{"id":705,"date":"2015-07-05T18:47:19","date_gmt":"2015-07-05T17:47:19","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=705"},"modified":"2015-07-05T22:14:19","modified_gmt":"2015-07-05T21:14:19","slug":"sylvie-brosseau-hachiue-les-plantes-en-pot%e2%80%a8","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=705","title":{"rendered":"Sylvie Brosseau. Hachiue, les plantes en pot\u2028"},"content":{"rendered":"<p>Sylvie Brosseau. \u00abHachiue, les plantes en pot\u00bb, <em>Vocabulaire de la spatialit\u00e9 japonaise<\/em>, sous la direction de Philippe Bonnin, Nishida Masatsugu, Inaga Shigemi. CNRS, 2014. Extraits, pp. 154-157<\/p>\n<p>Les habitants des villes japonaises ont cr\u00e9\u00e9 avec de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes naturels de multiples liens qui forment une v\u00e9ritable culture urbaine de la nature. \u00c0 la nature organis\u00e9e des jardins et parcs publics, s&rsquo;ajoute la nature diffuse des nombreux jardinets priv\u00e9s et des plantes en pots, omnipr\u00e9sente, devant les maisons, les boutiques ou au pied des immeubles.<\/p>\n<p>Cette pratique jardini\u00e8re, issue d&rsquo;un riche arri\u00e8re-plan culturel, s&rsquo;inscrit dans des formes urbaines et architecturales sp\u00e9cifiques et r\u00e9sulte de l&rsquo;effort spectaculaire de l&rsquo;horticulture \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Edo. La forme urbaine est celle de la ruelle, <em>roji.<\/em> L&rsquo;habitat populaire s&rsquo;est organis\u00e9 le long de ces ruelles \u00e9troites en c\u0153ur d&rsquo;\u00eelots, tout particuli\u00e8rement \u00e0 Edo. Aujourd&rsquo;hui, m\u00eame si leur trac\u00e9 est diff\u00e9rent, subsistent ruelles et rues \u00e9troites o\u00f9 se serrent de petites maisons. La forme architecturale qui pr\u00e9domine est celle de la maison entour\u00e9e d&rsquo;un jardin clos. Lorsque la parcelle se r\u00e9duit, le jardin se r\u00e9tr\u00e9cit lui aussi, puis le <em>niwasaki<\/em> (cl\u00f4ture du jardin de devant) dispara\u00eet.<\/p>\n<p>Le jardin de devant est remplac\u00e9 par des plantations au ras de la fa\u00e7ade ou par des plantes en pots. Si la fa\u00e7ade ne permet pas d&rsquo;installer de pots, ils sont dispos\u00e9s sur le trottoir, aux pieds des arbres d&rsquo;alignement et entre les arbres. Les plantes en pots reconstituent un <em>niwasaki<\/em> et forment un \u00e9cran, voire une s\u00e9paration entre la chauss\u00e9e et les fa\u00e7ades. Elles cr\u00e9ent un entre-deux, prot\u00e8gent l&rsquo;intimit\u00e9 dans des situations de promiscuit\u00e9 et forment <span style=\"color: #008000;\">une transition entre l&rsquo;espace public, la rue et l&rsquo;espace priv\u00e9, la maison<\/span>. Cette limite, parfois r\u00e9duite et symbolique, rel\u00e8ve \u00e0 la fois de la sph\u00e8re publique et de la sph\u00e8re priv\u00e9e.<\/p>\n<p>Les plantes en pot contribuent \u00e0 conserver le caract\u00e8re multifonctionnel de la rue qui, au Japon, n&rsquo;est pas un espace enti\u00e8rement d\u00e9volu \u00e0 l&rsquo;automobile. De nombreux usages individuels coexistent, dont la pratique du jardinage. L&rsquo;espace public de la rue demeure un territoire commun partag\u00e9.<\/p>\n<p>Les habitants, aussi bien propri\u00e9taires que locataires, donnent comme raisons majeures \u00e0 la culture de plantes en pots leur d\u00e9sir de <span style=\"color: #008000;\">sentir le changement des saisons<\/span> <em>shiki<\/em>, leur go\u00fbt pour le soin des plantes, leur souhait d&#8217;embellir leur environnement en le rendant vivant. Des raisons plus utilitaristes sont aussi avanc\u00e9es comme emp\u00eacher d&rsquo;entrer, de garer des v\u00e9los, voire de ralentir le trafic par le r\u00e9tr\u00e9cissement de la chauss\u00e9e. Le bien-\u00eatre et l&rsquo;agr\u00e9ment priv\u00e9s participent au confort et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;espace public.<\/p>\n<p>Les jardiniers soulignent un point important pour eux\u00a0: leurs plantations ne sont pas co\u00fbteuses, les pots comme les plantes sont achet\u00e9s au supermarch\u00e9, re\u00e7ues ou bien ramen\u00e9es de voyages ou d&rsquo;excursions. Elles ne doivent pas \u00eatre un sujet d&rsquo;inqui\u00e9tude. Les <em>bonsai<\/em>, pr\u00e9cieux par leur \u00e2ge et leur pot de terre cuite, sont donc rares, mais pas absents. En g\u00e9n\u00e9ral, ces jardins informels tiennent plut\u00f4t du bricolage, du recyclage (de bo\u00eetes en polystyr\u00e8ne, d&rsquo;objets divers), du m\u00e9lange de frugalit\u00e9 et d&rsquo;exub\u00e9rance. L&rsquo;\u00e9volution se fait par ajouts successifs de pots en plastique. Cet \u00e9l\u00e9ment de base est modulaire, flexible, facilement d\u00e9pla\u00e7able car l\u00e9ger, dans un ensemble permanent mais r\u00e9versible. Cet agencement organique \u00e9volue suivant les circonstances, \u00e0 l&rsquo;image de la ville qui se transforme de la m\u00eame fa\u00e7on. L&rsquo;effet accumulatif est accentu\u00e9 par la vari\u00e9t\u00e9 des plantes recherch\u00e9e pour leur sp\u00e9cificit\u00e9 saisonni\u00e8re, permettant ainsi de mieux go\u00fbter le passage des saisons.