Dominique Méda a dit

« Reconnaitre que la croissance ne pourrait jamais revenir », Dominique Méda dans Libération 25/01/2016
Extrait :
«Quels pourraient être les composants d’un scénario visant à résoudre à la fois la question écologique et la question sociale ?
Il s’agirait – pour une fois – de réussir les transferts de main-d’œuvre et le développement des qualifications que la reconversion écologique suppose en mettant en œuvre de puissants mécanismes de sécurisation garantis par les institutions – le service national du climat proposé au Royaume-Uni par la campagne «Un million d’emplois pour le climat» constitue une proposition intéressante. De mobiliser des moyens conséquents pour accompagner la formation et la qualification des personnes. De développer des emplois de toutes natures nécessaires pour répondre aux besoins sociaux plutôt qu’à l’augmentation du profit et de la rentabilité. De substituer à l’actuel partage du travail, sauvage, un partage civilisé, contribuant à l’égalité entre hommes et femmes. De poursuivre des gains non plus tant de productivité que de qualité et de durabilité des produits, comme le propose l’économiste Jean Gadrey. Cela suppose d’autres outils de mesure de la richesse, d’autres organisations du travail, d’autres formes d’entreprises capables de prendre en considération l’apport des salariés. Cela suppose sans doute aussi l’édiction de normes sociales et environnementales mondiales, un rôle beaucoup plus déterminant confié à l’Organisation internationale du travail et à une Organisation mondiale de l’environnement et d’autres règles du commerce international telles que celles figurant dans le Mandat commercial alternatif européen.»

Jeunes filles élèves du CET de Vaux-le-Pénil, 1972

Présentation du film : CET 1972
Titre : Jeunes filles élèves du collège d’enseignement technique de Vaux-le-Pénil, février 1972.
Réalisation : Liliane Terrier et Jean-Louis Boissier
En relation avec le cours des départements Cinéma et Arts-Plastiques de Paris 8-Vincennes : « Mouvement de la jeunesse »
Film tourné avec cinq élèves du Collège d’enseignement technique de Vaux-le-Pénil et leur professeur de français Liliane Terrier, février 1972. Extraits (5 mn 18 s) choisis sur 30 minutes de rushes. Éclair-Coutant 16 mm, son synchrone sur Nagra. Production : Université de Vincennes. Numérisation : CNC, BnF, octobre 2015. Première projection publique : Vidéo et après, Centre Pompidou, 16 novembre 2015.

« Les jeunes filles du cet de Vaux-le-Pénil

Consonance un peu grivoise de ce nom de village péri-urbain proche de Melun. En 1972, j’ai 26 ans, je suis à Vincennes recyclée étudiante en arts plastiques après une licence de lettres obtenue à Grenoble, grâce à laquelle je suis prof précaire de français dans le collège d’enseignement technique de Vaux le Penil. Les jeunes filles expliquent dans le film ce qu’elles y apprennent. J’habite à Paris, je vais à Melun en train par la Gare de Lyon, puis un car m’emmène jusqu’au collège. En traversant Melun en car, je garde le souvenir d’avoir vu des prisonniers sur le toit de la prison. C’est l’époque des révoltes des prisonniers de droit commun soutenues par Foucault, Defert, Deleuze. Ou l’ai-je rêvé? L’idée de filmer les jeunes filles est liée à ça, elles sont elles-mêmes incarcérées dans ce CET. La figure du bosquet où nous choisissons de les filmer, dans le parc de Melun, -réminiscence rousseauiste de la Nouvelle Héloïse (une rencontre amoureuse avec un témoin, dans un bosquet, qui fait événement http://circonstances.net/moments/?p=126) ou de ces groupes de figurines bosquettisées, en porcelaine de Derby * (18e siècle)-, est le lieu d’une échappatoire dans une pseudo nature à leur condition de prisonnières, comme le toit de la prison de Melun, devenu terrasse à l’air libre où se rassemblaient les prisonniers. On pourrait aussi évoquer le peuple reforestisé de Straub et Huillet, ou les paysans dans les marais de Paesa de Rossellini.
Bosquettisées veut aussi dire chez Rousseau, inscrites dans notre mémoire, ici par le film, car pour ma part, je les avais complètement oubliées, ces jeunes filles, jeunes travailleuses en formation. Il faut souligner la qualité de l’image cinématographique, – celle d’une estampe gravée en taille douce et eau-forte dix huitièmiste, technique particulièrement apte au rendu minutieux du feuillage et des corps** -, cadrés dans notre film en plan américain.
Ce groupe dialogue avec la caméra fixe – le témoin – (sauf de très légers zooms) et se reconfigure devant elle, continuellement, dans le cadre, dans une micro-gestuelle articulée sur de micro-propos calibrés, chacune des jeunes filles ayant pleine conscience du temps de la bobine filmique lancée par le clap, (dont elle s’emparent très vite) – dédiée chacune à une question très brève (trois quatre mots lancés par moi, de derrière la caméra, à la volée, vers le groupe) mais qui appelait pour chacune, un lot de réponses individuelles individuées, brèves, contenues dans un seul plan séquence et ça a marché pour les trois questions. Un exercice d’intelligence collective humaine grâce à la caméra, pour faire l’histoire du 20e siècle. »

