{"id":4507,"date":"2017-10-19T15:55:27","date_gmt":"2017-10-19T14:55:27","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4507"},"modified":"2017-11-20T16:05:48","modified_gmt":"2017-11-20T15:05:48","slug":"philippe-descola-de-la-nature-universelle-aux-natures-singulieres","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4507","title":{"rendered":"Philippe Descola. De la nature universelle aux natures singuli\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>Quelles le\u00e7ons pour l\u2019analyse des cultures&nbsp;?<br \/>\nRetranscription des quinze derni\u00e8res minutes de la communication de Philippe Descola, 19 novembre 2017, Coll\u00e8ge de France, colloque \u00abLes Natures en questions\u00bb.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/colloque-2017\/symposium-2017-10-19-15h00.htm\">https:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/colloque-2017\/symposium-2017-10-19-15h00.htm<\/a><\/p>\n<p>\u00abOn a fait sortir les non-humains de la cit\u00e9 pour n\u2019y laisser que les humains, seuls sujets de droits [&#8230;] C\u2019est avec cette conception eurocentrique et anthropocentrique du politique notamment qu\u2019il faut pouvoir rompre.[&#8230;] 15:18\u2028Comprendre comment s\u2019instaurent des collectifs singuliers 16:32.[&#8230;]<br \/>\nSe placer sous le signe de l\u2019ontologie&nbsp;: [&#8230;] le niveau o\u00f9 l\u2019analyse anthropologique doit se situer est plus \u00e9l\u00e9mentaire que celui o\u00f9 elle a op\u00e9r\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent [17:14]<br \/>\nCela rel\u00e8ve d\u2019une exigence d\u2019hygi\u00e8ne conceptuelle, \u00e0 savoir il faut rechercher les racines de la diversit\u00e9 des humains \u00e0 un \u00e9tage plus profond, celui des diff\u00e9rences dans les inf\u00e9rences de base&#8230; [&#8230;]<br \/>\nDe l\u00e0 d\u00e9coulent les types de collectifs au sein desquels se d\u00e9roulent la vie commune et la nature de leur composition, les formes de subjectivation et d\u2019objectivation, les r\u00e9gimes de temporalit\u00e9, les formes de la figuration, toute la richesse de la vie sociale et culturelle.<br \/>\nUne premi\u00e8re \u00e9tape dans ce travail de refondation consiste \u00e0 mieux d\u00e9finir l\u2019unit\u00e9 d\u2019analyse dont les sciences sociales s\u2019occupent et qu\u2019elles appellent diversement selon leurs domaines de sp\u00e9cialit\u00e9 et selon leurs inflexions nationales&nbsp;: une soci\u00e9t\u00e9, une culture, une communaut\u00e9, un milieu social, une tribu, un groupe socio-professionnel qui ont tous pour caract\u00e9ristique de limiter l\u2019ensemble dont on parle aux seuls humains.<br \/>\nJe pr\u00e9f\u00e8re pour ma part le terme de collectif [19:38], que Bruno Latour a introduit dans le vocabulaire des sciences sociales comme un corollaire de la th\u00e9orie de l\u2019acteur-r\u00e9seau. Cette notion de collectif est pr\u00e9cieuse car contrairement \u00e0 d\u2019autres notions d\u00e9signant des ensembles organis\u00e9s d\u2019\u00eatres, elle ne pr\u00e9juge en aucune fa\u00e7on du contenu de ce qui est associ\u00e9 dans un collectif ni des modes de l\u2019assemblage. Mais \u00e0 la diff\u00e9rence de Bruno, pour qui le collectif est le produit d\u2019une action litt\u00e9rale de collecte analytique au moyen de laquelle divers types d\u2019\u00eatres et de forces sont associ\u00e9s, moi j\u2019envisage, c\u2019est peut \u00eatre ma formation d\u2019anthropologue sp\u00e9cialiste des formes de peuples non-modernes, j\u2019envisage le collectif plut\u00f4t comme la forme sous laquelle se pr\u00e9sentent \u00e0 nous diverses sortes d\u2019associations conventionnelles d\u2019humains et de non-humains que l\u2019histoire du monde a su imaginer. Parmi ces associations, il y a celles si \u00e9tranges que l\u2019anthropologie s\u2019est donn\u00e9e pour mission de d\u00e9crire \u2014c\u2019est avec un biais anthropocentrique et en prenant la soci\u00e9t\u00e9 des humains comme mod\u00e8le et point de d\u00e9part de la vie en commun\u2014 mais dont il n\u2019est pas impossible pourtant de restituer la richesse et la complexit\u00e9 architecturale.