{"id":734,"date":"2015-07-31T17:20:58","date_gmt":"2015-07-31T16:20:58","guid":{"rendered":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?page_id=734"},"modified":"2021-04-12T14:55:43","modified_gmt":"2021-04-12T13:55:43","slug":"maurice-blanchot-le-livre-a-venir","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/lantb.net\/figure\/?page_id=734","title":{"rendered":"Le blog, un livre \u00e0 venir"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\">Dire&nbsp;: \u00ab\u00c0 quoi sert un livre sans image et sans dialogue?\u00bb(Lewis Carroll), est une mani\u00e8re d&rsquo;entra\u00eener le livre vers le magazine (entretiens avec illustrations) forme d\u00e9voy\u00e9e de la revue. La publication sur internet permet cela, traiter \u00e0 \u00e9galit\u00e9 texte et image, les mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du r\u00e9seau.<\/p>\n<p><em>La Figure dans le paysage<\/em>, c&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;adopter d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la forme du blog en lieu et place du livre et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la revue orient\u00e9e art \u00a0\u00ab\u00a0\u00e0 comit\u00e9 de lecture\u00a0\u00bb,\u00a0quitte \u00e0 revenir s&rsquo;il se peut, \u2014sous forme\u00a0 de tir\u00e9s \u00e0 part\u2014, au livre d&rsquo;avant le codex, de mani\u00e8re in\u00e9dite, comme le fait Kenneth Goldsmith avec la publication sous forme d&rsquo;une ramette de 500 feuillets A4 chacun portant un fragment de texte autonome, issu de pratiques d&rsquo;\u00e9criture furtive (sms, Twitter)&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jean-boite.fr\/box\/theory-english-edition\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-752 \" src=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/image1-453x640.jpg\" alt=\"image\" width=\"323\" height=\"456\" srcset=\"http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/image1-453x640.jpg 453w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/image1-212x300.jpg 212w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/image1-106x150.jpg 106w, http:\/\/lantb.net\/figure\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/image1.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 323px) 100vw, 323px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il ne faut pas confondre nouvelles formes du livre et nouvelles formes de la lecture, qui elles, remettent en cause le livre ordinaire comme lieu unique de la lecture, certes, mais revenir sur \u00able Livre \u00e0 venir\u00bb de Maurice Blanchot participe de la remise en cause du livre de type codex (le cahier de feuilles porteuses de texte), et l\u2019article de Blanchot qui donne son titre au livre est centr\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e du livre selon Mallarm\u00e9, premier acteur-d\u00e9constructeur du livre de type codex, exemplifi\u00e9 par le po\u00e8me <em>Un coup de d\u00e9s jamais n\u2019abolira jamais le hasard<\/em> (1897-1914)<\/p>\n<p><b><br \/>\nDocument de r\u00e9f\u00e9rence 1<br \/>\nMaurice Blanchot. \u00able Livre \u00e0 venir\u00bb<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p>Mallarm\u00e9, <em>Un coup de d\u00e9s jamais n\u2019abolira jamais le hasard<\/em> (1897-1914)<br \/>\nou penser la double page du livre ouvert comme espace pictural mais dont les figures qui s\u2019y d\u00e9ploient et s\u2019y composent sont des lignes de texte m\u00eame, \u00abmise en sc\u00e8ne spirituelle exacte\u00bb. Le po\u00e8me \u00e9dit\u00e9 par Gallimard en 1914, <em>Un coup de d\u00e9s jamais n\u2019abolira jamais le hasard<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 par Broodthaers comme \u00abla source de l\u2019art contemporain\u00bb et il en fait plusieurs <em>remakes<\/em> dont un sur feuilles d\u2019aluminium anodis\u00e9.<\/p>\n<p>La constellation d\u2019\u00e9toiles de la fin du po\u00e8me de Mallarm\u00e9, <em>Un coup de d\u00e9s n\u2019abolira jamais le hasard<\/em>, groupement des points lumineux d\u2019\u00e9toiles est l\u2019\u00e9quivalent invers\u00e9 des points des d\u00e9s jet\u00e9s noy\u00e9s dans la mer par le navigateur dont le bateau est englouti dans l\u2019oc\u00e9an, \u2014le lancer de d\u00e9s n\u2019a pas pu le sauver du naufrage\u2014, ou des caract\u00e8res typographiques du po\u00e8me qui perdureraient comme des points GPS immuables. L\u2019argument du Coup de d\u00e9s qui est la question de l\u2019\u0153uvre d\u2019art m\u00eame, distribu\u00e9 dans les doubles pages du po\u00e8me, motif secondaire\u2014le motif principal \u00e9tant le titre\u2014 est en caract\u00e8re Times, corps 16 romain capitale:<\/p>\n<p>(page 2b) \u00abQUAND BIEN M\u00caME LANC\u00c9 DANS DES CIRCONSTANCES \u00c9TERNELLES \/ DU FOND DU NAUFRAGE<br \/>\n(page 3a) SOIT<br \/>\n(page 4a) LE MA\u00ceTRE<br \/>\n(page 9b) EXIST\u00c2T-IL \/ COMMEN\u00c7\u00c2T-IL ET CESS\u00c2T-IL \/ SE CHIFFR\u00c2T-IL \/ ILLUMIN\u00c2T-IL<br \/>\n(page 10a) RIEN<br \/>\n(page 10b) N\u2019AURA EU LIEU \/ QUE LE LIEU<br \/>\n(page 11a) EXCEPT\u00ca \/ PEUT-\u00caTRE \/ (page 11b) UNE CONSTELLATION.\u00bb<\/p>\n<p>Lecture du texte de Blanchot. Citations.<\/p>\n<p>\u00abLe Livre&nbsp;: qu\u2019entendait Mallarm\u00e9 par ce mot&nbsp;? Son aspiration au Livre unique mais fait de plusieurs volumes. \u00abCette pluralit\u00e9 de l\u2019unique vient de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tager, selon des niveaux diff\u00e9rents, l\u2019espace cr\u00e9ateur\u00bb, [&#8230;] autre trait invariable&nbsp;: de ce livre, il voit d\u2019abord la disposition n\u00e9cessaire, livre \u00ab architectural et pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, d\u00e9limit\u00e9, hi\u00e9rarchis\u00e9 \u00bb. [&#8230;] La po\u00e9sie ne r\u00e9pond pas \u00e0 l\u2019appel des choses. Elle n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 les pr\u00e9server en les nommant. Au contraire, le langage po\u00e9tique est \u00ab la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire. \u00bb Le hasard [d\u00e9cision de supprimer le hasard] sera tenu en \u00e9chec par le livre, si le langage, allant jusqu\u2019au bout de son pouvoir, attaquant la substance concr\u00e8te des r\u00e9alit\u00e9s particuli\u00e8res, ne laisse plus appara\u00eetre que \u00ab l\u2019ensemble des rapports existant dans tout \u00bb.