{"id":3237,"date":"2017-03-21T09:08:44","date_gmt":"2017-03-21T08:08:44","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=3237"},"modified":"2017-03-22T21:47:46","modified_gmt":"2017-03-22T20:47:46","slug":"florence-evin-lexposition-jardins-de-laurent-le-bon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=3237","title":{"rendered":"Florence Evin. L&rsquo;exposition \u00ab\u00a0Jardins\u00a0\u00bb de Laurent Le Bon au Grand Palais"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3242\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0608.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"427\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0608.jpg 534w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0608-300x200.jpg 300w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0608-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p>Fresque restaur\u00e9e venue de la Maison du bracelet d&rsquo;or (30-35 apr\u00e8s J.-C.) \u00e0 Pomp\u00e9i (Italie) pr\u00e9sente dans l&rsquo;exposition<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3244\" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"676\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611.jpg 1536w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611-284x300.jpg 284w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611-768x812.jpg 768w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611-606x640.jpg 606w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/IMG_0611-142x150.jpg 142w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En \u00e9cho, nous rajoutons cette fresque romaine de \u00abLa Maison de Livie \u00e0 la Prima Porta (fin du 1er si\u00e8cle), qui propose le trompe-l\u2019\u0153il d\u2019un jardin, avec des haies et des arbustes sur un fond de ciel bleu.\u00bb Et un lien vers les Tang &gt;\u00a0<a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=1130\">http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=1130<\/a><\/p>\n<p>Citation du bel article de Florence Evin, \u00ab\u00a0Du vert sous la verri\u00e8re du Grand Palais\u00a0\u00bb&nbsp;:<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">L&rsquo;exposition \u00a0\u00bb Jardins \u00ab\u00a0<\/span> ne propose pas une promenade odorante entre des parterres fleuris. Elle met en sc\u00e8ne un conservatoire \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, plong\u00e9 dans la p\u00e9nombre en raison de la fragilit\u00e9 des documents, o\u00f9 \u0153uvres d&rsquo;art et science dialoguent dans un parcours con\u00e7u pour surprendre le visiteur, l&rsquo;\u00e9blouir ou le terrifier. Jusqu&rsquo;\u00e0 le perdre dans un labyrinthe o\u00f9 il va de merveille en merveille, d\u00e9couvrant comment l&rsquo;homme a su pr\u00e9server le plus simple comme le plus complexe des sp\u00e9cimens de la nature pour l&rsquo;\u00e9tudier, le contempler, voire l&rsquo;imiter, afin de se l&rsquo;approprier.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">La premi\u00e8re salle <\/span>nous invite au cheminement, cette phrase d&rsquo;Aragon en t\u00eate&nbsp;: \u00a0\u00bb <span style=\"color: #00ccff;\">Tout le bizarre de l&rsquo;homme, et ce qu&rsquo;il y a en lui de -vagabond, et d&rsquo;\u00e9gar\u00e9, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes&nbsp;: jardin. \u00ab\u00a0<\/span> Ces mots surplombent une fresque restaur\u00e9e venue de la Maison du bracelet d&rsquo;or (30-35 apr\u00e8s J.-C.) \u00e0 Pomp\u00e9i (Italie). Avec ses masques de th\u00e9\u00e2tre suspendus comme des plantes vertes, sa fontaine dont on croit entendre la musique et les <span style=\"color: #00ccff;\">M\u00e9nades allong\u00e9es<\/span> pour un culte dionysiaque dans un fouillis de palmes, on se dit que le po\u00e8te n&rsquo;est pas loin.