septembre 2016

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En cours… Un genre de Bruce Nauman dans son atelier: la peinture pense plus que la performance. Bruce Nauman « Wal’king in a Exaggerated Manner Around the Perimeter of a Square » 1/2 [1967-68]. Et la guerre ou la paix entre la page de texte et le portrait ecce homo. Quand le paysage est du texte et quel texte? En vente en ligne sur johnnygonzoartshop.tictail.com. En écho entre autres  à Raymond Pettibon, un artiste du texte & image, apprécié par J.G.



J. Gonzo, Maryline*, acrylique sur toile, 60cm x 60cm, et Dionysos, acrylique sur toile, 60cm x 73cm, août 2016, Paris 11e. En vente en ligne sur johnnygonzoartshop.tictail.com Lire la suite »


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J. Gonzo, L’amour et les sentiments, acrylique et poska sur toile, 81cm x 54cm, et, Joueur, acrylique sur toile, 60cm x 80cm, août 2016, Paris 11e. En vente en ligne sur johnnygonzoartshop.tictail.com

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Tout le monde aime les rouge-gorge. On est content de les avoir dans le jardin. Ils sont beaux, ils sont jolis, ils sont mignons. Un rouge-gorge mort attire la compassion. Tous disent, « c’est dommage » « c’est triste » etc. Pourquoi lui? Pourquoi pas un vert magnifique? Pourquoi lui? Pourquoi pas un pigeon mort écrasé par la voiture dans la rue? C’est pour leur couleur vive? Pour leur petit corps? Pour leur forme qui nous plaît? Ou encore parce qu’ils semblent plus précieux que les pigeons qui sont partout? Un rouge-gorge mort est triste. Plus que les autres animaux morts ou comme d’autres animaux morts? L’esthétique pour la forme est relative.

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« Le dessin parfait ». Un dessin peut-il être « parfait »? De quel point de vue? Qui juge? À quel moment est-il achevé en tant qu’œuvre? L’être humain dessine. Les animaux dessinent aussi. La nature est un grand dessinateur. Devant elle, que dessinons-nous? Comment? Pourquoi? Si la nature réalise les meilleures peintures tout avant que les êtres humains apprennent à dessiner et à peindre. La recherche de l’objectif de l’art. Non une consolation de l’esprit, non un moyen juste pour se détendre, non une imitation de la nature qui sait très bien nous montrer toute la forme possible. Y-a-il encore des choses à faire? Nous poserons toutes ces questions. Alors, nous ne pourrions passer la vie sans dessiner, sans créer, sans peindre, sans chanter et sans écrire? Non. Voilà. Les dessins « parfaits » nous hallucinent, nous fascinent et nous découragent. Toutefois nous n’avons qu’un seul choix devant toutes ces questions: nous faisons cela en tant que la nature. Bien sûr.

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 A l’occasion de la sortie de son livre, Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l’histoire, Michel Serres dialogue avec Nicolas Truong. in Le monde

Nicolas Truong. Vivons-nous un retour de la guerre et du tragique en Europe ?
Michel Serres. Né en 1930 dans le sud-ouest de la France, j’ai connu les réfugiés de la guerre d’Espagne et l’occupation nazie, et j’ai même servi comme officier de marine sur divers vaisseaux de la Marine nationale, notamment lors de la réouverture du canal de Suez et durant la guerre d’Algérie. Auschwitz et Hiroshima m’ont marqué à jamais. Ainsi, tout mon corps est fait de guerre. Et comme toutes les personnes de ma génération, mon âme est faite de paix. Etant donné mon âge, je suis obligé d’établir une comparaison. Et celle-ci est frappante. Entre les crimes de Franco, Hitler, Staline ou Pol Pot et ceux que nous vivons, mais qui font bien moins de morts et de blessés, il n’y a pas photo. En regard de ce que j’ai vécu durant le premier tiers de ma vie, nous vivons des temps de paix. J’oserai même dire que l’Europe occidentale vit une époque paradisiaque. Loin de moi l’idée de minimiser les violences et les victimes du terrorisme islamique. Mais c’est un fait historique : depuis sa fondation, l’Union européenne a traversé soixante-dix ans de paix, ce qui n’était pas arrivé… depuis la guerre de Troie ! Le tsunami des réfugiés est significatif à cet égard. Où cherchent à aller tous ces nouveaux damnés de la terre ? Chez nous, en Europe, parce que nous vivons dans la paix et la prospérité.

