Bon anniversaire!


50e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Au dos de la carte: Le copain Bugnard, Claudius Barbier, La Chambotte, Chindrieux, le «y» indispensable, the best of  the Savoie!


100e anniversaire!
[flv:http://lantb.net/uebersicht/wp-flv/Savoie.flv 480 348] Pour le 150e, un long film (un peu grandiloquent) sur l’histoire de la Maison de Savoie dans l’émission de télé Des Racines et des ailes. Jean Luquet conservateur des archives et du patrimoine de Savoie en introduit l’histoire  puis intervient très bien tout au long de cet extrait du film repris ici: «La Maison de Savoie, [19 comtes, 15 ducs, 8 rois, composée de morceaux de territoires dont les Alpes, des pièces de puzzle à géométrie variable, dispersées, dont l’une est la Sardaigne,] c’est une dynastie qui apparaît au 10e siècle sur les restes de l’empire carolingien et jusqu’en 1860, date du rattachement à la France [des éléments du puzzle qui permettent enfin de dessiner l’hexagone de notre identité territoriale-nationale française toute récente donc], les comtes et les ducs vont régner sur la Savoie pour une raison stratégique précise, c’est qu’ils contrôlent les passages des Alpes et ces passages des Alpes, c’est une des grandes routes de la civilisation européenne entre l’Italie et la France, c’est la route de l’économie, c’est la route de la culture, c’est la route des grands mouvements de population.»

On peut dire que pendant 800 ans, la Savoie a été une TAZ inédite telle que définie par Hakim Bey, (Zone Autonome Temporaire), construite autour d’une barrière géographique Les Alpes convertie en lieu de passage, et égrenée de part et d’autre de cette barrière.
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[flv:http://lantb.net/uebersicht/wp-flv/ThermesAixlesBains.flv 480 348] Bande d’actualité où l’on voit la façade du bâtiment des Thermes Pellegrini avec son arche très Campanus style, son auvent court et sur la courte volée d’escalier d’entrée de laquelle Claude et Claudine vinrent se faire photographier en 1935, http://lantb.net/uebersicht/?p=59, façade  qui n’existe plus, saccagée méchamment dans les années 70 par une restauration bétonneuse désastreuse. Lien

Le pittoresque des faubourgs.

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Orhan Pamuk, Istanbul (suite). Et plus loin page 386 et 387 : «Ce qui confère de la beauté à un paysage,
ce n’est pas la conservation d’une architecture, mais sa non restauration et son état de délabrement. […]
L’image que les Stambouliotes ont adoptée au cours du dernier siècle, en l’aimant
ou en la détestant, est chargée des motifs de la pauvreté, de la défaite et de l’effondrement.»

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A contrario, que dire de cette tentative de mur végétal sur fond d’architecture bicyclette:
Faubourg d’Aix-les-Bains, nouveau bâtiment des cinémas Les Toiles du lac.

Lien
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© Beniamino Servino. Tutti i diritti riservati. Casa con padiglione 2009. Caiazzo (CE), Italia.

Nature as architect The Story of an Object. «Ten years on, Beniamino Servino makes changes to a house and pavilion he designed in the Volturno valley which has now been transformed by vegetation, a case discussed by Eugenio Tescione» in  Abitare n° 495

Vendredi 17 juillet 2009. Villa Le Cèdre.

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Tout part du cèdre venu d’un autre âge plus glorieux. La Villa Le Cèdre, 86 avenue du Petit Port à Aix-les-Bains est sise derrière l’arbre. C’est une villa moyenne, dans un très long parc étroit (bribe du domaine ancien contenant le dit cèdre), très vert, comme non entretenu, et qu’un long mur d’enceinte comme une fortification qui aurait muté en haie très épaisse primitive, sépare du parking et de l’immeuble HLM afférant dont la façade longiligne sans espace vert  donne sur l’asphalte lisse de ce long espace parking confortable pour un cheptel de voitures dont les museaux reniflent l’ampélopsis du mur-haie (un peu proustien-laborieux, le style!).

Dimanche 12 juillet 2009. Musilac. Aix-les-Bains

Franz Ferdinand, Can’t Stop Feeling, 2009. Dernier clip over-designed, post Talking Heads, dirons-nous, et bravo pour le petit débardeur troué en laine (ou en coton) gris flanelle d’Alex Kapranos.

A Aix, ce dimanche 12 juillet, sur la scène de Musilac, dressée sur l’esplanade qui longe le lac du Bourget entre le Grand Port et le Petit Port, Franz Ferdinand passe vers minuit, longuement. Avec Franck, Victor et Max, l’impression de faire partie d’une foule intelligente (smart mob) et sensible, une foule «sentimentale, soif d’idéal…».

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Léo à Musilac, © Franck, son père.

Rousseau, Proust, Nietzsche : du vert devant mes fenêtres

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Rue Isaline.