* Derby -soft-paste-english-porcelain
« By 1750, the Derby China Works had been established by china-maker Andrew Planché (1728-1805), a Huguenot and apprentice goldsmith. In 1756, William Duesbury (1725-86), an enamel-painter, and John Heath, Planché’s financier, formed a partnership and the factory expanded. In 1770, William Duesbury & Co. purchased the Chelsea Porcelain factory, operating Derby and Chelsea jointly until 1784 when they closed Chelsea. This acquisition brought into the fold the knowledge and skills of the Chelsea works. In 1774, a showroom was opened in Covent Garden, London. In 1776, they purchased the Bow factory. William junior (1763-96) succeeded his father in 1786 and enlarged the factory. Subsequent owners could not keep up with the times and the factory folded in 1848. »

http://www.porcelainbiz.com/porcelain/derbygraces1.htm

** Estampe de Moreau le Jeune reprenant la scène du bosquet de La Nouvelle Heloïse.

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Autre bosquet funeste et actuel, celui-ci qualifié de « Buisson conspiratif »

«C’est à Aubervilliers, dans une zone industrielle indécise en contrebas de l’A86, qu’ils [Abdelhamid Abaaoud et son complice] éliront domicile sur un talus pour les quatre prochaines nuits [du 13, 14, 15, 16 novembre 2015]. Les policiers chargés d’inspecter quelques jours plus tard ce « buisson conspiratif » en dresseront la description suivante : à l’entrée du bosquet, un passage dans la végétation large de 80 centimètres et long de 3 mètres. La pente est raide, les fonctionnaires doivent « s’agripper aux branches » pour progresser jusqu’au plateau. « A notre droite, découvrons un petit espace dans la végétation protégé par les branches et les feuillages. Nous pouvons ainsi le décrire comme un igloo végétal de par sa forme et sa conception », écrit le brigadier de la « Crim’ » dans son rapport. Dans ce premier espace d’environ 3 mètres carrés, les policiers découvrent un emballage de Bounty, une canette d’Oasis, une bouteille d’eau et « une pile 9 volts entourée d’adhésif gris avec un fil électrique dépassant à la base ». Un deuxième abri, sur la gauche, semble servir de chambre : il contient un matelas en mousse et « un semblant de tête de lit résultant d’un bricolage ». Tandis qu’Abdelhamid Abaaoud et son complice s’apprêtent à passer la nuit [du 13 au 14 novembre] au milieu des feuillages dans la banlieue nord, Salah Abdeslam attend son exfiltration au sud de Paris.» [puis viendra l’épisode de Saint-Denis 17 novembre]. Aujourd’hui, ces jeunes filles auraient pu mal tourner très vite.

