{"id":10605,"date":"2015-09-09T11:23:08","date_gmt":"2015-09-09T09:23:08","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=10605"},"modified":"2015-09-19T22:29:08","modified_gmt":"2015-09-19T20:29:08","slug":"empowerment","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/?p=10605","title":{"rendered":"Empowerment"},"content":{"rendered":"<div class=\"reader-container js-reader-container \">\n<div class=\"reader-top-nav js-top-nav\">\n<p>\u00abDe Blois \u00e0 Paris, la psychiatrie au quotidien. <span class=\"authors\">Par <span class=\"author\"> <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/1848-eric-favereau\">Eric Favereau<\/a> <\/span> <\/span> \u2014 <span class=\"date\"><time datetime=\"2015-09-08T19:56:14\"><em>Lib\u00e9ration<\/em><br \/>\n<\/time><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"reader-article-container js-article-container\">\n<div class=\"reader-article\">\n<div class=\"width-wrap js-article\">\n<article class=\"article-box\">\n<div class=\"width-padded\">\n<div class=\"container-column clearfix\">\n<div class=\"wide-column width-padded-left\">\n<p>Praticiens sur\u00a0le d\u00e9part, moyens limit\u00e9s, pr\u00e9carisation accrue des patients\u2026 Le\u00a0milieu fait face \u00e0 un difficile\u00a0changement de g\u00e9n\u00e9ration. Reportage dans cinq lieux de soins.<br \/>\n\u00abO<em>n est \u00e0 un moment historique\u00bb, <\/em>tranche sans h\u00e9sitation Nicolas Henckes, sociologue et sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire de la psychiatrie en France. Changement de g\u00e9n\u00e9ration, baisse tr\u00e8s forte de la d\u00e9mographie m\u00e9dicale, mais aussi des nouvelles prises en charge : aujourd\u2019hui, la psychiatrie publique fran\u00e7aise est \u00e0 un tournant. Et les perspectives sont floues. Tour d\u2019horizon en six lieux : Blois, Paris, Strasbourg et Seine-Saint-Denis.<\/p>\n<div class=\"article-body read-left-padding\">\n<h4>Dans un grand h\u00f4pital d\u2019Ile-de-France<\/h4>\n<p>C\u2019est une machine qui tourne. Un h\u00f4pital d\u2019Ile-de-France un rien impersonnel. On entre, on sort rapidement. Pavillon ouvert, pavillon surtout ferm\u00e9, mais tout se m\u00e9lange. Le lieu se veut pro. C\u2019est la psychiatrie au travail, vaille que vaille.<\/p>\n<p>L\u00e0, on s\u2019est habitu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence du juge, qui dans les dix jours doit statuer sur les hospitalisations sous contrainte. Une histoire de patient parmi d\u2019autres. C\u2019est un homme qui, en ce d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9, a jet\u00e9 ses affaires par la fen\u00eatre, la police a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e. <em>\u00abDieu lui parle, il a un grand d\u00e9lire,<\/em> a not\u00e9 la psychiatre qui l\u2019a accueilli. <em>Il est arriv\u00e9 ici dans l\u2019apr\u00e8s-midi, il est aussi polytoxico, sous m\u00e9thadone, un peu de cannabis. La famille ne peut pas se d\u00e9placer, mais elle \u00e9tait d\u2019accord pour qu\u2019il soit hospitalis\u00e9.\u00bb <\/em>Quand il arrive, l\u2019homme est apais\u00e9, mais avec un tableau agit\u00e9. Au bout de quelques jours, il est devenu mena\u00e7ant, parlant de col\u00e8re divine. <em>\u00abImpr\u00e9visible, au d\u00e9but, il a \u00e9t\u00e9 mis dans une chambre ferm\u00e9e\u00bb<\/em> <em>,<\/em> poursuit la psychiatre. En chambre d\u2019isolement, il va y rester pr\u00e8s de deux semaines. Il est mis, aussi, en contention, avec un traitement injectable. Il a\u00a042\u00a0ans, deux fr\u00e8res. <em>\u00abIci, on n\u2019aime pas trop la contention\u00bb,<\/em> dit le psychiatre qui en prescrit pourtant r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Brigitte, l\u2019infirmi\u00e8re, raconte : <em>\u00abDans un premier temps, il \u00e9tait dans une chambre ferm\u00e9e, on tenait \u00e0 peu pr\u00e8s, puis il est devenu agressif, mais surtout impr\u00e9visible. Cela montait en puissance, puis une fois il a forc\u00e9 la porte, on l\u2019a mis en contention. Cela ne me pose pas de questions, c\u2019est pour son bien, on attend que cela se tasse, pour pouvoir travailler avec lui.