{"id":4373,"date":"2012-02-03T09:14:42","date_gmt":"2012-02-03T08:14:42","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=4373"},"modified":"2012-02-08T15:55:35","modified_gmt":"2012-02-08T14:55:35","slug":"4373","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=4373","title":{"rendered":"\u00ab Quo vadis Europa ?\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\u00abQuo vadis Europa ?\u00bb<br \/>\nPar <a href=\"http:\/\/www.mondialisations.org\/php\/public\/art.php?id=13148&amp;lan=FR\" target=\"_blank\">Fran\u00e7ois de Bernard<\/a>, \u00a0<em>Lib\u00e9ration<\/em>, Rebonds,\u00a03 f\u00e9vrier 2012. [D&rsquo;o\u00f9 parle-t-il, that is the question]. On peut aussi, pour mondialiser le propos, \u00e9couter Badiou, vraiment pas mal, et malmen\u00e9 par Finkielkraut et Jean-Fran\u00e7ois Pradeau, philosophe, conseiller au cabinet de\u00a0 Nathalie Kosciusko-Morizet [sic!], samedi 4 f\u00e9vrier, <a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-repliques-lire-la-republique-2012-02-04\" target=\"_blank\">http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-repliques-lire-la-republique-2012-02-04<\/a>. On pourrait qualifier Badiou d&rsquo;<em>in\/compatible<\/em>, adjectif-titre du Festival Transmediale de cette ann\u00e9e \u00e0 Berlin <a href=\"http:\/\/incompatible.hotglue.org\/user\/4f325c6422b1a\/festival-conference\" target=\"_blank\">http:\/\/incompatible.hotglue.org\/user\/4f325c6422b1a\/festival-conference<\/a>. L&rsquo;article de Marie Lechner explicite ce terme et ce festival new media.*<\/p>\n<blockquote><p>L&rsquo;article de Fran\u00e7ois de Bernard:<\/p>\n<p>\u00abOn a \u00e9voqu\u00e9 la co\u00efncidence, on s\u2019en est \u00e9tonn\u00e9, \u00e9mu ou r\u00e9joui : le naufrage du Costa Concordia sur un r\u00e9cif de l\u2019\u00eele de Giglio appara\u00eet comme un \u00e9pilogue impressionnant du <em>Film<\/em> <em>socialisme<\/em> (1) de Jean-Luc Godard. Aussi faut-il voir ou revoir cette \u0153uvre d\u00e9cisive pour comprendre ce qui arrive \u00e0 l\u2019Europe et \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la d\u00e9rive.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que le Concordia ? C\u2019est \u00e0 la fois l\u2019Europe d\u00e9boussol\u00e9e et le capitalisme globalis\u00e9 qui sombrent ! Qui est ce capitaine irresponsable ? C\u2019est tout ensemble Sarkozy, Berlusconi, Cameron, Orb\u00e1n et leurs semblables\u2026 Qui sont ces passagers avides de consommation, de soleil, de bleu azur, de nourritures fastes, de sexe h\u00e2tif, d\u2019entertainment et de cam\u00e9ras de surveillance, bref : de \u00abtourisme\u00bb ? Nous-m\u00eames : les habitants pavloviens du paquebot mondial f\u00eatant une ultime croisi\u00e8re. De fait, \u00abdes choses comme \u00e7a\u00bb arrivent, ainsi que le rappelle un intertitre du film r\u00e9p\u00e9t\u00e9 sous toutes les nuances visuelles !<\/p>\n<p>La croisi\u00e8re du Concordia, film\u00e9e par le peintre Godard, puis, deux ou trois ans plus tard, son fracassement sur les rochers, la profonde entaille dans la coque de cette merveille du monde, tout cela fait une (trop ?) belle m\u00e9taphore du naufrage du navire europ\u00e9en, de son \u00abmod\u00e8le \u00e9conomique\u00bb et politique et social, de toutes les illusions qui l\u2019ont accompagn\u00e9\u2026 \u00abQuo vadis Europa ?\u00bb nous interpelle ainsi un autre intertitre.