\u2028Et ces formes de stabilis\u00e9s de collectifs n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s par quelques anthropologues clairvoyants afin de fournir des gabarits analytiques \u00e0 leurs coll\u00e8gues. Leurs principes de composition sont tout \u00e0 fait explicites pour les humains qui en sont membres et qui savent fort bien \u00e9valuer leurs m\u00e9rites par rapport \u00e0 ceux qui ont cours dans des collectifs voisins de sorte qu\u2019il serait absurde et condescendant de r\u00e9server l\u2019anthropologie comparative des collectifs aux seuls savants qui auraient su s\u2019extirper du front de modernisation. \u2028Bref, un collectif au sens o\u00f9 je l\u2019entends [21:43] c\u2019est une forme stabilis\u00e9e d\u2019association entre des \u00eatres qui peuvent \u00eatre ontologiquement homog\u00e8nes ou h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et dont aussi bien les principes de composition que les modes de relation entre les composantes sont sp\u00e9cifiables et susceptibles d\u2019\u00eatre abord\u00e9es r\u00e9flexivement par les membres humains de ces assemblages notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit de qualifier des relations avec des collectifs voisins o\u00f9 ces principes et ces modes n\u2019ont pas cours. On le voit, un collectif entendu en ce sens n\u2019est pas homologue aux cat\u00e9gories sociologiques habituelles d\u00e9signant des associations auxquelles on aurait rajout\u00e9 quelques non-humains par souci louable de compl\u00e9tude&nbsp;: une soci\u00e9t\u00e9 + sa nature, une ethnie + ses anc\u00eatres, une civilisation + ses divinit\u00e9s, une cat\u00e9gorie socio-professionnelle + les outils, les mat\u00e9riaux, les proc\u00e9dures qu\u2019elle utilise. On voit mal dans ce cas quel gain d\u2019intelligibilit\u00e9 pourrait \u00eatre obtenu, puisque les non-humains continueraient \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019une sorte d\u2019enjolivure rajout\u00e9e \u00e0 un bloc massivement anthropocentrique. \u2028\u2028Il faut plut\u00f4t \u00e9lucider dans chaque cas, les principes de composition de l\u2019assemblage et les rapports qu\u2019il entretient avec d\u2019autres assemblages de m\u00eame nature ou compos\u00e9s diff\u00e9remment.<br \/>\nC\u2019est ce que je voudrais faire maintenant en examinant \u00e0 titre d\u2019exemple tr\u00e8s bri\u00e8vement un genre d\u2019association qui m\u2019a tr\u00e8s longtemps occup\u00e9 le collectif animiste. [23:23], lequel se distingue en tout de ce qui est pour nous une soci\u00e9t\u00e9 puisque les combinaisons qu\u2019il op\u00e8re entre humains et non-humains n\u2019y prennent pas la forme coutumi\u00e8re \u00e0 laquelle l\u2019ontologie naturaliste nous a accoutum\u00e9s. Dans une ontologie animiste, la plupart des non-humains ont une int\u00e9riorit\u00e9 analogue \u00e0 celle des humains, ce qui fait d\u2019eux des sujets sociaux de plein droit mais chaque forme d\u2019\u00eatre \u00e9tant aussi dot\u00e9e de dispositions physiques particuli\u00e8res, elle ne peut avoir acc\u00e8s qu\u2019aux segments de monde qu\u2019elle est pr\u00e9dispos\u00e9e par sa nature \u00e0 habiter, \u00e0 utiliser, et \u00e0 actualiser. Donc chaque forme d\u2019\u00eatres constitue de ce point de vue-l\u00e0, un collectif \u00e0 part, une esp\u00e8ce sociale caract\u00e9ris\u00e9e par une morphologie, des aptitudes et un type de comportement particulier, un genre de regroupement qui combine les attributs d\u2019une esp\u00e8ce naturelle et ceux d\u2019une tribu. Les tribus-esp\u00e8ces donc et notamment les tribus-esp\u00e8ces animales sont r\u00e9put\u00e9es vivre dans des collectifs, qui poss\u00e8dent une structure et des propri\u00e9t\u00e9s identiques. Ce sont des soci\u00e9t\u00e9s compl\u00e8tes avec des chefs, des chamans, des rituels etc.\u2028Dans tout l\u2019archipel animiste, en Am\u00e9rique sub-arctique, en Amazonie, en Sib\u00e9rie, dans des r\u00e9gions d\u2019Asie du sud-est et de M\u00e9lan\u00e9sie, des membres de chaque tribu-esp\u00e8ce partagent ainsi une m\u00eame apparence physique, un m\u00eame habitat, un m\u00eame comportement alimentaire, et sont en principe endogames. \u2028\u2028Il importe ici de noter que les crit\u00e8res de diff\u00e9rences de forme et de comportement permettant de distinguer les uns des autres les collectifs non-humains sont aussi employ\u00e9s pour distinguer entre eux les divers collectifs humains.