
La Pierre de Rosette mise en sculpture à parcourir par Joseph Kosuth pour le musée Champollion à Figeac, comme un blackboard en trois langues qui emprunte autant à Carl André qu’à Richard Long. Parfaitement pensée et incluse dans la cour intérieure du musée, en légère pente, étroite et murée.
Pour le lapin surfant sur la vague et en hommage à Rosette (la petite sœur Nantois de Claudine et Phily etc.)
Catégorie : Claudine
Rousseau, Proust, Nietzsche : du vert devant mes fenêtres
«Elle habitait une vieille maison, mais assez grande pour avoir une belle pièce de réserve dont elle fit sa chambre de parade et qui fut celle où l’on me logea. Cette chambre était sur le passage dont j’ai parlé où se fit notre première entrevue, et au-delà du ruisseau et des jardins, on découvrait la campagne. Cet aspect n’était pas pour le jeune habitant une chose indifférente. C’était depuis Bossey la première fois que j’avais du vert devant mes fenêtres. Toujours masqué par des murs, je n’avais eu sous les yeux que des toits ou le gris des rues. Combien cette nouveauté me fut sensible et douce ! Elle augmenta beaucoup mes dispositions à l’attendrissement. Je faisais de ce charmant paysage encore un des bienfaits de ma chère patronne : il me semblait qu’elle l’avait mis là tout exprès pour moi ; je m’y plaçais paisiblement auprès d’elle ; je la voyais partout entre les fleurs et la verdure ; ses charmes et ceux du printemps se confondaient à mes yeux. Mon cœur jusqu’alors comprimé se trouvait plus au large dans cet espace, et mes soupirs s’exhalaient plus librement parmi ces vergers. On ne trouvait pas chez Madame de Warens la magnificence que j’avais vue à Turin, mais on y trouvait la propreté, la décence et une abondance patriarcale avec laquelle le faste ne s’allie jamais. Elle avait peu de vaisselle d’argent, point de porcelaine, point de gibier dans sa cuisine, ni dans sa cave de vins étrangers ; mais l’une et l’autre étaient bien garnies au service de tout le monde, et dans des tasses de faïence, elle donnait d’excellent café. Quiconque la venait voir était invité à dîner avec elle ou chez elle, et jamais ouvrier, messager ou passant ne sortait sans manger ou boire.» Jean-Jacques Rousseau, livre 3, Confessions. Lien vers «nouvelle fenêtre»: Mireille Védrine (conservatrice des Charmettes: Rousseau et la Savoie)
«Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville un peu trop campagne qui n’avait l’air que d’un lieu de sieste entre deux promenades ou pendant l’averse, une de ces demeures où chaque salon a l’air d’un cabinet de verdure, et où sur la tenture des chambres, les roses du jardin dans l’une, les oiseaux des arbres dans l’autre, vous ont rejoints et vous tiennent compagnie – isolés du moins – car c’étaient de vieilles tentures où chaque rose était assez séparée pour qu’on eût pu si elle avait été vivante, la cueillir, chaque oiseau le mettre en cage et l’apprivoiser, sans rien de ces grandes décorations des chambres d’aujourd’hui où sur un fond d’argent, tous les pommiers de Normandie sont venus se profiler en style japonais, pour halluciner les heures que vous passez au lit, toute la journée je la passais dans ma chambre qui donnait sur les belles verdures du parc et les lilas de l’entrée, sur les feuilles vertes des grands arbres au bord de l’eau, étincelants de soleil et la forêt de Méséglise. Je ne regardais en somme tout cela avec plaisir que parce que je me disais, c’est joli d’avoir tant de verdure dans la fenêtre de ma chambre jusqu’au moment où dans le vaste tableau verdoyant, je reconnus, peint lui au contraire en bleu sombre, simplement parce qu’il était plus loin, le clocher de l’église de Combray, non pas une figuration de ce clocher, ce clocher lui-même, qui mettant ainsi sous mes yeux la distance des lieues et des années, était venu, au milieu de la lumineuse verdure et d’un tout autre ton, si sombre qu’il paraissait presque seulement dessiné, s’inscrire dans le carreau de ma fenêtre. Et si je sortais un moment de ma chambre, au bout du couloir j’apercevais, parce qu’il était orienté autrement, comme une bande d’écarlate, la teinture d’un petit salon qui n’était qu’une simple mousseline mais rouge, et prête à s’incendier, si un rayon de soleil y donnait.» Marcel Proust, Le Temps retrouvé, chapitre 1.
