{"id":6268,"date":"2020-08-09T14:27:54","date_gmt":"2020-08-09T13:27:54","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=6268"},"modified":"2020-08-09T14:28:19","modified_gmt":"2020-08-09T13:28:19","slug":"julien-bouissou-la-traite-negriere-passe-cache-des-firmes-francaises","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=6268","title":{"rendered":"Julien Bouissou. La traite n\u00e9gri\u00e8re pass\u00e9 cach\u00e9 des firmes fran\u00e7aises"},"content":{"rendered":"<header class=\"article-header\">\n<h1 class=\"article-title\"><span style=\"font-family: Verdana, Helvetica, Arial, sans-serif; font-size: 12.15999984741211px;\">Axa, la Banque de France, Marie Brizard\u2026 A un degr\u00e9 moindre que leurs homologues britanniques, de nombreuses entreprises ont, elles aussi, b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, plus ou moins directement, du commerce triangulaire<\/span><\/h1>\n<\/header>\n<div class=\"article-body\">\n<div class=\"article-text\">\n<div class=\"dropcap\">\n<p>Bien avant son apparition dans les rayons de supermarch\u00e9s, la c\u00e9l\u00e8bre anisette Marie Brizard, n\u00e9e \u00e0 Bordeaux au milieu du XVIII<span class=\"sup\">e<\/span>\u00a0si\u00e8cle, remplissait les cales des navires n\u00e9griers. Elle s\u2019\u00e9changeait sur les c\u00f4tes africaines contre des esclaves, transport\u00e9s ensuite de l\u2019autre cot\u00e9 de l\u2019Atlantique pour travailler de force dans des plantations de canne \u00e0 sucre. La liqueur figurait sur la liste des \u00ab\u00a0marchandises de traite\u00a0\u00bb charg\u00e9es dans les ports fran\u00e7ais. La traite n\u00e9gri\u00e8re n\u2019a pas laiss\u00e9 en h\u00e9ritage que des statues ou des plaques de rue. Elle a aussi donn\u00e9 naissance \u00e0 des fortunes discr\u00e8tes, dont la trace a \u00e9t\u00e9 perdue au gr\u00e9 des fusions, acquisitions et changements de nom.<\/p>\n<p id=\"U111374387923kHB\">Pour la premi\u00e8re fois, la Royal Bank of Scotland, la Lloyds Bank, la Bank of England (BoE) ou encore le brasseur Greene King ont reconnu en juin, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qu\u2019une partie de leurs fondateurs ou ex-administrateurs avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la traite des Noirs. Les entreprises de l\u2019Hexagone sont bien plus silencieuses. Aucune n\u2019a reconnu sa responsabilit\u00e9 ou pr\u00e9sent\u00e9 des excuses, alors que 4\u00a0000\u00a0exp\u00e9ditions n\u00e9gri\u00e8res ont quitt\u00e9 la France, entre le milieu des XVII<span class=\"sup\">e <\/span>et XIX<span class=\"sup\">e<\/span>\u00a0si\u00e8cles.<span class=\"italic\"> \u00ab\u00a0Les exp\u00e9ditions quittant le seul port de Liverpool ont \u00e9t\u00e9 beaucoup plus nombreuses que dans tous les ports fran\u00e7ais pendant deux si\u00e8cles\u00a0\u00bb, <\/span>pr\u00e9cise toutefois l\u2019historien Eric Saugera.<\/p>\n<p class=\"Papier principal-intertitre quot-actu\">Un commerce opportuniste<\/p>\n<p id=\"U111374387923Ca\">Ouvrons les archives et int\u00e9ressons-nous par exemple \u00e0 Jacob du Pan, ancien colon de Saint-Domingue, qui arrive dans l\u2019Hexagone peu apr\u00e8s que l\u2019\u00eele a d\u00e9clar\u00e9 son ind\u00e9pendance sous le nom d\u2019Ha\u00efti, en\u00a01804. Gr\u00e2ce \u00e0 une fortune tir\u00e9e des plantations de canne \u00e0 sucre peupl\u00e9es d\u2019esclaves, il cofonde en\u00a01816 la Compagnie d\u2019assurances mutuelles contre l\u2019incendie de Paris, qui se fondra plus tard dans les Assurances du groupe de Paris, rachet\u00e9es par Axa en\u00a01989.<\/p>\n<p><span class=\"italic\">\u00ab\u00a0La mutuelle en question n\u2019a pas eu d\u2019activit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019esclavage\u00a0\u00bb<\/span>, se d\u00e9fend aujourd\u2019hui l\u2019assureur fran\u00e7ais, tout en reconnaissant les faits. Il ajoute\u00a0: <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Nous ne pouvons, h\u00e9las, pas changer ce qui s\u2019est pass\u00e9 ailleurs et avant nous.\u00a0\u00bb <\/span>Plus surprenant\u00a0: Axa dit ignorer le nom des fondateurs d\u2019une petite entreprise cr\u00e9\u00e9e en\u00a01816 \u00e0 Rouen et qu\u2019il consid\u00e8re comme son \u00ab\u00a0anc\u00eatre\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la ville \u00e9tait tr\u00e8s active dans \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie esclavagiste\u00a0\u00bb. L\u2019entreprise vient pourtant de c\u00e9l\u00e9brer le bicentenaire de la naissance de la Compagnie d\u2019assurances mutuelles contre l\u2019incendie dans les d\u00e9partements de la Seine-Inf\u00e9rieure de l\u2019Eure, et elle y a m\u00eame consacr\u00e9 un ouvrage \u00e0 cette occasion.