

J. Gonzo, Maryline*, acrylique sur toile, 60cm x 60cm, et Dionysos, acrylique sur toile, 60cm x 73cm, août 2016, Paris 11e. En vente en ligne sur johnnygonzoartshop.tictail.com Continuer la lecture de Maryline et Dionysos
Catégorie : Green Attitude
L’amour et les sentiments et Joueur


J. Gonzo, L’amour et les sentiments, acrylique et poska sur toile, 81cm x 54cm, et, Joueur, acrylique sur toile, 60cm x 80cm, août 2016, Paris 11e. En vente en ligne sur johnnygonzoartshop.tictail.com
Michel Serres. Nous vivons dans un paradis
A l’occasion de la sortie de son livre, Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l’histoire, Michel Serres dialogue avec Nicolas Truong. in Le monde
Nicolas Truong. Vivons-nous un retour de la guerre et du tragique en Europe ?
Michel Serres. Né en 1930 dans le sud-ouest de la France, j’ai connu les réfugiés de la guerre d’Espagne et l’occupation nazie, et j’ai même servi comme officier de marine sur divers vaisseaux de la Marine nationale, notamment lors de la réouverture du canal de Suez et durant la guerre d’Algérie. Auschwitz et Hiroshima m’ont marqué à jamais. Ainsi, tout mon corps est fait de guerre. Et comme toutes les personnes de ma génération, mon âme est faite de paix. Etant donné mon âge, je suis obligé d’établir une comparaison. Et celle-ci est frappante. Entre les crimes de Franco, Hitler, Staline ou Pol Pot et ceux que nous vivons, mais qui font bien moins de morts et de blessés, il n’y a pas photo. En regard de ce que j’ai vécu durant le premier tiers de ma vie, nous vivons des temps de paix. J’oserai même dire que l’Europe occidentale vit une époque paradisiaque. Loin de moi l’idée de minimiser les violences et les victimes du terrorisme islamique. Mais c’est un fait historique : depuis sa fondation, l’Union européenne a traversé soixante-dix ans de paix, ce qui n’était pas arrivé… depuis la guerre de Troie ! Le tsunami des réfugiés est significatif à cet égard. Où cherchent à aller tous ces nouveaux damnés de la terre ? Chez nous, en Europe, parce que nous vivons dans la paix et la prospérité.
Nicolas Truong. Pourquoi sommes-nous plus sensibles et vulnérables face à la violence terroriste ?
Michel Serres. C’est précisément parce que nous vivons dans un îlot de paix, à l’abri des grands conflits, que nous sommes hypersensibles au moindre frémissement de tragique, à la moindre déflagration de violence. Regardons les chiffres et les statistiques en face : le terrorisme est la dernière cause de mortalité dans le monde. Les homicides sont en régression. Le tabac, les accidents de voiture ou même les crimes liés à la liberté du port d’arme tuent bien plus que le terrorisme. Les citoyens contemporains ont une chance sur 10 millions de mourir du terrorisme, alors qu’ils ont une chance sur 700 000 d’être tués par la chute d’un astéroïde !
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Paysage sans figures (sic)

(Sic)
ipomée-tipi-maison Viboud
Crassulas arrosés
Bruno Latour. Un bel épouvantable été 2016

In Le Monde du jour. « C’est un bel été, il n’y a pas à dire ; tout le monde est bronzé. Et pourtant je suis taraudé par la difficulté de dire : « j’ai passé un magnifique été », alors qu’on m’assure, par ailleurs, que c’est le plus chaud depuis qu’on mesure le temps qu’il fait. La difficulté est nouvelle, avouez-le. Mon père, mon grand-père pouvaient prendre leur retraite, vieillir tranquillement, mourir en paix : les étés de leur enfance et ceux de leurs petits-enfants pouvaient se ressembler. Bien sûr, le climat fluctuait, mais il n’accompagnait pas le vieillissement d’une génération, comme il accompagne la mienne, celle des baby boomers. Moi, je ne peux pas prendre ma retraite, vieillir et mourir en léguant à mes petits-enfants un mois d’août détachable de l’histoire de ma génération. Ce fichu climat s’accroche à mes basques. Il s’obstine à me suivre comme un chien rencontré en cours de promenade et qui vous adopte stupidement. Un nouveau couplage. « Va-t-en ! Fiche le camp ! Ne t’occupe pas de moi ! Retourne chez ton maître ! » Mais il s’obstine, ce crétin. Et ce n’est pas un chien mais un troupeau de bestioles de plus en plus énormes qui m’ont choisi comme maître et responsable… Que faire de ce nouveau couplage entre les mois qui passent dans mon histoire personnelle et les mois de l’histoire du système Terre (c’est le nom savant de cette grosse bête qui nous a pris en affection) ? Tout se passe comme si l’histoire humaine et l’histoire géologique embrayaient l’une sur l’autre. Ça veut dire quoi se prendre pour un humain maintenant que je ne peux plus mourir en paix, assuré que la planète restera toujours indifférente à ma petite vie ? Que faire si le beau mois d’août de l’histoire humaine devient le pire mois d’août de l’histoire climatique – avant le suivant ? Le philosophe Günther Anders (1902-1992) avait posé une question semblable : qu’est-ce qu’être humain sous la menace de l’Holocauste nucléaire ? Et pourtant la guerre atomique restait une affaire anthropocentrique. On s’exterminait massivement mais à l’ancienne, entre humains ; le système Terre n’y était pas impliqué. Une fois passé l’hiver nucléaire, il y aurait toujours des mois d’août chauds ou pluvieux, indifférents à notre histoire. Risquer le ridicule. Et puis c’était virtuel. Mais avec ces mois chaque fois les plus chauds qui nous collent par-derrière, l’événement a déjà eu lieu. Le système Terre se trouve irrémédiablement engagé. On ne rendra plus la planète indifférente à nos actions. On peut démanteler l’armement atomique (la chose est peu probable, la menace reste d’ailleurs intacte, bien que virtuelle), on ne peut plus découpler les deux histoires. Comme Anders l’avait bien vu, se poser de telles questions, c’est risquer le ridicule. J’aurais l’air d’un croque-mitaine si je demandais à mes amis de retour de vacances : « Quel épouvantable mois d’août avez-vous passé ? » Je sens bien que je gêne quand je regarde par-dessus mon épaule si le troupeau de bestioles continue à nous suivre pas à pas en occupant l’espace. On fait comme si de rien n’était, à la manière des Dupondt dans Le Lotus bleu : « Ne te retourne pas tout de suite, j’ai l’impression que quelqu’un nous suit. » Ce n’est quand même pas la fin du monde ? Non, mais ça commence à y ressembler si nous ne sommes pas capables de faire quelque chose de ce couplage imposé par notre désinvolture. Comment ferez-vous pour dire à vos petits-enfants : « Tu vois ce beau mois d’août 2016 tout rouge sur la carte des climatologues ? Eh bien c’est moi, c’est ma génération qui l’a fait ! » Continuer la lecture de Bruno Latour. Un bel épouvantable été 2016
Ipomées from Paris to Saint-Égrève

