{"id":5971,"date":"2012-08-30T17:57:04","date_gmt":"2012-08-30T15:57:04","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=5971"},"modified":"2012-09-04T18:56:01","modified_gmt":"2012-09-04T16:56:01","slug":"de-la-tracabilite-des-roses","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=5971","title":{"rendered":"De la tra\u00e7abilit\u00e9 des roses"},"content":{"rendered":"<p><strong>Equateur : les roses du mal<\/strong><time itemprop=\"datePublished\" datetime=\"2012-08-30T19:06:38+02:00\">. in Lib\u00e9ration, 30 ao\u00fbt 2012<\/time>.<br \/>\nDans des serres, pr\u00e8s de Quito, des femmes expos\u00e9es aux pesticides travaillent sans aucune protection. Les m\u00e9decins d\u00e9noncent la multiplication de maladies chroniques. Dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Par <strong>SOPHIE TARDY-JOUBERT<\/strong><\/p>\n<div>\n<p>Elles se faufilent dans les serres, au milieu de <span style=\"color: #ff99cc;\">rang\u00e9es de roses plus grandes qu\u2019elles<\/span>, taillent, enl\u00e8vent les feuilles malades. D\u2019autres, en r\u00e9serve, retaillent, mesurent, \u00e9tiquettent, classent. Ici, en Equateur, au beau milieu de la cordill\u00e8re des Andes, <span style=\"color: #ff99cc;\">les ouvri\u00e8res de la rose<\/span> travaillent \u00e0 la cha\u00eene. Une organisation rod\u00e9e, visant un seul et m\u00eame but : satisfaire les demandes en fleurs de tous les pays. Des esp\u00e8ces de deux m\u00e8tres de haut pour la Russie, des boutons plus ferm\u00e9s pour les Europ\u00e9ens, des couleurs acidul\u00e9es pour les Etats-Unis : \u00e0 chaque destination ses caprices. L\u2019Equateur est le premier exportateur mondial de roses. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, il en a vendu 118\u00a0millions de kilos \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Et 20 % de cette production part chaque jour par avion vers l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>A deux heures de route au nord de Quito, \u00e0 2 700\u00a0m\u00e8tres d\u2019altitude, 85% de la population travaille dans les plantations. Autour de la ville de Cayambe, dans la province de Pinchincha, des vall\u00e9es verdoyantes, autrefois consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9levage et \u00e0 la culture de produits alimentaires, se couvrent peu\u00a0\u00e0 peu de plastiques blancs. Repr\u00e9sentant pr\u00e8s de 10% des exportations non p\u00e9troli\u00e8res du pays, la floriculture est l\u2019une des principales activit\u00e9s \u00e9conomiques de l\u2019Equateur, apr\u00e8s le commerce de la banane et celui des crevettes. Et, dans la sierra, les roseraies sont de loin les premiers pourvoyeurs d\u2019emplois.<\/p>\n<p>Comme la plupart des femmes de la r\u00e9gion, Isabel y est entr\u00e9e \u00e0 peine sortie de l\u2019adolescence. A 40\u00a0ans, cette m\u00e8re de famille est fatigu\u00e9e. Elle tousse, est souvent malade, montre ses mains ab\u00eem\u00e9es par les \u00e9pines de roses. <em>\u00abLa vieillesse commence \u00e0 me prendre\u00bb,<\/em> s\u2019inqui\u00e8te-t-elle apr\u00e8s une journ\u00e9e de travail, avachie dans un fauteuil d\u00e9fonc\u00e9. <em>\u00abCes derni\u00e8res ann\u00e9es, le salaire moyen a un peu augment\u00e9 pour atteindre 295\u00a0dollars mensuels [240\u00a0euros, ndlr], mais la charge de travail aussi. On doit assurer un rendement minimum : tailler 300\u00a0tiges par heure lorsque l\u2019on travaille dans les serres, ou pr\u00e9parer 30\u00a0paquets pr\u00eats \u00e0 l\u2019export si l\u2019on travaille dans l\u2019apr\u00e8s-r\u00e9colte. On n\u2019a pas une minute pour souffler. Je me demande comment je vais faire pour atteindre l\u2019\u00e2ge de la retraite, qui est d\u00e9sormais de 65\u00a0ans !