead us, the one that takes us through a sunny summer landscape, towards the tall trees of a wood, then comes to life in a white lacquered wardrobe full of prosaic proof of existence like clothes and old shoes, used toys, folded blankets, moth balls, forgotten badminton racquets? Maybe some shadowy spirit lives there too, like the Neapolitan Monaciello that Anna Maria Ortese said « lived in a little wardrobe with a broken lock and creaking doors, among piles of dark clothes and green parrot feathers », where little Margherita sleepily has vague daydreams about the world and her future, « on sun-drenched green meadow that I thought I glimpsed out of the window ». Just as elegant fox hunters in red coats, accompanied by the nervous yapping of beagles, can come alive in a room where there are muddy wellingtons, sticks and crumpled raincoats, because the sensory associations knock down physical barriers. A simple, exquisitely masculine bedroom in Edwardian taste, with  a brass bedstead, comics, and a comfortable bergère, gives a radiant view of an 18th-century aristocratic British residence. So we see the backs of middle-aged gentlemen walking along in their white cricket gear, almost blinding against the sun-dappled green; they might be the same men who posed as youths for the photo souvenir with their boarding school badge resting on a severe Victorian chest of drawers.

 Où ce chemin nous conduira-t-il, celui qui nous mène à travers un paysage d’été ensoleillé, vers les grands arbres d’un bois, puis revient à la vie dans une armoire blanche laquée pleine de preuves prosaïques de l’existence comme des vêtements et des chaussures anciennes, des jouets usés, Des couvertures pliées, des boules de naphtaline, des raquettes de badminton oubliées? Peut-être un esprit sombre existe-t-il aussi, comme le Monaciello napolitain, qu’Anna Maria Ortese a décrit : «vivant dans une petite armoire avec une serrure cassée et des portes grinçantes, parmi des tas de vêtements noirs et des plumes de perroquets verts», où la petite Margherita dans son sommeil a eu de vagues rêveries du monde et de son avenir, « sur un pré vert trempé de soleil que je pensais avoir vu par la fenêtre ». De même que les chasseurs de renards élégants en manteaux rouges, accompagnés du jargon nerveux des beagles, peuvent revivre dans une pièce où il y a des chaussures pleines de boue, des bâtons et des imperméables froissés, car les associations sensorielles abattent les barrières physiques. Une chambre simple, exquise, masculine au goût édouardien, avec un lit en cuivre, des bandes dessinées et une bergère confortable, offre une vue radieuse d’une résidence britannique aristocratique du XVIIIe siècle. Nous voyons donc le dos des messieurs d’âge moyen se promener dans leur équipement blanc de cricket, presque aveuglant contre le vert étincelant du soleil; Ils pourraient être les mêmes hommes qui posaient jeunes hommes pour la photo souvenir avec leur badge d’internat posée sur une commode victorienne sévère.
The never ending longing for happy skies, to overcome nostalgia, heartache, sweetness never felt. And those everlasting flowers that never suffer or express the beauty of a season, constantly shining their bright colors in a crowded eternal garden, a curtain of gothic delphiniums and foxgloves and, in the foreground, sumptuous lacquer-red kniphofia, dancing extension of the fireplace flames, invincible to frost and heat? Power Flowers and, more than ever, a strange, glorious, intrinsically feminine charm. So, sumptuous Gertrude Jekyll mixed borders and stout ladies in pastel garden-party suits, brandishing their handbags like weapons, mix the faded colours in an old photo and pour them over worn and torn curtains, over the smashed floral upholstery of the benches in a once conspicuous hall. Elsewhere, the impact is decidedly representative, pompous, like the proud plastic image of an elegant couple with theirs daughters and a solemn borzoi, against an ivy-covered wall, recalling certain dignified 18th-century country portraits by Thomas Gainsborough, especially the one of Robert Andrews and his wife Frances. Le désir incessant pour des cieux joyeux, pour surmonter la nostalgie, le chagrin, la douceur jamais ressenties. Et ces fleurs éternelles qui ne souffrent jamais ou n’expriment pas la beauté d’une saison, brillant constamment de leurs couleurs vives dans un jardin éternel surchargé, un rideau de delphiniums et de digitales pourpres et, au premier