décembre 2016

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Pascale Marthine Tayou. Flâneurs de Montreuil, 2010. Résine peinte. Découverts ce jour dans l’atrium Paul Rivet du Musée de l’homme, Paris. Le cartel dit : « Ces statues en résine peinte ont été conçues à l’origine pour un projet d’art urbain, dans le cadre de la construction de la ligne de tramway passant à Montreuil*. Sept d’entre elles ont été placées dans le parcours permanent du musée. Elles font écho aux statues dites « colons » dont la production en Afrique couvre toute la période coloniale et post-coloniale. L’un de leurs attraits est d’offrir une image, à mi-chemin de l’humour et du stéréotype, de l’Africain habillé à l’occidentale. Pourtant ces images n’ont rien d’extraordinaire en soi. Les Flâneurs de Montreuil, dont la taille est plus grande que nature, représentent un peu Monsieur Tout-le-Monde, si ce n’est l’élégance ostentatoire des couleurs vives des vêtements. La variété des vêtements va de pair avec la diversité des visages, reconnaissables chacun à des traits et à des détails particuliers. Les Flâneurs de Montreuil possèdent une individualité  propre, une personnalité. C’est ce qui permet à l’artiste de repenser et de renouveler la tradition des statues-colons décoratives et anonymes, produites en abondance pour satisfaire le regard de l’Occidental. » « My religion, if I have one, is that all cultures should break themselves down to continually produce new ones, new civilisations, new approaches. We are living creatures, and therefore, in a constant state of mutations. »  Pascale Marthine Tayou Lire la suite »

Henry Laurens. « Il y a eu une légende noire des accords Sykes-Picot ». Propos recueillis par Christophe Ayad. Le Monde, le 25 décembre 2016. « Ce spécialiste du monde arabe revient sur les enjeux des frontières du Proche-Orient, tracées il y a cent ans, fragilisées aujourd’hui. Le risque est grand de voir se déclencher un processus interminable de scissions. Henry Laurens, 62 ans, est professeur au Collège de France, où il est titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe. »

« Q. : Les accords Sykes-Picot sont devenus le symbole de l’impérialisme occidental au Proche-Orient. Pourquoi ?
Henry Laurens : Il existe toute une légende noire sur l’action des Alliés pendant la première guerre mondiale, comme le général britannique Allenby entrant en croisé dans Jérusalem, ou le général français Gouraud, revanchard, devant le tombeau de Saladin. Même si ces événements n’ont pas eu lieu historiquement, ils ont alimenté vingt ans plus tard le discours revendicatif des nationalistes arabes et des islamistes. Évidemment, Sykes et Picot, deux diplomates négociant sur une carte l’avenir d’une région dans le secret d’un cabinet, c’est une image très symbolique. Mais ce n’était qu’une phase d’une négociation longue et complexe, qui a duré de 1914 et 1923. Les Britanniques ne sont pas pour rien dans cette légende, selon laquelle ils étaient prêts à avoir une grande histoire avec les Arabes, que les Français auraient gâchée. Dès 1918, ils ont utilisé l’appellation Sykes-Picot pour en diminuer la valeur juridique en rabaissant le niveau [des négociateurs]. Sykes-Picot est une invention britannique : les accords de mai 1916 ont en fait été signés par Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et par Edward Grey, secrétaire au Foreign Office, et s’appelaient donc « Cambon-Grey ». En réalité, les frontières du Proche-Orient ont été fixées entre les réunions à Versailles de décembre 1918 et la conférence de San Remo [avril 1920]. Ces frontières répondaient à diverses contingences. Par exemple, les Français, ne voulant pas de colonies juives dans leur mandat, ont tracé le « doigt de Galilée » [aujourd’hui dans le nord de l’Etat d’Israël]. Autre exemple, le corridor qui va de Jordanie en Irak, isolant la Syrie de l’Arabie saoudite actuelle, correspond au tracé d’une ligne aérienne et d’un oléoduc que les Britanniques voulaient conserver sous leur contrôle. Quant à l’actuelle frontière nord de la Syrie, elle a été définie pas la ligne du chemin fer de Bagdad, à l’exception du sandjak d’Alexandrette.  Lire la suite »

