{"id":6861,"date":"2021-08-02T09:25:05","date_gmt":"2021-08-02T08:25:05","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=6861"},"modified":"2021-08-02T09:31:57","modified_gmt":"2021-08-02T08:31:57","slug":"nicolas-truong-baptiste-lanaspeze-mettre-les-villes-dans-la-nature","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=6861","title":{"rendered":"Nicolas Truong-Baptiste Lanaspeze. Mettre les villes dans la nature."},"content":{"rendered":"<header>\n<div class=\"kicker\" style=\"text-align: left;\">in <i>Le Monde<\/i>.<\/div>\n<div class=\"kicker\" style=\"text-align: left;\">Mieux que la v\u00e9g\u00e9talisation des agglom\u00e9rations surdimensionn\u00e9es, il faut \u00ab\u00a0mettre les villes dans la nature plut\u00f4t que la nature en ville\u00a0\u00bb, estime l\u2019\u00e9diteur Baptiste Lanaspeze, pionnier des sentiers m\u00e9tropolitains et concepteur du GR\u00a02013 \u00e0 Marseille.<\/div>\n<div class=\"date_time-container\"><\/div>\n<\/header>\n<section>\n<div class=\"article_content\">\n<p>N\u00e9 en\u00a01977, Baptiste Lanaspeze est auteur, \u00e9diteur et consultant. Il a fond\u00e9 et dirige les \u00e9ditions Wildproject, consacr\u00e9es \u00e0 la pens\u00e9e \u00e9cologiste. Cr\u00e9ateur du GR\u00a02013, il est le cofondateur de l\u2019Agence des sentiers m\u00e9tropolitains, l\u2019auteur de <em>Marseille, ville sauvage<\/em> (Actes Sud, 2012, r\u00e9\u00e9d. 2020) et, avec Paul Herv\u00e9 Lavessi\u00e8re, du <em>Sentier du Grand Paris<\/em> (Wildproject, 2020).<\/p>\n<h3 class=\"question\">Comment d\u00e9finissez-vous l\u2019\u00e9cologie urbaine\u00a0?<\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9cologie est la science des relations des vivants avec la Terre, et la ville est un mode d\u2019habitat caract\u00e9ristique des soci\u00e9t\u00e9s humaines. L\u2019\u00e9cologie urbaine pose donc une question fondamentale\u00a0: comment organiser les habitats humains de fa\u00e7on qu\u2019ils s\u2019ins\u00e8rent dans les autres habitats terrestres\u00a0? Comment pouvons-nous refaire soci\u00e9t\u00e9 avec la Terre\u00a0?<br \/>\nLa recomposition \u00e9cologique de nos territoires urbains constitue, en quelque sorte, le volet op\u00e9rationnel de l\u2019\u00e9cologie th\u00e9orique et politique. Et elle est \u2212 enfin\u00a0! \u2212 en train de susciter l\u2019attention des architectes et des urbanistes, comme en t\u00e9moigne, par exemple, la r\u00e9cente exposition du Pavillon de l\u2019Arsenal \u00ab\u00a0La beaut\u00e9 d\u2019une ville\u00a0: controverses esth\u00e9tiques et transition urbaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"check_reading\" data-was-processed=\"true\"><span style=\"color: #8fbf60; font-size: 0.8em; letter-spacing: 0.1em; text-transform: uppercase;\">Pourquoi ce regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la nature en ville\u00a0?<\/span><\/div>\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat pour la nature en ville me semble une premi\u00e8re \u00e9tape vers une v\u00e9ritable \u00e9cologie urbaine. L\u2019expression \u00ab\u00a0nature en ville\u00a0\u00bb, qui n\u2019existait pas dans les ann\u00e9es 2000, est devenue, depuis une d\u00e9cennie, un enjeu, parfois un slogan. Du c\u00f4t\u00e9 des habitants, on l\u2019associe \u00e0 des initiatives spontan\u00e9es de v\u00e9g\u00e9talisation, allant des rues plant\u00e9es (dans les centres-villes) aux jardins potagers en pied d\u2019immeubles (dans les r\u00e9sidences collectives).