{"id":4322,"date":"2017-10-08T10:04:12","date_gmt":"2017-10-08T09:04:12","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4322"},"modified":"2017-10-10T10:39:25","modified_gmt":"2017-10-10T09:39:25","slug":"les-plantes-invasives-une-benediction-pour-la-foret-tessinoise","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4322","title":{"rendered":"Les plantes invasives, une b\u00e9n\u00e9diction pour la for\u00eat tessinoise"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"picture\" src=\"https:\/\/assets.letemps.ch\/sites\/default\/files\/styles\/lt_article_full\/public\/media\/2017\/10\/08\/file6x11g8ffstlsqgzyk4.jpg?itok=3bGiKV0X\" alt=\"\" \/><br \/>\nGabriele Carraro dans une for\u00eat pr\u00e8s de Locarno. Au lieu de lutter contre les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res, il faudrait plut\u00f4t se consacrer \u00e0 harmoniser l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, plaide cet ing\u00e9nieur forestier<span class=\"picture-copyright\"> \u00a9 Samuel Golay<\/span><\/p>\n<p>Article d&rsquo;Andr\u00e9e-Marie Dussault, Locarno, publi\u00e9 dans <em>Le Temps.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au sud des Alpes, 600 esp\u00e8ces venues d\u2019Asie, d\u2019Am\u00e9rique ou d\u2019Australie se sont int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Un\u00a0enrichissement positif, plaident des experts. Avec son livre <em>Inheritors of the Earth<\/em> (Les h\u00e9ritiers de la Terre), le biologiste britannique Chris D. Thomas jette un pav\u00e9 dans la mare. L\u2019\u00e9minent professeur de l\u2019Universit\u00e9 de York fait valoir que, contrairement au discours commun\u00e9ment admis selon lequel l\u2019humain a irr\u00e9vocablement endommag\u00e9 la nature, celle-ci r\u00e9agit et s\u2019adapte admirablement. Chris D. Thomas pr\u00e9tend ainsi\u00a0que l\u2019id\u00e9e selon laquelle les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res d\u00e9s\u00e9quilibrent les \u00e9cosyst\u00e8mes o\u00f9 elles migrent est infond\u00e9e, pour une grande majorit\u00e9 d\u2019entre elles. Et il prend en\u00a0exemple <span style=\"color: #339966;\">la r\u00e9gion couvrant le Tessin et l\u2019Italie autour des lacs Majeur, de Lugano, de C\u00f4me et de Garde, qui jouit d\u2019un climat subtropical avec des hivers ensoleill\u00e9s et relativement secs<\/span>.<\/p>\n<p>Responsable d\u2019un bureau de conseil\u00a0en environnement, Gabriele Carraro nous guide dans une de ces for\u00eats, grande comme dix terrains de football, \u00e0 quelques rues de la Piazza Grande de Locarno. Ing\u00e9nieur forestier, il observe la flore locale depuis trente ans et partage les vues de Chris D. Thomas. Ici, au moins 60% de la biomasse vient d\u2019ailleurs. Depuis les ann\u00e9es 70, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me dans son entier s\u2019est renouvel\u00e9 et enrichi en int\u00e9grant les esp\u00e8ces nouvellement arriv\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n<article class=\"paywall_article\" data-paywall-nid=\"1065901\">\n<div class=\"container\">\n<div class=\"row\">\n<div class=\"col-sm-9 col-md-6\">\n<div class=\"article-content article-content-inset gallery main-content\" data-pswp-uid=\"1\">\n<div class=\"article_body\">\n<div class=\"body_content\">\n<div>\n<p><span style=\"color: #339966;\"><strong>Palmiers et mimosas<br \/>\n<\/strong><\/span><br \/>\nSur \u00e0 peine quelques m\u00e8tres carr\u00e9s, un camphrier de l&rsquo;Himalaya, un mimosa d\u2019Australie, un laurier du Japon, des palmiers de Chine cohabitent avec un ch\u00e2taignier et un tilleul locaux. Au milieu de ce puissant melting-pot v\u00e9g\u00e9tal, le merle a fait son nid et le blaireau a creus\u00e9 son trou. Mais attention, ce biotope n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 aussi riche.<\/p>\n<p>L\u2019importation de plantes \u00e9trang\u00e8res au Tessin remonte au XVIIIe\u00a0si\u00e8cle avec l\u2019aristocratie, explique Gabriele Carraro. \u00abLes nobles, comme la baronne russe des \u00eeles de Brissago, se procuraient des plantes exotiques, non pas pour leurs fruits, mais pour leur vertu ornementale, comme symbole de statut social.\u00bb<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXe\u00a0si\u00e8cle, les premi\u00e8res familles bourgeoises les imitent. Apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res int\u00e8grent le circuit commercial.