\u00bb<\/em> Un patient, puis un autre. Il y a trois chambres d\u2019isolement, qui sont toujours occup\u00e9es. Ce type de fonctionnement est finalement accept\u00e9 par tous. La m\u00e8re du patient dira juste : <em>\u00abOn m\u2019a dit qu\u2019il \u00e9tait dans une chambre ferm\u00e9e, que voulez-vous que je fasse ?\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans quatre semaines, le patient sortira de l\u2019h\u00f4pital, avec un traitement. Et un rendez-vous au centre m\u00e9dico-psychologique (CMP).<\/p>\n<h4>A la clinique de La\u00a0Borde (Loir-et-Cher)<\/h4>\n<p><em>\u00abHeureusement, il y a les malades\u00bb,<\/em> l\u00e2che le D<sup>r<\/sup>\u00a0Michel Lecarpentier, psychiatre \u00e0 La\u00a0Borde. Ces mots, qu\u2019il jette comme \u00e7a, sont comme un rayon de soleil.<\/p>\n<p>Car aujourd\u2019hui, dans le monde de la folie, on a parfois le sentiment que les malades d\u00e9rangent, qu\u2019ils sont de trop, qu\u2019il vaut mieux les mettre dans des chambres d\u2019isolement, voire les attacher,<em> \u00abpour leur bien\u00bb<\/em> \u00e9videmment. Bref, le sentiment que ce serait tellement mieux si les malades rentraient dans les cases et r\u00e9pondaient parfaitement aux traitements m\u00e9dicamenteux.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, ce n\u2019est pas le cas partout. Le ch\u00e2teau de La\u00a0Borde, pr\u00e8s de\u00a0Blois, transform\u00e9 depuis\u00a01953 en clinique psychiatrique, est le lieu rep\u00e8re de ce que l\u2019on a appel\u00e9 la psychoth\u00e9rapie institutionnelle qui allait fa\u00e7onner jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment toute l\u2019organisation de la psychiatre fran\u00e7aise. En cet \u00e9t\u00e9\u00a02015, cela va plut\u00f4t bien. Jean Oury, psychiatre embl\u00e9matique de l\u2019apr\u00e8s-guerre, est mort il y a plus d\u2019un an, et nombreux \u00e9taient ceux qui redoutaient le pire pour le devenir de ce lieu, port\u00e9 de tous c\u00f4t\u00e9s par son fondateur. D\u2019autant qu\u2019avec lui, c\u2019est toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019aventuriers de la folie qui disparaissait.<em> \u00abMon p\u00e8re,<\/em> note sa fille, Yannick Oury, <em>ne parlait jamais de sa mort, mais il avait tout pr\u00e9par\u00e9.\u00bb<\/em> Tout continue, presque comme avant. Une centaine de patients &#8211; pour la plupart atteints de psychoses &#8211; d\u00e9ambulent dans le grand parc. Un h\u00f4pital de jour a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Et comme le veut la psychoth\u00e9rapie institutionnelle, les r\u00e9sidents sont partie prenante de la vie, avec le club, mais aussi les assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales qui jalonnent le d\u00e9roulent de la semaine.<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, le D<sup>r<\/sup>\u00a0Oury \u00e9tait en guerre contre l\u2019administration qui lui imposait d\u2019en finir <em>\u00abpour des questions d\u2019hygi\u00e8ne\u00bb<\/em> avec cette cuisine qui tournait avec les malades. <em>\u00abOn me demande de fermer la cuisine de La\u00a0Borde, parce qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas aux normes,<\/em> nous disait-il. <em>Mais que savent-ils, ces messieurs, de ce qui se passe quand des malades font la cuisine, et servent, et mangent avec les soignants.\u00bb<\/em> Avec force, il ajoutait : <em>\u00abC\u2019est la mode des s\u00e9jours courts, et c\u2019est criminel. La schizophr\u00e9nie, c\u2019est une maladie chronique. La vie, c\u2019est chronique.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les choses se sont apais\u00e9es. Marino Pulliero, le directeur de La\u00a0Borde, gendre d\u2019Oury, a jou\u00e9 avec habilet\u00e9. Un modus vivendi a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 entre les exigences administratives et la vie si particuli\u00e8re de ce lieu. La Borde ne perd pas d\u2019argent. <em>\u00abJusqu\u2019\u00e0 quand ? Je ne sais pas, se demande le directeur, car si l\u2019on continue \u00e0 baisser chaque ann\u00e9e notre prix de journ\u00e9e, cela deviendra probl\u00e9matique.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans le grand parc, il n\u2019y a toujours aucune barri\u00e8re, juste des arbres.