{"id":4287,"date":"2017-09-22T20:43:33","date_gmt":"2017-09-22T19:43:33","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4287"},"modified":"2017-11-05T12:37:04","modified_gmt":"2017-11-05T11:37:04","slug":"jonas-mekas-i-had-nowhere-to-go","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4287","title":{"rendered":"Jonas Mekas. I Had Nowhere to Go. 4\/4"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/tenderbooks.co.uk\/products\/i-had-nowhere-to-go-jonas-mekas\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4302\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0713-1.jpg\" alt=\"\" width=\"385\" height=\"576\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0713-1.jpg 415w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0713-1-200x300.jpg 200w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0713-1-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 385px) 100vw, 385px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>I Had Nowhere to Go<\/em> se pr\u00e9sente comme un livre de poche \u00e0 couverture souple en mode paperback de style universitaire am\u00e9ricain ou art conceptuel des ann\u00e9es soixante.<\/p>\n<p><em>I Had Nowhere to Go<\/em> est le journal texte-image \u00e9crit durant la Seconde Guerre mondiale et l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre, entre 1944 et 1955, par l\u2019\u00e9crivain et cin\u00e9aste Jonas Mekas, alors jeune po\u00e8te lituanien, en exil forc\u00e9 en Allemagne puis \u00e0 New-York.\u00a0\u00a0Edit\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 19911puis <a href=\"http:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=livre&amp;ISBN=2-84682-042-2\">r\u00e9-\u00e9dit\u00e9 en fran\u00e7ais par Patrice Rollet, pour Pol Trafic en 2004 dans une tr\u00e8s belle traduction de Jean-Luc Mengus<\/a>, il fait l\u2019objet de cette \u00e9dition en langue anglaise publi\u00e9e par Spector Books en 2017 \u2013 \u00e0 la suite du tr\u00e8s pr\u00e9cieux <a href=\"http:\/\/spectorbooks.com\/scrapbook-of-the-sixties\"><em>Jonas Mekas: Scrapbook of the Sixties: Writings 1954-2010<\/em><\/a> paru chez le m\u00eame \u00e9diteur en 2015 \u2013 comme pour remonter \u00e0 la source de l\u2019art de Jonas Mekas. \u00c9crit sous la dict\u00e9e des impressions sensorielles violentes, propres \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de vie pr\u00e9caire d\u2019un jeune migrant en mode survie, ce <em>diary<\/em> peut se lire aussi comme un roman de formation \u00e0 tonalit\u00e9 proustienne. 434 pages de texte sont associ\u00e9es \u00e0 des assemblages pleine page d\u2019images superpos\u00e9es l\u00e9gend\u00e9es qui se substituent discr\u00e8tement \u00e0 l\u2019\u00e9crit et sont r\u00e9parties dans le volume, en position recto ou verso&nbsp;: 36 reproductions en noir et blanc de photos de famille de Jonas Mekas enfant, de trois croquis et d&rsquo;un choix de photos instantan\u00e9es de vie quotidienne et de photogrammes. Au fil des pages, cette iconographie se donne \u00e0 d\u00e9couvrir concr\u00e8tement comme faisant partie de suites p\u00e9riodiques de documents empil\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/tenderbooks.co.uk\/products\/i-had-nowhere-to-go-jonas-mekas\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4304\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714.jpg\" alt=\"\" width=\"385\" height=\"320\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714.jpg 824w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714-300x249.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714-768x638.jpg 768w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714-640x531.jpg 640w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/IMG_0714-150x125.