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Communication d’Anne Cheng au colloque de rentrée 2020 du collège de France « Civilisations : questionner l’identité et la diversité » sous le titre même de son cours 2020-2021: « La Chine est-elle (encore) une civilisation?
résumé de la communication

« Telle est la question qui fera l’objet de mon nouveau cours au Collège de France. Elle a été provoquée par cette année 2020 si imprévue et inédite dans l’histoire de notre monde qui s’est retrouvé en quelques semaines plongé tout entier dans une crise sanitaire et – partant – économique généralisée, de quoi bouleverser et remettre radicalement en question notre idée de la civilisation, c’est-à-dire celle qui est propre à notre monde moderne, mû par des modèles économiques de type capitaliste et par une industrialisation et des technologies dites « avancées ». La civilisation (rarement le mot n’aura été autant galvaudé qu’aujourd’hui) est donc censée caractériser un monde dont les grandes puissances de la planète se considèrent comme constitutives de plein droit, en opposition plus ou moins explicite à celui de la « sauvagerie » ou de la « barbarie » des « autres ».

Dans ce tableau, il semble aller de soi que la Chine fait partie intégrante de la civilisation, d’autant plus qu’elle se projette elle-même comme une grande civilisation, voire comme l’une des rares dans l’histoire de l’humanité qui aient « perduré de manière continue pendant cinq mille ans » (c’est du moins la vulgate que l’on trouve un peu partout dans les médias). En conséquence, à aucun moment le regard porté sur la « civilisation chinoise », ni celui qu’elle porte sur elle-même, ne s’est posé la question qui a été pourtant soulevée au sujet de la « civilisation indienne », celle de savoir s’il ne s’agirait pas d’un mythe. Le parallèle avec l’Inde est une fois de plus éclairant en ce que les deux « géants de l’Asie », comme on aime les appeler, sont considérés comme des civilisations plurimillénaires autant que comme des États modernes, qui se comparent avantageusement aux civilisations beaucoup plus récentes que sont l’Europe et a fortiori l’Amérique du Nord. Or, la pandémie qui s’est répandue cette année dans le monde entier à partir du cœur du bien nommé « Pays du milieu » et les réactions qu’elle a suscitées chez ses dirigeants et ceux des autres grandes puissances devraient nous amener à nous interroger sur la signification de la notion de « civilisation » appliquée à notre monde moderne, et tout particulièrement sur la pérennité et la nature de la civilisation unique que la Chine est censée constituer à elle seule. »

https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2020/symposium-2020-10-23-10h15.htm

Le programme du cours 2020-2021 lui-même

https://www.college-de-france.fr/site/anne-cheng/course-2020-2021.htm

« Après s’être intéressée aux constructions anciennes et actuelles de la figure de Confucius, ainsi qu’aux prétentions chinoises à l’universalité, notamment dans ses relations avec le grand voisin indien, Anne Cheng posera cette année la question : dans quelle mesure la Chine est-elle, encore aujourd’hui, une civilisation ? »

Vidéo du premier cours devant une salle vide.

Résumé de la communication d’Étienne Papin, au colloque de rentrée 2020, au Collège de France : « Civilisations : questionner l’identité et la diversité.

https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2020/symposium-2020-10-22-15h15.htm

« Population(s) humaine(s) : barrières, flux et brassages »

« Concept central en génétique, la population est définie comme un ensemble d’individus interféconds évoluant dans le temps et l’espace. La théorie prédit que sa taille, sa structure, et son isolement des autres populations affectent sa diversité génétique. À la fin du XXsiècle, le développement de la biologie moléculaire permet de mesurer les niveaux de variation du génome humain. Ces mesures sont utilisées pour construire une généalogie simple des grands ensembles de populations humaines, soutenant une origine africaine d’Homo sapiens. À l’heure du séquençage massif de génomes modernes et anciens, il devient cependant évident que les populations ne sont pas des entités statiques et isolées les unes des autres. Notre espèce forme une métapopulation dynamique qui connaît des périodes d’isolement génétique, interrompues par des vagues migratoires massives. Sur tous les continents, les populations qu’on associe à de grands ensembles socio-culturels descendent du métissage de groupes aux origines aussi variées qu’inattendues. Ces découvertes nous amènent à mieux comprendre notre identité en tant qu’espèce, et questionnent l’évolution conjointe des cultures et des peuples qui en sont dépositaires. »

 

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Dans le cadre du colloque de rentrée 2020 du Collège de France « Civilisations : questionner l’identité et la diversité ».
https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2020/index.htm

Communication de Francesco d’Errico : « La faute des civilisations »

* ci-dessus deux slides successives à [19:00] du début de la communication, images à charge contre l’archéologue Gustave Kossinna et sa formule autochtoniste emblématique : «Un pot, un peuple» contredite par la carte du territoire culturel de la Corded Warela culture de la céramique cordée qui « doit son nom à ses poteries décorées par impression de cordelettes sur l’argile crue (avant cuisson) [slide 2]. Elle s’étendit sur tout le nord de l’Europe continentale, de la Russie au nord-est de la France en passant par la Scandinavie méridionale (où elle est désignée comme culture des tombes individuelles, Einzelgrabkultur, et plus au nord comme « culture des haches de combat »). Elle connût une migration de populations importantes venues de l’Est, devant leur ascendance à la culture Yamna.» (wikipedia)

https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2020/symposium-2020-10-22-10h45.htm

