Pierre Puvis de Chavannes, Inter artes et naturam

http://www.metmuseum.org/art/collection/search/437346
Inter artes et naturam de Pierre Puvis de Chavannes, 1890-95, huile sur toile, 40,3 x 113,7 cm. « Puvis a fait cette réplique à petite échelle d’après le panneau central d’un triptyque qu’il a peint pour le Musée des Beaux-Arts de Rouen en 1888-90. Le projet s’inspire de la collection d’antiquités du musée et de la céramique et de la poterie produites localement. Ici, les hommes exhument des fragments architecturaux classiques et les femmes décorent la faïence sur la colline de Bonsecours, une banlieue de Rouen. Une vue panoramique sur la ville et la Seine se déploient au loin. L’exposition de ces copies a contribué à attirer l’attention sur les nombreuses commandes de fresques murales de Puvis pour les bâtiments publics en France; Celui-ci a été montré pour la première fois à Pittsburgh en 1898. » A voir au Metropolitan Museum of Art, New-York et en version originale fresque, dans l’escalier d’honneur du Musée des Beaux-Arts de Rouen. Richard Wattenmaker, dans son article « De l’influence de Puvis de Chavannes sur Vincent Van Gogh à la fin de sa vie » reprend des fragments de lettres de Vincent à son frère et sa sœur. Début juin 1890, après avoir vu le tableau Inter artes et naturam, Vincent le décrit dans une lettre: « Les personnages sont vêtus de couleurs claires, et on ne sait pas si c’est des costumes de maintenant ou des vêtements de l’antiquité. Deux femmes, toujours en longues robes simples, causent d’un côté, des hommes qui ont l’air d’artistes, de l’autre; au centre une femme, son enfant sur son bras, cueille une fleur [une pomme] sur un pommier fleuri. Une figure sera bleu myosotis, une autres citron clair, une autre rose tendre, une autre blanche, une autre violette. Le terrain, une prairie piquée de fleurettes blanches et jaunes. Des lointains bleus avec une ville blanche et un fleuve. Toute l’humanité, toute la nature simplifiée, mais comme elles pourraient être si elles ne sont pas comme cela. Cette description ne dit rien —mais en voyant le tableau, en le regardant longtemps, on croirait assister à une renaissance, totale mais bienveillante, de toutes les choses auxquelles on aurait cru qu’on aurait désiré, une rencontre étrange et heureuse des antiquités fort lointaines avec la modernité crueLe 20 juillet, il écrit : « «Je crois qu’il est possible qu’une génération future sera —et continuera d’être— préoccupée par les recherches intéressantes sur le sujet des couleurs et sur le sentiment moderne, et que ces recherches seront dans les lignes de Delacroix, de Puvis de Chavannes et auront autant de valeur qu’elles— et que l’impressionnisme en sera la source. Je commence à sentir de plus en plus que l’on peut considérer Puvis de Chavannes comme ayant autant d’importance que Delacroix, qu’il équivaut enfin aux gens dont le style constitue un jusqu’ici et pas plus loin, à tout jamais consolant.»