<\/p>\n<h4>A l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de\u00a0Brumath<\/h4>\n<p><em>\u00abDonner du pouvoir aux malades.\u00bb<\/em> C\u2019est le dernier courant, venu des pays anglo-saxons dans les ann\u00e9es\u00a080 : il a d\u00e9marr\u00e9 avec les associations de malades en opposition avec la psychiatrie classique. Et repose sur la notion de \u00abr\u00e9tablissement\u00bb en psychiatrie. Souvent critiqu\u00e9 en France, ce concept est centr\u00e9 sur la vie sociale du malade. <em>\u00abCette nouvelle approche r\u00e9introduit de mani\u00e8re militante, la notion d\u2019espoir dans le monde de la psychiatrie\u00bb,<\/em> explique Tim Greacen, australien d\u2019origine, chercheur en sant\u00e9 mentale \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Maison-Blanche pr\u00e8s de Paris, et surtout militant de longue date de \u00abla voix des patients\u00bb.<\/p>\n<p>Avec Emmanuelle Jouet, chercheuse en psychologie, ils font des formations sur le <em>\u00abr\u00e9tablissement\u00bb<\/em> \u00e0 travers toute la France. <em>\u00abOn voit beaucoup de services de psychiatrie, compl\u00e8tement noy\u00e9s par les probl\u00e8mes de leurs patients. Petit \u00e0 petit, ils ne voient plus les malades que comme des malades. L\u2019id\u00e9e du r\u00e9tablissement est de casser cette fatalit\u00e9 et de s\u2019appuyer sur ce qui va bien chez le malade. On lui donne les moyens de se d\u00e9fendre, de vivre avec <\/em><span style=\"color: #008000;\">l\u2019empowerment<\/span>,<em> et de se construire sur sa force.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/image2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-10606 alignnone\" src=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/image2-1024x768.jpg\" alt=\"image\" width=\"640\" height=\"480\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/image2-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/image2-300x225.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/uebersicht\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/image2.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Bref, leur donner les moyens de vivre. <em>\u00abMais il faut aussi essayer de remettre les malades dans la ville, s\u2019occuper de leur logement, du travail. Il faut en finir avec ce monde de douleurs et sans espoir\u00bb,<\/em> insiste Tim Greacen. Des formations entre trois et cinq jours. <em>\u00abEt toujours, on fait nos formations avec des usagers formateurs.\u00bb<\/em> Pr\u00e8s de Strasbourg, ils \u00e9taient ainsi une cinquantaine : infirmiers, assistantes sociales, \u00e9ducateurs, mais comme souvent peu de psychiatres. L\u2019Europe a financ\u00e9 un projet de formation sur\u00a016\u00a0sites. <em>\u00abCe mouvement a conduit \u00e0 une v\u00e9ritable transformation de l\u2019offre de soins, aux Etats-Unis, au Canada, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande\u00bb,<\/em> insiste <span style=\"color: #008000;\">Tim Greacen<\/span>. En France, cela d\u00e9bute. Et des \u00e9quipes, comme \u00e0 Lille, \u00e0 Marseille ou \u00e0 Strasbourg, s\u2019en inspirent fortement.<\/p>\n<h4>Le plus grand \u00e9tablissement de\u00a0France<\/h4>\n<p>C\u2019est un seul h\u00f4pital psychiatrique. Enorme, comme jamais dans l\u2019histoire. L\u2019agence r\u00e9gionale de sant\u00e9 d\u2019Ile-de-France a valid\u00e9 la cr\u00e9ation de la communaut\u00e9 hospitali\u00e8re de territoire (CHT) parisien pour la psychiatrie. Elle comprend trois h\u00f4pitaux (Sainte-Anne, Maison Blanche et Perray-Vaucluse) et deux \u00e9tablissements associ\u00e9s (h\u00f4pitaux de Saint-Maurice et ASM\u00a013). Et \u00e0 ces structures de soins sont rattach\u00e9s l\u2019ensemble des secteurs de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale parisiens et plusieurs services universitaires. Au final, l\u2019air de rien, c\u2019est la naissance du plus gros h\u00f4pital psychiatrique ayant jamais exist\u00e9 en France. Il regroupe tous ces gros asiles cr\u00e9\u00e9s \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>De quoi s\u2019inqui\u00e9ter ? <em>\u00abIl ne faut pas se leurrer, l\u2019objectif est un objectif