<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 d\u2019autres entreprises est plus transparent mais ignor\u00e9. <span class=\"italic\">Le Monde<\/span> a ainsi retrouv\u00e9 dans le registre du tribunal de commerce le nom d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre maison de n\u00e9gociants encore en activit\u00e9, et autrefois impliqu\u00e9e dans la traite n\u00e9gri\u00e8re. Certes, l\u2019activit\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise pour le commerce avec l\u2019Outre-mer (SFCO) s\u2019est d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e depuis sa cr\u00e9ation, en\u00a01685\u00a0: le commerce colonial a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par la gestion d\u2019investissements financiers <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0ayant un fort impact social et environnemental\u00a0\u00bb.<\/span> Dans une interview accord\u00e9e aux H\u00e9nokiens, une association internationale d\u2019entreprises familiales et bicentenaires, Diego Gradis, qui se pr\u00e9sente comme le<span class=\"italic\">\u00ab\u00a013<span class=\"sup\">e<\/span> chef de la maison Gradis\u00a0\u00bb,<\/span> attribue la <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0bonne sant\u00e9\u00a0\u00bb <\/span>de l\u2019entreprise \u00e0 <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0l\u2019attachement \u00e0 des valeurs transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb<\/span>.<\/p>\n<p id=\"U111374387923RrH\">Selon Fr\u00e9d\u00e9ric R\u00e9gent, historien \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris-I, <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0les exp\u00e9ditions n\u00e9gri\u00e8res repr\u00e9sentaient environ 5\u00a0% de celles de la maison Gradis \u00e0 la fin du XVIII<span class=\"sup\">e<\/span>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb. <\/span>A cette \u00e9poque, la traite est un commerce occasionnel, voire opportuniste. <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Plus de la moiti\u00e9 des armateurs n\u00e9griers bordelais ne font d\u2019ailleurs qu\u2019une seule exp\u00e9dition, attir\u00e9s par des rendements qui sont potentiellement parmi les plus \u00e9lev\u00e9s, mais aussi les plus risqu\u00e9s\u00a0\u00bb, <\/span>explique Eric Saugera. Les navires peuvent dispara\u00eetre en cas de r\u00e9volte des esclaves, ou m\u00eame \u00eatre captur\u00e9s par des pirates. En moyenne, 13\u00a0captifs sur\u00a0100 meurent pendant la travers\u00e9e atlantique. Certains se suicident en se jetant \u00e0 la mer, meurent de maladie ou sont tu\u00e9s pour pr\u00e9venir toute r\u00e9volte. Une fois arriv\u00e9s \u00e0 destination, leur esp\u00e9rance de vie ne d\u00e9passe pas dix\u00a0ans.<\/p>\n<p>Vers la fin du XVIII<span class=\"sup\">e<\/span>\u00a0si\u00e8cle, cette traite n\u00e9gri\u00e8re repr\u00e9sente, selon Fr\u00e9d\u00e9ric R\u00e9gent, au moins 4\u00a0% \u00e0 5\u00a0% de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise et offre de nombreux d\u00e9bouch\u00e9s aux marchands. Car les capitaines de navires n\u00e9griers doivent acheter fusils, verreries, barres de fer et de cuivre, draperies ou encore eau-de-vie, pour les \u00e9changer ensuite contre des esclaves en Afrique.<\/p>\n<p id=\"U111374387923tVF\">A Cognac, de nombreuses barriques d\u2019eau-de-vie sont envoy\u00e9es dans les ports de Rochefort ou de Bordeaux pour \u00eatre embarqu\u00e9es dans des navires. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque, en\u00a01765, que Richard Hennessy fonde la maison du m\u00eame nom, tomb\u00e9e depuis dans l\u2019escarcelle du groupe de luxe LVMH. Le producteur de cognac dit <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0n\u2019avoir trouv\u00e9 aucun document d\u2019archive\u00a0\u00bb <\/span>attestant une implication dans ce commerce triangulaire, m\u00eame si sa directrice de la communication, C\u00e9cile Fran\u00e7ois, reconna\u00eet que <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0le syst\u00e8me de tra\u00e7abilit\u00e9 des barriques n\u00e9goci\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque ne permet pas toujours d\u2019identifier les destinataires finaux\u00a0\u00bb. <\/span>La plupart des exportations de Hennessy, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, partent vers l\u2019Europe du Nord.