<\/p>\n<p>Sans doute est-ce tout cela, mais c\u2019est encore bien autre chose ! Car le trag\u00e9dien Godard, le Sophocle des ann\u00e9es 2000, ne se contente pas, ne s\u2019est jamais content\u00e9, depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, de fournir des cl\u00e9s permettant de d\u00e9faire les ressorts de la cit\u00e9 contemporaine. Au contraire, Godard pose probl\u00e8me, et sans limite, car il formule des questions qui n\u2019ont pas de r\u00e9ponse dans l\u2019horizon politique et m\u00e9diatique connu, qui ne peuvent pas en avoir, et il formule aussi des r\u00e9ponses qui ne correspondent \u00e0 aucune question envisag\u00e9e. C\u2019est en ce sens qu\u2019il serait bienvenu d\u2019inviter tous les candidats \u00e0 la pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise \u00e0 aller voir ce Film socialisme, et \u00e0 se d\u00e9terminer par rapport \u00e0 lui plut\u00f4t que sur les catalogues de questionnaires et de recettes pour idiots du village plan\u00e9taire qui saturent la librairie sous la signature des Je-sais-tout-Je-suis-partout\u2026<\/p>\n<p>Pourquoi ? Parce que ce film non seulement traite de tout ce qu\u2019il y a de plus br\u00fblant dans le monde actuel &#8211; de la guerre, du politique, du travail, de la dette, de la pauvret\u00e9, du num\u00e9rique, de la cr\u00e9ation, de l\u2019amour, de la mort, de l\u2019Etat, de la justice\u2026 -, mais encore il en parle d\u2019une mani\u00e8re qui \u00ablave les id\u00e9es\u00bb. Une mani\u00e8re envo\u00fbtante et magnifique qui procure le sentiment \u00e9prouvant que le d\u00e9bat politique pr\u00e9sent (en Europe et en France), son ressassement, sa trituration \u00e9c\u0153urante passent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019essentiel !<\/p>\n<p>Un essentiel qu\u2019il est vain de vouloir r\u00e9sumer, mais que l\u2019on peut distinguer dans et entre les bribes suivantes. \u00abNous sommes un pays dit d\u00e9velopp\u00e9, en 2010, qui r\u00e9serve le pire sort aux gens les plus faibles.\u00bb \u00abVous voulez plus de pouvoir ? &#8211; Aucun pouvoir, une soci\u00e9t\u00e9, pas un Etat\u00bb. \u00abAvoir 20 ans, avoir raison, garder de l\u2019espoir, avoir raison quand votre gouvernement a tort, apprendre \u00e0 voir avant que d\u2019apprendre \u00e0 lire, top cool non ?\u00bb \u00abQuand la loi n\u2019est pas juste, la justice passe avant la loi.\u00bb \u00abCe qui a chang\u00e9 aujourd\u2019hui\u2026 C\u2019est que les salauds croient sinc\u00e8rement \u00e0 l\u2019Europe.\u00bb \u00abMoi je ne veux pas mourir sans avoir revu l\u2019Europe heureuse.\u00bb<\/p>\n<p>Pourquoi donc le Titanic a-t-il frapp\u00e9 aussi vivement les consciences voici cent ans (2) ? Pas \u00e0 cause des pertes humaines, quelle qu\u2019en f\u00fbt l\u2019importance, mais en raison de la charge symbolique exceptionnelle dont il \u00e9tait investi. Parce qu\u2019il incarnait toutes les illusions d\u2019une \u00e9poque qui se croyait \u00e0 l\u2019abri du d\u00e9sastre. Et pourquoi de mani\u00e8re aussi durable ? Parce son naufrage a pr\u00e9figur\u00e9 un autre effondrement sans commune mesure, qui n\u2019a pas tard\u00e9 \u00e0 lui succ\u00e9der\u2026<\/p>\n<p>Et pourquoi le Concordia frappe-t-il \u00e9galement les esprits, stup\u00e9faits ? Pas parce qu\u2019il est deux fois plus gros que le Titanic et que son \u00e9chouage appara\u00eet invraisemblable\u2026 Mais, bien plut\u00f4t parce que \u00able drame\u00bb