<\/p>\n<p>Ces dispositifs semblent des amoncellements improvis\u00e9s mais de v\u00e9ritables pratiques de jardinage s&rsquo;y d\u00e9roulent. Leur entretien est minutieux, aucune fleur fan\u00e9e ou feuille morte ne tra\u00eene, ce qui n\u00e9cessite un investissement en temps important. Ce sont donc plut\u00f4t des personnes \u00e2g\u00e9es disposant de temps libre, aussi bien hommes que femmes, qui pratiquent cette forme de loisir bon march\u00e9.<\/p>\n<p>Tout le monde ne cultive pas des plantes. Les plantations ne sont pas continues mais forment des s\u00e9quences, <span style=\"color: #008000;\">des \u00abarchipels d&rsquo;oasis\u00bb<\/span> selon l&rsquo;expression de Michel Butor. Si les r\u00e9sidents sont \u00a0nombreux \u00e0 s&rsquo;investir, l<span style=\"color: #008000;\">a rue devient une v\u00e9ritable all\u00e9e de jardin<\/span>, et l&rsquo;\u00e9mulation entre riverains est visible dans le paysage. Les rues les plus plant\u00e9es se situent dans les quartiers modestes o\u00f9 une population \u00e2g\u00e9e habite dans de petits logements desservis par des ruelles. Cependant, une transmission des pratiques et des go\u00fbts s&rsquo;effectuent aussi dans d&rsquo;autres types de quartiers.<\/p>\n<p>Ces jardins de rue sont des espaces d&rsquo;expression spontan\u00e9e et personnelle, plus ou moins \u00e9labor\u00e9e, par <span style=\"color: #008000;\">micro appropriation d&rsquo;un espace public urbain<\/span>, par ailleurs g\u00e9r\u00e9 et planifi\u00e9. Les plantations refl\u00e8tent les go\u00fbts, les souvenirs personnels, l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 des jardiniers. Elles traduisent aussi l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit r\u00e9gnant dans une communaut\u00e9 de voisinage. Elles sont un miroir des liens de confiance entre les habitants et de leur degr\u00e9 d&rsquo;investissement dans leur espace de vie. La pr\u00e9sence des plantes exprime clairement l&rsquo;attachement des r\u00e9sidents \u00e0 leur quartier.<\/p>\n<p>Les plantes en pot manifestent une forme de confiance et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, car elles apportent un b\u00e9n\u00e9fice et un bien-\u00eatre \u00e0 tous. Elles cr\u00e9ent des relations de voisinage en offrant des occasions d&rsquo;\u00e9changes verbaux, de plantes, d&rsquo;objets. La pr\u00e9sence m\u00eame des plantes est <span style=\"color: #008000;\">une forme d\u2019\u00e9change non verbal<\/span> entre un jardinier et un nombre de destinataires potentiels infini, voisins et passants.<\/p>\n<p>Ces espaces interm\u00e9diaires entre priv\u00e9 et public int\u00e8grent certaines r\u00e8gles implicites comme le contr\u00f4le du d\u00e9bordement ou le respect. Jardiner dans la rue rend conciliant, apprend \u00e0 accepter un \u00e9tat imparfait des choses, car certains passants sont peu sensibles aux fleurs ou inattentifs. Des m\u00e9gots sont parfois jet\u00e9s, des cyclistes renversent des plantes, les enfants cueillent les fleurs en bouton. De plus, une v\u00e9g\u00e9tation spontan\u00e9e, que les r\u00e9sidents organisent plus ou moins, jaillit de ces plantations, s&rsquo;installent dans les interstices entre les maisons, les pots vides ou non. Ces pratiques jardini\u00e8res jouent entre l&rsquo;intentionnel et le non intentionnel. Tout n&rsquo;est pas r\u00e9gl\u00e9, d\u00e9fini, une grande part d&rsquo;al\u00e9atoire demeure, bien plus que dans un jardin clos. Ces jardins informels r\u00e9v\u00e8lent qu&rsquo;il existe un jeu entre le planifi\u00e9 et le non planifi\u00e9, les r\u00e8gles communes et les agissements personnels, ce qui est acceptable par les uns et les autres.<\/p>\n<p>Les jardins de rue cr\u00e9ent une temporalit\u00e9 propre \u00e0 la rue. Ils rendent sensibles les variations saisonni\u00e8res, int\u00e9r\u00eat primordial des habitants et des Japonais en g\u00e9n\u00e9ral, ainsi que de nombreux petits changements apport\u00e9s par les jardiniers. Ils entra\u00eenent un ensemble de micro-\u00e9v\u00e9nements qui complexifie la temporalit\u00e9 de la rue.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les pouvoirs publics ont ignor\u00e9 ces plantations de rue qui contribuent pourtant \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 de celles-ci et, \u00e0 plus large \u00e9chelle, des villes japonaises. Il n&rsquo;existe pas de cadre officiel ni pour interdire, ni pour encourager les plantations en pot. Finalement, cette neutralit\u00e9 bienveillante laisse un jeu possible, c&rsquo;est \u00e0 dire un \u00abespace am\u00e9nag\u00e9 pour donner aisance \u00e0 un m\u00e9canisme et permettre son fonctionnement.