<\/p>\n<p>Et du c\u00f4t\u00e9 des collectivit\u00e9s locales, l\u2019expression est devenue omnipr\u00e9sente depuis la r\u00e9forme r\u00e9glementaire de 2010, qui inscrit dans le code de l\u2019urbanisme des continuit\u00e9s \u00e9cologiques (\u00ab\u00a0trame verte et bleue\u00a0\u00bb). Cela a contraint les techniciens et les \u00e9lus \u00e0 s\u2019approprier cette nouvelle dimension de l\u2019am\u00e9nagement urbain. Cette r\u00e9forme r\u00e9glementaire est issue de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cologie du paysage\u00a0\u00bb, une sous-discipline de l\u2019\u00e9cologie, apparue dans les ann\u00e9es 1980, qui \u00e9tudie la fragmentation des habitats naturels dans les territoires habit\u00e9s (ruraux, p\u00e9riurbains, urbains), et qui invite \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles connexions pour recomposer le tissu de la matrice du vivant. C\u2019est le propos de ces \u00ab\u00a0trames vertes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0corridors\u00a0\u00bb que de retisser de la vie dans notre monde d\u00e9chir\u00e9.<\/p>\n<div class=\"see-also-container\">\n<div class=\"link-container\">\n<div class=\"favorites icon--bookmark\" role=\"button\" data-favorites-id=\"3168212\" data-in-favorites=\"false\" aria-label=\"Ajouter aux s\u00e9lections\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3 class=\"question\">La fa\u00e7on dont nous habitons la Terre constitue une des causes importantes de la \u00ab\u00a0sixi\u00e8me extinction\u00a0\u00bb. La nature en ville est-elle vraiment un projet strat\u00e9gique pour renverser cette tendance\u00a0?<\/h3>\n<p>Bien qu\u2019elle ait eu le m\u00e9rite de faire venir les \u00e9cologues \u00e0 la table des n\u00e9gociations, et d\u2019obliger les urbanistes \u00e0 acqu\u00e9rir des rudiments d\u2019\u00e9cologie scientifique, la \u00ab\u00a0nature en ville\u00a0\u00bb constitue une entr\u00e9e insuffisante dans la vaste question de l\u2019\u00e9cologie urbaine. Elle peut trop facilement servir de caution \u00e9cologique \u00e0 un d\u00e9veloppement urbain qui se contente de rajouter du v\u00e9g\u00e9tal et de restaurer les rivi\u00e8res. Un des mantras des projets institutionnels de \u00ab\u00a0nature en ville\u00a0\u00bb est par exemple de <em>\u00ab\u00a0planter davantage d\u2019arbres pour cr\u00e9er des \u00eelots de fra\u00eecheur et lutter contre le r\u00e9chauffement climatique\u00a0\u00bb<\/em>. Mais \u00e0 quoi bon, si on reste dans des villes surdimensionn\u00e9es, structur\u00e9es par le transport express, ultra-carbon\u00e9es, financiaris\u00e9es, ultra-in\u00e9galitaires, d\u00e9pendantes de flux mondialis\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p>Au risque d\u2019une formule trop exp\u00e9ditive, je dirais que la question n\u2019est pas tant la nature en ville que les villes dans la nature. Il faut renverser la charge de la preuve\u00a0! On trouve normal de faire des enclaves de nature sauvage (parcs naturels), mais ne serait-ce pas les villes qui devraient limiter leur emprise spatiale, pour pr\u00e9server la sant\u00e9 et la beaut\u00e9 du monde vivant\u00a0?<\/p>\n<h3 class=\"question\">Est-ce la raison pour laquelle vous avez cr\u00e9\u00e9 le GR\u00a02013, ainsi que l\u2019Agence des sentiers m\u00e9tropolitains\u00a0?