n\u2019appara\u00eet que trop compr\u00e9hensible, annonc\u00e9, pr\u00e9visible ! Parce qu\u2019il devient chaque jour plus clair que tous les \u00e9l\u00e9ments de la catastrophe \u00e9taient r\u00e9unis (depuis longtemps, peut-\u00eatre m\u00eame depuis le lancement) pour la rendre in\u00e9luctable\u2026 Enfin, parce que cette catastrophe-l\u00e0 nous parle d\u2019autres catastrophes \u00e0 venir, tout aussi pr\u00e9visibles\u2026<\/p>\n<p>Enfin, pourquoi refaire la croisi\u00e8re m\u00e9diterran\u00e9enne du Concordia en compagnie de Godard ? Pas m\u00fb par l\u2019attraction d\u2019un voyeurisme morbide visant \u00e0 inventorier les signes pr\u00e9curseurs du naufrage de la grande barque (le oui-c\u2019\u00e9tait-bien-l\u00e0-et-pas-\u00e9tonnant)\u2026 Mais pour \u00eatre en avance d\u2019un tour, gr\u00e2ce au travail po\u00e9tique de la m\u00e9moire et de l\u2019imaginaire, sur la prochaine surprise majeure qui pointera \u00e0 l\u2019horizon\u2026<\/p>\n<p>Car, comme le sugg\u00e8re encore le film : \u00abR\u00e9fl\u00e9chissez bien \u00e0 ce pour quoi vous vous battez, parce que vous pourriez bien l\u2019obtenir !\u00bb\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>(1) Diffus\u00e9 en salles en 2010. Le 24e festival Premiers Plans d\u2019Angers vient de le remettre en lumi\u00e8re au c\u0153ur de sa belle r\u00e9trospective Godard. Cf. aussi la publication des dialogues du film sous le m\u00eame titre (POL, Paris, 2010). (2) Construit de 1909 \u00e0 1912, il coule lors de son voyage inaugural le 5 avril 1912. Dernier ouvrage paru : \u00abla Fabrique du terrorisme\u00bb (Ed. Yves Michel).<\/p>\n<blockquote><p><a href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog2\/?p=2782\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-4417\" title=\"Exif_JPEG_PICTURE\" src=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/film-socialisme.jpg\" alt=\"\" width=\"240\" height=\"180\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/film-socialisme.jpg 1280w, http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/film-socialisme-300x225.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/film-socialisme-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Voir: <a href=\"http:\/\/jlggb.net\/blog2\/?p=2782\" target=\"_blank\">http:\/\/jlggb.net\/blog2\/?p=2782<\/a><\/p>\n<blockquote><p>* l&rsquo;article de Marie Lechner du 7 f\u00e9vrier 2012, \u00abTerreurs de\u00a0connexions \u00e0 TransmedialeArts num\u00e9riques. Cr\u00e9\u00e9 il y a un quart de si\u00e8cle \u00e0 Berlin, le\u00a0festival s\u2019est pench\u00e9 cette ann\u00e9e sur le th\u00e8me de la condition humaine face \u00e0 la toute-puissance des r\u00e9seaux.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/q.liberation.fr\/photo\/381090\/?modified_at=1328616165&amp;width=460\" alt=\"\" width=\"460\" \/><em><br \/>\n\u00a9 Genz, Lindner \/ transmediale<\/em><\/p>\n<p>\u00ab&rsquo;In\/compatible&rsquo; : se dit de choses qui ne vont pas ensemble. Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un mauvais branchement de machines, d\u2019un logiciel refusant de tourner sur un ordinateur, d\u2019une greffe qui ne prend pas, d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 1% des gens concentre pouvoir et richesses\u2026<br \/>\nCes incompatibilit\u00e9s aujourd\u2019hui prolif\u00e8rent, donnant une impression de dysfonctionnement g\u00e9n\u00e9ral qui s\u2019exprime dans les crises multiples agitant notre plan\u00e8te, qu\u2019elles soient politiques, financi\u00e8res, technologiques, environnementales. C\u2019est le th\u00e8me qui occupait cette ann\u00e9e le festival des cultures num\u00e9riques, <a href=\"http:\/\/www.transmediale.de\/\" target=\"_blank\">Transmediale<\/a> (1), achev\u00e9 \u00e0 Berlin dimanche, apr\u00e8s cinq jours d\u2019intenses r\u00e9flexions sur notre condition d\u2019homme emp\u00eatr\u00e9 dans le maillage toujours plus dense du r\u00e9seau.<br \/>\nLes pi\u00e8ces de l&rsquo;exposition <a href=\"http:\/\/www.transmediale.de\/category\/website-area\/festival\/exhibition\" target=\"_blank\">http:\/\/www.transmediale.de\/category\/website-area\/festival\/exhibition<br \/>\n<\/a> Le g\u00e9n\u00e9rique du festival, qui f\u00eatait son quart de si\u00e8cle, traduisait parfaitement l\u2019inqui\u00e9tude contemporaine, par un trou noir envahissant le ciel limpide du <em>cloud computing,<\/em> cette informatique dans les nuages, ultime horizon de notre civilisation o\u00f9 tout serait connect\u00e9 en permanence pour le bonheur de tous. Transmediale s\u2019est employ\u00e9 \u00e0 d\u00e9construire ce mythe de la transmission parfaite, de la fluidit\u00e9 des communications et de la v\u00e9locit\u00e9 des transactions, en r\u00e9v\u00e9lant le c\u00f4t\u00e9 obscur de notre \u00e8re technologique, notamment dans l\u2019exposition \u00abDark Drives\u00bb, jeu de mots sur <em>hard drive,<\/em> disque dur en anglais.<strong><br \/>\nD\u00e9charges.<\/strong> C\u2019est d\u2019ailleurs un disque dur externe qui forme le noir joyau autour duquel gravite l\u2019exposition. Pr\u00e9sent\u00e9 sous cloche avec ce titre explicite, <em>5\u00a0Million Dollars 1\u00a0Terabyte,<\/em> la bo\u00eete noire f\u00e9tichis\u00e9e, pr\u00e9sent\u00e9e par le collectif am\u00e9ricain Art\u00a0404, est bourr\u00e9e de logiciels t\u00e9l\u00e9charg\u00e9s ill\u00e9galement, d\u00e9fi \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. \u00abDark Drives\u00bb fait cohabiter sans distinction un documentaire t\u00e9l\u00e9 sur Mafiaboy, le hacker lyc\u00e9en qui a fait planter Yahoo, des photos Flickr de d\u00e9charges \u00e9lectroniques, du code pour cr\u00e9er une <em>forkbomb <\/em>(attaque informatique) et des \u0153uvres artistiques du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent, comme le corrosif <em>Suicide Box <\/em>du Bureau of Inverse Technology, un dispositif \u00e9lectronique de surveillance des suicides sur le Golden Gate, index\u00e9s sur les fluctuations du Dow Jones. Mani\u00e8re de d\u00e9montrer que ces pulsions anxieuses et destructrices travaillent la culture populaire <em>mainstream<\/em> comme les pratiques artistiques avanc\u00e9es.<br \/>\nPlusieurs \u0153uvres montrent que la connexion peut \u00eatre dangereuse, voire douloureuse, tant au plan physique que mental. La photographie de <a href=\"http:\/\/www.artnet.com\/magazineus\/features\/finch\/finch5-12-08_detail.asp?picnum=3\" target=\"_blank\">Chris Burden, <\/a><em><a href=\"http:\/\/www.artnet.com\/magazineus\/features\/finch\/finch5-12-08_detail.asp?picnum=3\" target=\"_blank\">Doorway to Heaven<\/a>,<\/em> documentant une performance des ann\u00e9es\u00a070 o\u00f9 il s\u2019est coll\u00e9 deux c\u00e2bles \u00e9lectriques sur la poitrine, manquant de s\u2019\u00e9lectrocuter, fait \u00e9cho \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.transmediale.de\/content\/psychos-%E2%80%93-hans-no2-bw\" target=\"_blank\">celle de Hans Bernard<\/a>, du collectif <a href=\"http:\/\/ubermorgen.com\/\" target=\"_blank\">Ubermorgen<\/a>, star de l\u2019<em>\u00abactionnisme digital\u00bb <\/em>qui a fini en HP, victime d\u2019une psychose maniaco-d\u00e9pressive qu\u2019il attribue \u00e0 une trop intense activit\u00e9 sur Internet. En blouse d\u2019h\u00f4pital, il erre, hagard, dans un paysage qui \u00e9voque le fond d\u2019\u00e9cran Windows repeint en gris. Un d\u00e9sordre mental guettant chacun de nous, si l\u2019on en croit la vid\u00e9o d\u2019<a href=\"http:\/\/0100101110101101.org\/home\/mygeneration\/\" target=\"_blank\">Eva et Franco Mattes <\/a><em><a href=\"http:\/\/0100101110101101.org\/home\/mygeneration\/\" target=\"_blank\">My Generation<\/a>,<\/em> montage de films YouTube montrant les relations hyst\u00e9riques d\u2019amour-haine entre l\u2019homme et ses machines r\u00e9calcitrantes, avec les d\u00e9bordements physiques violents r\u00e9sultants. La vid\u00e9o est pr\u00e9sent\u00e9e sur un de ces ordinateurs saccag\u00e9s qui augmenteront le tas d\u2019e-rebuts que l\u2019Occident d\u00e9verse dans les pays en voie de d\u00e9veloppement.<br \/>\nLe nouveau directeur de la manifestation, Kristoffer Gansing, pr\u00e9f\u00e8re souligner le c\u00f4t\u00e9 productif de l\u2019in-compatibilit\u00e9 : <em>\u00abRien n\u2019est incompatible par nature. Il y a plein de failles o\u00f9 l\u2019action politique devient possible, o\u00f9 la po\u00e9sie peut na\u00eetre.\u00bb<\/em> Il cite en exemple deux projets pr\u00e9sent\u00e9s au festival qui imaginent de nouvelles mani\u00e8res de connecter les gens, plus intimes et locales, comme <a href=\"http:\/\/k0a1a.net\/netless\/\" target=\"_blank\"><em>Netless, <\/em>de Danja Vasiliev<\/a>, prototype de r\u00e9seau qui ne n\u00e9cessite pas de connexion internet et qui utilise les gens et le r\u00e9seau de transport public pour v\u00e9hiculer l\u2019information, ou <em><a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?feature=player_embedded&amp;v=K0nbPzTY59Y&amp;noredirect=1\" target=\"_blank\">R15N<\/a>,<\/em> du collectif berlinois <a href=\"http:\/\/telekommunisten.net\/\" target=\"_blank\">Telekommunisten<\/a>, qui propose un usage nouveau d\u2019un outil obsol\u00e8te\u2026 comme le t\u00e9l\u00e9phone !<em><br \/>\nR15N<\/em> fait partie de la s\u00e9rie de technologies de <em>\u00abm\u00e9-communication\u00bb<\/em> comme <em><a href=\"http:\/\/www.deadswap.net\/\" target=\"_blank\">Deadswap<\/a>,<\/em> syst\u00e8me de partage de fichiers offline d\u00e9centralis\u00e9, o\u00f9 les participants, transform\u00e9s en agents secrets connect\u00e9s par SMS, doivent se refiler une cl\u00e9 USB sous le manteau. Dans <em>R15N,<\/em> au lieu de poster son message sur Twitter, on s\u2019enregistre au service en donnant son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone. Le syst\u00e8me appelle et vous met en contact avec deux autres personnes inscrites, s\u00e9lectionn\u00e9es au hasard, auxquelles vous confiez le message de vive voix. Celles-ci seront elles-m\u00eames mises en rapport avec deux autres personnes \u00e0 qui transmettre le message, et ainsi de suite, jusqu\u2019\u00e0 ce que toute la communaut\u00e9 soit avertie. Avec quand m\u00eame pas mal de chance que le message se perde en route.