\u00bb<\/em><\/p>\n<h4>\u00abJe dois aller chez le\u00a0m\u00e9decin tous les mois\u00bb<\/h4>\n<p>Quelques maisons plus loin, Gladys s\u2019inqui\u00e8te elle aussi. Ag\u00e9e de 39\u00a0ans, cette m\u00e8re c\u00e9libataire menue au look adolescent dit avoir de plus en plus de probl\u00e8mes de sant\u00e9. <em>\u00abDepuis trois\u00a0ans, je me sens mal, j\u2019ai de l\u2019arthrite et ma gorge me br\u00fble. Je dois aller chez le m\u00e9decin tous les mois. Je ne peux pratiquement plus travailler, mais il faut bien continuer. J\u2019ai trois enfants \u00e0 charge, dont deux qui font des \u00e9tudes.\u00bb \u00abUn jour, assure-t-elle, j\u2019essaierai de quitter la plantation pour trouver un autre travail.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Isabel et Gladys sont loin d\u2019\u00eatre des cas isol\u00e9s. Dans la sierra, tous les travailleurs des roses se plaignent. Maux de t\u00eate, de gorge, douleurs musculaires, probl\u00e8mes r\u00e9naux : les pathologies qu\u2019ils \u00e9voquent sont multiples. Jaime Breilh, m\u00e9decin et recteur de l\u2019universit\u00e9 de Quito, a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 mener une \u00e9tude sur la floriculture \u00e9quatorienne. Ses conclusions sont alarmantes. <em>\u00abSix travailleurs sur dix ont des probl\u00e8mes de sant\u00e9. Le pire est que certains n\u2019en sont m\u00eame pas conscients\u00bb,<\/em> assure ce quinquag\u00e9naire.<\/p>\n<p>Soucieux de ne pas nuire \u00e0 l\u2019image de son pays, ce dernier souligne toutefois que les travailleurs des roses sont plut\u00f4t mieux trait\u00e9s en Equateur qu\u2019ailleurs. Le pays, dirig\u00e9 par Rafael Correa, pr\u00e9sident socialiste proche du V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Hugo Ch\u00e1vez, leur garantit en effet un certain nombre de droits sociaux.<em> \u00abIci au moins, ils sont affili\u00e9s \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 sociale et, hors p\u00e9riode de Saint-Valentin ou de f\u00eate des M\u00e8res, ils ne travaillent pas plus de quarante\u00a0heures par semaine\u00bb,<\/em> explique Jaime Breilh. L\u2019usage des pesticides, en revanche, l\u2019inqui\u00e8te beaucoup. Les roseraies utiliseraient une trentaine de produits chimiques diff\u00e9rents, chacun ayant ses effets propres. <em>\u00abC\u2019est une toxicit\u00e9 chronique mais dissimul\u00e9e. A long terme, l\u2019exposition a, selon les produits, des effets sur les poumons, la moelle osseuse, le foie, les reins. Cela peut aussi provoquer des cancers et des maladies cong\u00e9nitales, comme la trisomie\u00bb,<\/em> explique-t-il. M\u00e9decin \u00e9galement, Ra\u00fal Harari a men\u00e9 sa propre enqu\u00eate en examinant les travailleurs. Et n\u2019h\u00e9site plus \u00e0 parler de <em>\u00abpand\u00e9mie silencieuse\u00bb.<\/em> <em>\u00abLe probl\u00e8me, c\u2019est que ce n\u2019est pas un accident du travail visible. Les effets sont pernicieux et se d\u00e9veloppent sur le long terme\u00bb,<\/em> dit-il.<\/p>\n<h4>\u00abJusqu\u2019\u00e0 ses 3\u00a0ans, elle ne marchait pas\u00bb<\/h4>\n<p><span style=\"color: #008000;\">Susanna habite avec ses six\u00a0enfants dans une maison au sol de terre battue,<\/span> en haut d\u2019une vall\u00e9e. Pendant qu\u2019elle travaille dans la plantation, la grand-m\u00e8re, une indig\u00e8ne v\u00eatue d\u2019un chemisier brod\u00e9 et d\u2019une jupe pliss\u00e9e, garde les enfants. Emily, la derni\u00e8re de la fratrie, ne la quitte pas une seconde. <em>\u00abJusqu\u2019\u00e0 ses 3\u00a0ans, elle ne marchait pas, elle ne pleurait pas. On voyait bien que quelque chose n\u2019allait pas. On a fini par comprendre qu\u2019elle avait une maladie, qu\u2019elle ne se d\u00e9velopperait pas comme les autres. Elle reste avec moi toute la journ\u00e9e et m\u2019accompagne pour donner \u00e0 manger aux animaux\u00bb,<\/em> explique la vieille dame avec tendresse.