Rem Koolhas/OMA. Faena collaboratory

Miami beach : L’art à l’ère de la COP 21?

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« Faena forum has been designed to radiate art and ideas into the community and throughout the city,’ noted mr. faena. ‘it is a new kind of cultural enterprise, one that encourages thinkers and practitioners from across a range of disciplines – the arts, sciences, technology and urbanism – to collaborate and creatively collide in ways that push their practices and produce new works, new experiences, and new ideas.’

OMA‘s partner-in-charge, shohei shigematsu commented: ‘culture is at the core of faena’s vision, and has been the driving force for our collaboration in miami beach. by curating their neighborhood with programmatic diversity, alan’s sphere of influence will likely extend beyond this development to the rest of miami beach.’

the development of the project’s mission and program is being spearheaded by its executive director, ximena caminos, who is also the executive director of faena art buenos aires. ms. caminos has also announced the formation of the faena circle, an advisory committee that will collaborate with her on shaping the new center’s vision and programming. the faena circle includes:

– carlos basualdo, senior curator of contemporary art, philadelphia museum of art, who will serve as the group’s chair
– caroline bourgeois, curator of the pinault collection
– philippe parreno, artist
– alex poots, manchester international festival & park avenue armory (to 2015), culture shed (from 2015)

http://www.designboom.com/architecture/faena-forum-arts-center-oma-rem-koolhaas-miami-beach-12-05-2014/

 

Cop 21. Un accord contre l’insécurité planétaire

« Dissocier ces violences des périls climatiques et écologiques qui pèsent sur la planète serait une grave erreur. Le réchauffement multiplie les menaces, poussant des populations à l’exode, transformant les écosystèmes, imposant une course effrénée à l’eau potable et aux ressources. »

2 minutes de lecture dans Le Temps
Richard Werly

« Les attentats du 13 novembre ont encore plus dramatisé la COP 21, la grande conférence sur le climat qui s’ouvre ce lundi. Oeuvre de terroristes fanatisés, dont les commanditaires de l’Etat islamique ont prospéré sur les lambeaux d’une Syrie et d’un Irak en charpies, ces tueries ont de nouveau démontré le niveau extrème d’insécurité auxquels nos démocraties doivent faire face. Or dissocier ces violences des périls climatiques et écologiques qui pèsent sur la planète serait une grave erreur, tant le réchauffement multiplie les menaces, poussant des populations à l’exode, transformant les écosystèmes, imposant une course effrénée à l’eau potable et aux ressources.

C’est au chevet de ce monde-là qu’un nombre record de Chefs d’Etat ou de gouvernement se retrouvent aujourd’hui à Paris. Et c’est dans l’espoir d’arracher enfin aux logiques politiques et économiques nationales un accord global contraignant, donc crédible, que des millions de manifestants ont défilé dimanche. La chaîne humaine pour le climat formée à Paris où les rassemblements sont limités pour cause d’Etat d’urgence, avait valeur d’exemple, comme les milliers de chaussures posées Place de République, lieu d’hommage aux victimes. Ignorer cet engagement contre le réchauffement porté haut par les pays européens, Suisse inclue, serait dès lors une faute qui reviendrait à condamner au pire les générations futures.

Cette faute, en plus, peut aujourd’hui être évitée. Les signataires du protocole de Kyoto, en 1997, ne représentaient que 15% des émissions de gaz à effet de serre. La COP 15 de Copenhague en décembre 2009, s’était heurtée à une digue de refus, faute de visibilité sur les solutions et les financements. Changement radical aujourd’hui. Plus de 180 pays se sont engagés à réduire leurs émissions. La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre mais surtout géant économique menacé d’étouffement, a compris que le carbone obscurcit son avenir. Le secteur privé est prêt à consentir les investissements requis contre des normes à long terme. Tandis que les Etats-Unis, même prisonniers d’un camp républicain climato-sceptique, sont eux aussi prêts à un accord.