<em> \u00abC\u2019est une critique par l\u2019absurde des plateformes de communication existantes\u00bb,<\/em> admet Dmytri Kleiner des Telekommunisten, qui veut inciter les gens \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on dont les gouvernements ou acteurs priv\u00e9s tels Facebook, Google,\u00a0etc., interf\u00e8rent dans nos \u00e9changes et d\u00e9cident comment et avec qui on a le droit de communiquer.<strong><br \/>\nStrat\u00e9gies. <\/strong>On retrouve cette ambivalence et cette destruction cr\u00e9ative dans le masque grima\u00e7ant des Anonymous (<em>Lib\u00e9ration<\/em> d\u2019hier), qui ont hant\u00e9 le festival via des tchats\u00a0IRC et des apparitions sur Skype. Au sit-in virtuel des premiers r\u00e9pondent les occupations physiques du mouvement Occupy, et ses l\u00e9gions de Bartleby exprimant des aspirations incompatibles avec le capitalisme financier. <span style=\"color: #008000;\">Jamais le terme communisme, au sens d\u2019une utopique soci\u00e9t\u00e9 de pairs, n\u2019aura autant r\u00e9sonn\u00e9 dans les all\u00e9es du Haus der Kulturen der Welt, o\u00f9 se tenait le festival.<\/span><br \/>\nSur le plan artistique, l\u2019in-compatibilit\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un frein \u00e0 la cr\u00e9ation, encourageant les strat\u00e9gies de contournements ou d\u2019accouplements contre nature, comme l\u2019atteste l\u2019appareillage h\u00e9t\u00e9roclite utilis\u00e9 par le mythique <a href=\"http:\/\/joshualightshow.com\/\" target=\"_blank\">Joshua Light Show<\/a>, reconstitu\u00e9 pour produire ses visuels psych\u00e9d\u00e9liques 100% artisanaux. Brancher une sortie son sur une entr\u00e9e vid\u00e9o ou lire un fichier d\u2019image jpeg dans un traitement de texte, permet de g\u00e9n\u00e9rer toute sorte d\u2019accidents que recherchent les <em>glitch artists <\/em>comme <a href=\"http:\/\/vimeo.com\/r00s\" target=\"_blank\">Rosa Menkman<\/a>. Ou <a href=\"http:\/\/jonsatrom.com\/\" target=\"_blank\">Jon Satrom<\/a>, auteur de performances chaotiques sur son <em><a href=\"http:\/\/www.transmediale.de\/node\/20795\" target=\"_blank\">Prepared Desktop<\/a>,<\/em> qui joue avec la nature imparfaite de la technologie. Car, comme dit l\u2019artiste chicagoan,<em> &lsquo;il n\u2019existe pas de bonne mani\u00e8re de mal faire les choses&rsquo;.\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abQuo vadis Europa ?\u00bb Par Fran\u00e7ois de Bernard, \u00a0Lib\u00e9ration, Rebonds,\u00a03 f\u00e9vrier 2012. [D&rsquo;o\u00f9 parle-t-il, that is the question]. On peut aussi, pour mondialiser le propos, \u00e9couter Badiou, vraiment pas mal, et malmen\u00e9 par Finkielkraut et Jean-Fran\u00e7ois Pradeau, philosophe, conseiller au cabinet de\u00a0 Nathalie Kosciusko-Morizet [sic!], samedi 4 f\u00e9vrier, http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-repliques-lire-la-republique-2012-02-04. On pourrait qualifier Badiou d&rsquo;in\/compatible, adjectif-titre &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=4373\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab Quo vadis Europa ?\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[90,4],"tags":[],"class_list":["post-4373","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-varia-art","category-varia"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4373"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4373\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}