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">A c\u00f4t\u00e9<\/span> figure un petit dessin d&rsquo;Albrecht D\u00fcrer (1471-1528), <i>La Madone des animaux<\/i>, pr\u00eat\u00e9 par l&rsquo;Albertina de Vienne, et un\u00a0bouquet de violettes si parfait qu&rsquo;on se penche pour en humer le parfum. Leur fait face l&rsquo;immense composition de Giuseppe Penone, \u00a0\u00bb frottage \u00a0\u00bb de feuilles d&rsquo;automne, dont les stries occupent tout l&rsquo;espace, baptis\u00e9<i> Vert de la for\u00eat avec chemise<\/i>, pour la d\u00e9licate combinaison d&rsquo;un autre temps accroch\u00e9e au tableau comme elle le serait \u00e0 un arbre, alors que la belle se rafra\u00eechit \u00e0 la rivi\u00e8re. <span style=\"color: #ff00ff;\"><b>Parcours dense en sensations<\/b><\/span>.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">D&rsquo;entr\u00e9e<\/span>, tout est l\u00e0 de la d\u00e9marche du commissaire Laurent Le Bon (pr\u00e9sident du Mus\u00e9e Picasso). Sa mani\u00e8re si particuli\u00e8re de m\u00e9langer les arts et les \u00e9poques, comme il l&rsquo;a fait, en 2010, pour l&rsquo;exposition inaugurale du Centre Pompidou Metz, dont il \u00e9tait directeur. Au Grand Palais, ses jardins jettent des passerelles entre artifice et r\u00e9alit\u00e9, dans un dialogue qui va de la Renaissance \u00e0 nos jours, exception faite de Pomp\u00e9i.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">Le parcours<\/span> est scand\u00e9 de phrases-cl\u00e9s. \u00ab\u00a0<span style=\"color: #00ccff;\">Pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Gilles Cl\u00e9ment<\/span>. Ce propos est illustr\u00e9 par l&rsquo;installation <i>Terre Loire<\/i>, de Koichi Kurita. Le Japonais a suivi le fleuve, de sa source \u00e0 la mer, pour pr\u00e9lever sur ses berges 400 poign\u00e9es de terre. Humus tamis\u00e9 et dispos\u00e9, dans la chronologie de son d\u00e9placement, en autant de petits carr\u00e9s sur du papier de riz. Apr\u00e8s la terre, le ciel, la course des nuages&nbsp;: deux \u00e9tudes de John Constable (vers 1821) venues de New Haven (Etats-Unis)&nbsp;; et un film de 1929, <i>La Croissance des v\u00e9g\u00e9taux<\/i>, de la collection Albert Kahn, font la transition avec l&rsquo;approche scientifique du propos.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\"><b>L&rsquo;authentique et l&rsquo;artifice.\u00a0<\/b>Viennent les raret\u00e9s historiques<\/span>, dispos\u00e9es dans une enfilade de cabinets de curiosit\u00e9s, pour affirmer, comme <span style=\"color: #00ccff;\">Michel Foucault&nbsp;: \u00a0\u00bb Le jardin, c&rsquo;est la plus petite parcelle du monde, et puis c&rsquo;est la totalit\u00e9 du monde. \u00ab\u00a0<\/span> Marc Jeanson, responsable de l&rsquo;Herbier du Mus\u00e9um national d&rsquo;histoire naturelle (MNHN), commissaire associ\u00e9 de l&rsquo;exposition avec Colline Zellal, a apport\u00e9 ses tr\u00e9sors. Il a choisi les plus belles planches provenant du <span style=\"color: #00ccff;\">\u00a0\u00ab\u00a0moussier\u00a0\u00bb de Jean-Jacques Rousseau (1769-1770)<\/span>, de celui des poilus, ou celles des p\u00e8lerins de J\u00e9rusalem. Il y a ajout\u00e9 des v\u00e9lins, d\u00e9licats parchemins de veau peints \u00e0 la gouache par Nicolas Robert, les fleurs en majest\u00e9 avec leurs sp\u00e9cificit\u00e9s botaniques.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">Ainsi cohabitent l&rsquo;authentique et l&rsquo;artifice<\/span>&nbsp;: les grandes cires, citrons et courges, pr\u00eat\u00e9es par le Mus\u00e9e d&rsquo;histoire naturelle de Florence (Italie) et le MNHN, les fleurs en verre de L\u00e9opold et Rudolf -Blaschka, des tr\u00e9sors de l&rsquo;universit\u00e9 Harvard (Etats-Unis). Il y a l\u00e0 encore un bouquet en porcelaine de S\u00e8vres, des couronnes fun\u00e9raires en perles venues du MuCem \u00e0 Marseille, ou une fragile composition florale en papier m\u00e2ch\u00e9, face aux subtiles photographies d&rsquo;algues d&rsquo;Anna Atkins, auteure d&rsquo;une traduction anglaise de <i>L&rsquo;Histoire des mollusques<\/i>, de Jean-Baptiste de Lamarck, dont elle a ex\u00e9cut\u00e9 les gravures.