de protection \u00e9conomique, pour \u00e9viter que les h\u00f4pitaux psychiatriques ne disparaissent\u00bb,<\/em> analyse le D<sup>r<\/sup>\u00a0Alain Mercuel, qui pr\u00e9side la communaut\u00e9 m\u00e9dicale de Saint-Anne \u00e0 Paris. Et il d\u00e9fend ce nouveau mastodonte : <em>\u00abLes choses peuvent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9es quand on est ensemble. [\u2026] A quoi bon avoir quatre DRH ? En mutualisant la logistique, on a tous \u00e0 y gagner\u00bb<\/em>. Il avoue : <em>\u00abMais nous n\u2019avons pas le choix, avec une augmentation du budget de z\u00e9ro, si on veut conserver les postes de soignants, il faut \u00e9conomiser ailleurs.\u00bb<\/em><\/p>\n<h4>La p\u00e9dopsychiatrie \u00e0\u00a0l\u2019agonie<\/h4>\n<p>L\u2019homme est fatigu\u00e9, lass\u00e9. Le D<sup>r<\/sup>\u00a0Herv\u00e9 Bentata dirige le vaste secteur de p\u00e9dopsychiatrie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Delafontaine. <em>\u00abOn n\u2019en peut plus,<\/em> raconte-t-il, <em>d\u00e9j\u00e0 que nous sommes tr\u00e8s limit\u00e9s, on nous demande d\u00e9sormais d\u2019assumer le d\u00e9ficit global de l\u2019h\u00f4pital. R\u00e9sultat, je ne vois pas comment certaines de nos structures pourront continuer,<\/em> <em>avec<\/em> <em>la fin des vacataires. Les professionnels se d\u00e9couragent, craquent, partent et sont rarement remplac\u00e9s\u00bb<\/em>. Perspectives sombres.<\/p>\n<p>Cela fait pr\u00e8s de dix ans qu\u2019Herv\u00e9 Bentata dirige ce secteur, dans un des d\u00e9partements les plus pr\u00e9caires de France. C\u2019est plus de six mois d\u2019attente pour une consultation dans un centre m\u00e9dico psychologique. <em>\u00abCe qui est inqui\u00e9tant, c\u2019est aussi le faible nombre de places pour les enfants en grandes difficult\u00e9s, notamment les enfants souffrant d\u2019autisme tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re. On met des ann\u00e9es \u00e0 en trouver.\u00bb<\/em> L\u2019\u00e9quipe a fait le calcul : 400\u00a0familles renvoy\u00e9es en d\u00e9tresse avant que les structures de soins ne puissent les accueillir et les \u00e9couter. Dans ce d\u00e9partement, le taux de natalit\u00e9 a augment\u00e9 de\u00a030 % en trois ans, alimentant une demande croissante, dans une pr\u00e9carit\u00e9 extr\u00eame. <em>\u00abLa prise en charge tardive va \u00e0 l\u2019encontre des d\u00e9pistages pr\u00e9coces recommand\u00e9s\u00bb,<\/em> insiste une p\u00e9dopsychiatre. <em>\u00abOn est coinc\u00e9s,<\/em> poursuit le D<sup>r<\/sup>\u00a0Herv\u00e9\u00a0Bentata.<em> On est pris dans une logique administrative qui nous \u00e9touffe. Les petites \u00e9conomies traqu\u00e9es partout par l\u2019h\u00f4pital vont occasionner de grands drames chez nous. On nous dit de mutualiser les psychologues, mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 le cas. On fait face \u00e0 une m\u00e9connaissance profonde de notre travail.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>A l\u2019Agence r\u00e9gionale de sant\u00e9 (ARS) de l\u2019Ile-de-France, l\u2019\u00e9quipe a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue. <em>\u00abCe sont des gestionnaires, or on ne peut pas \u00eatre g\u00e9r\u00e9 comme on le fait actuellement, qui am\u00e8ne \u00e0 tout homog\u00e9n\u00e9iser. Ce n\u2019est pas possible, il faut prendre en compte l\u2019environnement social\u00bb,<\/em> analyse une psychologue qui va d\u00e9missionner.<\/p>\n<p>En Seine-Saint-Denis, il n\u2019y a aucune structure priv\u00e9e, aucun psychiatre en lib\u00e9ral, encore moins de p\u00e9dopsychiatres. <em>\u00abIl n\u2019y a que nous,<\/em> insiste le D<sup>r<\/sup>\u00a0Bentata, <em>comment vont faire les enfants, les parents ?\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEric Favereau<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abDe Blois \u00e0 Paris, la psychiatrie au quotidien. Par Eric Favereau \u2014 Lib\u00e9ration Praticiens sur\u00a0le d\u00e9part, moyens limit\u00e9s, pr\u00e9carisation accrue des patients\u2026 Le\u00a0milieu fait face \u00e0 un difficile\u00a0changement de g\u00e9n\u00e9ration. 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