« Dissocier ces violences des périls climatiques et écologiques qui pèsent sur la planète serait une grave erreur. Le réchauffement multiplie les menaces, poussant des populations à l’exode, transformant les écosystèmes, imposant une course effrénée à l’eau potable et aux ressources. »
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Richard Werly
« Les attentats du 13 novembre ont encore plus dramatisé la COP 21, la grande conférence sur le climat qui s’ouvre ce lundi. Oeuvre de terroristes fanatisés, dont les commanditaires de l’Etat islamique ont prospéré sur les lambeaux d’une Syrie et d’un Irak en charpies, ces tueries ont de nouveau démontré le niveau extrème d’insécurité auxquels nos démocraties doivent faire face. Or dissocier ces violences des périls climatiques et écologiques qui pèsent sur la planète serait une grave erreur, tant le réchauffement multiplie les menaces, poussant des populations à l’exode, transformant les écosystèmes, imposant une course effrénée à l’eau potable et aux ressources.
C’est au chevet de ce monde-là qu’un nombre record de Chefs d’Etat ou de gouvernement se retrouvent aujourd’hui à Paris. Et c’est dans l’espoir d’arracher enfin aux logiques politiques et économiques nationales un accord global contraignant, donc crédible, que des millions de manifestants ont défilé dimanche. La chaîne humaine pour le climat formée à Paris où les rassemblements sont limités pour cause d’Etat d’urgence, avait valeur d’exemple, comme les milliers de chaussures posées Place de République, lieu d’hommage aux victimes. Ignorer cet engagement contre le réchauffement porté haut par les pays européens, Suisse inclue, serait dès lors une faute qui reviendrait à condamner au pire les générations futures.
Cette faute, en plus, peut aujourd’hui être évitée. Les signataires du protocole de Kyoto, en 1997, ne représentaient que 15% des émissions de gaz à effet de serre. La COP 15 de Copenhague en décembre 2009, s’était heurtée à une digue de refus, faute de visibilité sur les solutions et les financements. Changement radical aujourd’hui. Plus de 180 pays se sont engagés à réduire leurs émissions. La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre mais surtout géant économique menacé d’étouffement, a compris que le carbone obscurcit son avenir. Le secteur privé est prêt à consentir les investissements requis contre des normes à long terme. Tandis que les Etats-Unis, même prisonniers d’un camp républicain climato-sceptique, sont eux aussi prêts à un accord.
Un succès de la COP 21, dans cette mondialisation toujours plus happée par la violence, est envisageable. L’obtenir, même à l’arraché, serait la meilleure des réponses apportée à la peur qui, depuis deux semaines, tétanise Paris. »