<\/h3>\n<p>Le GR 2013 est en effet n\u00e9 de ces m\u00e9ditations sur l\u2019\u00e9cologie urbaine, pendant que j\u2019\u00e9crivais <em>Marseille, ville sauvage<\/em>. Je venais de cr\u00e9er les \u00e9ditions Wildproject, et ma d\u00e9couverte de la philosophie de l\u2019\u00e9cologie m\u2019avait convaincu qu\u2019on ne pouvait plus philosopher sans avoir une pratique de terrain. Pour interroger ce champ de recherche de l\u2019\u00e9cologie urbaine, le territoire marseillais me semblait id\u00e9al\u00a0: la richesse des relations ville-nature \u00e0 Marseille me nourrissait intimement sur les plans sociologique, g\u00e9ographique, po\u00e9tique\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9e l\u2019id\u00e9e de transposer la pratique de la randonn\u00e9e p\u00e9destre dans les espaces urbains et p\u00e9riurbains \u2013 entr\u00e9es de villes, pavillons, zones d\u2019activit\u00e9s, friches\u2026 Depuis le XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et la peinture de paysage, la randonn\u00e9e avait beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une sensibilit\u00e9 proto-\u00e9cologiste, cependant encore marqu\u00e9e par la nature vierge et le dualisme. Inspir\u00e9 par des artistes-marcheurs marseillais comme Hendrik Sturm ou Nicolas Memain, qui arpentaient et racontaient le p\u00e9riurbain, j\u2019ai voulu d\u00e9caler vers nos territoires habit\u00e9s le regard admiratif du randonneur.<\/p>\n<p>A la suite de la cr\u00e9ation de ce premier sentier, nous avons fond\u00e9, en\u00a02014, avec l\u2019urbaniste Paul-Herv\u00e9 Lavessi\u00e8re, l\u2019Agence des sentiers m\u00e9tropolitains\u00a0; et d\u2019autres sentiers sont apparus en France et dans le monde. Nous avons parcouru, en collectif, des milliers de kilom\u00e8tres \u00e0 pied dans les banlieues de Marseille, Paris, Bordeaux, Tunis, Milan, Cologne, Ath\u00e8nes, Boston\u2026 ce qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 une \u00ab\u00a0Acad\u00e9mie des sentiers m\u00e9tropolitains\u00a0\u00bb en six langues.<br \/>\nNous d\u00e9finissons notre Agence des sentiers m\u00e9tropolitains comme une agence d\u2019urbanisme atypique, en contexte de transition \u00e9cologique\u00a0: les sentiers m\u00e9tropolitains sont des \u00e9quipements urbains indispensables pour permettre aux citadins d\u2019atterrir sur leurs territoires, et de se sentir l\u00e9gitimes \u00e0 contribuer aux d\u00e9bats sur la r\u00e9invention \u00e9cologique des villes.<\/p>\n<h3 class=\"question\">Comment la ville peut-elle refaire soci\u00e9t\u00e9 avec la Terre\u00a0?<\/h3>\n<p>Plusieurs dynamiques sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre. D\u2019abord, l\u2019agriculture urbaine est un mouvement international essentiel, qui relie le plaisir, l\u2019estomac, l\u2019assiette, le transport et le territoire urbain. Ce mouvement mobilise les habitants, qui pl\u00e9biscitent les march\u00e9s paysans\u00a0; mais aussi les porteurs de projets agricoles, qui sont de plus en plus nombreux. Il r\u00e9sonne \u00e9galement avec une dimension th\u00e9orique, que le philosophe de l\u2019architecture S\u00e9bastien Marot a r\u00e9sum\u00e9e autour de la notion d\u2019\u00ab\u00a0agritecture\u00a0\u00bb dans la derni\u00e8re Triennale de Lisbonne. L\u2019id\u00e9e est que, jusqu\u2019au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, on avait toujours pens\u00e9 dans un m\u00eame geste la question urbaine et la question rurale\u00a0; et qu\u2019il est vital de r\u00e9activer cette unit\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite, un autre mouvement, qui me semble structurant, est la reprise actuelle, par une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de militants et de chercheurs, du \u00ab\u00a0bior\u00e9gionalisme\u00a0\u00bb \u2013 un mouvement californien des ann\u00e9es 1970, li\u00e9 \u00e0 la contre-culture, qui invite \u00e0 recomposer radicalement nos habitats et nos modes de vie \u00e0 partir et au service des territoires vivants et des bassins versants. Avec des gens comme Mathias Rollot (<em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une bior\u00e9gion\u00a0?