à l’Extra Old Café, pas donné mais pas si mal, en terrasse à midi au soleil de la Nation.
Catégorie : Green Attitude
Citation du jour, du Rousseau pour 2012
«Mais s’il est un état où l’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux, non d’un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu’on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d’un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l’âme aucun vide qu’elle sente le besoin de remplir. Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d’une belle rivière ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier.» Rousseau rêveries V
En Suisse (à Genève en tout cas), lorsqu’on va en montagne pour prendre l’air et se reposer on dit, «Alper», et quand on revient en ville on dit «Désalper».
Bernard Laponche (73 ans). Foin du nucléaire definitively.
Bernard Laponche*, consultant international spécialiste des questions de maîtrise de l’énergie, membre fondateur de l’association Global Chance et coauteur d’un récent essai « En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment » (Seuil) s’exprime dans une tribune et un grand entretien sur Rue 89, argumentés et convaincants. L’avenir est dans la fin du nucléaire definitively… et cette fin programmée sur plusieurs années sera sûre, moins chère et créatrice d’emplois!
http://www.rue89.com/rue89-planete
La tribune 05/01/2012: Sûr, pas cher et créateur d’emplois : les trois mensonges du nucléaire
Le grand entretien avec Sophie Verney-Caillat, 08/01/2012: «Fukushima: ‘On a fait semblant de découvrir les dangers nucléaires’
Notre proche centrale du Bugey (à 51 km d’Aix-les-Bains)
Les ruines du bâtiment qui abritait le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima (Reuters/Kyodo). Revival de l’esthétique des ruines.
* Bernard Laponche a un look de dandy très septante, voire soixante, dans les tons orangés des années prisunic, en plus chic.
Bruno Latour, Claude Lorius et Alain Gras. L’anthropocène.
L’anthropocène, notre ère géologique; «c’est le moment où l’homme après s’être battu contre la nature pour survivre, prend le contrôle de l’environnement de la planète et l’anthropocène se caractérise par le fait qu’il détruit cette planète dans laquelle il vit.» Claude Lorius
L’anthropocène vue par Bruno Latour, philosophe anthropologue inspiré par la géologie éminemment globale, dans cet entretien avec Laure Adler, Hors champs, de ce jour. http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-bruno-latour-2011-11-28
à écouter ici
[audio:http://www.lantb.net/uebersicht/wp-mp3/Bruno Latour.mp3]
Ou encore expliquée de façon plus didactique par Claude Lorius qui en a fait un livre* et Alain Gras
* Claude Lorius et Laurent Carpentier, Voyage dans l’anthropocène : cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, Actes Sud, Arles (Bouches-du-Rhône), 201. On peut ranger Claude Lorius dans le panthéon des Aixois excentriques, glaciologue, fils du fromager de la rue de Chambéry à Aix-les-Bains, boutique que nous fréquentâmes adolescente et enfant, Nicole et moi, et nous semble-t-il, où nous le vîmes nous servir du fromage frais et blanc comme la neige de l’Antarctique.
Eva & Cécile, deux vertes vraiment très chouettes.
Eva Joly & Cécile Duflot, lors d’un meeting au Cabaret sauvage à Paris le 18 octobre. © Mehdi Fedouach. AFP.
Libération du jour
«Eva est le contraire de Duflot : dure dehors et tendre à l’intérieur» explique Pascal Durand, le numéro deux d’EE-LV. En privé, elle aime les huîtres, le vin rouge. Ramer avec son kayak en kevlar et se baigner à l’île de Groix avec ses petits-enfants. [Ce qui nous ramène à La vie en maillot de bain 1 et 2, et par extension à ces délicieuses (Joly) estampes de nouvel an chinoises* où femmes et enfants, vivent, les jambes à mi-mollet dans l’eau (Duflot) (image à suivre)]. Mais en public elle reste la juge «plus facilement dans la sanction que dans l’empathie» regrette un de ses proches. Et manque de «doigté politique» selon Cohn-Bendit. Mais il faudra faire avec elle : «Elle ne lâchera pas l’affaire comme elle n’a jamais lâché sur les affaires. A aucun moment elle ne nous a dit, même en privé : Si ça continue je me barre», confie José Bové. Libération du jour
*sur le thème du bonheur: l’émission de Culturesmonde de FC du mardi 22 novembre: QU’EST-CE QU’ON ATTEND POUR ETRE HEUREUX ? – 2/4 – A la recherche du Tao
à écouter aussi ici même
[audio:http://www.lantb.net/uebersicht/wp-mp3/CULTURESMONDE 22.11.2011.mp3]
Deux beautés shanghaiennes des années trente, version estampe de nouvel an.
