Colette Soler. Hétéronomie et coalescence du langage

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/sommes-nous-tous-fous-44-quest-ce-la-psychose Il en est question vers la fin de l’entretien… Colette Soler entre François Roustang et Marcel Proust-Gilles Deleuze… Intéressant

Colette Soler, philosophe et docteur en psychologie, elle a fait toute sa formation avec Jacques Lacan avant de choisir d’exercer la psychanalyse et de l’enseigner à Paris et dans divers pays du monde. En 1998, elle a été à l’origine du mouvement des Forums du Champ lacanien puis de son Ecole internationale de Psychanalyse dans laquelle elle travaille maintenant. Autres entretiens sur France Culture, https://www.franceculture.fr/personne-colette-soler.html


Forum du Champ Lacanien du Liban – EPFCL 3 370 vues. Le séminaire clinique à Beyrouth invite Colette Soler à parler de « La Parole et le Corps », le dimanche 26 juin 2016 au Mövenpick Hotel – Beirut, de 8h 30 à 12h. C’est la deuxième conférence de lancement à partir du Mövenpick de Beyrouth du futur Forum du Champ Lacanien du Liban. Assez extraordinaire, cette assemblée de femmes.

François Roustang. La perceptude

François Roustang. La perceptude. La perceptude est un mode de perception premier que l’hypnose met en lumière. « L’état d’hypnose tel que je le comprends, ne serait rien d’autre que la perceptude. Elle est à la fois ce qui est toujours présent à nos vies et toujours supposé pour que nous puissions appréhender quelque chose du monde environnant. C’est ce que disent à leur manière les praticiens de l’hypnose : il existe une hypnose quotidienne qu’il n’est nul besoin de nommer hypnose, car le moindre geste, celui de la marche, de la lecture ou de l’écriture, pour être accompli avec aisance, suppose l’absorption et l’oubli. Et d’autre part tout humain est hypnotisable, c’est à dire qu’il peut avoir accès au fondement, il peut se rendre d’où il vient. La perceptude est là en effet sous-jacente à toute perception, mais par ailleurs les hypnotiseurs prétendent la faire passer au premier plan et en proposent l’expérience. Donc la mettre à la lumière du jour, alors qu ‘elle agit dans la lumière de la nuit. En d’autres termes, l’état hypnotique est partout et il s’agirait de le faire apparaître quelque part. Etrange procédure parce qu’elle aboutirait alors à l’apparition d’un fond sans la figure ou d’un contexte qui aurait perdu son texte.» François Roustang, Il suffit d’un geste, Editions Odile Jacob poches On trouve le nom de François Roustang dans le groupe de praticiens et de chercheurs de l’Association Française pour l’étude de l’Hypnose Médicale : http://www.hypnose-medicale.com/afehm.html. Mais bien que médicale, «c’est 110 euros la séance, sans remboursement» m’est-il dit au téléphone… Finalement, à lire Qu’est-ce que l’hypnose de Roustang, on prend un peu la trouille, l’hypnose apparaît comme une chose brutale et effrayante, comme la psychanalyse, mais peut-être que, bien esthétisées, à la manière du Mabuse Le joueur de Fritz Lang, (ci-dessous), des séances d’hypnose entre ami(e)s —ceux (celles) qui en ont besoin et ceux (celles) qui participent par solidarité d’amitié— pourraient se jouer comme des performances artistiques quasi psychadéliques. Regarder, seule, un film-sur sa-télé perso peut favoriser un type d’auto-hypnose soft, bénéfique… mais il faut bien choisir le film comme Finding Forrester de Gus van Sant ou Maurice de James Ivory, —qui recèle une séance d’hypnose—.

Alain Ehrenberg. La santé mentale est une question sociale

Interview d’Alain Ehrenberg : «La santé mentale est une question sociale», par Eric Favereau — Libération
Alain Ehrenberg, directeur de recherches au CNRS, est l’auteur de la Fatigue d’être soi, où il retraçait l’histoire de la dépression, qu’il définissait en une «pathologie du changement». Il a publié la Société du malaise (Odile Jacob, 2010), où il analyse le lien entre malheur individuel et société. Le sociologue vient d’être nommé à la tête du tout nouveau Conseil national de la santé mentale, instauré par la ministre Marisol Touraine. Cette instance, au rôle consultatif, a notamment pour mission d’éclairer les choix de l’Etat et de sa politique de santé mentale – sur des sujets aussi divers que la psychose ou le «bien-être» des Français.

