Le Bassin du jardin des Tuileries et le bord de Seine en crue, juin 2016. Photos J. Gonzo
Catégorie : Green Attitude
A Alep, tous les habitants se sont mis à l’agriculture
Libération a choisi de donner régulièrement la parole aux habitants de la ville syrienne. Ils racontent leur quotidien dans un pays enlisé dans une guerre sans fin. Aujourd’hui, Brita Haji Hassan, ingénieur, président élu du Conseil local d’Alep-est (l’équivalent du conseil municipal), de passage en France. «Dès que le risque d’un encerclement des quartiers d’Alep-Est a commencé à se profiler au début de cette année, le Conseil local a commencé à mettre en place le projet de planter des potagers dans les petites surfaces. Des ingénieurs agronomes d’Alep, soutenus notamment par une ONG allemande ont commencé à distribuer des graines aux habitants et à les former à leur culture. «Chaque espace possible dans les jardins publics, les cours et les balcons des maisons a été semé. Des petites serres sous plastique ont été aménagées dans certains coins de la ville. Quelques semaines plus tard, des tomates, des aubergines, des haricots verts, des pommes de terre, des courgettes, etc. ont poussé partout. «D’abord sceptiques, les habitants d’Alep, traditionnellement artisans et commerçants, ont fini par se mettre à l’agriculture. Ils ont été convaincus de l’intérêt de l’opération quand ils ont vu les premiers résultats concrets. Les mères de famille ont notamment été très motivées et se sont impliquées dans les travaux de jardinage quotidiens. «Depuis que le siège est devenu total il y a deux mois et que pas un produit ne peut arriver dans Alep-Est, beaucoup de familles réalisent combien l’initiative est précieuse. Même si ces productions sont loin de satisfaire les besoins de tous les habitants, pouvoir faire une salade ou ajouter quelques légumes verts dans le riz ou les pâtes en ces jours de pénurie totale est très appréciable.»
lien> https://theconversation.com/a-alep-un-patrimoine-scientifique-dans-la-tourmente-67278
Un appui approximatif
Un vieil escalier est fondé sur un appui approximatif. L’appui également vieux comme l’escalier. Le pilier en pierre devenu fin, érodé au fil du temps, fissuré, a perdu une partie de lui-même. On ne sait pas s’il est fragilisé du point de vue de la sécurité ou si cela ne peut pas changer sa puissance. Les choses qui nous sont présentées sont souvent comme un appui fissuré. Ce que nous voyons, nous sentons, nous écoutons et nous vivons n’est pas plus qu’une partie ou qu’un aspect de l’entité des choses. Toutefois, nous ne pouvons pas chercher à avoir un appui « parfait » pour le remplacer successivement et immédiatement. Accepter la situation telle quelle et pouvoir marcher sur ce pilier me paraissent importants.
Photographie ratée
Une image que je considère toujours comme ma meilleure photographie prise lors d’un voyage en train de Frankfort à Paris, revient parfois à mon esprit en regardant la gradation des couleurs du crépuscule. À vrai dire, c’était à l’aube. Une image absolument bien composée avec le ciel flou, les arbres de loin, les champs mêlés avec l’air, le paysage dans le brouillard. Il m’arrive quelques fois de faire allusion à ce paysage inoubliable et j’essaie de photographier ce que je vois sous mes yeux sans n’avoir plus jamais le résultat souhaité. Le paysage qui nous marque ne nécessite pas d’être enregistré ni reproduit. Notre mémoire réalise toujours une meilleure présentation irréprochable. Voici une des images que j’ai faites en pensant à ma photographie préférée, par conséquent ratée.
Colloque Michel Deguy, sous les toits végétalisés de Le Corbusier
- C’est au couvent de la Tourette que s’est tenu le colloque : La poétique de Michel Deguy – Poésie, philosophie, écologie.
Télécharger le texte de présentation du colloque
Avec Michel Deguy et Jean-Luc Nancy, des philosophes et des littéraires y explorèrent la manière deguyenne d’habiter éthiquement et poétiquement (« poéthiquement ») le monde. On n’a pas vraiment parlé de ce qu’était l’écologie radicale. Son dernier livre était là, La vie subite : page 34, le poème Écologique reprend le topos écologique qu’est le poème de Rimbaud «— Elle est perdue… / — Quoi ? — La terre. / C’est la mer mêlée avec le soleil / Comment la retrouver ? / — Quoi ? / — La terre. / C’est l’immensité / où le fini se jette à l’embouchure de l’infini »… Il y fut aussi énoncé le terme «déterrestration»* qui nous a fait regretter la «déterritorialisation», réchauffement climatique oblige.
La toute dernière minute de l’intervention de Jean-Luc Nancy : La parousie-Michel Deguy.
De la difficulté de définir la parousie :«Y a-t-il une révélation possible, une parousie, sans perte ni reste, de ce qui est à penser? Ou bien ne faut-il pas, pour qu’une « présentation » en général, une « apparition » puisse avoir lieu, que ce qui doit se « présenter » ne se présente pas lui-même, n’apparaisse pas comme lui-même (c’est-à-dire, en toute rigueur, ne se présente pas), mais se différencie, s’aliène, s’extériorise, s’extasie, se donne (à « voir » et à penser, à théoriser) et, se donnant, se perde? La nécessité de la manifestation n’entraîne-t-elle pas la nécessité de la perte?» Philippe Lacoue-Labarthe.
2. Le Couvent de la Tourette, Eveux-sur-l’Arbresles, près de Lyon est l’une des dernières réalisations de Le Corbusier avec Xenakis. Les toits végétalisés « à tous les étages » offrent libre cours à la biodiversité, et les frères dominicains qui occupent le couvent ne jardinent pas. «La toiture du couvent lui-même, comme celle de l’église, est recouverte d’une mince couche de terre laissée à l’initiative du vent, des oiseaux, et autres transporteurs de graines assurant une protection étanche et isotherme. Les toitures de la petite maison du lac Léman, et l’immeuble 24 rue Nungesser et Coli à Paris, et de diverses constructions aux Indes sont ainsi faites.» Une sorte de «reterrestration»* minimale architecturale.*