<\/p>\n<p>La po\u00e9sie devient alors ce que serait la musique r\u00e9duite \u00e0 son essence silencieuse: un cheminement un d\u00e9ploiement de pures relations, soit la mobilit\u00e9 pure \u00bb (page 305)<\/p>\n<p>Echappant au hasard par sa structure et sa d\u00e9limitation, le livre accomplit l\u2019essence du langage qui use les choses en les transformant en leur absence et en ouvrant cette absence au devenir rythmique qui est le mouvement pur des relations; le livre sans hasard est un livre sans auteur: impersonnel. [&#8230;] Mallarm\u00e9 parle du livre comme s\u2019il existait d\u00e9j\u00e0 inn\u00e9 en nous et \u00e9crit dans la nature: \u00ab Je crois tout cela \u00e9crit dans la natur de fa\u00e7on \u00e0 ne laisser fermer les yeux qu\u2019aux int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 ne rien voir. Cette \u0153uvre existe, tout le monde l\u2019a tent\u00e9e, sans le savoir: il n\u2019est pas un g\u00e9nie ou un pitre, qui n\u2019en ait retrouv\u00e9 un trait sans le savoir \u00bb. \u00ab L\u2019\u0153uvre implique la disparition \u00e9locutoire du po\u00e8te, qui c\u00e8de l\u2019initiative aux mots, par le heurt de leur in\u00e9galit\u00e9 mobilis\u00e9s\u2026. \u00bb Le po\u00e8te dispara\u00eet sous la pression de l\u2019\u0153uvre, par le m\u00eame mouvement qui fait dispara\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 naturelle. [&#8230;] La nature se transpose par la parole dans le mouvement rythmique qui la fait dispara\u00eetre, incessamment et ind\u00e9finiment; et le po\u00e8te, par le fait qu\u2019il parle po\u00e9tiquement, disparait en cette parole et devient la disparition m\u00eame qui s\u2019accomplit en cette parole, seule initiatrice et principe: source.<\/p>\n<p>Le livre sans auteur. \u00ab Impersonnifi\u00e9, le volume, autant qu\u2019on s\u2019en s\u00e9pare comme auteur, ne r\u00e9clame aucune approche de lecteur. Tel, sache, entre les accessoires humains, il a lieu tout seul: fait, \u00e9tant. \u00bb<\/p>\n<p>Nous sommes loin de la tradition romantique et de la tradition \u00e9sot\u00e9rique. Mallarm\u00e9 repousse l\u2019id\u00e9e de substance, comme l\u2019id\u00e9e de v\u00e9rit\u00e9 permanente et r\u00e9elle. Quand il nomme l\u2019essentiel \u2014que ce soit l\u2019id\u00e9al, le r\u00eave\u2014, cela a toujours trait \u00e0 quelque chose qui n\u2019a pour fondement que l\u2019irr\u00e9alit\u00e9 reconnue et affirm\u00e9e de la fiction. De l\u00e0 que le probl\u00e8me majeur soit pour lui: quelque chose comme les Lettres existe-t-il? de quelle mani\u00e8re la litt\u00e9rature existe-t-elle? quel rapport entre la litt\u00e9rature et la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00eatre?<\/p>\n<p>On sait que Mallarm\u00e9 retire toute r\u00e9alit\u00e9 au pr\u00e9sent. \u00ab \u2026 il n\u2019est pas de pr\u00e9sent, non \u2014un pr\u00e9sent n\u2019existe pas\u2026 \u00bb \u00ab Mal inform\u00e9 celui qui se crierait son propre contemporain\u2026 \u00bb<br \/>\nEt pour la m\u00eame raison, il n\u2019admet pas dans le devenir historique de passage, tout est coupure et rupture, \u00ab tout s\u2019interrompt, effectif, dans l\u2019histoire, peu de transfusion \u00bb. Son \u0153uvre est tant\u00f4t fig\u00e9e dans une virtualit\u00e9 blanche, immobile; tant\u00f4t \u2014et c\u2019est le plus significatif\u2014 anim\u00e9e d\u2019une extr\u00eame discontinuit\u00e9 temporelle, livr\u00e9e \u00e0 des changements de temps et \u00e0 des acc\u00e9l\u00e9rations, des ralentissements, des \u2018arr\u00eats fragmentaires\u2018, signe d\u2019une essence toute nouvelle de la mobilit\u00e9, o\u00f9 c\u2019est comme un autre temps qui s\u2019annonce, aussi \u00e9tranger \u00e0 la permanence \u00e9ternelle qu\u2019\u00e0 la dur\u00e9e quotidienne: \u00ab ici devan\u00e7ant, l\u00e0 rem\u00e9morant, au futur, au pass\u00e9, sous une apparence fausse de pr\u00e9sent \u00bb.<br \/>\nSous ces deux formes, le temps exprim\u00e9 par l\u2019\u0153uvre, contenu par elle, int\u00e9rieur \u00e0 elle, est un temps sans pr\u00e9sent. [Mais] Mallarm\u00e9 niant le pr\u00e9sent, le r\u00e9serve \u00e0 l\u2019\u0153uvre, tout en faisant de ce pr\u00e9sent celui de l\u2019affirmation sans pr\u00e9sence o\u00f9 tout ce qui brille en m\u00eame temps qu\u2019il s\u2019\u00e9vanouit (\u00ab l\u2019instant qu\u2019ils y brillent et meurent dans une fleur rapide, sur quelque transparence comme d\u2019\u00e9ther \u00bb). L\u2019\u00e9vidence du livre, son \u00e9clat manifeste sont donc tels que l\u2019on doit dire de lui qu\u2019il est, qu\u2019il est pr\u00e9sent, puisque sans lui rien ne serait jamais pr\u00e9sent, mais cependant il est toujours en d\u00e9faut par rapport aux conditions de l\u2019existence r\u00e9elle: \u00e9tant mais impossible.<\/p>\n<p>[&#8230;] Mallarm\u00e9 s\u2019est interrog\u00e9 sur l\u2019histoire. Il s\u2019est interrog\u00e9 sur les rapports entre l\u2019action g\u00e9n\u00e9rale \u2014fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9conomie politique\u2014 et celle qui se d\u00e9termine \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre (\u00ab l\u2019action restreinte\u00ab ). Constatant que \u00ab l\u2019\u00e9poque \u00bb est peut-\u00eatre toujours pour l\u2019\u00e9crivain \u00ab un tunnel\u00ab , un temps d\u2019intervalle et comme l\u2019entre-temps, il a exprim\u00e9 cette id\u00e9e, que, plut\u00f4t que de risquer sur des circonstances qui ne pourraient jamais \u00eatre qu\u2019incompl\u00e8tement favorables les conclusions d\u2019art extr\u00eames contenues dans l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du livre, il valait mieux jouer contre toute opportunit\u00e9 historique et en ne faisant rien pour les ajuster au temps, mais au contraire en mettant en \u00e9videncen le conflit, la d\u00e9chirure temporelle, afin d\u2019en tirer une clart\u00e9. L\u2019\u0153uvre donc doit \u00eatre la conscience du d\u00e9saccord entre \u00ab l\u2019heure \u00bb et le jeu litt\u00e9raire, et cette discordance fait partie du jeu, est le jeu m\u00eame.