Eric Favereau : Dépression, souffrance au travail… L’Etat a-t-il quelque chose à dire sur notre santé mentale ?
Alain Ehrenberg : Il faut préciser ce dont on parle quand on parle de «pathologie mentale». On peut les définir, à la suite du Dr Henri Ey, un des maîtres de la psychiatrie française de l’après-guerre, comme des pathologies des idées et de la relation, qui invalident de multiples manières la liberté du sujet atteint. Cela implique qu’elles relèvent, certes, de la santé, mais également, et tout autant, de la socialité de l’homme. La maladie, dans un sens médical, et le mal moral s’y intriquent inexorablement. Or, la situation de ces pathologies s’est profondément modifiée depuis un demi-siècle sous le coup d’une double dynamique : le virage de la prise en charge vers l’ambulatoire et l’élargissement considérable du spectre des pathologies. Les problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des problèmes spécialisés de psychiatrie et de psychologie clinique. Nombre d’entre eux sont devenus aujourd’hui des questions sociales, tandis qu’un nombre sans cesse croissant de questions sociales sont appréhendées au prisme des catégories et entités psychopathologiques. Pensez à la souffrance au travail ou aux troubles de l’hyperactivité et de l’attention chez l’enfant. Ces pathologies étaient des raisons de se faire soigner, elles sont désormais des raisons d’agir sur des relations sociales perturbées. Plus encore, ces entités sont devenues matières à débats à la fois moraux et politiques sur la valeur de nos relations sociales : c’est le thème du malaise dans la société. Cette nouvelle situation de la souffrance psychique dans nos sociétés doit être placée dans une perspective sociologique globale. Continuer la lecture de Alain Ehrenberg. La santé mentale est une question sociale

François Roustang. La figure même de l’hypnothérapeute

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Philosophe et théologien, François Roustang est décédé dans la nuit du 22 au 23 novembre, à l’âge de 93 ans. Dans Le Monde | 28.11.2016 à 18h50 | Bel hommage par Elisabeth Roudinesco : […] Né le 23 avril 1923, il entre, à l’âge de 20 ans, dans la Compagnie de Jésus tout en poursuivant des études de philosophie et de théologie. A partir de 1956, il fait partie de la revue Christus, dont il devient le directeur en 1964. En même temps, il se tourne vers la psychanalyse et devient, avec ses amis Louis Beirnaert et Michel de Certeau, membre de l’Ecole freudienne de Paris (EFP), fondée par Jacques Lacan. C’est alors qu’il commence une première cure avec Serge Leclaire. En 1966, il fait paraître un article intitulé « Le troisième homme ». Il y démontre que le concile Vatican II a favorisé l’émergence de chrétiens qui ne pratiquent pas et ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la foi et des sacrements. L’article aura un retentissement important dans les milieux catholiques. Cette prise de position iconoclaste est la conséquence directe des transformations opérées par la cure sur les opinions de l’auteur, qui a lui-même perdu la foi. La Congrégation ne s’y trompe pas et démet Roustang de ses fonctions. Quelque temps plus tard, il rompt avec l’Eglise, quitte l’habit, se marie et devient psychanalyste en vouant à Freud et à Lacan une admiration sans bornes.
Trouble-fête. Mais, après avoir vécu son passage à la pratique psychanalytique comme une véritable libération, il constate avec fureur et amertume que l’EFP s’est transformée en une Eglise avec ses idolâtres et ses rituels convenus. Rien ne le révolte plus que les relations de servitude entre un maître et ses élèves. Et, pour tenter de comprendre pourquoi une doctrine aussi critique que la psychanalyse a pu se transformer en une nouvelle religion, il s’oriente vers une mise en cause radicale de ce qu’il avait tant aimé. De fait, il participe à un vaste mouvement de contestation qui traverse, à cette époque, tous les courants français de la psychanalyse. Emmené par René Major et soutenu par Jacques Derrida, ce mouvement, incarné par les cahiers Confrontation, se déploie joyeusement sur la scène psychanalytique parisienne. En 1976, Roustang publie un ouvrage qui deviendra le manifeste le plus flamboyant de cette nouvelle orientation antidogmatique : Un destin si funeste (Editions de Minuit). S’appuyant sur une lecture critique des relations de Freud avec certains de ses disciples (Carl Gustav Jung, Georg Groddeck, Sandor Ferenczi), il accuse la doctrine psychanalytique d’être l’arme d’une folie destinée à rendre l’autre fou. Et, du coup, il fait de la cure par la parole l’instrument d’une sorte de viol subjectif qui, sous couvert de renoncement à l’hypnose, ne fait que reconstruire la dialectique aliénante du maître et de l’élève. Fabuleux thérapeute. Magnifiquement écrit et d’une violence salvatrice, le livre obtient un succès considérable en renouvelant en partie la critique proposée quatre ans auparavant par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L’Anti-Œdipe (Editions de Minuit, 1972). En réalité, Roustang continue à rejeter une ancienne foi pour une nouvelle. Cependant, sous couvert de révolte permanente, il demeure un fabuleux thérapeute. Ayant abandonné la cure freudienne pour se tourner vers l’hypnothérapie, il reste le trouble-fête du milieu psychanalytique en refusant, à juste titre, les cures interminables qui ne servent, selon lui, qu’à enfermer le patient dans un repli narcissique. Depuis les années 1990, il n’a cessé de valoriser les thérapies brèves. Dans son dernier opus (Jamais contre, d’abord. La présence d’un corps, Odile Jacob, 2015), où sont réunis trois de ses ouvrages majeurs, il explique que la meilleure manière de transformer sa vie, c’est d’effectuer un « retour au présent », de s’asseoir confortablement dans un canapé pour y trouver un nouvel espace existentiel, de cesser de se lamenter sur son passé et, enfin, de ne rien faire d’autre que d’accepter sa souffrance pour mieux l’évacuer par un cheminement intérieur et un éveil au monde. Et ça marche ! Roustang fait preuve ici, une nouvelle fois, de son talent exceptionnel et d’un humour tendre et féroce. Tel est le testament de ce Socrate rebelle, grand guérisseur des maladies de l’âme. » François Roustang en 6 dates. 23 avril 1923 Naissance. 1943 Entre dans la Compagnie de Jésus. 1964 Directeur de la revue « Christus ». 1966 Exclu de la Compagnie de Jésus. 1976 « Un destin si funeste ». 2016. Mort.