« Si le temps perdu de La recherche est le temps qu’on perd, comme dans l’expression ‘perdre son temps’, selon Deleuze, c’est dans ce temps-même que s’inscrit enveloppés l’un dans l’autre le récit de formation d’un jeune homme et l’apprentissage d’un homme de lettres. Comme dans tout roman de formation, un apprentissage des différents ‘mondes de signes’, tourné vers le futur, la mémoire n’intervenant que pour corriger et dépasser des illusions successives. Tout jeune (homme ou femme), est un « égyptologue » occupé à déchiffrer des mondes de signes spécifiques ‘qui s’organisent en cercles et se recoupent en certains points’. S’il n’y a plus rien à déchiffrer, on sombre dans l’ennui. » Les trois mondes de signes sont nommés et analysés par Deleuze, ce qui a fait dire à certain auteur que le Proust et les signes (1) de Deleuze est le meilleur traité sur les signes. Ce sont donc, rapidement: « • le monde de la mondanité (monde de l’expérience corporelle et conversationnelle urbaine): « il n’y a pas de milieu qui émette, concentre autant de signes qui tiennent lieu d’action et de pensée, dans des espaces aussi réduits, à une vitesse aussi grande, et dont l’effet sur nous s’exprime dans une sorte d’exaltation nerveuse », monde nécessaire, le plus formateur pour l’apprentissage des signes. Ceci décrit assez bien la conversation névrotique par SMS de Maureen dans Personal Shopper. • « le cercle de l’amour, lieu télépathique des regards et de gestes intimes échangés, ouvrant sur une pluralité de mondes inconnus concentrés en chaque individu et donc indéfiniment indéchiffrables et donc éminemment attirants, mais dont le narrateur n’en est jamais qu’un objet indéfiniment. » • le monde des impressions ou des qualités sensibles, le vaste territoire de la mémoire involontaire ouvert au déchiffrement à la fois universel et individuel, démocratique et rassurant (madeleine, clochers, arbres, pavés, aubépines), agréable mais usé jusqu’à la corde et qui ouvre paradoxalement sur l’art, la peinture. Les termes de mondes, de roman d’apprentissage font irrémédiablement penser au jeu-vidéo interactifs. C’est une voie que je n’emprunte pas ici. Cf > http://www.ciren.org/ciren/colloques/061200/terrier/terrier.html

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/sommes-nous-tous-fous-44-quest-ce-la-psychose Il en est question vers la fin de l’entretien… Colette Soler entre François Roustang et Marcel Proust-Gilles Deleuze… Intéressant

Colette Soler, philosophe et docteur en psychologie, elle a fait toute sa formation avec Jacques Lacan avant de choisir d’exercer la psychanalyse et de l’enseigner à Paris et dans divers pays du monde. En 1998, elle a été à l’origine du mouvement des Forums du Champ lacanien puis de son Ecole internationale de Psychanalyse dans laquelle elle travaille maintenant. Autres entretiens sur France Culture, https://www.franceculture.fr/personne-colette-soler.html


Forum du Champ Lacanien du Liban – EPFCL 3 370 vues. Le séminaire clinique à Beyrouth invite Colette Soler à parler de « La Parole et le Corps », le dimanche 26 juin 2016 au Mövenpick Hotel – Beirut, de 8h 30 à 12h. C’est la deuxième conférence de lancement à partir du Mövenpick de Beyrouth du futur Forum du Champ Lacanien du Liban. Assez extraordinaire, cette assemblée de femmes.