Nicolas Truong. Pourquoi sommes-nous plus sensibles et vulnérables face à la violence terroriste ?
Michel Serres. C’est précisément parce que nous vivons dans un îlot de paix, à l’abri des grands conflits, que nous sommes hypersensibles au moindre frémissement de tragique, à la moindre déflagration de violence. Regardons les chiffres et les statistiques en face : le terrorisme est la dernière cause de mortalité dans le monde. Les homicides sont en régression. Le tabac, les accidents de voiture ou même les crimes liés à la liberté du port d’arme tuent bien plus que le terrorisme. Les citoyens contemporains ont une chance sur 10 millions de mourir du terrorisme, alors qu’ils ont une chance sur 700 000 d’être tués par la chute d’un astéroïde !

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(Sic)

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Saint Égrève. Au jardin.

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Loggia d’Isaline

in Karl Jaspers, Strindberg et Van Gogh, Swedenborg – Hölderlin. Traduit de l’allemand par Hélène Naef précédé de «La folie par excellence» par Maurice Blanchot, collection Arguments, édition de 1970, 244 pages. L’étude, elle, paraît en 1922. Rééditée en 1949, avec une nouvelle introduction par Karl Jaspers: «La philosophie n’a pas un champ d’étude qui lui soit propre, mais les recherches scientifiques concrètes deviennent philosophiques si elles remontent consciemment jusqu’aux limites et aux sources de notre être. […] cette analyse était simplement le moyen de trouver les points de vue où l’on doit se placer pour apercevoir les énigmes véritables et en prendre conscience.» La Deuxième partie du livre, «Comparaison entre Strindberg et d’autres schizophrènes d’un niveau spirituel élevé», comporte le chapitre IV pp.187-219, intitulé «VAN GOGH, exposé biographique et pathologique». Mais on peut lire le dit exposé comme un simple et magnifique essai de théorie de l’art à propos de Van Gogh. C’est «l’originalité, le côté exceptionnel» de l’art de Van Gogh qui est mis à nu. Il reste à faire un travail de reprise du corpus chronologique (impossible semble-t-il) de toute son œuvre au regard de ses lettres qui, elles, établissent sa biographie « à la lettre ». Le parallèle avec Hölderlin est particulièrement séduisant, la qualité de l’un et de l’autre trouvant une belle équivalence. [Les mots en rose signalent les débuts de paragraphe. Les mots en bleu les mots et expressions que nous soulignons.]

«On ne possède pas, pour la maladie de Van Gogh comme pour celle de Hölderlin, une pathologie déjà établie. Je tenterai donc de faire tout d’abord un portrait, une description de la vie de l’homme d’après les documents dont je dispose. (lettres de Van Gogh à son frère Théo).
 La nature de Van Gogh (né en 1853) n’est pas de celles que l’on rencontre couramment. Il a une disposition à s’isoler, il peut passer pour sauvage malgré les aspirations contraires qui lui font rechercher la compagnie et l’amitié. Pour la plupart de ceux qui l’entourent —pas pour tous—, la vie commune avec lui est difficile; il a peu de succès dans ses relations avec autrui. On nous dit que «Van Gogh prêtait à rire par sa manière d’être et de se comporter, car il agissait, pensait, sentait et vivait autrement que les jeunes gens de son âge… Il avait toujours une expression absente, méditative, grave ou mélancolique. Mais lorsqu’il riait, c’était de bon cœur, avec jovialité, et tout son visage s’éclairait». 
Il s’adapte difficilement ou pas du tout; il semble n’avoir aucun but, et pourtant il est animé d’un sentiment qu’il faut bien nommer foi. Quoiqu’il soit demeuré longtemps inoccupé et sans but précis, il reste toujours persuadé d’être porté par le destin. Très religieux dès sa jeunesse, il est jusqu’à la fin soutenu dans toute son activité par une piété consciente qui ne doit rien à l’Église ou aux dogmes. De tout temps, il va au substantiel, à l’essentiel, au sens profond de l’existence; alors qu’il est employé chez le marchand de tableaux Goupil, il ne parvient pas à fournir le travail qu’on attend de lui, parce qu’il place la valeur artistique, la qualité de la marchandise au-dessus des intérêts de la maison; il n’a pas plus de chance comme répétiteur en Angleterre, car il poursuit des objets tout à fait étrangers à ses fonctions. De même, quand il se lance dans la théologie, les études l’éloignent du sens de sa vocation qui est d’apporter l’évangile aux hommes, et il considère «toute l’université, du moins en ce qui concerne la théologie comme une inénarrable école de fausseté et de pharisaïsme.» Finalement, il évangélise les mineurs du Borinage en qualité d’assistant volontaire, mais il tombe dans une déchéance telle qu’un beau jour son père vient le chercher et le ramène à la maison. Il a environ 26 ans. Lire la suite »

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