<\/em>, Wildproject, 2021, 140 pages, 12\u00a0euros), ce mouvement est en train d\u2019infl\u00e9chir le sens m\u00eame du mot \u00ab\u00a0architecture\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"see-also-container\">\n<div class=\"prefix\"><\/div>\n<div class=\"link-container\">\n<div class=\"favorites icon--bookmark\" role=\"button\" data-favorites-id=\"3080726\" data-in-favorites=\"false\" aria-label=\"Ajouter aux s\u00e9lections\">Ces deux mouvements t\u00e9moignent d\u2019une effervescence prometteuse pour esquisser les principes d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9cologie urbaine. Nous nous y essayons en ce moment avec \u00ab\u00a0Villes terrestres\u00a0\u00bb, un projet europ\u00e9en d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019\u00e9cologie urbaine destin\u00e9 aux professionnels de la ville, et qui rassemble l\u2019Agence des sentiers m\u00e9tropolitains, la Cit\u00e9 de l\u2019agriculture, \u00e0 Marseille, l\u2019association urbAgora, \u00e0 Li\u00e8ge, Il Mercato ritrovato, \u00e0 Bologne, et la m\u00e9tropole de Barcelone. \u00bb<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-inline-container editorial-type-breve container-6107a8be1ea34\">\n<div class=\"content-container\">\n<p class=\"title\"><span style=\"font-family: Verdana, Helvetica, Arial, sans-serif; font-size: 12.15999984741211px;\"><br \/>\nBaptiste Lanaspeze<br \/>\nArpenter le sentier m\u00e9tropolitain du GR 2013 Marseille Provence, qui propose 365\u00a0kilom\u00e8tres de chemins balis\u00e9s entre collines et cit\u00e9s, \u00e9tangs et lotissements, c\u2019est faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un monde hybrid\u00e9. Un monde o\u00f9 les fronti\u00e8res entre nature et culture deviennent clairs-obscurs. Surtout lorsque Baptiste Lanaspeze, son concepteur, guide les pas des promeneurs.<\/span><\/p>\n<p>Car le directeur des \u00e9ditions Wildproject a imagin\u00e9 ces chemins de randonn\u00e9e comme une mani\u00e8re de marcher <em>\u00ab\u00a0par-del\u00e0 nature et culture\u00a0\u00bb<\/em>, comme dit l\u2019anthropologue Philippe Descola, loin d\u2019une vision dite \u00ab\u00a0naturaliste\u00a0\u00bb, qui s\u00e9pare radicalement les humains des non-humains. Une fa\u00e7on d\u2019incarner les humanit\u00e9s \u00e9cologiques, qu\u2019il publie depuis plus de dix ans. Et d\u2019envisager Marseille comme <em>\u00ab\u00a0une ville sauvage\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<div class=\"see-also-container\">\n<div class=\"link-container\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"favorites icon--bookmark\" role=\"button\" data-favorites-id=\"3232774\" data-in-favorites=\"false\" aria-label=\"Ajouter aux s\u00e9lections\">\nL\u2019escapade commence entre le vrombissant quartier Saint-Antoine, chant\u00e9 par les rappeurs Jul et Soprano, situ\u00e9 dans le 15<sup>e<\/sup>arrondissement de Marseille, et celui de l\u2019oppidum de Verduron. Les coquelicots se m\u00ealent aux odeurs menthol\u00e9es, et l\u2019argile de la colline qui descend vers les quartiers de la Castellane et de la Bricarde colle aux pieds.