<\/p>\n<p>De retour de la plantation, la maman, une jeune femme timide, poursuit dans un murmure : <em>\u00abEmily est n\u00e9e avec un probl\u00e8me au cerveau et un probl\u00e8me de c\u0153ur. On ne sait pas tr\u00e8s bien pourquoi. Un m\u00e9decin m\u2019a dit que c\u2019est parce que je me faisais trop de soucis lorsque j\u2019\u00e9tais enceinte, un autre affirme que c\u2019est li\u00e9 \u00e0 mon travail dans la serre. Je ne sais pas quoi penser, mais c\u2019est possible, vu tout ce qu\u2019ils utilisent comme insecticides l\u00e0-bas.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Deshistoires comme celle d\u2019Emily, la sierra en charrie bien d\u2019autres. Tout le monde ici a entendu parler d\u2019une amie, d\u2019une s\u0153ur, d\u2019une voisine dont un enfant serait n\u00e9 avec des malformations. Dans les plantations, les m\u00e8res ont peur. <em>\u00abCela fait douze\u00a0ans que j\u2019y travaille, et j\u2019ai continu\u00e9 pendant mes trois grossesses\u00bb,<\/em> explique une femme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es v\u00eatue de mani\u00e8re traditionnelle &#8211; chemisier brod\u00e9, chapeau \u00e0 bords \u00e9troits et colliers d\u2019or en rangs serr\u00e9s.<em> \u00abJ\u2019ai tout fait pour me prot\u00e9ger : je changeais souvent de v\u00eatements, je me lavais le corps en rentrant \u00e0 la maison, je laissais couler un peu de lait avant de donner le sein \u00e0 mes b\u00e9b\u00e9s,<\/em> raconte-t-elle. <em>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous nous portons tous bien, mais pour combien de temps ? J\u2019ai peur de finir par tomber malade comme mes camarades.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>\u00abL\u2019urgence ? D\u00e9fendre la\u00a0pr\u00e9sence des syndicats\u00bb<\/h4>\n<p><span style=\"color: #008000;\">Autour des plantations, l\u2019herbe est surplomb\u00e9e par le glacier du volcan Cayambe, 5 800\u00a0m\u00e8tres d\u2019altitude.<\/span> De\u00a0ce paysage digne d\u2019une publicit\u00e9 Milka se d\u00e9gage par endroits une forte odeur de pesticides. Parmi les employ\u00e9s des roseraies, les femmes &#8211; jug\u00e9es plus d\u00e9vou\u00e9es et minutieuses &#8211; sont majoritaires. Mais, depuis peu, les hommes int\u00e8grent eux aussi les plantations. V\u00eatus d\u2019une combinaison et d\u2019un masque sur le visage, ils sont, entre autres, charg\u00e9s de r\u00e9pandre les herbicides. <em>\u00abContrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser, ce ne sont pas forc\u00e9ment eux les plus touch\u00e9s, car ils sont globalement mieux prot\u00e9g\u00e9s que les autres travailleurs\u00bb,<\/em> explique Jaime Breilh. Du personnel administratif aux petites mains qui mettent les fleurs en bouquets, tout le monde est expos\u00e9 aux pesticides dans les entreprises floricoles. Pour de nombreux employ\u00e9s, l\u2019\u00e9quipement n\u2019est pas ad\u00e9quat. <em>\u00abL\u2019entreprise pour laquelle je travaille ne me donne m\u00eame pas de gants, je dois les acheter moi-m\u00eame ! Or, il nous en faudrait au moins une paire par jour<\/em> <em> parce qu\u2019ils se d\u00e9chirent avec les \u00e9pines des roses\u00bb,<\/em> fulmine Maria, une travailleuse venue de Colombie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la vaporisation des pesticides, la loi impose th\u00e9oriquement aux floriculteurs de laisser le produit s\u00e9cher