<br \/>\nMallarm\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 moins attentif \u00e0 la crise majeure que traverse de son temps la litt\u00e9rature, crise historique propre \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration r\u00e9cente: [&#8230;] \u00ab \u2026 dans des bouleversements, tout \u00e0 l\u2019acquit de la g\u00e9n\u00e9ration r\u00e9cente, l\u2019acte d\u2019\u00e9crire se scruta jusqu\u2019en l\u2019origine. Tr\u00e8s avant, au moins, quant au point, je le formule: \u2014A savoir s\u2019il y a lieu d\u2019\u00e9crire. \u00bb \u00ab Les gouvernements changent: toujours la prosodie reste intacte. \u00bb<br \/>\n[&#8230;] Tout cela nous fait pressentir le grand bouleversement que l\u2019atteinte \u00e0 la rime \u00ab gardienne \u00bb repr\u00e9sente pour lui. Pourtant sa derni\u00e8re \u0153uvre est un \u00ab po\u00e8me \u00bb. Po\u00e8me essentiel (et non un po\u00e8me en prose) mais qui, pour la premi\u00e8re et unique fois, rompt avec la tradition: non seulement consent \u00e0 la rupture, mais inaugure intentionnellement un art nouveau, art encore \u00e0 venir et l\u2019avenir comme art. D\u00e9cision capitale et \u0153uvre elle-m\u00eame d\u00e9cisive.<\/p>\n<p>[&#8230;] Un coup de d\u00e9s<\/p>\n<p>Si (un peu h\u00e2tivement ) on admet que Mallarm\u00e9 a toujours reconnu dans le vers traditionnel le moyen de vaincre le hasard \u00ab mot \u00e0 mot\u00ab , on verra qu\u2019il y a dans Un coup de d\u00e9s jamais n\u2019abolira le hasard, une \u00e9troite correspondance entre l\u2019autorit\u00e9 de la phrase centrale d\u00e9clarant invincible le hasard et le renoncement \u00e0 la forme la moins hasardeuse qui f\u00fbt: l\u2019antique vers. La phrase Un coup de d\u00e9s jamais n\u2019abolira le hasard ne fait que produire le sens de la forme nouvelle dont elle traduit la disposition. Mais par l\u00e0, et du moment qu\u2019il y a corr\u00e9lation pr\u00e9cise entre la forme du po\u00e8me et l\u2019affirmation qui le traverse en le soutenant, la n\u00e9cessit\u00e9 se r\u00e9tablit. Le hasard n\u2019est pas lib\u00e9r\u00e9 par la rupture du vers r\u00e9gl\u00e9: il est au contraire, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9ment exprim\u00e9, soumis \u00e0 la loi exacte de la forme qui lui r\u00e9pond et \u00e0 laquelle il doit r\u00e9pondre.<br \/>\n[&#8230;] Un coup de d\u00e9s, l\u2019\u0153uvre m\u00eame qu\u2019il constitue et qui ne fait pas du po\u00e8me une r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente ou seulement future, mais sous la double dimension n\u00e9gative d\u2019un pass\u00e9 inaccompli et d\u2019un avenir impossible, le d\u00e9signe dans l\u2019extr\u00eame lointain d\u2019un peut-\u00eatre d\u2019exception\u2026 Un coup de d\u00e9s n\u2019est que dans la mesure o\u00f9 il exprime l\u2019extr\u00eame et exquise improbabilit\u00e9 de lui-m\u00eame, de cette Constellation qui, \u00e0 la faveur d\u2019un peut-\u00eatre d\u2019exception (sans autre justification que le vide du ciel et la dissolution de l\u2019ab\u00eeme), se projette \u00ab sur quelque surface vacante et sup\u00e9rieure\u00ab&nbsp;: naissance d\u2019un espace encore inconnu, celui de l\u2019\u0153uvre. [&#8230;] \u00ab Veillant doutant roulant brillant et m\u00e9ditant\u00ab . Il faudrait s\u2019arr\u00eater sur ces cinq mots par lesquels l\u2019\u0153uvre se pr\u00e9sente dans l\u2019invisibilit\u00e9 du devenir qui lui est propre. Cinq mots tr\u00e8s purs de toute provocation magique et qui, dans la tension infinie o\u00f9 semble s\u2019\u00e9laborer un temps nouveau, le temps pur de l\u2019attente et de l\u2019attention, en appellent \u00e0 la seule pens\u00e9e pour qu\u2019elle veille sur l\u2019\u00e9clat du mouvement po\u00e9tique.<br \/>\nNaturellement, je ne dirais pas qu\u2019il est le Livre, [mais]<\/p>\n<p>Un coup de d\u00e9s annonce un livre tout autre que le livre qui est encore le n\u00f4tre: il laisse pressentir que ce que nous appelons livre selon l\u2019usage de la tradition occidentale, o\u00f9 le regard identifie le mouvement de compr\u00e9hension avec la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un va-et-vient lin\u00e9aire, n\u2019a de justification que dans la facilit\u00e9 de la compr\u00e9hension analytique. Au fond il faut bien nous en rendre compte: nous avons les livres les plus pauvres qui puissent se concevoir, et nous continuons de lire, apr\u00e8s quelques mill\u00e9naires, comme si nous ne faisions toujours que commencer \u00e0 apprendre \u00e0 lire.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 la fois dans le sens de la plus grande dispersion et dans le sens d\u2019une tension capable de rassembler l\u2019infinie diversit\u00e9, par la d\u00e9couverte de structures plus complexes, qu\u2019Un coup de d\u00e9s oriente l\u2019avenir du livre. (page 319) L\u2019esprit, dit Mallarm\u00e9 apr\u00e8s Hegel, est \u00ab dispersion volatile\u00ab . Le livre qui recueille l\u2019esprit recueille donc un pouvoir extr\u00eame d\u2019\u00e9clatement, une inqui\u00e9tude sans limite et que le livre ne peut contenir, qui exclut de lui tout contenu, tout sens limit\u00e9, d\u00e9fini et complet. Mouvement de diaspora qui ne doit jamais \u00eatre r\u00e9prim\u00e9, mais pr\u00e9serv\u00e9 et accueilli comme tel dans l\u2019espace qui se projette \u00e0 partir de lui et auquel ce mouvement ne fait que r\u00e9pondre, r\u00e9ponse \u00e0 un vide ind\u00e9finiment multipli\u00e9 o\u00f9 la dispersion prend forme et apparence d\u2019unit\u00e9. Un tel livre, toujours en mouvement, toujours \u00e0 la limite de l\u2019\u00e9pars, sera aussi toujours rassembl\u00e9 dans toutes les directions, de par la dispersion m\u00eame et selon la division qui lui est essentielle, qu\u2019il ne fait pas dispara\u00eetre, mais appara\u00eetre pour s\u2019y accomplir.