«Et quand je vous aurai dit comment s’appelle la place sur laquelle donne ma fenêtre (des arbres magnifiques, au loin de grands bâtiments rougeâtres, la mer et le galbe harmonieux de la Baie des anges), à savoir le « Square des Phocéens », peut-être rirez-vous comme moi du cosmopolitisme formidable de cette association de mots —les Phocéens se sont réellement installés ici à une certaine époque— mais il y vibre quelque chose de triomphant et de supra-européen, quelque chose d’extrêmement réconfortant qui me dit: « Ici, tu es à ta place. »» Nietzsche cité in Patrick Mauriès, Nietzsche à Nice, p. 25.
13 août 1995. Canterbury
Louis Lumière: «Panorama de l’arrivée à Aix-les-Bains pris du train»
Documentaire d’Eric Rohmer (1968) pour la Télévision scolaire, dans lequel Jean Renoir et Henri Langlois parlent à propos de quelques films courts de Louis Lumière (1900) dont le Panorama de l’arrivée à Aix-les-Bains pris du train (à 46 mn du début du film), premier travelling dans l’histoire du cinéma! «En 1900, [dit Langlois] tous les travellings existaient, tous les mouvements de caméra existaient […] Comment se fait-il qu’aucune histoire du cinéma, aucune personne vivant à l’époque n’ait jamais dit que le travelling avait été inventé par Louis Lumière, que le panoramique a été inventé par Louis Lumière, que la caméra mobile a été inventée par ses opérateurs? Parce qu’ils ne pouvaient pas le voir. Quand ils voyaient un travelling, ils disaient ‘Tramway en marche’, ‘prise de vue d’un tramway en marche’. Le public, nous, nous voyons le génie du cinéma surgir de tous les côtés chez ces opérateurs de Louis Lumière, mais le public alors n’était pas formé, n’avait pas la formation, alors il a fallu partir pour le public de zéro pour arriver à ce qu’on a appelé la grammaire cinématographique avec Griffith, mais au-delà de cette grammaire cinématographique des années 20, nous allons aller vers un art cinématographique qui est beaucoup plus proche de Louis Lumière qui est l’absolu de l’art…»
A propos de Nice (années 30)

Mado, Robert, Claude, Claudine, Plage de la Tour rouge à Nice, été 1934. (Mariage de Claude et Claudine à Nice en février 1934).
«Quelle est la nature de l’art, quand il arrive à la mer?»
John Cage, in «Robert Rauschenberg, Artiste, et son œuvre», Silence, 1ère édition 1961
Jean Vigo, A propos de Nice (1930) (23′, master numérique restauré)
[Vigo apparaît en Pierrot parmi les danseuses]
«Jean Vigo, né en 1905… Automne 1928. Départ pour Nice, mariage avec Lydu en janvier 1929. Un mois auparavant, Vigo est engagé comme aide-opérateur à la production Franco-Film, aux studios de la Victorine à Nice. 1929. La première caméra (offerte par le père de Lydu) et aussitôt l’idée d’un documentaire sur la ville de Nice. Repérages. Mauvaise santé du couple. Retour à Paris pour consultation. Rencontre avec Jean Lods et son opérateur Boris Kaufman. Tous deux ont bien assimilé les découvertes du « Ciné-œil » de Dziga Vertov, le frère de Boris.
