Bruno Latour, Claude Lorius et Alain Gras. L’anthropocène.

L’anthropocène, notre ère géologique; «c’est le moment où l’homme après s’être battu contre la nature pour survivre, prend le contrôle de l’environnement de la planète et l’anthropocène se caractérise par le fait qu’il détruit cette planète dans laquelle il vit.» Claude Lorius
L’anthropocène vue par Bruno Latour, philosophe anthropologue inspiré par la géologie éminemment globale, dans cet entretien avec Laure Adler, Hors champs, de ce jour. http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-bruno-latour-2011-11-28
à écouter ici
[audio:http://www.lantb.net/uebersicht/wp-mp3/Bruno Latour.mp3]

Ou encore expliquée de façon plus didactique par Claude Lorius qui en a fait un livre* et Alain Gras

* Claude Lorius et Laurent Carpentier, Voyage dans l’anthropocène : cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, Actes Sud, Arles (Bouches-du-Rhône), 201. On peut ranger Claude Lorius dans le panthéon des Aixois excentriques, glaciologue, fils du fromager de la rue de Chambéry à Aix-les-Bains, boutique que nous fréquentâmes adolescente et enfant, Nicole et moi, et nous semble-t-il, où nous le vîmes nous servir du fromage frais et blanc comme la neige de l’Antarctique.

La mappe sarde

Challenge: trouver le terrain de Chindrieux sur la mappe sarde de 1728… Bonus: et pourquoi pas comme dirait Perrette, y mettre une maison Lego http://jlggb.net/blog3/?p=216
http://www.savoie-archives.fr/1233-plans-cadastraux-en-ligne.htm

Réponse, le 21 novembre, la mappe de Chindrieux date de 1732. Son orientation est légèrement différente de celle des cartes Google. Ce serait la parcelle 2468…




Jean-Louis Chanéac & Jean Dubuisson. Architectes en Savoie.

Jean-Louis Chanéac
Trop tard pour aller à Lyon, au CAUE, 6 bis quai St-Vincent voir l’exposition Jean-Louis Chanéac, itinéraire d’un architecte libre, http://www.caue69.fr/modules/news/article.php?storyid=240 mais on pourra visiter ses réalisations à Aix-les-Bains (sa maison troglodyte), sa longue Marina à interruptions au bord du Lac*, l’hôtel Cerf-volant à Voglans, le plan-masse de Chambéry-Tecnolac, le lycée du Granier à la Ravoire,un centre commercial et logements HLM à Saint-Jean de Maurienne etc., d’autant que l’exposition vient à Chambéry à partir du 16 novembre

*Immeuble Les Bords du lac, 1, 3, 5 rue des Goélands, Aix-les-Bains 1972-1980
http://architecturerhonealpes.org/patrimoine/historique_bis.php3?id_loca=104
«Cet immeuble de logements situé en bordure du lac du Bourget est caractérisé par ses façades très inclinées, parfois presque verticales. Côté montagne, celles-ci sont sombres pour rappeler le massif de la Dent du Chat qui leur fait face. Côté lac, les façades se dressent en s’inclinant très fortement.» Ces façades sombres gris ardoise (en ardoise ou imitation) sont un gimmick très aixois, dentduchatien donc —lorsque le soleil vient de se coucher derrière la dite montagne, celle-ci s’assombrit et toute la chaîne qui va avec, subrepticement, comme notre moral au crépuscule…—, de suiveurs aixois en architecture de Chanéac comme Pierre Rault semble-t-il, qui a travaillé avec lui, et a inondé Aix-les-Bains de ces toits gris retombant lourdement sur les façades d’immeubles, réminiscence moderniste aussi des longs toits de style Louis XIII de la résidence ex-Hotel Bernascon (1900) http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/?page=fiches&p=IA73001076, par exemple.
Jean-Louis Chanéac a repris cette architecture faite de plans très inclinés pour la maison-atelier de P. G. Péguy Brès (1961) à Brison Saint Innocent et l’Hôtel Le Cerf-Volant (1973), à Voglans.
Mais Chanéac est aussi l’auteur avec Pierre Rault de la première version du Palais des Fleurs (1975), centre des congrès, dont l’incroyable toiture en gradins en béton aurait dû être accessible et paysagère, et qui a malheureusement été «rénové» en 2004. Toute l’histoire sur http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/?page=fiches&p=IA73001798
Le «régionalisme synchrétique» de Chanéac s’exerce à Val d’Isère http://www.sabaudia.org/v2/dossiers/archimontagne/public15.php: «L’industrie de la neige, réalité économique, géographique et culturelle pour la Savoie est aussi un champ d’expérimentation valable pour les architectes qui, comme moi, refusent les copies vernaculaires édulcorées.» Jean-Louis Chaneac cité dans Le Moniteur du 19.1.90.
Le Val Village de Chanéac est pensé comme un «authentique vrai faux village alpin» http://www.parcoursinventaire.rhonealpes.fr/stationski/-Val-d-Isere-.html
Il est aussi l’auteur du manifeste de l’architecture insurrectionnelle: http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/2011/05/chaneac-le-manifeste-de-larchitecture.html, lu le 4 mai 1968 à l’Académie royale d’architecture à Bruxelles. Il propose aux habitants des tristes grands ensembles, le concept de «cellules parasites» clandestines à implanter sur les façades des immeubles et cite l’exemple de Marcel Lachat* qui réalise à Genève en 1971, une bulle pirate pour agrandir son appartement  et y installer son premier enfant. (Alain Bublex n’a-t-il pas repris cette idée chanéachienne dans ses accrochages urbains d’Algéco? http://www.arpla.fr/odnm/?page_id=4507)

