février 2021

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Pour le sociologue et américaniste Eric Fassin : «  Quand on parle d’intersectionnalité comme je le fais dans mon enseignement » explique-t-il, « en articulant race, genre et classe, on donne à voir la complexité du monde. Du même coup, on interroge l’ordre social. On montre que les normes sont politiques : elles reproduisent des rapports de domination multiples. Et parler de domination, poursuit Eric Fassin, c’est poser la question de la source des inégalités, dont l’aggravation menace la cohésion de notre société.

iMagnifique! peinture murale à motifs répétitifs. En voie de restauration, redécouverte.

Peinture figurative en voie de restauration.

« Dans l’église, on sait grâce à des campagnes de recherche et de restauration (dans les années 1990) que tous les murs de l’église et les piliers sont recouverts de fresques. Mais au 17e siècle, tout a été recouvert d’un badigeon gris (sans doute pour les protéger durant les guerres de religion). Cela représente 2 800 m2 de peintures qui restent à découvrir. Mais les financements sont difficiles à trouver et les travaux de restauration sont arrêtés. »

in http://fdaudevillearticles.over-blog.com/2016/10/les-peintures-murales-de-l-eglise-abbatiale-de-st-antoine-l-abbaye.html

comme un air de famille Superman peinture confetti d’Étienne 2021

Dialogue sur facebook

Antoinette Rouvroy Alors que la statistique (étymologiquement « connaissance de l’état ») qui avait accompagné la naissance de l’Etat moderne se présentait comme un instrument de gouvernement des populations nationales, les big data promettent de substituer à toute « connaissance » de l’Etat des nouvelles « cartographies » (axiologies empiriques), de nouvelles « modélisations » (prototypes »apprenants ») du social échappant aux formes juridico-discursives, aux limites territoriales, aux normes et représentations culturelles, ne distinguant plus a priori ce qui relève du « signal » et ce qui relève du « bruit », émancipées de toute idée régulatrice de « moyenne »: un métabolisme anormatif agile s’adaptant en temps réel aux particularités détectables. Saurons-nous résister, dans l’après-crise qui ne sera jamais que la préparation de la crise suivante, aux sirènes d’une gouvernementalité algorithmique globale (re-globalisation à grande vitesse+capitalisme numérique) et aux fantasmes associés d’une « singularité démocratique » (qui serait plutôt une juxtaposition de particularités concurrentes) en haute ré/dis-solution numérique, en temps réel, substituant à toute forme de réflexivité politique une récursivité algorithmique abolitionniste des conditions spatiales, temporelles, sociales et psychiques d’un « espace public délibératif »?
#IdéesNoires#Post-démocratie

 

Manuel Zacklad Merci pour ce post, en même temps force est de constater que les bons vieux « modèles » économiques, gestionnaires ou aujourd’hui épidémiologiques n’exploitant pas encore l’IA sont déjà capables de produire des désastres absolument considérables, les « décideurs » désorientés et coupés de la vie, les prenant pour « le réel » au lieu de les prendre comme des outils d’aide à la décision éclairant l’interprétation parmi des dizaines d’autres…

 

Antoinette Rouvroy Je dois bien avouer que je n’avais pas en tête, en écrivant mon post, les enjeux des données massives dans la gestion de la crise sanitaire. C’est un vrai gros sujet! Ce qui m’occupe surtout ce sont les algorithmes utilisés pour  » modéliser » ou  » prototyper » les propensions comportements humains dans les différents secteurs ( justice, police, prévention des fraudes, détection anticipative de possibles passages à l’acte terroriste, gestion des ressources humaines, gestion administrative de l’aide sociale,…) où s’envisage l’automatisation des décisions. Ce qui est inquiétant c’est que la perte de confiance ( méritée à de nombreux égards ) envers les institutions politiques risque d’intensifier l’engouement pour l’hypothèse d’une gouvernementalité algorithmique globale… opérée de facto par les GAFAM et consorts…

Agroalimentaire : les coopératives InVivo veulent acquérir le céréalier Soufflet in Le Monde 