François Roustang. La perceptude. La perceptude est un mode de perception premier que l’hypnose met en lumière. « L’état d’hypnose tel que je le comprends, ne serait rien d’autre que la perceptude. Elle est à la fois ce qui est toujours présent à nos vies et toujours supposé pour que nous puissions appréhender quelque chose du monde environnant. C’est ce que disent à leur manière les praticiens de l’hypnose : il existe une hypnose quotidienne qu’il n’est nul besoin de nommer hypnose, car le moindre geste, celui de la marche, de la lecture ou de l’écriture, pour être accompli avec aisance, suppose l’absorption et l’oubli. Et d’autre part tout humain est hypnotisable, c’est à dire qu’il peut avoir accès au fondement, il peut se rendre d’où il vient. La perceptude est là en effet sous-jacente à toute perception, mais par ailleurs les hypnotiseurs prétendent la faire passer au premier plan et en proposent l’expérience. Donc la mettre à la lumière du jour, alors qu ‘elle agit dans la lumière de la nuit. En d’autres termes, l’état hypnotique est partout et il s’agirait de le faire apparaître quelque part. Etrange procédure parce qu’elle aboutirait alors à l’apparition d’un fond sans la figure ou d’un contexte qui aurait perdu son texte.» François Roustang, Il suffit d’un geste, Editions Odile Jacob poches On trouve le nom de François Roustang dans le groupe de praticiens et de chercheurs de l’Association Française pour l’étude de l’Hypnose Médicale : http://www.hypnose-medicale.com/afehm.html. Mais bien que médicale, «c’est 110 euros la séance, sans remboursement» m’est-il dit au téléphone… Finalement, à lire Qu’est-ce que l’hypnose de Roustang, on prend un peu la trouille, l’hypnose apparaît comme une chose brutale et effrayante, comme la psychanalyse, mais peut-être que, bien esthétisées, à la manière du Mabuse Le joueur de Fritz Lang, (ci-dessous), des séances d’hypnose entre ami(e)s —ceux (celles) qui en ont besoin et ceux (celles) qui participent par solidarité d’amitié— pourraient se jouer comme des performances artistiques quasi psychadéliques. Regarder, seule, un film-sur sa-télé perso peut favoriser un type d’auto-hypnose soft, bénéfique… mais il faut bien choisir le film comme Finding Forrester de Gus van Sant ou Maurice de James Ivory, —qui recèle une séance d’hypnose—.

Interview d’Alain Ehrenberg : «La santé mentale est une question sociale», par Eric Favereau — Libération
Alain Ehrenberg, directeur de recherches au CNRS, est l’auteur de la Fatigue d’être soi, où il retraçait l’histoire de la dépression, qu’il définissait en une «pathologie du changement». Il a publié la Société du malaise (Odile Jacob, 2010), où il analyse le lien entre malheur individuel et société. Le sociologue vient d’être nommé à la tête du tout nouveau Conseil national de la santé mentale, instauré par la ministre Marisol Touraine. Cette instance, au rôle consultatif, a notamment pour mission d’éclairer les choix de l’Etat et de sa politique de santé mentale – sur des sujets aussi divers que la psychose ou le «bien-être» des Français.

Eric Favereau : Dépression, souffrance au travail… L’Etat a-t-il quelque chose à dire sur notre santé mentale ?
Alain Ehrenberg : Il faut préciser ce dont on parle quand on parle de «pathologie mentale». On peut les définir, à la suite du Dr Henri Ey, un des maîtres de la psychiatrie française de l’après-guerre, comme des pathologies des idées et de la relation, qui invalident de multiples manières la liberté du sujet atteint. Cela implique qu’elles relèvent, certes, de la santé, mais également, et tout autant, de la socialité de l’homme. La maladie, dans un sens médical, et le mal moral s’y intriquent inexorablement. Or, la situation de ces pathologies s’est profondément modifiée depuis un demi-siècle sous le coup d’une double dynamique : le virage de la prise en charge vers l’ambulatoire et l’élargissement considérable du spectre des pathologies. Les problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des problèmes spécialisés de psychiatrie et de psychologie clinique. Nombre d’entre eux sont devenus aujourd’hui des questions sociales, tandis qu’un nombre sans cesse croissant de questions sociales sont appréhendées au prisme des catégories et entités psychopathologiques. Pensez à la souffrance au travail ou aux troubles de l’hyperactivité et de l’attention chez l’enfant. Ces pathologies étaient des raisons de se faire soigner, elles sont désormais des raisons d’agir sur des relations sociales perturbées. Plus encore, ces entités sont devenues matières à débats à la fois moraux et politiques sur la valeur de nos relations sociales : c’est le thème du malaise dans la société. Cette nouvelle situation de la souffrance psychique dans nos sociétés doit être placée dans une perspective sociologique globale. Lire la suite »

