La démocratie

Lu dans le Monde des livres, du vendredi 11 mars 2011, l’article de Jean-Louis Jeannelle, à propos du livre de Stanley Cavell, Philosophie des salles obscures, Flammarion. Citation:
«Quel intérêt y aurait-il à philosopher si l’exercice de la pensée n’était le «compagnon invisible des vies ordinaires»? Et ces vies ordinaires, nul art n’en offre de meilleur témoignage que le cinéma. Qu’on en juge d’après Madame porte la culotte (1949), de George Cukor: une femme tire sur son mari qui la trompait; Amanda, brillante avocate, décide de prendre sa défense afin de démontrer à son procureur de mari, chargé de l’affaire, que le droit des femmes prime sur l’application stricte de la loi. Voici le couple idéal des Bronner au bord du divorce, à la «une» des journaux.

«Dans une démocratie, le bonheur est une émotion politique, tout comme la dépression»,

note Stanley Cavell. Il suffit qu’un fais divers s’immisce dans un bonheur conjugal et le dialogue des genres sexués connaît brusquement quelques couacs. A la faveur de cette dispute étalée au grand jour, le point de contact entre privé et public est mis à nu: il tient à la notion de consentement, dont dépend la légitimité d’un couple comme celle de la démocratie, engagés l’un comme l’autre dans un perpétuel processus de réforme.