Pour le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, « la constitution de cet ensemble serait une chance pour la France et l’agriculture française »

Grand chambardement sur le marché céréalier français. L’union de coopératives agricoles InVivo a annoncé, mercredi 13 janvier, être entrée en négociations exclusives pour reprendre 100 % du capital du groupe céréalier Soufflet. Si l’affaire se conclut, elle donnera naissance à un ensemble pesant près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’international, et employant 12 500 salariés. Présent des semences à la distribution avec les enseignes Jardiland et Gamm Vert, en passant par la collecte et le négoce de céréales, la meunerie, la boulangerie industrielle, mais aussi la malterie.

Soufflet, installée à Nogent-sur-Seine (Aube) depuis sa création, en 1900, est une société familiale peu connue du grand public. Pourtant, elle possède des marques emblématiques comme les boutiques Pomme de pin ou Neuhauser. Partant de ses racines meunières, elle s’est développée à l’international dans le négoce de grains, la boulangerie et la malterie, où elle revendique une place dans le Top 3 mondial. En 2020, son chiffre d’affaires a atteint 4,9 milliards d’euros. Fidèle à sa réputation de discrétion, le groupe, qui emploie 6 800 personnes dans 19 pays, ne communique pas le montant de son bénéfice.

Sans héritier direct

De même, Michel Soufflet, président du conseil de surveillance du groupe, et son fils, Jean-Michel Soufflet, président du directoire, ne souhaitent pas divulguer le montant de la transaction. Sans héritier direct pour prendre leur suite dans l’entreprise, ils ont décidé de chercher un repreneur. A l’issue de ce processus, InVivo, entrée en discussions en septembre 2020, s’est imposée. « En nous rapprochant d’InVivo, notre groupe familial trouverait une solution franco-française pour pérenniser son identité, assurer la continuité de ses activités et préserver son ancrage nogentais et sa présence régionale », affirme Jean-Michel Soufflet cité dans le communiqué.

InVivo, dont le directeur général est Thierry Blandinières, s’est en effet engagé à maintenir la marque Soufflet, à garder les cadres dirigeants et à préserver les effectifs. « Pas de plans sociaux », c’est le message qui a été livré aux instances représentatives respectives du personnel informées du projet mercredi.

Si les deux groupes mettent en avant leur complémentarité, il y a tout de même une zone de recouvrement dans le secteur du négoce de grains. Dans le domaine de la logistique céréalière, a contrario, les pièces du puzzle coïncident bien. Quand Soufflet a ses silos dans les ports de La Rochelle et de Rouen, ceux d’InVivo sont implantés à Nantes et Bordeaux.

Avec cette opération, l’union de coopératives négocie un virage stratégique majeur. Lors de son dernier exercice fiscal clos en septembre 2020, exceptionnellement décalé, et donc correspondant à quinze mois d’activité, son chiffre d’affaires est estimé à 5,2 milliards d’euros. Soit un niveau quasi similaire à celui de 2019. Le résultat net, lui, est en fort recul à 10 millions d’euros. Mais InVivo met en avant sa bonne santé financière.

En 2018, elle a cédé sa filiale Neovia, fleuron français de la nutrition animale à l’américain ADM pour près de 1,5 milliard d’euros. Ce qui lui a permis de faire passer ses fonds propres à un montant proche du milliard et de se désendetter. En parallèle, InVivo avait repris l’enseigne Jardiland, soucieux de se développer dans le secteur de la distribution.

L’union de coopératives compte sur sa marge de manœuvre financière pour financer le rachat de Soufflet. Les deux parties espèrent boucler l’opération avant la fin de l’année. Une opération saluée, mercredi, par Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, pour qui « la constitution de cet ensemble serait une chance pour la France et l’agriculture française ». A l’issue, InVivo reprendrait la tête du classement des coopératives françaises. Le premier rang lui ayant été disputé depuis 2018 par Agrial. Connue pour ses salades Florette et son cidre Loïc Raison, le groupe normand avait même dépassé les 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 après une stratégie d’acquisitions boulimique.