plan, de somptueux kniphofia rouge laqué, extension dansantes des flammes de la cheminée, invincibles au gel et à la chaleur? Power Flowers et, plus que jamais, un charme étrange, glorieux et intrinsèquement féminin. Ainsi, la somptueuse Gertrude Jekyll a mélangé des bordures et de grandes dames dans des tenues de garden parties  pastels, brandissant leurs sacs à main comme des armes, mélangent les couleurs fanées dans une vieille photo et les déversant sur des rideaux usés et déchirés, sur la garniture florale brisée des bancs dans une salle remarquable. Ailleurs, l’impact est résolument représentatif, pompeux, comme l’image plastique fière d’un couple élégant avec leurs filles et un borzoï solennel, contre un mur couvert de lierre, rappelant certains portraits nationaux dignes du 18ème siècle de Thomas Gainsborough, en particulier celui de Robert Andrews et sa femme Frances.
In the pram there’s another sleeping child, surely the owner of the antique highchair and the tiny seat. Like a theatre set, framed by preciously faded curtains, the enlarged image of the two boys looks out from the quiet life of a feminine bedroom. A critical gaze, black-and-white curiosity, a bittersweet reflection of the picture, trapped in its own magic. The mirror is mute, by watching the watcher it is no longer a go-between, a prism giving beauty to shapes, a convector of dancing reflections that are multiplied ad infinitum. Here the outdistancing process can be conscious and reconstruct a solid, dizzying deepness. They are laïc and dreamlike retablos, these huge, fascinating postcards form the past. A classic picnic on the moors invades a kitchen cottage in a Sunday morning mess, the smell of peat, partridges and ptarmigans. Sacred dreamy pink cows, silhouetted on the nuance of a meadow, watch over someone’s sleep : straw hats, butterfly nets, Eton columns frame two young dandies in straw hats and club ties, evoking yet other worlds, new roads to take, yet another involving story. The spectator keeps being drawn into the game, falling into the cyclical in-out illusion  of a round becoming reality through mutual agreement. He alone is the meneur de jeu, the creator of an autonomous environment, of a kind of tension in the suggestive density of images and the sequence he wants to give them. The fictional and real planes are mixed up to the extent that certain episodes of life look like pale copies of this or that story. Dans le landau, il y a un autre enfant endormi, sûrement le propriétaire de la chaise haute antique et du siège minuscule. Comme un ensemble de théâtre, encadré par des rideaux précieusement fanés, l’image agrandie des deux garçons s’inspire de la vie tranquille d’une chambre féminine. Un regard critique, une curiosité en noir et blanc, un reflet doux de l’image, pris au piège de sa propre magie. Le miroir est silencieux, en regardant l’observateur, ce n’est plus un intermédiaire, un prisme qui donne de la beauté aux formes, un convecteur de réflexions dansantes qui se multiplient à l’infini. Ici, le processus de distance longue peut être conscient et reconstruit une profondeur solide et vertigineuse. Ce sont des retables laïques et oniriques, ces cartes postales énormes et fascinantes donnent forme au passé. Un pique-nique classique sur la lande envahit un chalet de cuisine dans un désordre du dimanche matin, l’odeur de la tourbe, des perdrix et des ptarmigans. Des vaches sacrées  roses rêvées, silhouettées sur la nuance d’un pré, veillent sur le sommeil de quelqu’un: chapeaux de paille, filets à papillons, colonnes d’Eton encadrent deux jeunes dandies en chapeaux de paille et cravates de club, évoquant encore d’autres mondes, de nouvelles routes à emprunter, un autre récit. Le spectateur continue d’être entraîné dans le jeu, tombant dans l’illusion cyclique d’une ronde qui devient réalité par accord mutuel. Il est le seul meneur de jeu, le créateur d’un environnement autonome, d’une sorte de tension dans la densité suggestive d’images et la séquence qu’il veut instaurer. Les plans fictifs et réels sont mélangés dans la mesure où certains épisodes de vie ressemblent à des copies pâles de telle ou telle histoire. »


Du colza en fait


Les temps changent ! La gare de Chindrieux transformée en poissonnerie [poissons du Lac du Bourget, juste derrière la gare]. Le jardin de Chantal à Chevigneu, on peut voir le travail de permaculture en foreground à droite. En background, le marais de Chautagne et le Mollard de Vions.

