avril 2015

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Une proposition intéressante http://www.bruno-latour.fr/fr/node/631

Le programme expérimental en arts politiques (SPEAP) recrute pour 2015-2016

Le programme d’expérimentation en arts et politique s’inspire des notions clefs d’expérimentation, d’enquête et de représentation pour imaginer des dispositifs qui combinent les sciences sociales, les arts et le politique. Il s’agit de travailler au renouvellement des formats qui servent à définir la « chose publique ». SPEAP met en place un espace d’expérimentation en s’inspirant de la philosophie pragmatique, de la sociologie et de l’histoire des sciences, aussi bien que de l’histoire de l’art. L’originalité de la formation est de faire travailler pendant un an les participants en groupe sur des projets concrets relevant d’enjeux réels. SPEAP recrute pour la rentrée prochaine des chercheurs en sciences et en sciences sociales, des artistes, des designers, des activistes et des cadres issus des milieux culturels ou politiques, pour travailler sur la question de la représentation des territoires. Pour être sélectionnés parmi les vingt étudiants de la prochaine promotion, les candidats doivent proposer, dans le médium de leur choix, une réponse à l’exercice suivant :

Mettre en scène les territoires ? Paysages, sols, sous-sols.

DATE LIMITE : 30 MAI 2015

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Vu d’une fenêtre du Centre PasquArt, le jour du vernissage, http://www.pasquart.ch/index.php?ref=portal&lang=fr

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Berges aux abords du lac.

http://www.telegraph.co.uk/gardening/gardeningpicturegalleries/11539674/Beautiful-spring-gardens-with-free-entry-for-National-Open-Gardens-day.html

http://www.ngs.org.uk/ngs-volunteers-area/website.aspx

in Encyclopedia universalis*. Cet article montre qu’une lutte effective contre la pollution atmosphérique urbaine est menée depuis le 17e siècleLa pollution atmosphérique préoccupe fortement l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), qui a lancé plusieurs alertes, en déclarant la pollution de l’atmosphère comme cancérigène et en rappelant qu’elle est responsable de quelque sept millions de morts par an dans le monde. À cette pollution s’ajoute la pollution de l’intérieur des locaux, qui constitue un fléau, surtout lorsque les combustibles utilisés sont le bois ou le charbon de bois. Selon l’Agence européenne de l’environnement (A.E.E.), 90 p. 100 des citadins européens sont exposés régulièrement à des seuils de particules fines supérieurs aux recommandations de l’O.M.S. En effet, les villes, par la densité de population et le déploiement de la mobilité et des activités qui les caractérisent, sont des sources de pollution importantes, et il est d’autant plus nécessaire de les prendre en compte que plus de la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine. Les polluants issus de phénomènes de combustion ont un impact fort sur la santé et contribuent au changement climatique. Ils interrogent la politique de la ville : transports, énergie, habitat…

1. La ville entre l’hygiénisme et l’environnement

Plusieurs ruptures essentielles ont marqué l’histoire des villes industrielles, qui ont longtemps été des lieux considérés comme « miasmatiques » et pestilentiels. Au XVIIIe siècle, le lien entre qualité de l’air et santé était très présent dans la gestion des villes. L’air était censé véhiculer les mauvaises odeurs et les maladies. Il convenait donc d’ouvrir de grandes artères pour la circulation et d’évacuer les cimetières et les ordures vers la périphérie (A. Corbin, 2008). Le 28 juin 1884, la démarche du conseil municipal de Saint-Étienne de demander au conseil d’hygiène une autorisation de construire montre l’importance accordée à l’air et au vent dans la dispersion des odeurs putrides : « le vent du Nord si favorable à la santé publique est arrêté par cette barrière et il se répand ensuite trop lentement sur la ville de Saint-Étienne chargé des miasmes qu’il empreinte à tous ces foyers insalubres. » Les urbanistes traquent les eaux stagnantes et putrides. Ainsi, une attention grandissante est portée sur l’eau dont on découvre la responsabilité dans la propagation des épidémies de choléra. Ce sont alors les ingénieurs qui assainissent la ville en canalisant les eaux usées. Les découvertes pastoriennes, en identifiant les bactéries comme responsables des maladies, ont permis de négliger l’influence de l’environnement au profit de la technique et de la chimie qui, progressivement, se sont imposées comme des réponses à tous les maux. Durant la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe, le développement industriel, en négligeant les plaintes des riverains incommodés, est apparu comme porteur d’hygiène et de progrès et, donc, favorable à l’éradication des fléaux urbains qu’étaient la tuberculose, le choléra et les grandes épidémies. Cet état d’esprit, particulièrement développé en France, s’est affirmé après la Seconde Guerre mondiale, durant les Trente Glorieuses, appelées également les « Trente Pollueuses », période consacrée à la reconstruction, devenue une telle priorité que les considérations sanitaires et environnementales se sont effacées devant l’impérieuse nécessité d’une croissance économique forte (J.-B. Fressoz, 2014).