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Philosophe et théologien, François Roustang est décédé dans la nuit du 22 au 23 novembre, à l’âge de 93 ans. Dans Le Monde | 28.11.2016 à 18h50 | Bel hommage par Elisabeth Roudinesco : […] Né le 23 avril 1923, il entre, à l’âge de 20 ans, dans la Compagnie de Jésus tout en poursuivant des études de philosophie et de théologie. A partir de 1956, il fait partie de la revue Christus, dont il devient le directeur en 1964. En même temps, il se tourne vers la psychanalyse et devient, avec ses amis Louis Beirnaert et Michel de Certeau, membre de l’Ecole freudienne de Paris (EFP), fondée par Jacques Lacan. C’est alors qu’il commence une première cure avec Serge Leclaire. En 1966, il fait paraître un article intitulé « Le troisième homme ». Il y démontre que le concile Vatican II a favorisé l’émergence de chrétiens qui ne pratiquent pas et ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la foi et des sacrements. L’article aura un retentissement important dans les milieux catholiques. Cette prise de position iconoclaste est la conséquence directe des transformations opérées par la cure sur les opinions de l’auteur, qui a lui-même perdu la foi. La Congrégation ne s’y trompe pas et démet Roustang de ses fonctions. Quelque temps plus tard, il rompt avec l’Eglise, quitte l’habit, se marie et devient psychanalyste en vouant à Freud et à Lacan une admiration sans bornes.
Trouble-fête. Mais, après avoir vécu son passage à la pratique psychanalytique comme une véritable libération, il constate avec fureur et amertume que l’EFP s’est transformée en une Eglise avec ses idolâtres et ses rituels convenus. Rien ne le révolte plus que les relations de servitude entre un maître et ses élèves. Et, pour tenter de comprendre pourquoi une doctrine aussi critique que la psychanalyse a pu se transformer en une nouvelle religion, il s’oriente vers une mise en cause radicale de ce qu’il avait tant aimé. De fait, il participe à un vaste mouvement de contestation qui traverse, à cette époque, tous les courants français de la psychanalyse. Emmené par René Major et soutenu par Jacques Derrida, ce mouvement, incarné par les cahiers Confrontation, se déploie joyeusement sur la scène psychanalytique parisienne. En 1976, Roustang publie un ouvrage qui deviendra le manifeste le plus flamboyant de cette nouvelle orientation antidogmatique : Un destin si funeste (Editions de Minuit). S’appuyant sur une lecture critique des relations de Freud avec certains de ses disciples (Carl Gustav Jung, Georg Groddeck, Sandor Ferenczi), il accuse la doctrine psychanalytique d’être l’arme d’une folie destinée à rendre l’autre fou. Et, du coup, il fait de la cure par la parole l’instrument d’une sorte de viol subjectif qui, sous couvert de renoncement à l’hypnose, ne fait que reconstruire la dialectique aliénante du maître et de l’élève. Fabuleux thérapeute. Magnifiquement écrit et d’une violence salvatrice, le livre obtient un succès considérable en renouvelant en partie la critique proposée quatre ans auparavant par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L’Anti-Œdipe (Editions de Minuit, 1972). En réalité, Roustang continue à rejeter une ancienne foi pour une nouvelle. Cependant, sous couvert de révolte permanente, il demeure un fabuleux thérapeute. Ayant abandonné la cure freudienne pour se tourner vers l’hypnothérapie, il reste le trouble-fête du milieu psychanalytique en refusant, à juste titre, les cures interminables qui ne servent, selon lui, qu’à enfermer le patient dans un repli narcissique. Depuis les années 1990, il n’a cessé de valoriser les thérapies brèves. Dans son dernier opus (Jamais contre, d’abord. La présence d’un corps, Odile Jacob, 2015), où sont réunis trois de ses ouvrages majeurs, il explique que la meilleure manière de transformer sa vie, c’est d’effectuer un « retour au présent », de s’asseoir confortablement dans un canapé pour y trouver un nouvel espace existentiel, de cesser de se lamenter sur son passé et, enfin, de ne rien faire d’autre que d’accepter sa souffrance pour mieux l’évacuer par un cheminement intérieur et un éveil au monde. Et ça marche ! Roustang fait preuve ici, une nouvelle fois, de son talent exceptionnel et d’un humour tendre et féroce. Tel est le testament de ce Socrate rebelle, grand guérisseur des maladies de l’âme. » François Roustang en 6 dates. 23 avril 1923 Naissance. 1943 Entre dans la Compagnie de Jésus. 1964 Directeur de la revue « Christus ». 1966 Exclu de la Compagnie de Jésus. 1976 « Un destin si funeste ». 2016. Mort.