<\/p>\n<p>Un coup de d\u00e9s est n\u00e9 d\u2019une entente nouvelle de l\u2019espace litt\u00e9raire, tel que puissent s\u2019y engendrer, par des rapports nouveaux de mouvement, des relations nouvelles de compr\u00e9hension. Mallarm\u00e9 a toujours eu conscience de ce fait, m\u00e9connu jusqu\u2019\u00e0 lui et peut-\u00eatre apr\u00e8s lui, que la langue \u00e9tait un syst\u00e8me de relations spatiales infiniment complexes dont ni l\u2019espace g\u00e9om\u00e9trique ordinaire, ni l\u2019espace de la vie pratique ne nous permettent de ressaisir l\u2019originalit\u00e9. (note: Pour Mallarm\u00e9, le langage n\u2019est pas fait de mots m\u00eame purs: il est ce en quoi les mots ont toujours d\u00e9j\u00e0 disparu et ce mouvement oscillant d\u2019apparition et de disparition). L\u2019espace po\u00e9tique, source et \u00ab r\u00e9sultat \u00bb du langage, n\u2019est jamais \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une chose; mais toujours, \u00ab il s\u2019espace et se diss\u00e9mine\u00ab . De l\u00e0, l\u2019int\u00e9r\u00eat que Mallarm\u00e9 porte \u00e0 tout ce qui le conduit vers l\u2019essence singuli\u00e8re du lieu, le th\u00e9\u00e2tre, la danse, et sans oublier que le propre des pens\u00e9es et des sentiments humains est aussi de produire un \u00ab milieu \u00bb. \u00ab Toute \u00e9motion sort de vous, \u00e9largit un milieu; ou sur vous fond et l\u2019incorpore. \u00bb<\/p>\n<p>Cette langue nouvelle [&#8230;] est une langue stricte, destin\u00e9e \u00e0 \u00e9laborer, selon des voies nouvelles, l\u2019espace propre au langage, que nous autres, dans la prose quotidienne comme dans l\u2019usage litt\u00e9raire, nous r\u00e9duisons \u00e0 une simple surface parcourue par un mouvement uniforme et irr\u00e9versible. A cet espace, Mallarm\u00e9 restitue la profondeur. Une phrase ne se contente pas de se d\u00e9rouler d\u2019une mani\u00e8re lin\u00e9aire; elle s\u2019ouvre; par cette ouverture s\u2019\u00e9tagent, se d\u00e9gagent, s\u2019espacent et se resserrent, \u00e0 des profondeurs de niveaux diff\u00e9rents, d\u2019autres mouvements de phrases, d\u2019autres rythmes de paroles, qui sont en rapport les uns avec les autres selon de fermes d\u00e9terminations de structure, quoique \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la logique ordinaire \u2014logique de subordination\u2014 laquelle d\u00e9truit l\u2019espace et uniformise le mouvement.<\/p>\n<p>Mallarm\u00e9 est le seul \u00e9crivain qu\u2019on puisse dire profond. Il ne l\u2019est pas d\u2019une mani\u00e8re m\u00e9taphorique, et \u00e0 cause du sens profond de ce qu\u2019il dit; mais ce qu\u2019il dit suppose un espace \u00e0 plusieurs dimensions et ne peut s\u2019entendre que selon cette profondeur spatiale qu\u2019il faut appr\u00e9hender simultan\u00e9ment \u00e0 des niveaux diff\u00e9rents (d\u2019ailleurs, que veut dire la formule dont nous nous servons si volontiers: cela est profond? La profondeur du sens consiste dans le pas en arri\u00e8re \u2014en retrait\u2014 que le sens nous conduit \u00e0 faire par rapport \u00e0 lui.<br \/>\nUn coup de d\u00e9s est l\u2019affirmation sensible de ce nouvel espace. Il est cet espace devenu po\u00e8me. La fiction qui y est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, ne semble avoir d\u2019autre vis\u00e9e \u2014par l\u2019\u00e9preuve du naufrage d\u2019o\u00f9 naissent et o\u00f9 s\u2019ext\u00e9nuent des figures de plus en plus subtilement allusives \u00e0 des espaces toujours plus lointains \u2014que de parvenir \u00e0 la dissolution de toute \u00e9tendue r\u00e9elle, \u00e0 la \u00ab neutralit\u00e9 identique du gouffre\u00ab , avec quoi, au point extr\u00eame de la dispersion, ne s\u2019affirme plus que le lieu: le rien comme le lieu ou rien n\u2019a eu lieu [&#8230;] \u00ab b\u00e9ante profondeur \u00bb de l\u2019ab\u00eeme, qui, se renversant \u00e0 l\u2019altitude de l\u2019exception, fonde l\u2019autre ab\u00eeme du ciel vide pour y prendre figure de Constellation: dispersion infinie se rassemblant dans la pluralit\u00e9 d\u00e9finie d\u2019\u00e9toiles, po\u00e8me, o\u00f9, des mots ne restant que leur espace, cet espace rayonne en un pur \u00e9clat stellaire.<\/p>\n<p>[&#8230;] La pens\u00e9e po\u00e9tique de Mallarm\u00e9, si elle se formule d\u2019une mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e en termes d\u2019univers, [&#8230;] c\u2019est plut\u00f4t par l\u2019exigence de l\u2019espace cr\u00e9ateur, et cr\u00e9ateur en tant qu\u2019infiniment vide et d\u2019un vide infiniment mouvant.<\/p>\n<p>Mallarm\u00e9 a dou\u00e9 l\u2019homme d\u2019une exp\u00e9rience nouvelle: l\u2019espace comme l\u2019approche d\u2019un autre espace, origine cr\u00e9atrice et aventure d\u2019un mouvement po\u00e9tique. [&#8230;] c\u2019est toujours du c\u00f4t\u00e9 de la joie, de l\u2019affirmation exaltante, que la po\u00e9sie se d\u00e9clare, chaque fois que Mallarm\u00e9 \u00ab civilis\u00e9 \u00e9dennique \u00bb se voit contraint de la situer. [&#8230;] La po\u00e9sie \u00ab doue ainsi d\u2019authenticit\u00e9 notre s\u00e9jour \u00bb. (note: \u00ab la po\u00e9sie est l\u2019expression, par le langage humain ramen\u00e9 \u00e0 son rythme essentiel, du sens myst\u00e9rieux des aspects de l\u2019existence; elle doue ainsi d\u2019authenticit\u00e9 notre s\u00e9jour et constitue la seule t\u00e2che spirituelle. \u00bb)<\/p>\n<p>Pour Mallarm\u00e9, ce que fondent les po\u00e8tes, l\u2019espace \u2014ab\u00eeme et fondement de la parole\u2014, est ce qui ne demeure pas, et le s\u00e9jour authentique n\u2019est pas l\u2019abri o\u00f9 l\u2019homme se pr\u00e9serve, mais c\u2019est en rapport avec l\u2019\u00e9cueil, par la perdition et le gouffre, et avec une \u00ab m\u00e9morable crise \u00bb qui seule permet d\u2019atteindre au vide mouvant, lieu o\u00f9 la t\u00e2che cr\u00e9atrice commence.