<\/p>\n<p id=\"U111374387923qdF\">Or, comme le remarque l\u2019historien Jean-Christophe Temdaoui,<span class=\"italic\"> \u00ab\u00a0l\u2019eau-de-vie de Cognac \u00e9tait souvent achet\u00e9e en Angleterre ou en Europe du Nord par des n\u00e9gociants, avant d\u2019\u00eatre r\u00e9exp\u00e9di\u00e9e en Afrique par des commer\u00e7ants n\u00e9griers\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p>La traite n\u00e9gri\u00e8re enrichit des n\u00e9gociants qui r\u00e9investissent leur fortune dans la cr\u00e9ation de la Banque de France, \u00e0 l\u2019\u00e9poque une banque priv\u00e9e adoss\u00e9e \u00e0 l\u2019Etat. L\u2019institution pr\u00e9f\u00e8re cependant minimiser ces liens\u00a0: <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Une minorit\u00e9 des 18\u00a0r\u00e9gents et censeurs qui fond\u00e8rent la Banque de France semble avoir directement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019esclavage\u00a0\u00bb,<\/span> assure l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p>L\u2019esclavage a rapport\u00e9 de l\u2019argent, m\u00eame au moment de son abolition. En\u00a01825, l\u2019Etat fran\u00e7ais impose \u00e0 Ha\u00efti, qui vient d\u2019arracher son ind\u00e9pendance, une dette consid\u00e9rable en guise de compensation pour les propri\u00e9taires fran\u00e7ais ayant perdu leur propri\u00e9t\u00e9 esclavagiste. Puis ce m\u00eame Etat verse une compensation aux propri\u00e9taires de La R\u00e9union, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, du S\u00e9n\u00e9gal et de quelques territoires de Madagascar lors de l\u2019abolition de l\u2019esclavage, en\u00a01848. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, la France compte 248\u00a0560\u00a0esclaves dans ses colonies. Les compensations co\u00fbteront \u00e0 l\u2019Etat Fran\u00e7ais 7,1\u00a0% de ses d\u00e9penses publiques en\u00a01849 et donneront naissance \u00e0 de nouvelles aventures entrepreneuriales.<\/p>\n<p id=\"U111374387923i1F\"><span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on observe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2013 \u00e0 la fois dans les grandes entreprises et les universit\u00e9s \u2013 il y a en France un d\u00e9ni largement assum\u00e9 au sein de l\u2019establishment \u00e9conomique sur ces questions historiques\u00a0\u00bb, <\/span>d\u00e9plore Pierre-Yves Bocquet, directeur adjoint de la Fondation pour la m\u00e9moire de l\u2019esclavage. Il a fallu la cr\u00e9ation de la base de donn\u00e9es \u00ab\u00a0Legacies of British Slave-Ownership\u00a0\u00bb publiant la quasi-totalit\u00e9 des informations sur les exp\u00e9ditions n\u00e9gri\u00e8res, par des chercheurs de la University College London (UCL), pour que les entreprises anglo-saxonnes reconnaissent leurs liens avec la traite transatlantique.<\/p>\n<p class=\"Papier principal-intertitre quot-actu\">\u00ab\u00a0Indemnisation incalculable\u00a0\u00bb<\/p>\n<p id=\"U111374387923MJC\">A l\u2019initiative d\u2019universitaires fran\u00e7ais, le projet Repairs, qui rassemble les noms des b\u00e9n\u00e9ficiaires et les montants des compensations vers\u00e9es aux propri\u00e9taires d\u2019esclaves, doit \u00eatre d\u00e9voil\u00e9 cet automne.<span class=\"italic\">\u00ab\u00a0En France, peu d\u2019historiens \u00e9conomiques se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l\u2019esclavage\u00a0\u00bb,<\/span> reconna\u00eet l\u2019historienne Myriam Cottias. L\u2019effort de recherche est loin d\u2019\u00eatre encourag\u00e9 par les institutions moralement li\u00e9es \u00e0 la traite n\u00e9gri\u00e8re.<\/p>\n<p id=\"U111374387923cJC\">Aucune des bourses de recherche distribu\u00e9es chaque ann\u00e9e par la Banque de France ne s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 cette question. La Caisse des d\u00e9p\u00f4ts et consignations (CDC), qui a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e du versement des compensations aux propri\u00e9taires d\u2019esclaves, reste discr\u00e8te mais a ouvert ses archives. Ces institutions ont accept\u00e9 de financer la Fondation pour la m\u00e9moire de l\u2019esclavage, mais \u00e0 distance, via leurs filiales ultramarines. Comme si la m\u00e9moire de l\u2019esclavage ne se cantonnait qu\u2019\u00e0 ces endroits \u00e9loign\u00e9s de la m\u00e9tropole.