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #339966;\">Acacia diabolis\u00e9<br \/>\n<\/span><\/strong><br \/>\nC\u2019est dans les ann\u00e9es\u00a060 qu\u2019est signal\u00e9e, pour la premi\u00e8re fois, la pr\u00e9sence r\u00e9guli\u00e8re dans la for\u00eat de plantes exog\u00e8nes, sorties des jardins par les oiseaux diss\u00e9minant les graines des nouveaux fruits exotiques. C\u2019est ainsi que le Tessin est devenu l\u2019eldorado botanique de la Suisse, attirant touristes et scientifiques de tout le pays. Non seulement les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res \u00e9taient alors accept\u00e9es, mais elles\u00a0\u00e9taient valoris\u00e9es.<br \/>\nOn ne s\u2019interroge pas sur l\u2019int\u00e9r\u00eat que ces esp\u00e8ces pr\u00e9sentent. Pour obtenir du financement, la recherche doit travailler sur les ennuis qu\u2019elles engendrent<strong>. <\/strong>Gabriele Carraro, conseiller en environnement<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, elles sont diabolis\u00e9es, estime Gabriele Carraro. Il cite l\u2019exemple de l\u2019acacia, arriv\u00e9 d\u2019Am\u00e9rique du Nord il y a quelques si\u00e8cles. \u00abIl fixe le terrain, contribue \u00e0 reconstruire le sol d\u00e9grad\u00e9, son bois s\u2019utilise de cent diff\u00e9rentes fa\u00e7ons et il donne aux apiculteurs leur miel le plus riche. Il a plafonn\u00e9 et entam\u00e9 son d\u00e9clin au Tessin, et demeure malgr\u00e9 tout sur la liste noire de la Conf\u00e9d\u00e9ration, sans preuves des m\u00e9faits qu\u2019il est cens\u00e9 causer.\u00bb Du dogmatisme, selon lui.<\/p>\n<p><span style=\"color: #339966;\"><strong>Cohabitation irr\u00e9versible<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans cette r\u00e9gion de l\u2019Insubria, sur 2400 esp\u00e8ces, quelque 600 sont exotiques. Moins d\u2019une dizaine posent probl\u00e8me. \u00abEt les autres? On ne s\u2019interroge pas sur leur int\u00e9r\u00eat. Pour obtenir du financement, la recherche doit travailler sur les ennuis qu\u2019elles engendrent. Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019une question scientifique, mais culturelle\u00bb, consid\u00e8re le Tessinois.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de lutter contre les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res, il faudrait plut\u00f4t se consacrer \u00e0 <span style=\"color: #339966;\">harmoniser l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me<\/span>, avance-t-il, <span style=\"color: #339966;\">la cohabitation \u00e9tant irr\u00e9versible, d\u2019autant plus avec la mobilit\u00e9 croissante des biens et des personnes, et le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te.<\/span><\/p>\n<p>Plus il y a diversit\u00e9, plus la for\u00eat est robuste et meilleures sont ses chances de r\u00e9pondre au changement climatique. Pour s\u2019adapter aux temp\u00e9ratures croissantes, les plantes migrent vers le haut. Du coup, des niches \u00e9cologiques restent vacantes plus bas. Mieux \u00e9quip\u00e9es pour y survivre, les plantes exotiques les investissent. Ici, \u00e0 cause de la r\u00e9duction du nombre de jours de gel par ann\u00e9e, les esp\u00e8ces \u00e0 feuilles persistantes \u2013 qui ne perdent pas leurs feuilles en hiver \u2013 ont presque doubl\u00e9 depuis 1950.<\/p>\n<p><span style=\"color: #339966;\"><strong>Cerfs en exc\u00e8s<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les esp\u00e8ces indig\u00e8nes s\u2019adaptent aux plantes d\u2019ailleurs, et vice versa. \u00abL\u2019\u00e9cosyst\u00e8me int\u00e8gre tous ses constituants, de fa\u00e7on in\u00e9dite, formant une mosa\u00efque intriqu\u00e9e, un r\u00e9seau formidable\u00bb, s\u2019\u00e9merveille l\u2019ing\u00e9nieur. En cas d\u2019adversit\u00e9 \u2013 parasites, incendies, temp\u00eates\u2026 \u2013, divers arbustes, arbres et herbes prennent le relais les uns des autres.<\/p>\n<p>Non seulement une\u00a0proportion minime de ces esp\u00e8ces constitue un danger, mais les plantes exog\u00e8nes sont positives. Par exemple, on a trop de cerfs ici. Comme le ch\u00e8vrefeuille japonais leur pla\u00eet, ils exercent moins de pression sur les plantes indig\u00e8nes qu\u2019ils privil\u00e9giaient auparavant. En outre, les esp\u00e8ces exotiques prot\u00e8gent contre l\u2019\u00e9rosion et les pluies. Les abeilles les adorent. Elles font vivre la for\u00eat m\u00eame en hiver. D\u2019ailleurs, fait nouveau, des feuilles mortes tombent toute l\u2019ann\u00e9e. \u00abChez nous, le bois \u00abmort\u00bb \u2013 une composante tr\u00e8s importante de la for\u00eat qui manque dans la plupart des r\u00e9gions en Suisse \u2013 abonde\u00bb, indique\u00a0Gabriele Carraro.