\u2028Dans une ontologie animiste, en effet, l\u2019id\u00e9e d\u2019humanit\u00e9 comme esp\u00e8ce morale en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 part, n\u2019a gu\u00e8re de sens. Aussi, chaque classe d\u2019humains qui se diff\u00e9rencie des autres par son apparence et par ses mani\u00e8res de faire est-elle con\u00e7ue comme une tribu-esp\u00e8ce particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019instar de la tribu-esp\u00e8ce du singe laineux ou de celle du caribou. [25:49] car les attributs distinctifs des groupes humains que les modernes voient comme culturels, la coiffure, la parure, le costume, les armes, les outils, les habitations et m\u00eame la langue sont au contraire per\u00e7us dans l\u2019archipel animiste comme des dispositions physiques analogues \u00e0 celles qui permettent aux esp\u00e8ces animales de mener des genres de vie diff\u00e9rents&nbsp;: des becs, des griffes, des nageoires, des ailes, des branchies etc. Donc nous les naturalistes, ce que nous voyons comme nature et surnature, se pr\u00e9sente pour les animistes comme un monde peupl\u00e9 de collectifs sociaux avec lesquels des collectifs humains eux-m\u00eames diff\u00e9renci\u00e9s nouent des relations conform\u00e9ment \u00e0 des normes suppos\u00e9es communes \u00e0 tous.\u2028Quelle forme une cosmopolitique peut-elle prendre dans le cas pr\u00e9sent. Puisque presque tous les \u00eatres sont des personnes, chacune libre et ind\u00e9pendante \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du collectif o\u00f9 son existence se d\u00e9roule, ce ne sont pas les individus humains qui constituent des sujets politiques, ni m\u00eame les assemblages au sein desquels chaque esp\u00e8ce d\u2019\u00eatre humain et non-humain est associ\u00e9, des assemblages en effet tous autonomes, en principe dans l\u2019exercice de leur souverainet\u00e9. Non, les v\u00e9ritables sujets politiques, ce sont les relations entre les collectifs, des relations de s\u00e9duction, d\u2019\u00e9change, de pr\u00e9dation, d\u2019apprivoisement qui sont variables selon les circonstances et selon les communaut\u00e9s, et qui ont toutes pour caract\u00e9ristique de traiter l\u2019alter ego comme une personne de statut \u00e9gal. C\u2019est une personne que l\u2019on peut tuer ou que l\u2019on adopte, que l\u2019on mange ou que l\u2019on nourrit, que l\u2019on aide \u00e0 se reproduire ou que l\u2019on traite comme un enfant selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ami ou d\u2019un ennemi ou d\u2019un animal chass\u00e9 ou un petit du gibier que l\u2019on recueille, d\u2019une plante cultiv\u00e9e ou d\u2019une plante sauvage, d\u2019un esprit malfaisant ou d\u2019un esprit protecteur. Et c\u2019est dans ces relations tr\u00e8s diverses de personne \u00e0 personne entre humains comme avec les non-humains, que se cristallisent les rapports de mondes. Les rapports de mondes, ce sont ces rapports qui selon Jacques Ranci\u00e8re forment la texture de la politique, beaucoup plus que les rapports de pouvoir, car un sujet politique, ce n\u2019est pas un groupe qui prend conscience de lui-m\u00eame, qui se donne une voix, qui impose son poids dans la soci\u00e9t\u00e9, pour citer Ranci\u00e8re, c\u2019est un op\u00e9rateur qui joint et disjoint les r\u00e9gions, les identit\u00e9s, les fonctions, les capacit\u00e9s, existant dans la configuration d\u2019une exp\u00e9rience donn\u00e9e.\u2028Et en ce sens, n\u2019importe quel op\u00e9rateur humain ou non-humain est capable de devenir un agent politique, s\u2019il parvient \u00e0 mettre ensemble des choses qui n\u2019ont pas au d\u00e9part de connexion intrins\u00e8que notamment parce qu\u2019elles ressortissent en apparence \u00e0 des r\u00e9gimes ontologiques diff\u00e9rents.