<\/p>\n<p>Lorsque Mallarm\u00e9 donne au po\u00e8te pour devoir et au Livre pour t\u00e2che: \u00ab l\u2019explication orphique de la Terre\u00ab , \u00ab l\u2019explication de l\u2019homme\u00ab , qu\u2019entend-il par ce mot r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00ab explication \u00bb? Exactement ce que ce mot comporte: le d\u00e9ploiement de la Terre et de l\u2019homme en l\u2019espace du chant. Non pas par la connaissance de ce que l\u2019un et l\u2019autre sont naturellement, mais le d\u00e9veloppement \u2014hors de leur r\u00e9alit\u00e9 donn\u00e9e et en ce qu\u2019ils ont de myst\u00e9rieux, de non \u00e9clair\u00e9, par la force dispersante de l\u2019espace et par la puissance rassemblante du devenir rythmique\u2014 de l\u2019homme et du monde. Du fait qu\u2019il y a po\u00e9sie, il y a non seulement quelque chose de chang\u00e9 dans l\u2019univers, mais comme un changement essentiel d\u2019univers, dont la r\u00e9alisation du Livre ne fait que d\u00e9couvrir ou fonder le sens. La po\u00e9sie inaugure autre chose. Par rapport au r\u00e9el, on peut l\u2019appeler irr\u00e9el (\u00ab ce pays n\u2019exista pas\u00ab ); par rapport au temps de notre monde, \u00ab l\u2019interr\u00e8gne \u00bb ou \u00ab l\u2019\u00e9ternel\u00ab&nbsp;; par rapport \u00e0 l\u2019action qui modifie la nature \u00ab l\u2018action restreinte\u00ab .<\/p>\n<p>Cette autre chose. Un coup de d\u00e9s est une \u0153uvre o\u00f9 sont mis \u00e9galement en rapport l\u2019espace po\u00e9tique et l\u2019espace cosmique. [&#8230;] Un coup de d\u00e9s dit d\u2019une mani\u00e8re qui nous engage dans un avenir essentiel, la d\u00e9cision propre \u00e0 la parole cr\u00e9atrice. Et Mallarm\u00e9 lui-m\u00eame, en cessant de donner \u00e0 l\u2019\u0153uvre le genre de certitude qui ne convient qu\u2019aux choses et en l\u2019\u00e9voquant sous la seule perspective d\u2019o\u00f9 sa pr\u00e9sence peut nous parvenir, comme l\u2019attente de ce qu\u2019il y a de plus lointain et moins sur, est dans un rapport beaucoup plus confiant avec l\u2019affirmation de l\u2019\u0153uvre. Ce qui pourrait se traduire en disant (inexactement): le doute appartient \u00e0 la certitude po\u00e9tique, de m\u00eame que l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019affirmer l\u2019\u0153uvre nous rapproche de son affirmation propre celles dont les cinq mots \u00ab veillant doutant roulant brillant et m\u00e9ditant \u00bb remettent le soin \u00e0 la pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Un coup de d\u00e9s est le livre \u00e0 venir. Mallarm\u00e9 affirme clairement, et en particulier dans la pr\u00e9face, son dessein qui est d\u2019exprimer, d\u2019une mani\u00e8re qui les change, les rapports de l\u2019espace et du mouvement temporel. L\u2019espace qui n\u2019est pas, mais \u00ab se scande \u00bb, \u00ab s\u2019intime \u00bb, se dissipe et se repose selon les diverses formes de la mobilit\u00e9 de l\u2019\u00e9crit, exclut le temps ordinaire. Dans cet espace \u2014l\u2019espace m\u00eame du livre\u2014, jamais l\u2019instant ne succ\u00e8de \u00e0 l\u2019instant selon le d\u00e9roulement horizontal d\u2019un devenir irr\u00e9versible. On n\u2019y raconte pas quelque chose qui se serait pass\u00e9, f\u00fbt-ce fictivement. L\u2019histoire est remplac\u00e9e par l\u2019hypoth\u00e8se: \u00ab Soit que\u2026 \u00bb L\u2019\u00e9v\u00e9nement dont le po\u00e8me fait son point de d\u00e9part n\u2019est pas donn\u00e9 comme fait historique r\u00e9el, fictivement r\u00e9el: il n\u2019a de valeur que relativement \u00e0 tous les mouvements de pens\u00e9e et de langage qui peuvent en r\u00e9sulter et dont la figuration sensible \u00ab avec retraits, prolongements, fuites\u00ab , est comme un autre langage instituant le jeu nouveau de l\u2019espace et du temps.<br \/>\nCela est n\u00e9cessaire, tr\u00e8s ambigu. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, nous avons la tentative d\u2019exclure la dur\u00e9e historique en y substituant des rapports de proportion et de r\u00e9ciprocit\u00e9 dont la recherche de Mallarm\u00e9 a toujours fait grand emploi: \u00ab si ceci est cela, cela est ceci\u00ab , lisons-nous dans les notes du manuscrit posthume ou encore&nbsp;: \u00ab deux alternatives d\u2019un m\u00eame sujet \u2014ou ceci ou cela\u2014 (et, non pas trait\u00e9es par suite, historiquement\u2014 mais toujours intellectuellement). \u00bb [&#8230;] Il cherche \u00e0 imiter les proc\u00e9d\u00e9s de rigueur g\u00e9om\u00e9trique pour lib\u00e9rer la parole de la succession sensible et lui rendre la ma\u00eetrise de ses propres rapports. Mais ce n\u2019est qu\u2019une imitation. \u00ab Tout se passe par raccourci, en hypoth\u00e8se; on \u00e9vite le r\u00e9cit \u00bb. Pourquoi \u00e9vite-t-on le r\u00e9cit? Non seulement parce qu\u2019on \u00e9limine le temps du r\u00e9cit, mais parce qu\u2018au lieu de raconter, on montre. Pour la premi\u00e8re fois, l\u2019espace int\u00e9rieur de la pens\u00e9e et du langage est repr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re sensible. La \u00ab distance \u2026 qui mentalement s\u00e9pare des groupes de mots ou les mots entre eux \u00bb est visible typographiquement, ainsi que l\u2019importance de tels termes, leur puissance d\u2019affirmation, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de leurs rapports, leur concentration, leur \u00e9parpillement, enfin la reproduction, par l\u2019allure des mots et par leur rythme, de l\u2019objet qu\u2019ils d\u00e9signent. [&#8230;]<\/p>\n<p>Que nous apprend de plus Un coup de d\u00e9s? L\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire y est en suspens entre sa pr\u00e9sence visible et sa pr\u00e9sence lisible: partition ou tableau qu\u2019il faut lire et po\u00e8me qu\u2019il faut voir et, gr\u00e2ce \u00e0 cette alternance oscillante, cherchant \u00e0 enrichir la lecture analytique par la vision globale et simultan\u00e9e, \u00e0 enrichir aussi la vision statique par le dynamisme du jeu des mouvements, enfin en cherchant \u00e0 se placer au point d\u2019intersection o\u00f9 entendre, c\u2019est voir et lire, mais se pla\u00e7ant aussi au point o\u00f9, la jonction n\u2019\u00e9tant pas faite, le po\u00e8me occupe seulement le vide central qui figure l\u2019avenir d\u2019exception.