Des liens vers le Vietnam, l’Italie, la République tchèque

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Vo Trong Nghia architects, Atlas Hotel, 30 Dao Duy Tu, Cam Pho, Hội An, Vietnam, http://www.designboom.com/architecture/vo-trong-nghia-atlas-hotel-hai-an-vietnam-11-21-2016/
Le site des architectes http://votrongnghia.com/

rocco-borromini-sv-house-italy-designboom-14
http://www.designboom.com/architecture/rocco-borromini-sv-house-italy-11-21-2016/

petr-stolin-architects-zen-houses-czech-republic-designboom-02
http://www.designboom.com/architecture/petr-stolin-architekt-zen-houses-czech-republic-11-22-2016
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Hans-Peter Feldmann. 2016, 2012, 2006, 2001

2016 Énième reprise éthérée et discrètement actualisée de pièces d’un artiste ultra exposé à la galerie des galeries. Le « beau » mur végétalisé de pacotille et de circonstance reconstitué dans la galerie des galeries, —à la différence de sa version 2012, image ci-dessous— entre en résonance, ironiquement et politiquement correctement avec les photos grand format de tranches de pain bio industriel sur un mur voisin à quelque distance : on les aperçoit sur les photos de l’exposition : http://www.galeriedesgaleries.com/frFR/exposition/i-57/hanspeterfeldmann.html

2012 Le même mur végétalisé kitsch versus deux portraits style Puces, sur murs de cimaises et sol-amorce en linoléum, volontairement misérabilistes.

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Exposition au BAWAG Contemporary Franz Josefs Kai 3, à Vienne

2006 Hans-Peter Feldmann, Liebe-Love, 2006  Verlag der Buchhandlung Walther König, 2006, 22 x 16,5 cm, 128 p., broché, couverture illustrée. Ce livre présente 128 photographies d’amateurs en noir et blanc.