«Elle habitait une vieille maison, mais assez grande pour avoir une belle pièce de réserve dont elle fit sa chambre de parade et qui fut celle où l’on me logea. Cette chambre était sur le passage dont j’ai parlé où se fit notre première entrevue, et au-delà du ruisseau et des jardins, on découvrait la campagne. Cet aspect n’était pas pour le jeune habitant une chose indifférente. C’était depuis Bossey la première fois que j’avais du vert devant mes fenêtres. Toujours masqué par des murs, je n’avais eu sous les yeux que des toits ou le gris des rues. Combien cette nouveauté me fut sensible et douce ! Elle augmenta beaucoup mes dispositions à l’attendrissement. Je faisais de ce charmant paysage encore un des bienfaits de ma chère patronne : il me semblait qu’elle l’avait mis là tout exprès pour moi ; je m’y plaçais paisiblement auprès d’elle ; je la voyais partout entre les fleurs et la verdure ; ses charmes et ceux du printemps se confondaient à mes yeux. Mon cœur jusqu’alors comprimé se trouvait plus au large dans cet espace, et mes soupirs s’exhalaient plus librement parmi ces vergers. On ne trouvait pas chez Madame de Warens la magnificence que j’avais vue à Turin, mais on y trouvait la propreté, la décence et une abondance patriarcale avec laquelle le faste ne s’allie jamais. Elle avait peu de vaisselle d’argent, point de porcelaine, point de gibier dans sa cuisine, ni dans sa cave de vins étrangers ; mais l’une et l’autre étaient bien garnies au service de tout le monde, et dans des tasses de faïence, elle donnait d’excellent café. Quiconque la venait voir était invité à dîner avec elle ou chez elle, et jamais ouvrier, messager ou passant ne sortait sans manger ou boire.» Jean-Jacques Rousseau, livre 3, Confessions. Lien vers «nouvelle fenêtre»: Mireille Védrine (conservatrice des Charmettes: Rousseau et la Savoie)

«Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville un peu trop campagne qui n’avait l’air que d’un lieu de sieste entre deux promenades ou pendant l’averse, une de ces demeures où chaque salon a l’air d’un cabinet de verdure, et où sur la tenture des chambres, les roses du jardin dans l’une, les oiseaux des arbres dans l’autre, vous ont rejoints et vous tiennent compagnie – isolés du moins – car c’étaient de vieilles tentures où chaque rose était assez séparée pour qu’on eût pu si elle avait été vivante, la cueillir, chaque oiseau le mettre en cage et l’apprivoiser, sans rien de ces grandes décorations des chambres d’aujourd’hui où sur un fond d’argent, tous les pommiers de Normandie sont venus se profiler en style japonais, pour halluciner les heures que vous passez au lit, toute la journée je la passais dans ma chambre qui donnait sur les belles verdures du parc et les lilas de l’entrée, sur les feuilles vertes des grands arbres au bord de l’eau, étincelants de soleil et la forêt de Méséglise. Je ne regardais en somme tout cela avec plaisir que parce que je me disais, c’est joli d’avoir tant de verdure dans la fenêtre de ma chambre jusqu’au moment où dans le vaste tableau verdoyant, je reconnus, peint lui au contraire en bleu sombre, simplement parce qu’il était plus loin, le clocher de l’église de Combray, non pas une figuration de ce clocher, ce clocher lui-même, qui mettant ainsi sous mes yeux la distance des lieues et des années, était venu, au milieu de la lumineuse verdure et d’un tout autre ton, si sombre qu’il paraissait presque seulement dessiné, s’inscrire dans le carreau de ma fenêtre. Et si je sortais un moment de ma chambre, au bout du couloir j’apercevais, parce qu’il était orienté autrement, comme une bande d’écarlate, la teinture d’un petit salon qui n’était qu’une simple mousseline mais rouge, et prête à s’incendier, si un rayon de soleil y donnait.» Marcel Proust, Le Temps retrouvé, chapitre 1.

«Et quand je vous aurai dit comment s’appelle la place sur laquelle donne ma fenêtre (des arbres magnifiques, au loin de grands bâtiments rougeâtres, la mer et le galbe harmonieux de la Baie des anges), à savoir le « Square des Phocéens », peut-être rirez-vous comme moi du cosmopolitisme formidable de cette association de mots —les Phocéens se sont réellement installés ici à une certaine époque— mais il y vibre quelque chose de triomphant et de supra-européen, quelque chose d’extrêmement réconfortant qui me dit: « Ici, tu es à ta place. »» Nietzsche cité in Patrick Mauriès, Nietzsche à Nice, p. 25.

Louis Lumière: «Panorama de l’arrivée à Aix-les-Bains pris du train»

 

Documentaire d’Eric Rohmer (1968) pour la Télévision scolaire, dans lequel Jean Renoir et Henri Langlois parlent  à propos de quelques films courts de Louis Lumière (1900) dont le Panorama de l’arrivée à Aix-les-Bains pris du train (à 46 mn du début du film), premier travelling dans l’histoire du cinéma! «En 1900, [dit Langlois] tous les travellings existaient, tous les mouvements de caméra existaient […] Comment se fait-il qu’aucune histoire du cinéma, aucune personne vivant à l’époque n’ait jamais dit que le travelling avait été inventé par Louis Lumière, que le panoramique a été inventé par Louis Lumière, que la caméra mobile a été inventée par ses opérateurs? Parce qu’ils ne pouvaient pas le voir. Quand ils voyaient un travelling, ils disaient ‘Tramway en marche’, ‘prise de vue d’un tramway en marche’. Le public, nous, nous voyons le génie du cinéma surgir de tous les côtés chez ces opérateurs de Louis Lumière, mais le public alors n’était pas formé, n’avait pas la formation, alors il a fallu partir pour le public de zéro pour arriver à ce qu’on a appelé la grammaire cinématographique avec Griffith, mais au-delà de cette grammaire cinématographique des années 20, nous allons aller vers un art cinématographique qui est beaucoup plus proche de Louis Lumière qui est l’absolu de l’art…»

Joséphine et Claudine

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Joséphine et Claudine, avec leurs filles Magui et Nicole (nées toutes les deux en 1937). (lien)

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Joséphine, sœur aînée de Claudine et Phily, assez sublime, à 21 ans.

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Joséphine, Jacques son mari, Lucienne, Claude et Magui, ses enfants. Joséphine meurt à 46 ans.
Triste photo du photographe Louis Brun, 19, rue de Genève, Aix-les-bains.