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 385px) 100vw, 385px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En 1944, Jonas Mekas est un jeune intellectuel de 22 ans, un po\u00e8te ambitieux et ind\u00e9pendant, issu d\u2019un milieu social paysan. Avec son fr\u00e8re Adolfas, il fuit leur Lituanie natale, prise entre les nazis et l\u2019Arm\u00e9e rouge <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/jonathanjonesblog\/2016\/sep\/26\/i-had-nowhere-to-go-review-douglas-gordon-jonas-mekas\">\u00ab\u00a0dans ce que l&rsquo;historien Timothy Snyder appelle les \u2018Bloodlands\u2019 de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est\u00a0\u00bb<\/a>, pour se r\u00e9fugier \u00e0 Vienne. Rattrap\u00e9s par les Nazis, ils restent huit mois dans un camp de travail pr\u00e8s de Hambourg, puis errent en Allemagne. La fin de la guerre les envoie en camp de d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Cassel (Mattenberg), o\u00f9 ils r\u00e9ussissent \u00e0 poursuivre \u00e9tudes, travail d\u2019\u00e9criture et cercles conversationnels avec leurs amis Vladas Saltmiras, Algirdas Landsbergis et Leo L\u00e9tas. Ils refusent leur retour au pays alors sous ob\u00e9dience russe et partent \u00e0 New York en 1949.\u00a0Patrice Rollet, dans l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise du journal, raconte que&nbsp;: \u00ab\u00a0Jonas Mekas [y] sera ouvrier de blanchisserie, assembleur dans une fabrique de jouets, \u00e0 trimer jusqu\u2019\u00e0 ne plus sentir ses doigts. Un jour, avec Adolfas, il ach\u00e8te sa premi\u00e8re cam\u00e9ra Bolex pour filmer la communaut\u00e9 lituanienne de Brooklyn, l\u2019amiti\u00e9 entre les gens, le quotidien, les petites choses. L\u2019autre vie a commenc\u00e9.\u00a0\u00bb Jonas Mekas invente le \u00ab\u00a0cin\u00e9-journal\u00a0\u00bb qui se substitue \u00e0 l\u2019\u00e9criture qu\u2019il recycle magnifiquement en voix-off dans ses films. Dans un <a href=\"https:\/\/m.youtube.com\/watch?v=G9GWqYqPbew&amp;ebc=ANyPxKqTtcCUBvY5owlGz7cy8xz5eUIxSOl08s3wQiO9BSDXQ0GyCrRtMhcNKo41mxgvgoK3lvqKkd6AKPAI6KZ1mh115UwC4w&amp;time_continue=4\">entretien avec Amy Taubin <\/a> en octobre 2016, au Film Society of Lincoln Center, il requalifie cette p\u00e9riode de sa vie couverte par le livre&nbsp;: \u00ab\u00a0L\u2019Europe en guerre a \u00e9t\u00e9 mon enfer, mes deux ann\u00e9es \u00e0 Brooklyn ont \u00e9t\u00e9 mon purgatoire. En 1953, mon arriv\u00e9e \u00e0 Wooster Street m\u2019a ouvert les portes du paradis.\u00a0\u00bb Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il fonde la revue d&rsquo;avant-garde <a href=\"http:\/\/www.ubu.com\/papers\/film_culture.html\"><em>Film Culture<\/em><\/a>, puis, en\u00a01970, l<a href=\"http:\/\/anthologyfilmarchives.org\/\">&lsquo;<em>Anthology Film Archives<\/em> <\/a>(l&rsquo;\u00e9quivalent de la cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise).<\/p>\n<p>Mekas dans sa geste artistique et dans <i>I Had Nowhere to Go<\/i>, d\u00e9truit les id\u00e9es re\u00e7ues. Un entretien avec Bilge Ebiri, pour<a href=\"https:\/\/www.villagevoice.com\/2017\/09\/21\/im-like-the-last-leaf-of-a-big-tree-a-conversation-with-jonas-mekas\/\"><i> The Village Voice<\/i><\/a>, le 21 septembre 2017 nous le rappelle clairement&nbsp;:<\/p>\n<p>Sur les \u00abd\u00e9plac\u00e9s\u00bb<br \/>\nBilge Ebiri&nbsp;: Votre exp\u00e9rience en tant que personne d\u00e9plac\u00e9e a-t-elle nourri votre d\u00e9sir de tout filmer, de chroniquer tous les d\u00e9tails de votre vie et des personnes que vous avez rencontr\u00e9es?