*«Michel Leiris écrivit : « le but assigné à la poésie / : restituer au moyen des mots certains états intenses, concrètement éprouvés. » Pas pour moi —même si cette définition est assumée par un grand nombre d’écrivains du XXIe siècle— et par des linguistes éminents, tel Benveniste, tentant de circonscrire théoriquement un « langage poétique » spécifique en rapport avec la subjectivité émotive. Je vais dans l’autre direction : il s’agit de faire écouter-voir, à beaucoup, « la beauté du monde » qu’il y a; et plus rigoureusement, l’attachement à la relation du monde et de la terre en langage des langues, dans ce temps de mutation que la déterrestration et l’extraterrestration accaparent. Faire un tour de Babel, dans son état inquiétant.» p.147, Michel Deguy, La vie subite, « Poétique », Galilée, 2016
Bestioles et LOVE

Cover de la tape de Diggi Dysberg telle qu’annoncée par lui sur Facebook: « Je suis présent sur la sorte de « Tape » #Bestioles avec mes vieux potos Ryu MC, Croco Mort & Davy!! Voilà des MC’s réunis sur une espèce de Mini compile qui va être assez #Zinzin… Y’a des fourbes comme ПИРАТ НИТРО dans l’affaire, les reuftons Félix Marcy & Arthur Tehar Marcy, Des beats de Mikhaël Opï Nine & de Trigga Trigga Man,Le #Goblin qu’on nomme Johnny Gonzo pour les visuels, Le MARVYLLAIN à la console, et moi même à la A&R!! ÇA VA ÊTRE STRRRRANGE 😀 déjà disponible ». Lettrines végétalisées attaquées de toutes parts, grouillantes et terriblement vivaces mais impeccablement lisibles.
LOVE, du même artiste, mais en mode graffiti art de lettrines à taille humaine, si humaine, dont le contour comme la graisse subissent le même maelström interne sans affecter la lisibilité typographique voire en la décuplant.

…à 2mn 16 s. de la fin de la vidéo, on aperçoit, au sol, le modèle imprimé sur un feuillet A4.
Dernière ipomée from Paris, sur fond de montagne (Le Néron?) à Saint-Égrève
Du jardin de Saint-Égrève
Paysage agro-alimentaire pour un clip culte
… terriblement figures masculines dans des champs de céréales en mode cinématographique all over à la manière de Van Gogh. Pour son noir et blanc poudré sans mièvrerie. Never let me down again figure dans Music for the Masses, sixième album de Depeche Mode, sorti en 1987.
Depeche mode – Never let me down from Zombi Politico on Vimeo.
Jardin des ailantes dans le Jardin des migrations au Mucem


Le jardin des ailantes en préfiguration, dans le Jardin des migrations, (12 000 m2) installé dans les espaces extérieurs du Fort Saint-Jean dans lequel s’inscrit le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille.
L’ailante : «On le nomme parfois « arbre de paradis » ou « arbre du soleil » et enfin « monte-aux-cieux », non par sa hauteur —il ne dépasse pas trente mètres— mais pour l’élan qui le caractérise: une tension toute en tronc, un fût svelte et souple, achevé par un feuillage d’estampe, désignant le ciel.» Gilles Clément.
«Mais que vient faire l’ailante, ce faux vernis du Japon, monte aux cieux ou bois puant, dans l’histoire des plantes méditerranéennes? Originaire d’Extrême Orient, il a été semble-t-il introduit en France, au milieu du 18e siècle. Planté comme arbre d’agrément le long des rues, sa capacité de propagation en fait vite une espèce commune, voire encombrante. C’est avec le déclin du vers à soie du mûrier à partir de 1843, que l’intérêt de l’ailante est ravivé. En 1857, est introduit d’Inde le vers à soie de l’ailante, réputé en Chine pour donner une matière textile renommée l’ailantine. Le succès est vif. En 1861 on compte 2000 propriétaires adeptes de ce nouveau type de sériculture. Mais ce fut un échec, car les chenilles furent consommées par les oiseaux et autres prédateurs et la culture de l’ailante fut rapidement interrompue avec la naissance des textiles synthétiques. Voici la triste histoire d’une espèce exotique devenue mal aimée, voire considérée comme indésirable.» [Texte du panneau]. Continuer la lecture de Jardin des ailantes dans le Jardin des migrations au Mucem