« Pour autant, son œuvre n’a pas plus changé quand il est devenu célèbre que n’a changé son mode de vie. Il est demeuré solitaire, plus que réservé, ennemi des mondanités, au point de ne pas assister à certains de ses vernissages. On se souvient ainsi d’une rencontre, si l’on peut dire, à ­l’occasion de l’accrochage de sa rétrospective au Musée d’art ­moderne de la Ville de Paris, en 2008 : il n’avait vraiment pas envie de parler. Pour creuser encore un peu plus l’écart entre lui et le monde de l’art, il s’installe en 1987 à Killala, sur la côte nord de l’Irlande, au plus loin des villes. Composition directeOn ne peut qu’établir un rapprochement entre cette volonté arrêtée de vivre à l’écart et ce qui se donne à voir dans ses toiles, dessins et sculptures : une aussi violente volonté de s’en tenir à l’essentiel. L’essentiel d’un corps humain : peu de lignes, l’indication visible du sexe, la courbure d’un mouvement. L’essentiel d’une émotion : peu de signes, qu’ils soient figuratifs ou abstraits, sur une surface nue. Le noir, le rouge, le blanc : c’est assez pour lui, les autres couleurs n’intervenant qu’à l’état de rares traces ou rehauts. La composition est directe, longues frises dans lesquelles les figures se juxtaposent et se superposent à la surface, constructions en diagrammes réglés par la géométrie, mots écrits verticalement et horizontalement en larges lettres noires ou encore, plus simplement, un symbole unique occupant le centre de la toile ou de la feuille. Parce que les animaux y sont souvent présents et les signes sexuels sans équivoque, il est devenu habituel de rapprocher Penck des arts préhistoriques, africains, celtiques, aztèques ou du haut Moyen Age. Qu’il les ait connus ne fait aucun doute. Qu’il ait pu songer avec regret à des époques où l’homme n’était pas juste une machine, et la nature des ressources à exploiter jusqu’à épuisement, est aussi clair. En ce sens, son œuvre est politique. Elle est l’un des manifestes les plus clairs du malaise – euphémisme poli – de l’Occident industriel et rationnel. Devant un Penck, on s’échappe un instant de l’ordre actuel du monde, sans pouvoir l’oublier pour autant. C’est dire l’importance de son œuvre. » In Le Monde

http://www.metmuseum.org/art/collection/search/437346
Inter artes et naturam de Pierre Puvis de Chavannes, 1890-95, huile sur toile, 40,3 x 113,7 cm. « Puvis a fait cette réplique à petite échelle d’après le panneau central d’un triptyque qu’il a peint pour le Musée des Beaux-Arts de Rouen en 1888-90. Le projet s’inspire de la collection d’antiquités du musée et de la céramique et de la poterie produites localement. Ici, les hommes exhument des fragments architecturaux classiques et les femmes décorent la faïence sur la colline de Bonsecours, une banlieue de Rouen. Une vue panoramique sur la ville et la Seine se déploient au loin. L’exposition de ces copies a contribué à attirer l’attention sur les nombreuses commandes de fresques murales de Puvis pour les bâtiments publics en France; Celui-ci a été montré pour la première fois à Pittsburgh en 1898. » A voir au Metropolitan Museum of Art, New-York et en version originale fresque, dans l’escalier d’honneur du Musée des Beaux-Arts de Rouen. Richard Wattenmaker, dans son article « De l’influence de Puvis de Chavannes sur Vincent Van Gogh à la fin de sa vie » reprend des fragments de lettres de Vincent à son frère et sa sœur. Début juin 1890, après avoir vu le tableau Inter artes et naturam, Vincent le décrit dans une lettre: « Les personnages sont vêtus de couleurs claires, et on ne sait pas si c’est des costumes de maintenant ou des vêtements de l’antiquité. Deux femmes, toujours en longues robes simples, causent d’un côté, des hommes qui ont l’air d’artistes, de l’autre; au centre une femme, son enfant sur son bras, cueille une fleur [une pomme] sur un pommier fleuri. Une figure sera bleu myosotis, une autres citron clair, une autre rose tendre, une autre blanche, une autre violette. Le terrain, une prairie piquée de fleurettes blanches et jaunes. Des lointains bleus avec une ville blanche et un fleuve. Toute l’humanité, toute la nature simplifiée, mais comme elles pourraient être si elles ne sont pas comme cela. Cette description ne dit rien —mais en voyant le tableau, en le regardant longtemps, on croirait assister à une renaissance, totale mais bienveillante, de toutes les choses auxquelles on aurait cru qu’on aurait désiré, une rencontre étrange et heureuse des antiquités fort lointaines avec la modernité crueLe 20 juillet, il écrit : « «Je crois qu’il est possible qu’une génération future sera —et continuera d’être— préoccupée par les recherches intéressantes sur le sujet des couleurs et sur le sentiment moderne, et que ces recherches seront dans les lignes de Delacroix, de Puvis de Chavannes et auront autant de valeur qu’elles— et que l’impressionnisme en sera la source. Je commence à sentir de plus en plus que l’on peut considérer Puvis de Chavannes comme ayant autant d’importance que Delacroix, qu’il équivaut enfin aux gens dont le style constitue un jusqu’ici et pas plus loin, à tout jamais consolant.»

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