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">Ce floril\u00e8ge<\/span> est enrichi par les tirages noir et blanc des arabesques \u00e9pur\u00e9es de cucurbitac\u00e9es sign\u00e9es <span style=\"color: #00ccff;\">Karl Blossfeldt<\/span>, en 1928, l&rsquo;un des pionniers \u00e0 Berlin du mouvement de la Nouvelle Objectivit\u00e9 en photographie. Lequel situe les fondements de l&rsquo;art dans les formes produites par le vivant. Tandis que les plaques au g\u00e9latinobromure <span style=\"color: #00ccff;\">d&rsquo;August Sander<\/span> (vers 1930), comme l&rsquo;\u00e9trange <i>Essai sur une physionomie des plantes<\/i>, figurant une empreinte de feuillage imprim\u00e9e au naturel, tel un n\u00e9gatif, tirage anonyme en noir dat\u00e9 de 1786, montrent la diversit\u00e9 des d\u00e9marches.\u00a0<span style=\"color: #ff00ff;\">Apr\u00e8s avoir interrog\u00e9 le monde v\u00e9g\u00e9tal,<\/span> l&rsquo;homme l&rsquo;organise \u00e0 sa main. Les grands plans m\u00e9ticuleux d&rsquo;Andr\u00e9 Le N\u00f4tre le disent sans d\u00e9tour, imaginant, \u00e0 Versailles, les parterres de broderies pour Louis XIV, et dans la France enti\u00e8re \u00e0 la demande de la cour du Roi-Soleil. Puis, le jardinier intervient, avec une panoplie d&rsquo;outils d\u00e9tonnants. Enfin, l&rsquo;exposition d\u00e9roule un tapis de verdure picturale avec un tr\u00e8s large panorama de la production des artistes, au fil des d\u00e9cennies. Ils sont tous l\u00e0, une centaine au total, de Bruegel \u00e0 Robert, Monet, Bonnard, Morisot, Caillebotte, Klimt, Richter, C\u00e9zanne, Redon, Dubuffet, Magritte, Giacometti ou encore Picasso.<span style=\"color: #ff00ff;\"> \u00ab\u00a0Cela fait trente ans<\/span> que je m&rsquo;int\u00e9resse au jardin, une oeuvre\u00a0vivante et contradictoire avec l&rsquo;espace mus\u00e9al, dit Laurent\u00a0Le Bon. Si on pouvait contredire cette contradiction&#8230; J&rsquo;ai voulu me tenir l\u00e0, entre l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur. \u00a0\u00bb Pari gagn\u00e9, avec brio. Tous azimuts, les exp\u00e9riences fascinent et passionnent. \u00a0\u00bb Si vous poss\u00e9dez une biblioth\u00e8que et un jardin, vous avez tout ce qu&rsquo;il vous faut \u00ab\u00a0, assurait Cic\u00e9ron. L&rsquo;homme interroge sans fin les myst\u00e8res de la nature. Cette qu\u00eate r\u00e9sonne dans l&rsquo;oeuvre omnipr\u00e9sente des artistes contemporains qui jalonnent le parcours. Jusqu&rsquo;\u00e0 cette fleur postnucl\u00e9aire, <i>Symbiose<\/i> (1972), de Tetsumi Kudo qui glace les sangs. Que restera-t-il de cette folle course de l&rsquo;homme&nbsp;? Deux minuscules pyramides de pollen de fleur de ch\u00e2taignier, r\u00e9pond, en 2015, Wolfgang Laib.<br \/>\nFlorence Evin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fresque restaur\u00e9e venue de la Maison du bracelet d&rsquo;or (30-35 apr\u00e8s J.-C.) \u00e0 Pomp\u00e9i (Italie) pr\u00e9sente dans l&rsquo;exposition En \u00e9cho, nous rajoutons cette fresque romaine de \u00abLa Maison de Livie \u00e0 la Prima Porta (fin du 1er si\u00e8cle), qui propose le trompe-l\u2019\u0153il d\u2019un jardin, avec des haies et des arbustes sur un fond de ciel &hellip; <a href=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/?p=3237\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Florence Evin. 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