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«Quand quelqu’un élabore des choses de son côté, d’une façon très égocentrique, très stupide, très simple, mais en même temps très honnête, très sincère, puis rend ce travail public et que d’autres personnes soudain reconnaissent leurs propres préoccupations dans ces choses faites par un autre, et qu’elles comprennent quelque chose ou ressentent quelque chose, là, et seulement là, il y a art.» Hans-Peter Feldmann, extrait d’un entretien avec Kasper König, Frieze, 91, mai 2005. Mais c’est comme une forme ambigüe d’Autobiographie de tout le monde (Gertrude Stein) qui met mal à l’aise, car le corpus appartient à la période de la guerre 1939-45 en Allemagne… en porte-à-faux voulu et désastreux avec l’esthétique typologique d’August Sander.
https://frieze.com/search/editorial?text_search=Hans%20Peter%20feldmann

http://www.florenceloewy.com/bookstore/hans-peter-feldmann/

Continuer la lecture de Hans-Peter Feldmann. 2016, 2012, 2006, 2001

Takuma Nakahira

Vu au Bal, dans l’expo Provoke, les photos de Nakahira, « classique-moderne » :  « Le photographe, théoricien et critique Takuma Nakahira (1938-2015) est, avec Koji Taki (1928-2011), responsable de l’armature discursive de Provoke. Diplômé en Études espagnoles, grand connaisseur des mouvements d’indépendance latino-américains, Nakahira devient responsable éditorial de la revue culturelle de gauche Gendai no me (l’Oeil contemporain) entre 1964 et 1965. En 1968, il est un des quatre fondateurs de Provoke. Nakahira ne considère pas la photographie comme le moyen d’expression d’un artiste photographe, mais comme la simple capture mécanique d’une perception subjective. En 1970, il édite Kitarubeki kotoba no tame ni (Pour un langage à venir) son livre-manifeste,  suite d’images non-linéaire et sans hiérarchie, évoquant des scènes imaginaires et post-apocalyptiques. »

https://youtu.be/X_N75LZOxvU

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Deux doubles pages de For a Language to Come, « described as « a masterpiece of reductionism. » Parr and Badger include it in the first volume of their photobook history. Up through its publication in 1970, Nakahira had been well versed in the style are, bure, boke (rough, blurred, and out of focus). In 1973, he published Why an Illustrated Botanical Dictionary (Naze, shokubutsu zukan ka), shifting away from the style of are, bure, boke (brut, flou et granuleux) and instead moving towards a type of catalog photography stripped of the sentimentality of handheld photography, a photography resembling the illustrations of reference books. »

For a Language to Come, exposé  au Bal, en mode dépliant faisant panoramique horizontalimg_4880 img_4881

A Alep, tous les habitants se sont mis à l’agriculture

Libération a choisi de donner régulièrement la parole aux habitants de la ville syrienne. Ils racontent leur quotidien dans un pays enlisé dans une guerre sans fin. Aujourd’hui, Brita Haji Hassan, ingénieur, président élu du Conseil local d’Alep-est (l’équivalent du conseil municipal), de passage en France. «Dès que le risque d’un encerclement des quartiers d’Alep-Est a commencé à se profiler au début de cette année, le Conseil local a commencé à mettre en place le projet de planter des potagers dans les petites surfaces. Des ingénieurs agronomes d’Alep, soutenus notamment par une ONG allemande ont commencé à distribuer des graines aux habitants et à les former à leur culture. «Chaque espace possible dans les jardins publics, les cours et les balcons des maisons a été semé. Des petites serres sous plastique ont été aménagées dans certains coins de la ville. Quelques semaines plus tard, des tomates, des aubergines, des haricots verts, des pommes de terre, des courgettes, etc. ont poussé partout. «D’abord sceptiques, les habitants d’Alep, traditionnellement artisans et commerçants, ont fini par se mettre à l’agriculture. Ils ont été convaincus de l’intérêt de l’opération quand ils ont vu les premiers résultats concrets. Les mères de famille ont notamment été très motivées et se sont impliquées dans les travaux de jardinage quotidiens. «Depuis que le siège est devenu total il y a deux mois et que pas un produit ne peut arriver dans Alep-Est, beaucoup de familles réalisent combien l’initiative est précieuse. Même si ces productions sont loin de satisfaire les besoins de tous les habitants, pouvoir faire une salade ou ajouter quelques légumes verts dans le riz ou les pâtes en ces jours de pénurie totale est très appréciable.» Hala Kodmani

lien> https://theconversation.com/a-alep-un-patrimoine-scientifique-dans-la-tourmente-67278