En Angleterre, la pollution urbaine avait attiré l’attention des pouvoirs publics dès 1661, à l’occasion de la publication d’un des premiers ouvrages consacrés à la pollution (ici de Londres) : Fumifugium, de John Evelyn. Cependant, le grand smog de Londres, en 1952, responsable de quelque quinze mille morts attribuables à la combustion du charbon, attire de nouveau l’attention des médecins, qui prennent conscience de l’impact des fumées sur la santé et donnent à la notion de pollution atmosphérique sa résonance actuelle, avec la mesure des niveaux des différents polluants comparés à leurs normes de référence.

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DISCOVERY CHANNEL VERTICAL FOREST from Stefano Boeri Architetti on Vimeo.

Dans le tout nouveau quartier milanais de Porta Nuova s’élèvent des tours où poussent des arbres. Luisa Ballin, pour la rubrique Samedi culturel du journal Le Temps rencontre Stefano Boeri, l’architecte italien de ce Bosco Verticale.

Luisa Ballin : La Forêt verticale sise au cœur de l’île de Porta Nuova a-t-elle pour ambition d’être le manifeste de l’Exposition universelle Milan 2015?

Stefano Boeri : Oui. J’espère que la Forêt verticale permettra de comprendre qu’au cœur de villes très construites comme le sont Milan, Pékin, Shanghai ou Moscou, métropoles qui connaissent par ailleurs un niveau de pollution élevé dû au trafic et à l’utilisation de combustibles fossiles, le fait de doter chaque appartement d’une terrasse ou d’un balcon avec des plantes, des arbres et des arbustes constitue un apport important pour un environnement durable. Cela implique aussi d’inclure des espèces vivantes comme les coccinelles, insectes utiles que l’on ne voit presque plus dans les grandes villes. Si notre expérience réussit, elle pourra être un exemple pour d’autres métropoles où le manque d’espace au sol oblige à construire en hauteur. La Forêt verticale montre que l’on peut bâtir des gratte-ciel pratiques et harmonieux.

Luisa Ballin : Contribue-t-elle à faire de Milan un lieu de recherche dans le domaine de la biodiversité et un exemple d’architecture verte?

Stefano Boeri :Je le souhaite d’autant plus que le thème de l’Exposition universelle Milan 2015 touche à l’alimentation et au concept d’énergie pour la vie, qui est aussi garantie par une grande diversité de la faune et de la flore. Mais je ne suis pas certain que ce projet ambitieux puisse se développer à moyen terme.

Luisa Ballin : Pourquoi? Par défaut de moyens économiques et de vision à long terme? Par manque de volonté politique?