Sylvie, Franck, Léo & Peter Sloterdijk !
Sylvie, Franck & Léo at home à Saint Didier. Le 21e siècle sera celui de l’exercice! Photos © Léo Franck ou Vivi?
Comme en écho au Tu dois changer ta vie de Peter Sloterdijk
ou à écouter directement ici même
[audio:http://lantb.net/uebersicht/wp-mp3/01 Peter Sloterdijk FC 2011.mp3]
Vancouver, spa intellectuel
[audio:http://lantb.net/uebersicht/wp-mp3/Villes-Mondes_ Vancouver.mp3]
Villes-Mondes_ Vancouver, un documentaire d’Hélène Frappat. France Culture.
Trente ans de crise des banlieues, trente ans de blocages politiques
par Luc Bronner (Rédacteur en chef). Le Monde daté du 15 juillet 2011.
«Mercredi 8 juillet, des épaves calcinées de véhicules témoignent d’une première nuit d’émeutes survenues à Firminy, banlieue de Saint-Etienne, après la tentative de suicide de Mohamed Benmouna, 21 ans, au commissariat de Chambon-Feugerolles, localité voisine. AFP/PHILIPPE MERLE
Depuis trente ans, la crise des banlieues fait partie de cette exception sociale française, illustration explosive du formidable décalage entre les promesses de la République et leurs réalisations. Trente ans ? Parce que quelques dizaines de jeunes, un soir de juillet 1981, quelques mois à peine après l’élection de François Mitterrand à l’Elysée, avaient incendié des voitures et exprimé, publiquement, leur colère aux Minguettes à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise.
Cet épisode avait ouvert le chapitre des « étés chauds », des « rodéos », des « violences urbaines », dont nos voisins européens ne cessent de s’étonner. Cet anniversaire coïncide, en un terrible raccourci, avec celui des émeutes des 16, 17 et 18 juillet 2010 dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Comme si le paysage des quartiers restait désespérément le même. Comme si la chronique des banlieues devait se limiter aux poussées de fièvre, puis aux périodes d’oubli – celle que nous vivons aujourd’hui dans l’indifférence la plus complète.
Trente ans de crise de banlieues, et donc trente ans de politique de la ville. Pour quels résultats ? Les émeutes de l’automne 2005 ont montré combien les coupures entre la République et ses enfants des quartiers étaient profondes. Fracture sociale, économique, identitaire, mais aussi ethnique, tant les phénomènes de ségrégation sont importants. La gravité de cet épisode de violences collectives, inédit depuis Mai 68, avait eu un mérite : replacer la question des banlieues au coeur de l’agenda politique.
La campagne présidentielle de 2007 avait ainsi vu Nicolas Sarkozy reprendre l’idée d’un plan Marshall des banlieues pour traduire sa volonté de replacer les quartiers dans l’ordre républicain. Cette ambition s’était traduite par la nomination de figures de la diversité au sein du gouvernement – Rachida Dati à la justice, Fadela Amara à la politique de la ville. La candidate socialiste, Ségolène Royal, avait insisté sur le métissage bienvenu de la société française, s’attirant un soutien massif des électeurs des quartiers et contribuant à la hausse spectaculaire de la participation en mai 2007.