Un succès de la COP 21, dans cette mondialisation toujours plus happée par la violence, est envisageable. L’obtenir, même à l’arraché, serait la meilleure des réponses apportée à la peur qui, depuis deux semaines, tétanise Paris. »

Piketti. Les pollueurs du monde doivent payer

Après les attaques terroristes, il y a malheureusement de gros risques que les dirigeants français et occidentaux aient la tête ailleurs, et ne fassent pas les efforts nécessaires pour que la conférence de Paris sur le climat soit un succès. Ce serait dramatique pour la planète. D’abord, parce qu’il est plus que temps que les pays riches prennent la mesure de leurs responsabilités historiques face au réchauffement et aux dégâts qu’ils ont dores et déjà causés aux pays pauvres. Ensuite, car les tensions à venir sur le climat et l’énergie sont lourdes de menaces pour la paix mondiale. Ce n’est pas en laissant les terroristes imposer leur agenda que l’on prépare l’avenir.
Quel est l’état de la discussion? Si l’on s’en tient aux objectifs de réduction des émissions présentés par les Etats, le compte n’y est pas. Nous sommes sur une trajectoire menant à un réchauffement supérieur à trois degrés, et peut-être d’avantage, avec à la clé des conséquences potentiellement cataclysmiques, en particulier en Afrique et en Asie du Sud et du Sud-Est. Même dans le cas de figure d’un accord ambitieux sur les mesures d’atténuation des émissions, il est déjà certain que la montée des eaux et des températures causera des dégâts considérables dans nombre de ces pays. On estime qu’il faudrait mobiliser un fonds mondial de l’ordre de 150 milliards d’euros par an pour financer les investissements minimaux nécessaires pour s’adapter au changement climatique (digues, relocalisations d’habitations et d’activités, etc.). Si les pays riches ne sont pas capables de réunir une telle somme (à peine 0,2% du PIB mondial), alors il est illusoire de chercher à convaincre les pays pauvres et émergents de faire des efforts supplémentaires pour réduire leurs émissions futures. Or pour l’instant les sommes promises pour l’adaptation sont inférieures à 10 milliards. C’est d’autant plus affligeant qu’il ne s’agit pas d’une aide: il s’agit simplement de réparer une partie des dégâts que nous avons infligés dans le passé, et que l’on inflige encore.
Ce dernier point est important, car l’on entend souvent dire, en Europe et aux Etats-Unis, que la Chine est devenu le premier pollueur mondial, et que c’est maintenant le tour des chinois et des autres pays émergents de faire des efforts. Continuer la lecture de Piketti. Les pollueurs du monde doivent payer

Kurt Schwitters. Merz, Merzbau, Ursonate

Trouvé sur le site de radio panik, cet article KURT SCHWITTERS LES ANNÉES 30 AVEC MERZ, MERZBAU ET LE POÈME URSONATE, annonçant la diffusion d’une émission du 26 novembre 2013. Ce texte relie le Merzbau à l’ürsonate, deux moments d’un même mouvement de sappe des canons esthétiques bauhaussiens (FFF) pour l’art, l’architecture, le design graphique, mené par le duo d’artistes Schwitters-Hausmann et Van Doesburg. Le Merzbau a disparu, la sonate existe, par sa partition typographiée par Jan Tschichold*, formellement bauhaussienne pour le coup, et par l’enregistrement originel de son exécution par Schwitters lui-même:

Version longue


Version courte

Le texte de l’article cité ci-dessus :

« Dada, en Allemagne, est très engagé politiquement, en tous cas beaucoup plus qu’à Zurich. Schwitters ne fut pas admis au Club Dada Hanovre car son travail n’avait pas suffisamment de « portée politique ». Il fait sa révolution esthétique en inventant le mot Merz. Lors d’une de ses collectes, au hasard de ses déambulations urbaines, il trouve un imprimé : Kommerz und Privat Bank, le découpe et ne garde que Merz qu’il déclinera. UnMerzbild est un tableau Merz, des Merzzeichnungen : des dessins Merz… Le Merzbau, quant à lui, est une sculpture protéïforme, une accumulation où se cachent des niches individuelles consacrées à ses amis artistes. Cette colonne de débris et de formes rigoureuses s’élève jusqu’au plafond.