<br \/>\nMallarm\u00e9 veut se maintenir en ce point ant\u00e9rieur \u2014le chant ant\u00e9rieur au concept\u2014 o\u00f9 tout art est langage et o\u00f9 le langage est ind\u00e9cis entre l\u2019\u00eatre qu\u2019il exprime en le faisant dispara\u00eetre et l\u2019apparence d\u2019\u00eatre qu\u2019il rassemble en lui-m\u00eame pour que l\u2019invisibilit\u00e9 du sens y acqui\u00e8re figure et mobilit\u00e9 parlante. Cette ind\u00e9cision mouvante est la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame de l\u2019espace propre au langage, dont le po\u00e8me \u2014le livre futur\u2014 est seul capable d\u2019affirmer la diversit\u00e9 des mouvements et des temps qui le constituent comme sens, tout en le r\u00e9servant comme source de tout sens. Le livre est ainsi centr\u00e9 sur l\u2019entente que forme l\u2019alternance presque simultan\u00e9e de la lecture comme vision et de la vision comme transparence lisible. Mais il est aussi constamment d\u00e9centr\u00e9 par rapport \u00e0 lui-m\u00eame, non seulement parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre \u00e0 la fois pr\u00e9sente et toute en mouvement, mais parce que c\u2019est en elle que s\u2019\u00e9labore et d\u2019elle que d\u00e9pend le devenir m\u00eame qui la d\u00e9ploie.<br \/>\nLe temps de l\u2019\u0153uvre n\u2019est pas emprunt\u00e9 au n\u00f4tre. Form\u00e9 par elle, il est \u00e0 l\u2019\u0153uvre en elle qui est la moins immobile qu\u2019on puisse concevoir. Et dire \u00ab le temps \u00bb, comme s\u2019il n\u2019y avait ici qu\u2019une seule mani\u00e8re de durer, c\u2019est m\u00e9conna\u00eetre l\u2019\u00e9nigme essentielle de ce livre et sa force in\u00e9puisable d\u2019attrait. [&#8230;]<\/p>\n<p>\u00ab sous une apparence fausse de pr\u00e9sent \u00bb, ne cessent de se superposer des possibilit\u00e9s temporelles diff\u00e9rentes, et non en un confus m\u00e9lange, mais parce que tel ensemble (repr\u00e9sent\u00e9 le plus souvent par une double page) auquel convient tel temps, appartient aussi \u00e0 d\u2019autres temps, dans la mesure o\u00f9 le groupe d\u2019ensembles o\u00f9 il se range fait pr\u00e9dominer une autre structure temporelle, \u2014tandis que, \u00ab en m\u00eame temps \u00bb, comme une puissante traverse m\u00e9diane, retentit \u00e0 travers toute l\u2019\u0153uvre la ferme voix centrale o\u00f9 parle le futur, mais un futur \u00e9ternellement n\u00e9gatif\u2014 \u00ab jamais n\u2019abolira\u00ab \u2014, lequel toutefois se prolonge doublement: par un futur ant\u00e9rieur pass\u00e9, annulant l\u2019acte jusque dans l\u2019apparence de son non-accomplissement \u2014 \u00bbn\u2019aura eu lieu\u00ab \u2014 et par une possibilit\u00e9 toute nouvelle vers laquelle, par del\u00e0 toutes les n\u00e9gations et en prenant appui sur celles-ci, l\u2019\u0153uvre s\u2019\u00e9lance encore: le temps de l\u2019exception \u00e0 l\u2019altitude d\u2019un peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>La lecture, l\u2019 \u00ab\u00a0op\u00e9ration\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019on pourrait se demander si Mallarm\u00e9 ne confie pas \u00e0 la lecture le soin de rendre pr\u00e9sente cette \u0153uvre o\u00f9 se jouent des temps qui la rendent inabordable. Probl\u00e8me qu\u2019il n\u2019a pas supprim\u00e9 en supprimant le lecteur. Au contraire, le lecteur \u00e9cart\u00e9, la question de la lecture n\u2019en est que plus essentielle. \u00ab Pratique d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u00bb dit Mallarm\u00e9. C\u2019est sur la communication du livre \u2014communication de l\u2019\u0153uvre \u00e0 elle-m\u00eame dans le devenir qui lui est propre\u2014 que le manuscrit posthume nous apporte des clart\u00e9s. Le livre sans auteur et sans lecteur, qui n\u2019est pas n\u00e9cessairement clos, mais toujours en mouvement, comment pourra-t-il s\u2019affirmer selon le rythme qui le constitue, s\u2019il ne sort pas en quelque mani\u00e8re de lui-m\u00eame et s\u2019il ne trouve pas, pour correspondre \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 mobile qui est sa structure, le dehors o\u00f9 il sera en contact avec sa distance m\u00eame? Il lui faut un m\u00e9diateur. C\u2019est la lecture. Cette lecture n\u2019est pas celle d\u2019un lecteur quelconque, lequel tend toujours \u00e0 rapprocher l\u2019ouvrage de son individualit\u00e9 fortuite. Mallarm\u00e9 sera la voix de cette lecture essentielle. Disparu et supprim\u00e9 comme auteur, il est, par cette disparition, en rapport avec l\u2019essence apparaissante et disparaissante du Livre avec son oscillation incessante qui est sa communication.