Stefano Boeri : Pour toutes ces raisons. J’étais tout récemment en Chine, où j’ai rencontré les responsables d’une agence liée au gouvernement qui cherchent à bâtir un projet similaire. Nos interlocuteurs chinois nous ont proposé de créer, à Pékin, une agence sino-italienne autour du thème de la Forêt verticale. A Shanghai, mes collaborateurs et moi avons été invités à l’université et là aussi, nous avons constaté un grand intérêt pour notre travail, parce que les Chinois connaissent aussi de graves problèmes de pollution. Une volonté politique est indispensable pour mener à bien ce type de projet architectural novateur. Il faut certes du temps pour qu’une telle expérience réussisse, mais elle peut s’avérer très utile.

Luisa Ballin : Vous avez aussi essuyé des critiques concernant la Forêt verticale et plus généralement à propos du réaménagement du quartier de Porta Nuova. Certaines personnes affirmant que ce projet faramineux manquait de poésie. Que leur répondez-vous?

Stefano Boeri : La zone de Porta Nuova a changé le rapport entre les Milanais et l’idée qu’ils se faisaient de toute innovation. Milan est une ville très conservatrice et tout ce qui est nouveau était vu auparavant avec une grande suspicion. Le projet lié à Porta Nuova a su transmettre le message que Milan est une ville qui prend des risques et qui change de façon spectaculaire. Porta Nuova a conquis le cœur des Milanais parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une question d’image ou de transformation de l’espace, mais d’un projet qui a offert aux Milanais de nouveaux lieux. Il n’est pas facile de créer une nouvelle place au cœur de Milan, comme c’est le cas de la place Gae Aulenti, et d’imaginer un espace qui ait une âme. Notre projet de construire en hauteur est aussi doté d’un parc qui permet de se connecter directement au centre-ville, puisque l’on peut aller à pied de Porta Nuova à Piazza del Duomo. Le quartier de Porta Nuova est devenu une partie de l’âme de Milan malgré la méfiance et certaines critiques. Les Milanais ont adhéré en majorité à cette réalisation, et c’est bon signe.

Luisa Ballin : Vous avez aussi un projet avec le célèbre chanteur Adriano Celentano. Comment est née l’idée du Borgo dell’aggiusta tutto (le Bourg du répare tout)?

Stefano Boeri : Cette idée est née d’une discussion autour d’un modèle de ville. Celentano est un artiste obstiné qui, depuis l’âge de 16 ans, nourrit une véritable passion pour un habitat qui garde un rapport authentique entre la campagne et la ville. Ma première rencontre avec Celentano a été plutôt difficile parce qu’au début, il était très critique envers la Forêt verticale. Puis, lorsque le projet a pris forme, il est devenu l’un de nos plus fidèles soutiens. Cela m’a beaucoup réjoui et, après de nombreuses discussions, l’idée de monter ensemble le projet d’un bourg en ville a germé. Nous avons pensé à un espace avec toutes les caractéristiques propres à un mode de vie contemporain tout en prévoyant un lieu où l’on puisse réparer ce qui se casse, sans avoir à le remplacer par l’achat de nouveaux produits. C’est un projet de longue haleine et il faudra du temps pour le mener à bien.

Luisa Ballin : On vous reproche aussi de réaliser des projets qui coûtent cher…

Stefano Boeri : Cela dépend desquels! Certes, les appartements des deux tours de la Forêt verticale ont été conçus pour des personnes à haut revenu. Le prix du mètre carré varie entre 6000 et 13 000 euros, voire plus pour les étages les plus élevés. C’est un projet qui n’est pas pour toutes les bourses, j’en conviens. Mais mon équipe et moi proposons aussi des projets populaires, comme par exemple l’idée d’une Maison-Forêt construite avec des panneaux en bois préfabriqués destinée à des coopératives sociales. Ce projet devrait aussi voir le jour à Milan. Nous avons d’ailleurs construit un ensemble de logements à loyers modérés à Soregno, près de Milan. L’architecture doit aussi jouer un rôle social.

Luisa Ballin : Milan est la capitale de la mode et du design. Voulez-vous en faire aussi une capitale de l’architecture?

