« Troupes aventureuses, dans leur marche confuse et désolée,
Frémissantes, et pâles d’horreur, yeux hagards,
Mesurant pour la première fois leur triste sort,
Sans trouver le repos; par maintes Vallées ténébreuses
Et lugubres, maintes Régions douloureuses,
Alpes de Glace, et maintes Alpes de Feu,
Rocs, Grottes, Lacs, Marais, Palus, Antres et ombres de mort,
Univers de mort, que Dieu a maudit,
A créé pour le mal, pour le seul bien du mal,
Où meurt toute vie, où vit la mort, où perverse
La nature engendre des choses monstrueuses, des prodiges,
Abominables, indescriptibles, et pires
Que ce que les Fables ont imaginé, ou la peur inventé,
Gorgones, Hydres, et Chimères hideuses. »
« In confus’d march forlorn, th’ adventrous Bands
With shuddering horror pale, and eyes agast
View’d first thir lamentable lot, and found
No rest : through many a dark and drearie Vaile
They pass’d, and many a Region dolorous,
O’re many a Frozen, many a Fierie Alpe,
Rocks, Caves, Lakes, Fens, Bogs, Dens, and shades of death,
A Universe of Death, which God by curse
Created evil, for evil only good,
Where all life dies, death lives, and nature breeds,
Perverse, all monstrous, all prodigious things,
Abominable, inutterable, and worse
Then Fables yet have feign’d, or fear conceiv’d,
Gorgons and Hydra’s, and Chimera’s dire. »
Le Paradis perdu, Livre 2