pendant six\u00a0heures avant que les employ\u00e9s ne regagnent la serre. Une disposition peu respect\u00e9e. <em>\u00abDans mon entreprise, ils les r\u00e9pandent alors que nous sommes toujours dans la serre\u00bb,<\/em> t\u00e9moigne Isabel. A l\u2019h\u00f4pital de Cayambe, les m\u00e9decins observent de pr\u00e8s les d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s par ces pratiques. <em>\u00abNous avons \u00e0 peu pr\u00e8s trois cas d\u2019intoxication aux pesticides par semaine, et plus encore pendant les p\u00e9riodes de rush comme la Saint-Valentin. Plus qu\u2019ailleurs, nous recensons des enfants avec des malformations et des retards mentaux\u00bb,<\/em> t\u00e9moignage Carlos Benavidas, m\u00e9decin urgentiste. Pour Jaime Breilh, il n\u2019y a pas de fatalit\u00e9. <em>\u00abCertaines entreprises font des efforts,<\/em> souligne-t-il. <em>Un quart des plantations b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019ailleurs du label Flower Label Program destin\u00e9 \u00e0 valoriser les soci\u00e9t\u00e9s qui respectent des crit\u00e8res sociaux et environnementaux. Cela ne veut pas dire qu\u2019elles sont irr\u00e9prochables, mais elles sont sur la bonne voie. Si, \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, nos clients sont vigilants et valorisent ce label, cela nous aidera \u00e0 faire respecter ces standards.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ces labels sont pourtant controvers\u00e9s. <em>\u00abCe n\u2019est qu\u2019une supercherie, du pur marketing !<\/em> estime le m\u00e9decin Ra\u00fal Harari. <em>Sur les 400\u00a0entreprises floricoles \u00e9quatoriennes, une seule dispose d\u2019un syndicat. L\u2019urgence, si l\u2019on veut donner des droits aux travailleurs, est de d\u00e9fendre la pr\u00e9sence des syndicats, pas celle des labels.\u00bb <\/em>De m\u00e8re en fille, les femmes de la cordill\u00e8re des Andes continuent \u00e0 travailler dans les roseraies. A 50\u00a0ans, Esperanza, \u00e9puis\u00e9e par la plantation, marche avec une canne. Ses deux filles de 21 et 26\u00a0ans suivent la m\u00eame voie. <em>\u00abCela m\u2019attriste de les voir \u00e0 leur tour donner leur jeunesse aux roses,<\/em> confie leur m\u00e8re. <em>Mais que peuvent-elles faire ? Il n\u2019y a pas d\u2019autres emplois ici et nous devons rembourser l\u2019emprunt de notre maison.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Certains finissent n\u00e9anmoins par trouver un moyen de sortir des plantations pour travailler dans les commerces en ville ou dans l\u2019agriculture potag\u00e8re. Et sont progressivement remplac\u00e9s par des travailleurs venus de la c\u00f4te pacifique, ou d\u2019autres pays, comme la Colombie. <em>\u00abIl y a du turnover car le travail est dur. Mais nous offrons de meilleures garanties que la plupart des pays producteurs de roses,<\/em> assure fi\u00e8rement Ignacio Perez Arteta, pr\u00e9sident d\u2019Expoflores, le plus grand syndicat de producteurs de roses d\u2019Equateur. <em>Nos fleurs sont les plus belles et les plus grandes du monde !\u00bb<\/em> Et de rappeler que <span style=\"color: #ff99cc;\">ces roses sont les favorites de Michelle Obama. Celles aussi que le prince Albert de Monaco a choisies pour son mariage<\/span>.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Equateur : les roses du mal. in Lib\u00e9ration, 30 ao\u00fbt 2012. Dans des serres, pr\u00e8s de Quito, des femmes expos\u00e9es aux pesticides travaillent sans aucune protection. Les m\u00e9decins d\u00e9noncent la multiplication de maladies chroniques. Dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. 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