<\/p>\n<p id=\"U11137438792343F\">La reconnaissance des liens avec l\u2019esclavagisme pose l\u2019\u00e9pineuse question de la r\u00e9paration. En\u00a02013, le Conseil repr\u00e9sentatif des associations noires (CRAN) a assign\u00e9 en justice la CDC, lui r\u00e9clamant des r\u00e9parations au titre de sa participation \u00e0 l\u2019esclavage, consid\u00e9r\u00e9e comme un crime contre l\u2019humanit\u00e9 depuis la loi Taubira de 2001. <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Nous ne disons pas que les entreprises d\u2019aujourd\u2019hui sont responsables, nous disons que certaines ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019esclavage, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles ont h\u00e9rit\u00e9 de biens mal acquis qui devraient \u00eatre restitu\u00e9s\u00a0\u00bb, <\/span>explique l\u2019ex-pr\u00e9sident du CRAN, Louis-Georges Tin.<\/p>\n<p id=\"U111374387923ZYB\">En mai\u00a02015, Fran\u00e7ois Hollande a ferm\u00e9 la porte aux demandes de r\u00e9parations financi\u00e8res. <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0L\u2019indemnisation est incalculable en raison du temps, <\/span>peut-on lire dans le Rapport de pr\u00e9figuration de la Fondation pour la m\u00e9moire de l\u2019esclavage, publi\u00e9 en\u00a02017<span class=\"italic\">, le pr\u00e9judice li\u00e9 aux faits d\u2019esclavage ne s\u2019av\u00e8re pas compensable. C\u2019est un pr\u00e9judice de l\u2019histoire qui ne peut \u00eatre sold\u00e9 que par l\u2019histoire, par l\u2019action politique.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p id=\"U111374387923uiE\" class=\"normal\"><span class=\"italic\">\u00ab\u00a0La premi\u00e8re r\u00e9paration, c\u2019est la r\u00e9paration de la connaissance, <\/span>souligne l\u2019historien Pape Ndiaye. <span class=\"italic\">Esp\u00e9rons que les entreprises iront plus loin en cr\u00e9ant des bourses d\u2019\u00e9tudes, ou en finan\u00e7ant des programmes antiracistes.\u00a0\u00bb <\/span>Le pass\u00e9 de l\u2019esclavage n\u2019est pas si lointain.<\/p>\n<p id=\"U111374387923iiG\" class=\"puce\">D\u2019abord parce que <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0ce syst\u00e8me a produit des imaginaires et des th\u00e9ories racistes qui persistent\u00a0\u00bb, <\/span>selon les mots de la Fondation pour la m\u00e9moire de l\u2019esclavage. Ensuite parce que le commerce d\u2019\u00eatre humains existe toujours. <span class=\"italic\">\u00ab\u00a0Je ne crois pas qu\u2019une entreprise ignorant la traite n\u00e9gri\u00e8re puisse \u00eatre vigilante sur les conditions de travail forc\u00e9 chez ses fournisseurs, dans ses cha\u00eenes d\u2019approvisionnement\u00a0\u00bb,<\/span>estime l\u2019\u00e9conomiste franco-b\u00e9ninois Lionel Zinsou. L\u2019\u00e9tude du pass\u00e9 permet d\u2019\u00e9clairer le pr\u00e9sent, notamment la mani\u00e8re dont la traite a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019essor de soci\u00e9t\u00e9s par actions, des assurances, ou du cr\u00e9dit. Pour Lionel Zinsou, \u00ab<span class=\"italic\">\u00a0ne pas s\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette histoire, c\u2019est ignorer que l\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 central dans la construction du capitalisme fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Axa, la Banque de France, Marie Brizard\u2026 A un degr\u00e9 moindre que leurs homologues britanniques, de nombreuses entreprises ont, elles aussi, b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, plus ou moins directement, du commerce triangulaire Bien avant son apparition dans les rayons de supermarch\u00e9s, la c\u00e9l\u00e8bre anisette Marie Brizard, n\u00e9e \u00e0 Bordeaux au milieu du XVIIIe\u00a0si\u00e8cle, remplissait les cales des navires &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=6268\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Julien Bouissou. La traite n\u00e9gri\u00e8re pass\u00e9 cach\u00e9 des firmes fran\u00e7aises<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[69,72,44,5],"tags":[],"class_list":["post-6268","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-care","category-ethnologie","category-everyday-life","category-reader"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6268","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6268"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6268\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6269,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6268\/revisions\/6269"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6268"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6268"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6268"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}