[Les graines des ipomées viennent du 93 bis rue de Montreuil, Paris 11e, offertes par F.] Elles adorent le jardin de la maison de Saint-Égrève, mais sont très éphémères, près de fleurs de lin issues, elles, de graines données…

Square Louis XIII – Place des Vosges à Paris, le 26 mai 2016, par les organisateurs de l’exposition UltraLin (26 mai-5 juin 2016) conçue par le designer Philippe Nigro, et assortie d’une très longue plantation en jardinière éphémère installée à même la rue, le long du square, pendant la durée de la manifestation (détail ci-dessus et en plan large dans la rue, ci-dessous)

Bruno Latour. Face à Gaïa
Latour dit : « Ne plus être dans la nature mais face à Gaïa, [pas la terre mais cette étroite pellicule de] quelques kilomètres en l’air, quelques kilomètres en bas : Vous êtes central dans cette pellicule. » Le livre de Bruno Latour Face à Gaïa > http://www.bruno-latour.fr/fr/node/634. La 4e de couverture du livre dit: « James Lovelock n’a pas eu de chance avec l’hypothèse Gaïa. En nommant par ce vieux mythe grec le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu’il parlait d’un organisme unique, d’un thermostat géant, voire d’une Providence divine. Rien n’était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n’est pas le Globe, n’est pas la Terre-Mère, n’est pas une déesse païenne, mais elle n’est pas non plus la Nature, telle qu’on l’imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine [le paysage]. La Nature constituait l’arrière-plan de nos actions. Or, à cause des effets imprévus de l’histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l’arrière-plan et monte sur scène. L’air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C’est l’époque de l’Anthropocène. Avec le risque d’une guerre de tous contre tous. L’ancienne Nature disparaît et laisse la place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Cet être, loin d’être stable et rassurant, semble constitué d’un ensemble de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement [la nature-paysage contrôlée par l’homme est devenue paradoxalement nature incontrôlable auto-destructrice de notre fragile pellicule air+terre, comme il est dit plus haut, et il devient impératif de la faire redevenir par notre action sur ou avec elle, paysage-nature vivable mais autre*]. Gaïa est le nom qui lui convient le mieux. En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie et même une théologie. » *Décisions de la COP21 fin novembre 2015. Un premier lancement en janvier 2015 à Sciences Po : http://lantb.net/figure/?p=496. AutreLien > http://lantb.net/figure/?p=510
Christophe Lemaître. Médaille de bronze au 200 m. J.O. de Rio


Christophe Lemaître vit et s’entraîne à Aix-les-Bains, en Savoie. «[…] avec ses airs à la DiCaprio, sans l’apparat star : étirements, squats, épaulés-jetés comme les autres. […] Il a l’allure d’un jeune Werther, des mains incroyablement longues et délicates [in Portrait «Sans maître», 4e de couverture de Libération, 27 décembre 2010.]». Il court très vite dans le paysage éthéré du stade olympique, sur sol synthétique à base d’asphalte*, éminemment terrestre, globale et urbaine. S’y oppose la figure du regardeur quasi-immobile de ces jeux du stade à Rio ou du spectateur de la rue, désormais inquiet, attablé aux terrasses de café sur les trottoirs bitumineux des villes-monde. Continuer la lecture de Christophe Lemaître. Médaille de bronze au 200 m. J.O. de Rio