<br \/>\nCe r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire, on peut le comparer \u00e0 celui du chef d\u2019orchestre ou \u00e0 celui du pr\u00eatre pendant la messe. Mais si le manuscrit posthume tend \u00e0 donner \u00e0 la lecture le caract\u00e8re d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie sacr\u00e9e qui tient de la prestidigitation, du th\u00e9\u00e2tre et de la liturgie catholique, il faut surtout retenir que Mallarm\u00e9 a conscience, n\u2019\u00e9tant pas un lecteur ordinaire, de n\u2019\u00eatre pas non plus un simple interpr\u00e8te privil\u00e9gi\u00e9, capable de commenter le texte, de le faire passer d\u2019un sens \u00e0 l\u2019autre ou de le maintenir en mouvement entre tous les sens possibles. Il n\u2019est pas vraiment lecteur. Il est la lecture: le mouvement de communication par lequel le livre se communique \u00e0 lui-m\u00eame, \u2014d\u2019abord selon les divers \u00e9changes physiques que la mobilit\u00e9 des feuillets rend possibles et n\u00e9cessaires; puis selon le mouvement nouveau de l\u2019entente qu\u2019\u00e9labore le langage en int\u00e9grant les divers genres et les divers arts; enfin par l\u2019avenir d\u2019exception \u00e0 partir duquel le livre vient vers lui-m\u00eame et vient vers nous, en nous exposant au jeu supr\u00eame de l\u2019espace et des temps.<\/p>\n<p>Mallarm\u00e9 appelle le lecteur \u00ab l\u2019op\u00e9rateur \u00bb. La lecture comme la po\u00e9sie est \u00ab l\u2019op\u00e9ration\u00ab *. Or, il garde toujours \u00e0 ce mot \u00e0 la fois le sens qu\u2019il tient du mot \u0153uvre et le sens presque chirurgical qu\u2019il re\u00e7oit ironiquement de son allure technique: l\u2019op\u00e9ration est suppression, c\u2019est en quelque mani\u00e8re l\u2019Aufhebung h\u00e9g\u00e9lienne. La lecture est op\u00e9ration, elle est l\u2019\u0153uvre qui s\u2019accomplit en se supprimant, qui se prouve en se confrontant avec elle-m\u00eame et se suspend tout en s\u2019affirmant. Dans le manuscrit posthume, Mallarm\u00e9 insiste sur le caract\u00e8re de danger et d\u2019audace qu\u2019implique la lecture. Danger de para\u00eetre s\u2019arroger sur le livre un droit d\u2019auteur qui en ferait \u00e0 nouveau un livre ordinaire. Danger qui vient de la communication m\u00eame: de ce mouvement d\u2019aventure et d\u2019\u00e9preuve qui ne permet pas, m\u00eame au lecteur Mallarm\u00e9, de savoir \u00e0 l\u2019avance ce qu\u2019est le livre, ni s\u2019il est, ni si le devenir auquel le livre r\u00e9pond tout en le constituant par sa suppression infinie, a d\u00e8s maintenant un sens pour nous et aura jamais un sens. \u00ab Veillant doutant roulant brillant et m\u00e9ditant\u00ab , cette chute des temps o\u00f9 s\u2019exprime l\u2019\u00e9change ind\u00e9termin\u00e9 par lequel se fait l\u2019\u0153uvre, heurtera-t-elle \u00e0 la fin le moment o\u00f9 tout doit s\u2019achever, le temps ultime qui, fuyant en avant du livre, l\u2019immobilise par avance en posant devant lui le \u00ab point dernier qui le sacre\u00ab&nbsp;? Moment o\u00f9 tous les moments s\u2019arr\u00eatent dans l\u2019accomplissement final, terme de ce qui est sans terme. Est-ce l\u00e0 la fin? Est-ce en ce point d\u2019immobilit\u00e9 que nous devons d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent regarder toute l\u2019\u0153uvre avec ce regard futur de la mort universelle, qui est toujours, quelque peu, le regard du lecteur?<\/p>\n<p>Mais par del\u00e0 cet arr\u00eat et au-del\u00e0 de cet au-del\u00e0, Un coup de d\u00e9s nous apprend qu\u2019il y a encore quelque chose \u00e0 dire, l\u2019affirmation dont la fermet\u00e9 est comme le r\u00e9sum\u00e9 et le \u00ab r\u00e9sultat \u00bb de tout le livre, parole r\u00e9solue o\u00f9 l\u2019\u0153uvre se r\u00e9sout en se manifestant: \u00ab Toute Pens\u00e9e \u00e9met un Coup de D\u00e9s\u00ab . Cette sentence, isol\u00e9e par un trait presque dur, et comme si, par elle, s\u2019achevait souverainement l\u2019isolement de la parole, est difficile \u00e0 situer. Elle a la force conclusive qui nous interdit de parler plus loin, mais elle est elle-m\u00eame d\u00e9j\u00e0 comme en dehors du Po\u00e8me, sa limite qui ne lui appartient pas. Elle a un contenu qui, mettant en communication la pens\u00e9e et le hasard, le refus du sort et l\u2019appel au sort, la pens\u00e9e qui se joue et le jeu comme pens\u00e9e, pr\u00e9tend d\u00e9tenir en une courte phrase le tout de ce qui est possible. \u00ab Toute Pens\u00e9e \u00e9met un Coup de D\u00e9s\u00ab . C\u2019est la clausule et c\u2019est l\u2019ouverture, c\u2019est l\u2019invisible passage o\u00f9 le mouvement en forme de sph\u00e8re est sans cesse fin et commencement. Tout est fini et tout recommence. Le Livre est ainsi, discr\u00e8tement, affirm\u00e9 dans le devenir qui est peut-\u00eatre son sens, sens qui serait le devenir m\u00eame du cercle 1. La fin de l\u2019\u0153uvre est son origine, son nouveau et son ancien commencement: elle est sa possibilit\u00e9 ouverte encore une fois, pour que les d\u00e9s \u00e0 nouveau jet\u00e9s soient le jet m\u00eame de la parole ma\u00eetresse qui, emp\u00eachant l\u2019\u0153uvre d\u2019\u00eatre \u2014Un coup de d\u00e9s jamais\u2014 laisse revenir le naufrage dernier o\u00f9, dans la profondeur du lieu, tout a toujours d\u00e9j\u00e0 disparu: le hasard, l\u2019\u0153uvre, la pens\u00e9e, EXCPT\u00e9 \u00e0 l\u2019altitude PEUT-ETRE\u2026<\/p>\n<p>1. Le conditionnel indique qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici du dernier mot du Coup de d\u00e9s sur le sens du devenir po\u00e9tique qui y est en jeu. Devant ce po\u00e8me, nous \u00e9prouvons combien les notions de livre, d\u2019\u0153uvre et d\u2019art r\u00e9pondent mal \u00e0 toutes les possibilit\u00e9s \u00e0 venir qui s\u2019y dissimulent. La peinture nous fait souvent pressentir aujourd\u2019hui que ce qu\u2019elle cherche \u00e0 cr\u00e9er, ses \u2018productions\u2019 ne peuvent pas \u00eatre des \u0153uvres, mais voudraient r\u00e9pondre \u00e0 quelque chose pour lequel nous n\u2019avons pas encore de nom. Il en es de m\u00eame pour la litt\u00e9rature. Ce vers quoi nous allons est pauvre et riche d\u2019un avenir que nous ne devons pas figer dans la tradition de nos vieilles structures.