*suite et explication dans le Métropolitains de François Chaslin du dimanche 27 novembre, à l’occasion de l’hommage à un autre architecte suisse de maisons-bulles, Pascal Haüsermann, avec Julien Donada, auteur du film La bulle pirate (2007), à propos de Marcel Lachat, La bulle et l’architecte (2003), 53′ et de plusieurs livres consacrés à ce type d’architecture-bulle: Pratique du voile de béton en autoconstruction, Joël Unal, préface de Claude Haüsermann-Costy** et Pascal Haüsermann, Alternatives, AnArchitecture, 1981, 166 pages. Bulles, conversation avec Pascal Haüsermann, Julien Donada, préface de Michel Ragon, Facteur humain, 2010. Architecture interdite, Jean-Louis Chanéac (manuscrit de 1980), introduction de Dominique Amouroux, Linteau, 2005. L’architecture bullaire se présentait comme une alternative à la construction des grands ensembles parallélépipédiques. A été cité Yona Friedman encore vivant et dont le travail est désormais intégré au monde de l’art contemporain. Tout cela est cité dans http://www.franceculture.fr/emission-metropolitains-logement-un-ilot-experimental-la-rue-rebiere-a-paris-2011-11-27

**Claude Haüsermann-Costy est potière dans un village de Haute Savoie, (route du crêt, Minzier, 74270 Frangy): http://la.ruine.free.fr/situation.htm


Jean Dubuisson

Hommage à Jean Dubuisson (1914-22 octobre 2011). Métropolitains, France culture, dimanche 6 novembre 2011: http://www.franceculture.fr/emission-metropolitains-hommage-a-jean-dubuisson-refection-de-la-tour-bois-le-pretre-a-paris-2011-11
1962-1980 : a construit la ZUP puis ZAC les Hauts de Chambéry3, à visiter. On voit des Dubuisson partout en Savoie…

Les Enfants du Revard!

Le Nice Savoie est sis juste derrière la villa Jean Monard, une personnalité aixoise excentrique assez extra*.
Premiers éléments bibliographiques trouvés:

Jean Monard, jeune médecin de 26 ans au début des années 1880, après une formation à la faculté de Lyon rédige Les Cures d’altitude, à propos de la source des deux reines à Pugny-Chatenod, eaux médicinales, au pied du Revard.

Les Enfants du Revard: Le club né le 10 novembre 1889, s’appelait à l’origine la Société de gymnastique et d’instruction militaire des Enfants du Revard. Il a été créé par le Dr Jean Monard, pionnier des cures d’altitude pour soigner les maladies respiratoires, et Jules Pin, grand architecte de la ville d’Aix les Bains, à qui l’on doit les grands hôtels aixois.

A ses débuts, il s’agit plutôt d’un club de gymnastique et d’instruction militaire qui a pour vocation de préparer les jeunes adultes au service national (gymnastique, boxe, tir, lutte).

* faire un projet de biographie illustrée des personnalités aixoises excentriques.

IQ + Golf


Nos deux voitures sous le soleil savoyard. 16 août à 11h50 à Chambéry sur le parking de Jean Lain Nippon. Un peu bovines et sympathiques! © jlb

Trouvé dans le livre de François Roustang, La Fin de la plainte:  la conduite automobile, ou «quand le corps pense», ou quand «la secondarité structurelle de la parole et de la pensée se prouve encore par les impératifs de l’action». [Sgulp! J’ai du mal avec la IQ!] pp. 136-137

«Une jeune fille vient d’apprendre à conduire. Elle dit l’angoisse qu’elle ressent à la perspective de n’avoir plus bientôt à détailler ses gestes et de devoir se laisser aller aux automatismes. Comment va-t-elle réussir à ne plus savoir ce qu’elle fait? Et pourtant il est clair que la perte de la conscience de ce qu’elle fait va seule lui permettre d’être vigilante à l’égard de sa route, des obstacles éventuels, des autres véhicules. Bref l’attention à ce qui se passe alentour est conditionnée par l’aisance inconsciente du corps à manier le véhicule. Et même cette attention portée sur l’extérieur aura tout intérêt à se faire oublier, le corps pouvant en intégrer toutes les données sans que la conscience ait à s’en mêler. Pour agir, le corps doit faire taire la parole et l’explication consciente. Mais cela ne signifie pas que l’esprit a disparu. Il est devenu corps vivant, car le corps est esprit et c’est pour cela qu’il pense à bon escient.»

Les nouveaux cadres


Les nouveaux cadres, sur l’étagère ad hoc à Isaline. Ce que ça donne: pas mal du tout, très bien même. A gauche, la carte postale colorisée du bar d’eau thermale du parc de l’établissement thermal d’Aix-les-Bains, devenue «Théâtre de verdure», à droite l’aquarelle Buissonnière d’Émile: un séchoir à noix et/ou à linge + un four à pain, à Vinay en 1953.


Un rajout: la photo de ces deux photos est faite le 24 décembre 2011… à gauche, Claude, Claudine et Nicole, printemps 1938 dans le parc; mon portrait au Murget,  juillet 1983 (mic-mac de dates!)