Def-Merzbau
Le Merzbau, 1924-1937. (reconstruction).Le premier Merzbau fait 3,5 x 2 x 1 m, constitué d’une colonne qui traverse les deux étages de l’immeuble. Dans les descriptions fournies par Schwitters, cette partie de l’édifice est nommée « cathédrale de la misère érotique ». Marc Dachy, disparu en octobre 2015, avait publié en février, La Cathédrale de la misère érotique, Sens & Tonka. 4ème de couverture : Kurt Schwitters, oscillant entre constructivisme et Dada, est « le » grand artiste de l’avant-garde allemande. De 1922 à 1937, il construit, dans son immeuble à Hanovre, une « colonne » appelée Cathédrale de la misère érotique ou Merzbau (construction merz), oeuvre-phare à l’architecture stupéfiante, exceptionnelle, unique dans l’histoire de l’art, qui invite à entrer dans l’intelligence des conceptions singulières du génie enjoué de l’artiste (collages, peintures, assemblages, poèmes, typographies).

«L’ÜrSonate, composée par Schwitters entre 1921 et 1932, est l’aboutissement du Merzbau, qui est une parodie du Bauhaus. L’UrSonate, ou Sonate in Urlauten (sonate en sons primitifs), constitue le 24ème et dernier numéro de la revue Merz, qui paraît de 1923 à 1932, peu avant la victoire nazie. Elle est née de la rencontre de Kurt Schwitters et de Raoul Hausmann, l’inventeur du Merzbau (une parodie ironique du Bauhaus de Weimar), lui-même né de la rencontre de Schwitters avec Théo Van Doesburg. Cette sonate peut être regardée comme une amplification et une réduction des procédés typographiques haussmanniens. Schwitters se dégage de la typographie pour la remplacer par un rythme, des propriétés verbales, vocales ou visuelles. Le point de départ est le poème-affiche « fmsbwtözaü!pggiv… » de Raoul Hausmann (1918). »»

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le poème-affiche fmsbwtözaü!pggiv… de Raoul Hausmann

* l’Ursonate de Kurt Schwitters, publié dans la revue Merz n°24, de Schwitters, reproduit fidèlement p. 194 – 223 in Merz. Écrits / Kurt Schwitters par Marc Dachy. éditions Gérard Lebovici (Champ libre), Paris, 408 pages, 1990.

La Ursonate a été composée entre 1922 et 1932. La mise en page, est de Jan Tschichold. S’agissant d’une partition de texte chanté, Schwitters s’adresse ainsi au lecteur (pp.189-193, Merz) éditions Gérard Lebovici) :
Explication des signes
«(…) Dans un rythme libre, les paragraphes et la ponctuation sont utilisés comme dans la langue, pour un rythme rigoureux, les barres de mesure ou les indications de mesure apparaissent par la division proportionnée en sections spatiales égales de l’espace typographique, mais pas de ponctuation. Donc,.;!?: ne sont lus que pour la tonalité.
Naturellement, l’utilisation courante des lettres de l’ancien alphabet romain ne peut donner qu’une indication très incomplète de la Sonate parlée. Comme pour toute partition, de nombreuses interprétations en sont possibles.»
«Tschichold utilise des tirets et filets ainsi que de la police Futura. Au niveau des filets, Tschichold se sert d’un contraste entre filets fins et épais, le filet épais isolant les indications relatives à la mesure des temps et se répétant à chaque page, et des filets fins, moins violents, servant à indiquer le passage d’un mouvement à un autre. Un troisième type de filet, encore plus léger, est constitué de successions de petits points, indiquant les changements de temps. Mais surtout, il se sert d’une opposition entre deux types de polices (à empattements et bâtons), le premier destiné au texte à déclamer, et la seconde, en l’occurrence la police Futura, servant pour toutes les sortes d’indications.»