Stefano Boeri : Milan a toujours été une capitale européenne de l’architecture. A certains moments de son histoire elle a très bien tenu ce rang, à d’autres périodes elle a eu plus de mal à le faire. En organisant MI/ARCH, une série de rencontres publiques autour de l’architecture urbaine, en novembre 2013 au Politecnico et à la Triennale, j’ai invité ici des architectes de renommée mondiale travaillant à la transformation de Milan, comme le font Herzog & de Meuron ou Zaha Hadid. Nous avons ainsi accueilli Renzo Piano, César Pelli, Kazuyo Sejima, Rem Koolhaas, Arata Isozaki, Yvonne Farrell, Shelley McNamara, Daniel Libeskind et David Chipperfield. Preuve que Milan est une ville phare de l’architecture.

Luisa Ballin : Que signifie l’Exposition universelle pour Milan?

Stefano Boeri : J’espère que l’Expo sera un succès. Le thème de l’alimentation est important pour Milan qui est également une métropole agricole, même si l’on a parfois tendance à l’oublier. Tout comme elle est un centre important dans le domaine de la restauration et de l’alimentation. Mais il ne suffit pas de réussir l’Expo, il faut aussi penser à l’après-Expo, pour que l’espace qui a accueilli cet événement d’envergure internationale ne devienne pas un quartier fantôme comme cela a été le cas de tant de villes qui ont organisé des Jeux olympiques, par exemple.

Luisa Ballin : Quelle serait la meilleure solution pour l’après-Expo?

Stefano Boeri : Milan pourrait devenir un haut lieu de la recherche liée à l’agro-alimentaire ou une agence de l’ONU consacrée à l’eau et à la biodiversité par exemple, un espace d’excellence où chercheurs et étudiants analyseraient l’impact des climats et microclimats que l’on trouve dans le monde. Ou bien encore un endroit pour étudier la centaine d’espèces que nous trouvons ici et les différentes populations d’insectes que l’on trouve ailleurs. L’une ou l’autre de ces idées pourrait se transformer en un projet utile qui prouverait qu’il peut rester quelque chose de concret à Milan après l’Expo. Ce serait important non seulement pour les Milanais mais pour tous les citoyens intéressés à une alimentation saine et à un développement véritablement durable.

Liens > http://lantb.net/uebersicht/?p=9244

perrin
Pierre Schoendoerffer, La 317e section (1), 1965. La mort du lieutenant Torrens (Jacques Perrin) dans la nature. (cliquer sur l’image)

Raoul Coutard (2), le chef opérateur, signe une image noir et blanc belle à couper le souffle, comme il signait celle d’A bout de souffle. Le lieutenant Torrens (Jacques Perrin), blessé à mort  comme le Michel Poiccard (Belmondo) d’A bout de souffle, dit presque à l’identique : « C’est dégueulasse ! ». Le sergent Willsdorff (Bruno Crémer), comme la Patricia (Jane Seberg) d’A bout de souffle, dit presque à l’identique : « Qu’est-ce que ça veut dire dégueulasse? » et ajoute « C’est la guerre. »
«Le tournage a lieu au Cambodge près de la frontière vietnamienne et la figuration est assurée par l’armée royale du Cambodge mise à la disposition du réalisateur par Sa Majesté Norodom Sihanouk, cinéphile et cinéaste averti, dont Schoendoerffer avait fait la connaissance à l’occasion de l’un des premiers sujets tournés pour le Service Presse Information à son arrivée en Indochine en 1952. L’un des officiers cambodgiens joue d’ailleurs le rôle de Ba Kut, caporal supplétif attaché au sergent Willsdorff incarné par Bruno Crémer, acteur que Pierre Schoendoerffer avait remarqué au théâtre et dans lequel il retrouvait les traits d’un Bigeard.»
(1) http://www.cinematheque.fr/fr/musee-collections/actualite-collections/actualite-patrimoniale/la317e-section.html
(2) http://www.cinematheque.fr/uk/museum-and-collections/actualite-collections/actualite-patrimoniale/journee-coutard.html