<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Plus bas, un guetteur (<em>\u00ab\u00a0chouf\u00a0\u00bb<\/em>) d\u2019un r\u00e9seau de trafiquants, ne parvenant pas \u00e0 distinguer randonneurs et indicateurs, lance une sonore alerte (<em>\u00ab\u00a0arah\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>) afin que la bande s\u2019\u00e9vanouisse dans la nature. Baptiste Lanaspeze, qui voudrait que ce sentier invite le promeneur \u00e0 <em>\u00ab\u00a0marcher \u00e0 Marseille comme dans les Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0\u00bb<\/em>, aime aller <em>\u00ab\u00a0chercher la beaut\u00e9 du diable\u00a0\u00bb<\/em> dans ces <em>\u00ab\u00a0territoires ab\u00eem\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>. Mais des quartiers sont \u00e9galement revivifi\u00e9s par ce GR inattendu, litt\u00e9ralement trac\u00e9 hors des sentiers battus. Devant \u00ab\u00a0Foresta\u00a0\u00bb, tiers-lieu initi\u00e9 par un collectif d\u2019architectes qui domine la mer et permet de voir la c\u00f4te bleue, Dalila, une habitante d\u2019origine alg\u00e9rienne, qui aime pr\u00e9parer des caf\u00e9s gratuits <em>a tutti<\/em>, lance\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ici, on est solidaires\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"heading\">Parmi \u00ab\u00a0ceux qui croient\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rabbah, ancien enfant du bidonville de Lorette, ouvrier retrait\u00e9 qui arpente quotidiennement le GR 2013, s\u2019exclame\u00a0: <em>\u00ab\u00a0C\u2019est beau ici, cela me fait penser \u00e0 la Kabylie.\u00a0\u00bb<\/em> Et ajoute\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La nature, c\u2019est Dieu qui l\u2019a cr\u00e9\u00e9e afin qu\u2019on s\u2019y retrouve et que l\u2019on se rencontre.\u00a0\u00bb<\/em> <em>\u00ab\u00a0On ne saurait mieux dire\u00a0\u00bb<\/em>, acquiesce Baptiste Lanaspeze. Car l\u2019\u00e9diteur fait partie de <em>\u00ab\u00a0ceux qui croient\u00a0\u00bb<\/em>. Mais <em>\u00ab\u00a0il n\u2019est pas ais\u00e9, au sein d\u2019une galaxie \u00e9cologiste souvent gauchiste et anticl\u00e9ricale, d\u2019\u00e9changer sur le sujet\u00a0\u00bb<\/em>, reconna\u00eet-il. C\u2019est pourquoi il a notamment publi\u00e9 <em>Gen\u00e8se. Dieu nous a-t-il plac\u00e9s au-dessus de la nature\u00a0?<\/em> de J. Baird Callicott (Wildproject, 120 pages, 8\u00a0euros), une r\u00e9flexion intempestive sur l\u2019\u00e9cologie du christianisme.<\/p>\n<p>Ce GR est arpent\u00e9 par plus de 200\u00a0000 randonneurs par an. Un succ\u00e8s pour Baptiste Lanaspeze, pionnier des sentiers m\u00e9tropolitains, et pour Wildproject, sa maison d\u2019\u00e9dition, longtemps rest\u00e9e <em>\u00ab\u00a0sous les radars\u00a0\u00bb<\/em>. La petite officine marseillaise, <em>\u00ab\u00a0chic et discr\u00e8te\u00a0\u00bb,<\/em> est devenue, en \u00e9cologie, incontournable. Depuis 2018, son chiffre d\u2019affaires a augment\u00e9 de plus de 60\u00a0%. Il faut dire que nous sommes entr\u00e9s dans une nouvelle \u00e8re, dite de l\u2019anthropoc\u00e8ne, sur laquelle Wildproject travaille depuis dix ans, publiant les grands noms de la pens\u00e9e \u00e9cologique, de Rachel Carson \u00e0 Baptiste Morizot, dont les titres respectifs <em>Printemps silencieux<\/em> et <em>Les Diplomates<\/em> s\u2019\u00e9coulent \u00e0 plus de trois cents exemplaires par mois. Sans parler du Covid-19, qui vient, d\u00e9clare l\u2019\u00e9diteur, <em>\u00ab\u00a0donner un grand coup de sifflet \u00e0 notre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb.<\/em> Mais pas \u00e0 celui de Baptiste Lanaspeze, parti depuis longtemps en \u00e9claireur sur le chemin des id\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>in Le Monde. 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