\u00bb\u2028\u2028 Ces plantations font tout simplement partie de la vie quotidienne, les pots sont des \u00e9l\u00e9ments ordinaires du paysage commun. Cependant, quelques arrondissements de Tokyo commencent \u00e0 montrer des signes de reconnaissance et d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0: culturels et touristiques \u00e0 Sumida-ku, climatique \u00e0 Taito-ku. Un changement d&rsquo;attitude est perceptible \u00e0 travers de nombreuses publications\u00a0: recueils de photographies qui diffusent un autre regard, celui des artistes japonais ou \u00e9trangers, articles dans des magazines ou des journaux, travaux des chercheurs montrant un int\u00e9r\u00eat renouvel\u00e9 sur l&rsquo;histoire des formes et pratiques urbaines comme l&rsquo;horticulture urbaine ou les sociabilit\u00e9s, guides touristiques qui proposent des itin\u00e9raires, projets d\u2019architectes.<\/p>\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral alimente la demande sociale pour <em><span style=\"color: #008000;\">machizukuri<\/span><\/em>, <span style=\"color: #008000;\">urbanisme participatif \u00e0 l\u2019\u00e9chelle micro-locale<\/span>, oppos\u00e9 \u00e0 <em>toshikeikaku<\/em>, urbanisme dans le sens de proc\u00e9dure administrative, objet de rejet. Le week-end, il est devenu pris\u00e9 d&rsquo;aller se promener dans les quartiers o\u00f9 demeurent des ruelles tranquilles, \u00e9ventuellement r\u00e9pertori\u00e9es dans les guides. Ces rues, propices \u00e0 la promenade, sont appr\u00e9ci\u00e9es pour leur paysage et leur ambiance. De plus, ce paysage refl\u00e8te un mode de vie enviable d\u00e9sign\u00e9e sous le nom global de <em>slow life<\/em>, <em>sur\u00f6raifu<\/em>, apparu dans le sillage du mouvement <em>slow food<\/em>. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la forme (le paysage les fleurs dans la rue) ouvre une r\u00e9flexion aussi sur le fond (le mode de vie qui produit ce paysage) qu\u2019\u00e9nonce l&rsquo;expression <em>hikarakuyo<\/em>\u00a0: \u00ables fleurs se dispersent, tombent les feuilles\u00bb (Tout est destin\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre). La conscience du caract\u00e8re fragile, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de toute chose reste pr\u00e9sente, exprim\u00e9e dans un microcosme. C&rsquo;est une vision du monde qui transpara\u00eet.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-707\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue.jpg\" alt=\"kyoto-karasuma-rue\" width=\"640\" height=\"480\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue.jpg 2000w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue-300x225.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue-640x480.jpg 640w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-rue-150x113.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-708\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula.jpg\" alt=\"kyoto-karasuma-crassula\" width=\"640\" height=\"480\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula.jpg 2000w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula-300x225.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula-640x480.jpg 640w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/kyoto-karasuma-crassula-150x113.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><br \/>\nDimanche 29 septembre 2013, 10h50. Kyoto, Karasuma Dori, sur le trajet de l\u2019h\u00f4tel Ante Room vers la gare. \u00a9 J.-L. Boissier<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sylvie Brosseau. \u00abHachiue, les plantes en pot\u00bb, Vocabulaire de la spatialit\u00e9 japonaise, sous la direction de Philippe Bonnin, Nishida Masatsugu, Inaga Shigemi. CNRS, 2014. Extraits, pp. 154-157 Les habitants des villes japonaises ont cr\u00e9\u00e9 avec de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes naturels de multiples liens qui forment une v\u00e9ritable culture urbaine de la nature. \u00c0 la nature organis\u00e9e &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=705\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Sylvie Brosseau. Hachiue, les plantes en pot\u2028<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-705","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-green-attitude","category-reader"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=705"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":713,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/705\/revisions\/713"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=705"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=705"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=705"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}