Résumé de la communication :

« Pour le préhistorien que je suis, le mot « civilisation » est quelque peu dérangeant. On aura sans doute une sensation de déjà vu en lisant à propos des civilisations égyptiennes et aztèques, on acceptera de bon gré les arguments de ceux qui nous parlent de civilisation cardiale ou magdalénienne mais on sera interloqué par des collègues qui voudraient nous faire croire à une civilisation néandertalienne et même choqué par ceux qui nous imposeraient une civilisation australopithèque ou chimpanzé. Pourquoi une civilisation chinoise irait de soi mais celle des San du Kalahari nous poserait problème ? La raison du dérangement tient au premier abord aux nombreuses utilisations nationalistes, impérialistes et colonialistes du mot, source de préjudices plus vifs qu’on pourrait le croire dans l’imaginaire collectif. Ne sommes-nous pas entourés de concitoyens qui croient à la suprématie mondiale de la cuisine française, fleuron de la « civilisation française » ? Pour le chercheur, le dérangement vient de l’incapacité du mot à se libérer de sa nature dichotomique, de sa propension, en somme, à créer une frontière entre les membres ou assimilés et les autres, entre un avant et un après. Définitions et mises en garde ne suffisent pas pour parer l’effet barrière que le mot entraîne inévitablement. Les recherches sur l’évolution humaine ont été longtemps victimes de ce paradigme. On a cru qu’une révolution biologique et culturelle aurait créé les conditions nécessaires à la naissance des civilisations. On se rend compte de plus en plus que cette vision nous a empêchés de comprendre les processus culturels et biologiques qui ont forgé sur le long terme les cultures humaines et leur place dans la nature. »

 

 

Dans le cadre du Colloque de rentrée 2020 au Collège de France « Civilisations : questionner l’identité et la diversité »

Résumé de la conférence de Céline Spector « L’émergence du concept de civilisation au siècle des lumières »

« C’est à partir de la rationalisation des mœurs opérée par L’Esprit des lois que sont apparues dans la seconde moitié du XVIIIsiècle des théories de la « civilisation ». En France et en Écosse, ces théories émergentes héritent de la représentation de la causalité historique élaborée par Montesquieu et tentent d’évaluer le rôle des grands législateurs ainsi que la part qu’il convient d’accorder à l’irrationnel et à l’involontaire dans l’histoire, dans le cadre d’une relégation du schème contractualiste. Mais là où les premières, en France, accordent généralement le primat aux causes morales d’ordre politique, les secondes, en Écosse, reconstruisent les rapports du physique et du moral grâce aux apports d’une science nouvelle, l’économie politique.

Notre communication abordera les questions suivantes. Selon quel processus le projet d’une « science des mœurs », qui connaît encore des émules du temps de Montesquieu, s’est-il effacé devant la volonté de procéder à une description empirique de la diversité des sociétés ? Pourquoi cette tentative d’abord descriptive ou explicative s’est-elle rapidement traduite, au XVIIIsiècle, par l’avènement de théories de la civilisation – prenant parfois la figure de philosophies de l’histoire ou d’histoires naturelles de l’homme ? À quelles conditions théoriques s’est opérée cette mutation, et, le cas échéant, à quel prix ? »

Céline Spector est professeure de philosophie politique à l’UFR de philosophie de Sorbonne Université. Ses travaux sont consacrés à la philosophie des Lumières  (Montesquieu, Rousseau) et à son héritage contemporain, dont  Au prisme de Rousseau. Usages politiquescontemporains (Oxford, Voltaire Foundation, 2011) ; Rousseau. Les paradoxes de l’autonomie démocratique (Paris, Michalon, 2015) ; Rousseau et la critique de l’économie politique (Presses Universitaires de Bordeaux, 2017) ; Rousseau (Cambridge, Polity Press, 2019). »

Documents « support » projetés durant la conférence

https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2020/symposium-2020-10-22-10h00.htm

en exergue,


The porcelain piece Front Design Group for MOOOI at Iconic Vases Blow Away Vase ©Tuur Vermeiren

Peu d’inventivité au final dans le duo artiste-artisan Doppia Firma (Double signature) : reprise par Wanders de la sculpture en une minute d’esprit Fluxus repris déjà par Erwin Wurms et reprise d’une forme de peinture sur porcelaine fleurs et oiseaux classique par Wilma Plaisier, sans scène de genre comme au XVII siècle, inspiré de la porcelaine chinoise, ci-dessous.


Plat, décor en camaieu bleu, Delft, 17e siècle, musée de la poterie de Rouen


Delft


Les quatre saisons : deux femmes printemps été, deux hommes automne hiver, trois jeunes gens et un vieillard, pensifs, avec accessoires associés. Un thème suranné.


Terre de Lorraine décor de petit feu polychrome Saint-Clément 1780
Les deux photos ©jlggb