<\/p>\n<p>* \u00bbl\u2019activit\u00e9 de lecture perd du terrain au fur et \u00e0 mesure que l\u2019op\u00e9ration de lecture se g\u00e9n\u00e9ralise? \u00bb Barthes Compagnon<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"entry post-738 page type-page status-publish hentry\">\n<div class=\"meta\"><\/div>\n<div class=\"content clearfix\">\n<p><b>Document de r\u00e9f\u00e9rence 2<br \/>\n<\/b><strong>Maurice Blanchot. L\u2019absence de livre, le neutre, le fragmentaire<br \/>\n<\/strong>in Maurice Blanchot, <i>L\u2019Entretien infini<\/i>, ch. III, \u00abL\u2019absence de livre, le neutre, le fragmentaire\u00bb. XI \u00abL\u2019Athenaeum\u00bb, pp.525-527<\/p>\n<p>\u00abl\u2019art romantique qui concentre la v\u00e9rit\u00e9 cr\u00e9atrice dans la libert\u00e9 du sujet, forme aussi l\u2019ambition d\u2019un livre total, sorte de Bible en perp\u00e9tuelle croissance, qui ne repr\u00e9sentera pas le r\u00e9el, mais le remplacera, car le tout ne saurait s\u2019affirmer que dans la sph\u00e8re inobjective de l\u2019\u0153uvre. Le roman, disent les grands romantiques, sera ce Livre. [\u2026] Mais ce roman total, que la plupart des romantiques se contenteront de r\u00eaver \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une fable ou en le r\u00e9alisant sous la forme fabuleuse de M\u00e4rchen [contes] dans une \u00e9trange synth\u00e8se d\u2019innocence abstraite et de savoir a\u00e9rien, Novalis seul l\u2019entreprendra et \u2014voil\u00e0 le trait remarquable\u2014 non seulement le laissera inachev\u00e9, mais pressentira que la seule mani\u00e8re de l\u2019accomplir e\u00fbt \u00e9t\u00e9 d\u2019inventer un art nouveau, celui du fragment. C\u2019est l\u00e0 [\u2026] l\u2019un des pressentiments les plus hardis du romantisme: la recherche d\u2019une forme nouvelle d\u2019accomplissement qui mobilise \u2014rende mobile\u2014 le tout en l\u2019interrompant et par divers modes de l\u2019interruption. Cette exigence d\u2019une parole fragmentaire, non pas pour g\u00eaner la communication, mais pour la rendre absolue, c\u2019est ce qui fait dire \u00e0 Schlegel que seuls les si\u00e8cles futurs sauront lire les \u00ab fragments \u00bb ou bien \u00e0 Novalis: \u00ab L\u2019art d\u2019\u00e9crire les livres n\u2019est pas encore d\u00e9couvert, mais il est sur le point de l\u2019\u00eatre: des fragments, comme ceux-ci, sont des semences litt\u00e9raires \u00bb. Dans la m\u00eame perspective, l\u2019un et l\u2019autre affirmeront que le fragment, sous forme monologue, est un substitut de la communication dialogu\u00e9e, puisqu\u2019\u00ab un dialogue est une cha\u00eene ou une guirlande de fragments \u00bb (Schlegel), et, plus profond\u00e9ment, est une anticipation de ce que l\u2019on pourrait appeler \u00e9criture plurielle, possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire en commun, innovation dont Novalis reconna\u00eet des signes dans le d\u00e9veloppement de la presse: \u00ab Les journaux sont d\u00e9j\u00e0 des livres faits en commun. L\u2019art d\u2019\u00e9crire en commun est un sympt\u00f4me curieux qui fait pressentir un grand progr\u00e8s de la litt\u00e9rature. Un jour peut-\u00eatre, on \u00e9crira, pensera, agira collectivement\u2026 \u00bb De m\u00eame que le g\u00e9nie n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une personne multiple (Novalis) ou un syst\u00e8me de talents (Schlegel), de m\u00eame, ce qui importe, c\u2019est d\u2019introduire dans l\u2019\u00e9criture, par le fragment, cette pluralit\u00e9 qui est virtuelle en nous, r\u00e9elle en tous et qui r\u00e9pond \u00e0 l\u2019\u00ab incessante et autocr\u00e9atrice alternance de pens\u00e9es diff\u00e9rentes ou oppos\u00e9es \u00bb. Forme discontinue: la seule qui convienne \u00e0 l\u2019ironie romantique, puisque seule elle peut faire co\u00efncider le discours et le silence, le jeu et le s\u00e9rieux, l\u2019exigence d\u00e9clarative, voire oraculaire, et l\u2019obligation d\u2019\u00eatre syst\u00e9matique et l\u2019horreur du syst\u00e8me: \u00ab Avoir un syst\u00e8me est pour l\u2019esprit aussi mortel que de n\u2019en pas avoir: il faudra donc bien qu\u2019il se d\u00e9cide \u00e0 perdre l\u2019un et l\u2019autre de ces tendances \u00bb (Schlegel).\u00bb<br \/>\n[a contrario]:<br \/>\n\u00abUn fragment \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019une br\u00e8ve \u0153uvre d\u2019art, peut \u00eatre isol\u00e9 de tout l\u2019univers qui l\u2019environne, parfait en soi-m\u00eame comme un h\u00e9risson\u00bb.<br \/>\n[Mais cette mani\u00e8re de faire revenir le fragment vers l\u2019aphorisme revient \u00e0]\u00aboublier que cette mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire ne tend pas \u00e0 rendre plus difficile une vue d\u2019ensemble ou plus l\u00e2ches des relations d\u2019unit\u00e9 mais \u00e0 rendre possibles des rapports nouveaux qui s\u2019exceptent de l\u2019unit\u00e9, comme ils exc\u00e8dent l\u2019ensemble. [\u2026] commen\u00e7ant \u00e0 se rendre manifeste \u00e0 elle-m\u00eame gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9claration romantique, la litt\u00e9rature va d\u00e9sormais porter en elle cette question \u2014la discontinuit\u00e9 ou la diff\u00e9rence comme forme\u2014, question et t\u00e2che que le romantisme allemand et en particulier celui de l\u2019Athenaum a non seulement pressenties, mais d\u00e9j\u00e0 clairement propos\u00e9es, avant de les remettre \u00e0 Nietzche, et, au-del\u00e0 de Nietzche, \u00e0 l\u2019avenir.\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dire&nbsp;: \u00ab\u00c0 quoi sert un livre sans image et sans dialogue?\u00bb(Lewis Carroll), est une mani\u00e8re d&rsquo;entra\u00eener le livre vers le magazine (entretiens avec illustrations) forme d\u00e9voy\u00e9e de la revue. La publication sur internet permet cela, traiter \u00e0 \u00e9galit\u00e9 texte et image, les mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du r\u00e9seau. 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