Bruno Latour. Face à Gaïa


Latour dit : « Ne plus être dans la nature mais face à Gaïa, [pas la terre mais cette étroite pellicule de] quelques kilomètres en l’air, quelques kilomètres en bas :  Vous êtes  central dans cette pellicule. » Le livre de Bruno Latour Face à Gaïahttp://www.bruno-latour.fr/fr/node/634. La 4e de couverture du livre dit: « James Lovelock n’a pas eu de chance avec l’hypothèse Gaïa. En nommant par ce vieux mythe grec le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu’il parlait d’un organisme unique, d’un thermostat géant, voire d’une Providence divine. Rien n’était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n’est pas le Globe, n’est pas la Terre-Mère, n’est pas une déesse païenne, mais elle n’est pas non plus la Nature, telle qu’on l’imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine [le paysage]. La Nature constituait l’arrière-plan de nos actions. Or, à cause des effets imprévus de l’histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l’arrière-plan et monte sur scène. L’air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C’est l’époque de l’Anthropocène. Avec le risque d’une guerre de tous contre tous. L’ancienne Nature disparaît et laisse la place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Cet être, loin d’être stable et rassurant, semble constitué d’un ensemble de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement [la nature-paysage contrôlée par l’homme est devenue paradoxalement nature incontrôlable auto-destructrice de notre fragile pellicule air+terre, comme il est dit plus haut, et il devient impératif de la faire redevenir par notre action sur ou avec elle, paysage-nature vivable mais autre*]. Gaïa est le nom qui lui convient le mieux. En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie et même une théologie. » *Décisions de la COP21 fin novembre 2015. Un premier lancement en janvier 2015 à Sciences Po : http://lantb.net/figure/?p=496. AutreLien > http://lantb.net/figure/?p=510