<\/p>\n<p>Les opportunit\u00e9s\u00a0que pr\u00e9sentent ces nouvelles esp\u00e8ces restent inexploit\u00e9es, soutient-il. En Indon\u00e9sie, une huile est extraite des fruits de la palme et ses fibres sont tress\u00e9es en objets. La m\u00e9decine chinoise pr\u00e9l\u00e8ve un venin du kuzu. Le bois du camphrier, sans qu&rsquo;il y ait m\u00eame besoin de le traiter, est utilis\u00e9 pour construire les bateaux au Japon. M\u00eame d\u2019un point de vue r\u00e9cr\u00e9atif \u2013 30% du PIB du canton provient du tourisme \u2013, les plantes exotiques sont importantes. \u00ab<span style=\"color: #339966;\">Un paysage tessinois sans palmiers et cam\u00e9lias chinois est\u00a0simplement\u00a0inimaginable<\/span>.\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #339966;\"><br \/>\n\u00abOn ne peut pas\u00a0simplement tuer ces esp\u00e8ces\u00bb<br \/>\n<\/span><\/strong><span style=\"color: #339966;\">Interview de Chris D. Thomas, dont les th\u00e8ses favorables aux plantes invasives d\u00e9rangent la communaut\u00e9 scientifique<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #339966;\">Le Temps: Chez\u00a0vos coll\u00e8gues, quelles sont les r\u00e9actions \u00e0 votre livre?<br \/>\nChris D. Thomas<strong>:<\/strong><\/span> On le trouve int\u00e9ressant, stimulant et provocateur. Certains ne sont pas pr\u00eats \u00e0 discuter des int\u00e9r\u00eats que repr\u00e9sentent les esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res, les consid\u00e9rant par d\u00e9finition comme une nuisance. En revanche, plusieurs appr\u00e9cient l\u2019id\u00e9e selon laquelle de nouvelles approches doivent \u00eatre adopt\u00e9es pour les appr\u00e9hender. On ne peut pas\u00a0simplement tuer ces esp\u00e8ces. Dans les milieux scientifiques et en g\u00e9n\u00e9ral, la vision\u00a0pr\u00e9dominante est tr\u00e8s pessimiste, on pense en termes de d\u00e9clin biologique et de pertes d\u2019esp\u00e8ces autochtones, en n\u00e9gligeant souvent de reconna\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices que suscitent les exog\u00e8nes.<\/p>\n<p><span style=\"color: #339966;\">Faites-vous un parall\u00e8le entre ce paradigme li\u00e9 aux esp\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res et la vision politique dominante concernant les migrants?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #339966;\">Chris D. Thomas: <\/span>Je pense que, dans les deux cas, l&rsquo;origine de l\u2019attitude est la m\u00eame: la peur qu\u2019a l\u2019humain de l\u2019inconnu, de ce qui est nouveau. Souvent, la premi\u00e8re r\u00e9action face \u00e0 ce que nous ne connaissons pas est la crainte. Ce n\u2019est qu\u2019a posteriori que nous en\u00a0comprenons les aspects positifs. Cela dit, je ne crois pas que les personnes qui ont tendance \u00e0 ne pas aimer les plantes exotiques soient les m\u00eames que celles qui sont racistes ou contre les immigrants.<\/p>\n<p><span style=\"color: #339966;\">Quel impact souhaitez-vous avoir avec votre livre?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #339966;\">Chris D. Thomas:<\/span> La plan\u00e8te continuera \u00e0 changer, nous devons accepter qu\u2019il\u00a0faille s\u2019adapter plut\u00f4t que de regretter le pass\u00e9 et vouloir retourner en arri\u00e8re, ce qui est de toute fa\u00e7on impossible. Le travail de conservation est tr\u00e8s important. Je crois <span style=\"color: #339966;\">qu\u2019il est tout aussi fondamental de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0\u00a0la fa\u00e7on dont on peut accro\u00eetre la biodiversit\u00e9<\/span>. Je voudrais promouvoir le d\u00e9bat sur cet aspect.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>Inheritors of the Earth: How Nature is Thriving in an Age of Extinction<\/em>, Chris D. Thomas, Allen Lane, Penguin Books, 2017.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<footer class=\"footer\"><\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gabriele Carraro dans une for\u00eat pr\u00e8s de Locarno. 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