<br \/>\nJonas Mekas&nbsp;: \u00abD\u00e9j\u00e0 depuis mon enfance, j&rsquo;enregistrai la vie autour de moi. Quand je ne pouvais pas \u00e9crire, j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de faire des dessins. Quand j&rsquo;ai appris \u00e0 \u00e9crire, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire. Et lorsque l\u2019appareil photo est apparu, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 prendre des photos. Et quand j&rsquo;ai pu acheter une cam\u00e9ra, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 filmer. Bien s\u00fbr, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de six et sept ans, j&rsquo;\u00e9tais encore en Lituanie, et c&rsquo;\u00e9tait sympa et paisible, et ni les Allemands ni les Sovi\u00e9tiques n&rsquo;\u00e9taient l\u00e0, mais le besoin \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Donc, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0, errant, heureux et tr\u00e8s enracin\u00e9 dans cette r\u00e9alit\u00e9. Comme je suis enracin\u00e9 ici. Je n&rsquo;ai aucun int\u00e9r\u00eat pour le pass\u00e9. Je ne suis concern\u00e9 que par le moment pr\u00e9sent, avec ce qui se passe. Le pass\u00e9, je voudrais l\u2019effacer. Toutes les horreurs que le monde traverse aujourd&rsquo;hui existent en raison de la m\u00e9moire du pass\u00e9. Tous les nationalismes, tous les fanatismes religieux proviennent de ces souvenirs.\u00bb<\/p>\n<p>Sur l\u2019archive<br \/>\nBilge Ebiri&nbsp;: Mais vos films sont souvent \u00e0 propos de la m\u00e9moire&nbsp;?<br \/>\nJonas Mekas&nbsp;: Non! Non! Non! Mes films sont \u00e0 propos du moment pr\u00e9sent. Vous ne pouvez pas filmer une m\u00e9moire. Mais oui, la fa\u00e7on dont je filme est affect\u00e9e par ce dont je suis fait \u2014\u00a0d\u00e8s le moment o\u00f9 je suis n\u00e9, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 fait par chaque instant, chaque seconde que j&rsquo;ai v\u00e9cus, et des g\u00e9n\u00e9rations avant \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en moi. Sinon, comment apprendre \u00e0 parler ou faire quelque chose\u00a0? Alors, je suis comme une derni\u00e8re feuille d&rsquo;un grand arbre qui vient du pass\u00e9. Tout ce que je fais, dis et filme, est affect\u00e9 par ce que je suis. Mais ce que je filme, c&rsquo;est maintenant\u00a0\u2014\u00a0pas une seconde avant, pas une seconde qui viendra, mais ce qui est maintenant, le moment pr\u00e9sent. Et ce n&rsquo;est pas une m\u00e9moire.\u00bb<\/p>\n<p>En conclusion, nous dirons que Jonas Mekas est un po\u00e8te selon Hugo von Hofmannstahl&nbsp;: \u00ab\u00a0Le po\u00e8te ressemble au sismographe que tout tremblement fait vibrer, m\u00eame s\u2019il se produit \u00e0 des milliers de lieues. Ce n\u2019est pas qu\u2019il pense sans cesse \u00e0 toutes les choses du monde. Mais elles pensent \u00e0 lui. Elles sont en lui, aussi le gouvernent-elles. M\u00eame ses heures mornes, ses d\u00e9pressions, ses moments de confusion sont des \u00e9tats impersonnels. Ils ressemblent aux palpitations du sismographe et un regard qui serait assez profond pourrait y lire des choses plus myst\u00e9rieuses que dans ses po\u00e8mes.\u00a0\u00bb (cit\u00e9 par Philippe-Alain Michaud. Sketches. Histoire de l\u2019art, cin\u00e9ma. Kargo et l\u2019\u00e9clat. 2006. Pp. 20-21. Le texte de la conf\u00e9rence \u00ab\u00a0Le po\u00e8te et l\u2019\u00e9poque pr\u00e9sente\u00a0\u00bb figure dans Hugo von Hofmannstahl, Lettre de Lord Chandos et autres textes, Gallimard, 1992.).