Une matinée, entourée par un bruit assez violent, je sors pour prendre les affaires que j’avais oubliées dans la voiture. Les branches au sol, il y avait pas mal de volume. L’arbre est grand et fort. Tu ne peux pas l’arracher. Tu ne peux pas le couper d’un coup. Tu n’es pas assez fort pour le faire. Tu le coupes petit à petit. Tu te dépêches parce que tu n’entends rien à part le bruit que tu crées. Tu te dépêches parce que tu sens qu’il t’accepte. L’arbre ne dit rien de toute façon. C’est la raison pour laquelle tu ne veux pas te trainer sur ses branches. Tu te demandes si l’on se rappelle sa présence. Peut-être oui, peut-être non. L’arbre ne dit rien de toute façon. Tu te rappelleras de lui? Oui, par ce bruit, la friction, la vibration, l’écrasement, la disparition, par cette mémoire sonore.
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Dans la croyance shintô, apparue au VIIIe siècle, la notion « ujigami » nous intéresserait. À l’origine, « ujigami » – « uji » (le clan, le nom de famille) et « gami » (kami, dieu) – signifient les esprits des ancêtres qui descendent d’un clan. Ma famille venant du Sud du Japon (Préfecture de Kagoshima, Kyushu), s’est installée à Kotoni ensuite à Shinkotoni, comme une des premières troupes de « Tondenhei » (colonie de peuplement militaire, créée par le nouveau Gouvernement du Japon après la Restauration de Meiji). Ces troupes étaient envoyées pour le développement des défenses à Hokkaido face aux pays étrangers notamment à l’Empire russe. Depuis 1874, les « Tondenhei » ont été successivement envoyés pour défendre le pays contre les ennemis. Ma famille « okubo », lorsqu’elle vint à Hokkaido, apporta un plant, qui a fini sa vie plus de 120 ans plus tard dans un terrain « étranger ». L’ujigami de ma famille était celui-ci. Je me rappelle que lorsque j’étais enfant ma tante m’a demandé de lui offrir du riz et de l’eau. Cet arbre se situait derrière de la maison actuelle de mes parents. Je me rappelle également du moment où j’ai appris sa disparition. Je pensais à la famille de moineaux qui était nourrie par du riz offert. C’était un automne où j’étais lycéenne.
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Le nom peut être quelque chose à entendre, à voir et à donner le sens à la vie d’une personne qui le possède. La figure d’un nom est donc l’entité auditive, visuelle et significative. Parlons des exemples concrets. Mon nom apparait sur la carte, le passe qui me permet d’entrer dans Grand Palais en tant que musicien. (J’y ai joué dans un concert lors d’un salon professionnel.) Le nom, comme on le considère en général, est un « signe officiel » qui identifie une personne. Le nom devra être marqué correctement par une seule façon comme il est « enregistré » par le collectif social. Toutefois, heureusement (pour moi), il reste « figuratif ». Il est toujours culturel, répétitif et banal (moins au Japon qu’à l’Occident, il me semble), sémiotique et vague. Mon nom est 大久保美紀, il est enregistré comme cela. Selon les alphabets latins, ce nom devrait marquée comme « Miki Okubo », cette écriture se trouve dans mon passeport, dans tous mes papiers que j’ai fait dans les pays où l’alphabet latin est utilisé comme une des langues « officielles ». Toutefois, sémantiquement ce n’est pas du tout la même nom. L’écriture « 大久保美紀 » possède une/des signification(s) compréhensibles mais pas « Miki Okubo », alors c’est phonétique. Ce passe me marquant Miky Okubo n’est alors pour moi pas faux. Je n’ignore ici la différence sonore entre y et i, bien entendu, ce n’est pas la même chose, mais c’est pour dire que pour moi soit Miky Okubo, Miki, Mickey, Mikki… il fonctionne en tant qu’un son pour m’appeler et c’est ce qui est d’essentiel dans une condition où ce qui est figuré ne possède plus d’un sens mais qui est exactement « phonétique » bien qu’il porte une importance comme l’un des moyens d’identifications dans notre société.
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