1930. Vigo et Kaufman s’associent et tournent à Nice. En mars, ils ont tourné quatre mille mètres. Montage. Le travail est achevé début mai. Projection de A propos de Nice, « point de vue documenté », faux documentaire et vrai pamphlet. […]
Jean Vigo rédige le communiqué de presse: « Jean Vigo et Boris Kaufman viennent de terminer leur film A propos de Nice. Ciel bleu, maisons blanches, mer éblouie, fleurs multicolores, cœur en liesse, telle apparaît d’abord l’ambiance niçoise. Mais ce n’est là qu’apparence éphémère, que la mort guette, d’une ville de plaisirs. »
28 mai 1930. A Paris, le film est projeté sur l’écran de l’ancien théâtre de Jacques Copeau, le Vieux-Colombier, devenu cinéma d’avant-garde.
Le 14 juin, Jean Vigo présente son texte-programme: Vers un cinéma social… » in Booklet du DVD, L’Intégrale Jean Vigo, 2008. Télécharger le texte (pdf) (source > maison du film court)
Eté 1993. Couvet (Val de Travers) et Londres (?)
On voyait le clip-vidéo Numb de l’album Zooropa de U2 sur l’écran de notre télé dans un loft paysan à Couvet en juillet et on entendait Lemon en août dans un café à Covent Garden à Londres…
U2 – Numb et U2 – Lemon (référence à Muybridge) par Angkor
Early cinema: Edison kinetoscope films 1894 -1896, directed by Laurie Dickson et Edmund Kuhn.
Joséphine et Claudine

Joséphine et Claudine, avec leurs filles Magui et Nicole (nées toutes les deux en 1937). (lien)

Joséphine, sœur aînée de Claudine et Phily, assez sublime, à 21 ans.

Joséphine, Jacques son mari, Lucienne, Claude et Magui, ses enfants. Joséphine meurt à 46 ans.
Triste photo du photographe Louis Brun, 19, rue de Genève, Aix-les-bains.
23 juin 2009. Vu deux films à FR3 en soirée
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L’armée des ombres (1969) bande annonce
par dictys
1. L’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville, 1969. La voix off de la bande-annonce est celle de Melville qu’on voit aussi à l’écran parmi la suite de portraits (l’homme aux lunettes rayBan). Tout est bien dans ce film.
Camping à la ferme
par TyTy7882. Camping à la ferme de Jean-Pierre Sinapi, 2005.
Synopsis:«Six jeunes ‘tigistes’ de la banlieue parisienne séjournent dans un village, avec un éducateur, pour effectuer des travaux d’intérêts généraux…» Imaginons maintenant l’agriculture dans les cités de Seine-St-Denis, des fermes existent encore dans le périmètre de Saint-Denis-Stains. cf. «A Detroit, ville fantôme et sinistrée par le déclin de l’automobile, des habitants tentent une reconversion dans l’ »urban farming », où la culture des lopins s’étend aux friches industrielles et immobilières.»Télécharger l’article paru dans Libération le 9 juin 2006 (pdf)
et sur le blog de Schmitto
http://www.street-tease.com/blogs/schmitto/756-grown-in-detroit.htmlJuste deux films liés par le médium télévision. Pas si mal, la télévision comme robinet de films.
1984. It’s a shame…
Talk Talk – Such A Shame (Mark Hollis)
Commentaire:
«Comment ça fait plaiz de réécouter ça: D.»
Extrait:
«Tell me to relax, I just stare
Maybe I don’t know if I should change
A feeling that we share
It’s a shame.»
Etienne et Liliane. Bar de la Maison de la radio, Paris, 2 décembre 1984.
Do? you need anybody ?? ….WWAHHHHAHAHHAHHAHAHHAHAH !!!!! YEAH !! YEAH!!
Joe Cocker, With a Little Help From My Friends
Commentaires:
«Do? you need anybody ??
….WWAHHHHAHAHHAHHAHAHHAHAH !!!!! YEAH !! YEAH!!»
«Holy mother of god……love this guy!!!!?»
De haut en bas, de gauche à droite:
1. Joe Cocker and the Greaseband, How It Is, 1968.
2. Joe Cocker – Woodstock 1969.
3. Classic Joe, Recorded in Italy 1981.
4. Queen’s Golden Jubilee 3 june 2002 Phil Collins – drums, Brian May – guitar.