Cinq ans plus tard, le bilan est médiocre. Le plan Marshall est oublié, faute d’ambitions, faute de moyens – on peine même à se rappeler qu’il existe un ministre de la ville dans le gouvernement, le centriste Maurice Leroy, dont la principale mission, jusqu’à présent, a été d’accompagner discrètement les baisses de subventions. Les indicateurs sociaux sont toujours aussi dégradés, signe que la réduction promise des inégalités est restée une promesse : un tiers de la population des zones urbaines sensibles (ZUS) vit sous le seuil de pauvreté ; avec plus de 40 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, la situation des ZUS se rapproche de celle des pays d’Europe du Sud, voire du Maghreb.
Si le visage des quartiers a commencé à changer, au niveau de l’urbanisme, grâce aux milliards investis dans la rénovation urbaine depuis le lancement du plan Borloo en 2003, les tensions entre jeunes et policiers restent considérables. Et les élus, comme les responsables associatifs, ne cessent de répéter qu’ils demeurent en permanence sur le fil du rasoir sécuritaire, à la merci d’une course-poursuite ou d’un incident dégénérant en émeutes.
Car ces cinq dernières années, les violences urbaines se sont banalisées au point que le ministère de l’intérieur préfère censurer la publication des statistiques sur les voitures brûlées (plus de 40 000 en 2010). Elles sont aussi montées d’un cran : les policiers sont régulièrement visés par des tirs d’armes, comme à Grenoble, à Grigny ou à Villiers-le-Bel, et s’inquiètent à l’idée de devoir affronter des situations de « guérilla urbaine » ; désormais, aussi, des élus de gauche, comme le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, en viennent, désespérés, à réclamer l’aide de l’armée pour tenter de restaurer l’ordre face aux mafias locales de la drogue.
Cet échec n’est pas seulement celui des politiques publiques, qui ont servi de filet de sécurité mais ne sont pas parvenues à freiner la ghettoïsation. Des Minguettes, touchées par de nouvelles émeutes urbaines en 1983, était née la « Marche des beurs », spectaculaire irruption des enfants d’immigrés sur la scène médiatique et politique, immédiatement récupérés par le Parti socialiste et François Mitterrand. Près de trente ans plus tard, le constat est désespérant : la classe politique française – mâle, âgée et blanche – reste désespérément fermée aux élites des quartiers et de la diversité. A droite comme à gauche.
Le Parlement français est évidemment une caricature. Mais la fracture politique est aussi visible dans les collectivités locales, celles-là mêmes qui devraient favoriser et préparer l’émergence des futures élites. Nous en sommes très loin. Un seul exemple : en Seine-Saint-Denis, département le plus métissé de France, département où la gauche dispose de bastions solides, on ne compte aucun maire issu de la diversité. Cette dimension de la crise de la représentation devrait interpeller la société. Mais elle reste dans l’angle mort des débats politiques. Jusqu’aux prochaines émeutes.»L’art du déplacement né à Sarcelles et à Evry.
http://www.youtube.com/watch?v=rqZ3HbHo6Vk
Maison à Môtiers
From Madness to Nomadness
Une toile de Robert Filliou de 1979, Musique télépathique porte l’inscription «From Madness to Nomadness» traduit par: de la folie à l’absence de folie, au nomadisme, au fou rire. Nomad-Ness est le titre d’une exposition du frac des pays de Loire 26 octobre 2010-16 janvier 2011.
Journal de l’exposition
Autre référence: Dick Higgins, Postface, Un journal critique de l’avant-garde, L’écart absolu, Presses du réel, 2006
«… Il est également possible d’accorder de l’importance à la mobilité de l’œuvre (la mobilité s’opposant à l’environnement) et on peut être fasciné par la différence entre une performance ici et une autre là. Mais si l’on est attaché à construire un environnement pour sa pièce, il ne s’agit que d’une simple limite imposée par le choix du médium, et je doute qu’il y ait des solutions à cela. (p. 90)
«En un sens, notre environnement est le monde et nos happenings les plus ambitieux sont nos vies.» (p.86)