\u2028Et donc le chasseur atchuar avec qui j\u2019ai jadis chass\u00e9, et qui adresse une incantation mentale \u00e0 l\u2019\u00e2me du singe laineux qu\u2019il poursuit, est un agent politique, car il connecte par ce moyen deux communaut\u00e9s de personnes qui vivent dans des mondes physiques diff\u00e9renci\u00e9s. Quant au singe laineux, il est devenu lui aussi un agent politique et pour la m\u00eame raison lorsqu\u2019il aura auparavant visit\u00e9 en r\u00eave le m\u00eame chasseur pour lui donner un rendez-vous en for\u00eat. \u2028Partout sur notre plan\u00e8te, ces rapports de mondes se donnent \u00e0 voir, sous nos yeux de naturalistes, sans que nous sachions toujours les d\u00e9chiffrer, comme des expressions politiques. Par exemple, et dans un registre tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de l\u2019animisme, lorsqu\u2019un volcan andin menac\u00e9 par une compagnie mini\u00e8re se voit d\u00e9fendu par des communaut\u00e9s autochtones, non pas comme une ressource \u00e0 prot\u00e9ger, mais comme un membre \u00e0 part enti\u00e8re du collectif mixte qu\u2019eux les humains forment avec les montagnes, avec les troupeaux de lamas, avec les lacs, avec les champs de pomme de terre, ou encore pour prendre un autre exemple r\u00e9cent, lorsque les Maori obtiennent du parlement n\u00e9o-z\u00e9landais la reconnaissance de la personnalit\u00e9 juridique de la rivi\u00e8re Ouangani non pas comme un moyen de pr\u00e9server sur cette rivi\u00e8re leurs droits d\u2019usage ancestraux mais l\u00e0 encore parce qu\u2019elle appartient \u00e0 un collectif plus large dont les humains ne sont qu\u2019une composante. Aussi et pour en revenir au registre animiste, n\u2019est-il pas \u00e9tonnant que lorsque les repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 de Sarayaku sont venus \u00e0 Paris lors de la COP 21 pour demander la reconnaissance du territoire qu\u2019ils occupent, en Amazonie \u00e9quatorienne, ils ne l\u2019aient pas fait en invoquant la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9, la protection du milieu contre les compagnies p\u00e9troli\u00e8res qui sont pourtant \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, ou m\u00eame l\u2019autochtonie, non, ils ont all\u00e9gu\u00e9 qu\u2019il fallait pr\u00e9server des relations plut\u00f4t qu\u2019un espace, en l\u2019occurrence et je les cite&nbsp;: \u00abla relation mat\u00e9rielle et spirituelle que les peuples indig\u00e8nes tissent avec les autres \u00eatres qui habitent la for\u00eat vivante.\u00bb Et cette for\u00eat vivante, elle est vue \u00abcomme enti\u00e8rement compos\u00e9e d\u2019\u00eatres vivants, et des relations de communication que ces \u00eatres entretiennent de sorte que tous ces \u00eatres depuis la plante la plus infime jusqu\u2019aux esprits protecteurs de la for\u00eat sont des personnes qui vivent en communaut\u00e9 et d\u00e9veloppent leur existence de mani\u00e8re analogue \u00e0 celle des humains. Au lieu de voir dans ce genre de propos et de mouvements, des manifestations de superstition folklorique ou pu\u00e9rile, position condescendante, que partagent tant le lib\u00e9ralisme du laisser faire qu\u2019une partie de la gauche prom\u00e9th\u00e9enne, il est plus judicieux d\u2019y trouver ce qu\u2019ils nous offrent, \u00e0 savoir une formidable stimulation pour penser \u00e0 nouveaux frais, l\u2019action politique et le vivre ensemble dans un monde o\u00f9 nature et soci\u00e9t\u00e9 ne sont plus irr\u00e9m\u00e9diablement dissoci\u00e9es.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelles le\u00e7ons pour l\u2019analyse des cultures&nbsp;? Retranscription des quinze derni\u00e8res minutes de la communication de Philippe Descola, 19 novembre 2017, Coll\u00e8ge de France, colloque \u00abLes Natures en questions\u00bb. https:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/colloque-2017\/symposium-2017-10-19-15h00.htm \u00abOn a fait sortir les non-humains de la cit\u00e9 pour n\u2019y laisser que les humains, seuls sujets de droits [&#8230;] C\u2019est avec cette conception eurocentrique et &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4507\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Philippe Descola. 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