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Une page de la partition


La MerzBarn

Après 1937, il quitte l’Allemagne pour la Norvège et s’installe à Lysaker, près d’Oslo. En Allemagne, ses œuvres sont retirées des musées et quatre d’entre elles figurent dans l’exposition de l’Art dégénéré à Munich. En 1940, l’invasion de la Norvège par les nazis le contraint à se réfugier en Angleterre où, après notamment un séjour dans un camp sur l’île de Man, il s’installe en 1945 à Ambleside dans le Westmoreland où il entreprend un nouveau projet dans l’esprit du Merzbau, le Merzbarn (grange Merz).

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The Merz barn building still stands much as Schwitters left it in 1948. Located in a remote woodland in the heart of the Langdale valley in Cumbria, NW England it serves as a symbolic connection and poignant memorial to the spirit and tenacity of the artist who worked there. In 2006, with a major funding award from the Northern Rock Foundation, the LITTORAL Arts Trust was able to acquire the Merz Barn and to preserve it in acknowledgement of Kurt Schwitters’ extraordinary artistic legacy and international reputation. The Trust is now working with a team of international art experts to undertake a complete documentation and restoration of the Merz Barn, including the management of the associated Cylinders estate and woodlands.

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Outside the shippon at Elterwater; c.1947; l. to r. Gwyneth Davies, Wantee (Edith Thomas), Jack Cook, Schwitters, Harry Pierce, and Hilde Goldschmidt.

Deux artistes Laure Prouvost (Turner Price 2014) et Adam Chodzko, ont travaillé sur l’exposition Schwitters in Britain, avec Alternative eating du Grizedale Arts. On y découvre la Merz Barn.
http://www.grizedale.org/projects/schwitters-in-britain.1
http://www.tate.org.uk/whats-on/tate-britain/music-and-live-performance/adam-chodzko-ooze
http://www.littoral.org.uk/merzbarn.html

Long article circonstancié de l’épisode anglais final de la vie et de l’œuvre de Schwitters, publié au moment de l’exposition Schwitters in Britain, 2013
http://www.theguardian.com/artanddesign/2013/jan/06/kurt-schwitters-modernist-master-exile

Biographie 1887-1940
http://www.schwitters-stiftung.de/english/bio-ks.html

Biographie de 1940 à 1948
http://www.schwitters-stiftung.de/english/bio-ks3.html

Jean-Jacques Rousseau. Une promenade à la porte de sa maison

«Que fera donc l’homme de goût qui vit pour vivre, qui sait jouir de lui-même, qui cherche les plaisirs vrais et simples, et qui veut se faire une promenade à la porte de sa maison ? Il la fera si commode et si agréable qu’il s’y puisse plaire à toutes les heures de la journée, et pourtant si simple et si naturelle qu’il semble n’avoir rien fait. Il rassemblera l’eau, la verdure, l’ombre et la fraîcheur, car la nature aussi rassemble toutes ces choses.» La Nouvelle Héloïse «même la pluie et le froid prennent une valeur positive — Tim Ingold parle de «wayfaring» «in the weather world»». Karen O’Rourke. Retour de workshop de Jeremy Wood, pape de la  GPS-promenade, parc de la Villette, avec Andrea, Karin, Sabrina et Julien, fin du colloque La Fin des cartes. « Je ne connaissais presque rien à la nature. Pourtant, je savais qu’on respirait mieux dans la nature et je me disais je devrais y aller. Mais je ne savais pas où. » Chantal Akerman, Ma mère rit, p. 45