mai 2017

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Du colza en fait


Les temps changent ! La gare de Chindrieux transformée en poissonnerie [poissons du Lac du Bourget, juste derrière la gare]. Le jardin de Chantal à Chevigneu, on peut voir le travail de permaculture en foreground à droite. En background, le marais de Chautagne et le Mollard de Vions.

« Pour autant, son œuvre n’a pas plus changé quand il est devenu célèbre que n’a changé son mode de vie. Il est demeuré solitaire, plus que réservé, ennemi des mondanités, au point de ne pas assister à certains de ses vernissages. On se souvient ainsi d’une rencontre, si l’on peut dire, à ­l’occasion de l’accrochage de sa rétrospective au Musée d’art ­moderne de la Ville de Paris, en 2008 : il n’avait vraiment pas envie de parler. Pour creuser encore un peu plus l’écart entre lui et le monde de l’art, il s’installe en 1987 à Killala, sur la côte nord de l’Irlande, au plus loin des villes. Composition directeOn ne peut qu’établir un rapprochement entre cette volonté arrêtée de vivre à l’écart et ce qui se donne à voir dans ses toiles, dessins et sculptures : une aussi violente volonté de s’en tenir à l’essentiel. L’essentiel d’un corps humain : peu de lignes, l’indication visible du sexe, la courbure d’un mouvement. L’essentiel d’une émotion : peu de signes, qu’ils soient figuratifs ou abstraits, sur une surface nue. Le noir, le rouge, le blanc : c’est assez pour lui, les autres couleurs n’intervenant qu’à l’état de rares traces ou rehauts. La composition est directe, longues frises dans lesquelles les figures se juxtaposent et se superposent à la surface, constructions en diagrammes réglés par la géométrie, mots écrits verticalement et horizontalement en larges lettres noires ou encore, plus simplement, un symbole unique occupant le centre de la toile ou de la feuille. Parce que les animaux y sont souvent présents et les signes sexuels sans équivoque, il est devenu habituel de rapprocher Penck des arts préhistoriques, africains, celtiques, aztèques ou du haut Moyen Age. Qu’il les ait connus ne fait aucun doute. Qu’il ait pu songer avec regret à des époques où l’homme n’était pas juste une machine, et la nature des ressources à exploiter jusqu’à épuisement, est aussi clair. En ce sens, son œuvre est politique. Elle est l’un des manifestes les plus clairs du malaise – euphémisme poli – de l’Occident industriel et rationnel. Devant un Penck, on s’échappe un instant de l’ordre actuel du monde, sans pouvoir l’oublier pour autant. C’est dire l’importance de son œuvre. » In Le Monde