<\/p>\n<p>Ajoutons que La Documenta 14 \u00e0 Ath\u00e8nes et Kassel a accueilli deux pi\u00e8ces artistiques, \u00e0 propos de <i>I Had Nowhere to Go<\/i>, l\u2019une de Jonas Mekas, une tr\u00e8s belle exposition des photos figurant dans le livre, <i><a href=\"http:\/\/www.documenta14.de\/en\/south\/39_i_had_nowhere_to_go\">Photographs from the Wiesbaden and Kassel\/Mattenberg Displaced Persons Camps, 1945\u201348 (2012 and 2016) Thirty-six archival pigment prints 43.2 \u00d7 55.9 cm and 55.9 \u00d7 43.2 cm,<\/a><\/i>\u00a0* dans le cin\u00e9ma BALi-Kinos, et le <i>I Had Nowhere to Go<\/i> de Douglas Gordon, qui en a fait un film, en intelligence avec Jonas Mekas&nbsp;: Un \u00e9cran fondu au noir (\u00abl\u2019irrepr\u00e9sentable de la migration\u00bb) avec une bande son violente qui sait s\u2019effacer parfois pour livrer l\u2019image de Jonas Mekas, lisant des fragments du livre, et des photogrammes de vie quotidienne. Douglas Gordon fait parler Jonas Mekas de lui et du film&nbsp;: \u00ab\u00a0Il n\u2019avait nulle part o\u00f9 aller. Regardez o\u00f9 nous en sommes \u00e0 pr\u00e9sent. Il y a des centaines de milliers de personnes qui n\u2019ont nulle part o\u00f9 aller. Voil\u00e0 pourquoi le film est puissant, \u00e0 mon sens. Surtout s\u2019il est visionn\u00e9 dans le noir. Vous \u00e9coutez une voix, et cette voix d\u00e9crit le sentiment d\u2019\u00eatre dans le noir et d\u2019avoir nulle part o\u00f9 aller. Et je pense qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une mani\u00e8re radicale de rendre pr\u00e9sents les gens au cin\u00e9ma, parce qu\u2019ils n\u2019ont rien \u00e0 quoi se raccrocher \u00e0 part le son, et \u00e0 peine l\u2019image. La voix raconte une belle histoire de survie. Il n\u2019avait nulle part o\u00f9 aller, mais il y est quand m\u00eame all\u00e9 \u00bb (<a href=\"https:\/\/www.zerodeux.fr\/news\/douglas-gordon-i-had-nowhere-to-go\/\">cit\u00e9 par Ingrid\u00a0Luquet-Gad in 02)<\/a><\/p>\n<p>Liliane Terrier<\/p>\n<p>Notes<br \/>\n* <a href=\"http:\/\/www.jamesfuentes.com\/artists\/mekas\/index2012.php\">Choix de de photos<\/a><br \/>\nT\u00e9l\u00e9charger le choix de citations issues de ma lecture du livre, <em>Je n&rsquo;avais nulle part o\u00f9 aller<\/em>, traduction en fran\u00e7ais de <i>I Had Nowhere to Go<\/i>, par Jean-Luc Mengus, Pol Trafic, 2004<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-pdf\/Mekas-I-H-N-T-G.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3219\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/pdf-1.jpg\" alt=\"\" width=\"48\" height=\"48\" \/><\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-pdf\/Mekas-I-H-N-T-G.pdf\">Mekas-I-H-N-T-G<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I Had Nowhere to Go se pr\u00e9sente comme un livre de poche \u00e0 couverture souple en mode paperback de style universitaire am\u00e9ricain ou art conceptuel des ann\u00e9es soixante. I Had Nowhere to Go est le journal texte-image \u00e9crit durant la Seconde Guerre mondiale et l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre, entre 1944 et 1955, par l\u2019\u00e9crivain et cin\u00e9aste Jonas &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=4287\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Jonas Mekas. I Had Nowhere to Go. 4\/4<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,59,44,5],"tags":[],"class_list":["post-4287","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-artiste","category-documenta","category-everyday-life","category-reader"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4287","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4287"}],"version-history":[{"count":37,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4287\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4449,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4287\/revisions\/4449"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4287"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4287"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lantb.net\/figure\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4287"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}